Mohammed ben Abdelwahhab dit Ibn Abdelwahhab, né en 1703 et mort le , (en ) est un théologien du Nejd, dans le centre de l'Arabie, qui a prêché une vision de l'islam réformatrice. Il souhaitait « purifier » la religion en le ramenant à ce qui, selon lui, seraient les principes originaux de cette religion tels que les salaf, c'est-à-dire les musulmans des trois premières générations qui ont suivi l'Hégire, l'auraient compris.
Le pacte de Mohammed ben Abdelwahhab avec Mohammed ben Saoud a permis d'établir l'émirat de Dariya, premier État saoudienHourani 1992: 257–258, et d'initier une alliance entre les deux familles pour le partage du pouvoir qui se poursuit jusqu'à nos jours dans le royaume d'Arabie saoudite. Les descendants de Mohammed ben Abdelwahhab, les Al ach-Cheikh (littéralement « famille du cheikh ») sont des leaders religieux qui ont historiquement dirigé les oulémasAbir 1987: 4, 5, 7 et dominé les institutions religieuses de l'État saoudienMetz 1992.
Le mouvement initié par Ibn Abdelwahhab est souvent appelé wahhabisme, bien qu'actuellement de nombreux adeptes considèrent ce terme péjoratif et préfèrent être connus comme le mouvement salafisteThe National, March 18, 2010: There is no such thing as Wahabism, Saudi prince says Linked 2015-03-03. De nombreux chercheurs prétendent que le salafisme est un terme applicable à plusieurs formes de l'islam pudibond dans diverses parties du monde, tandis que le wahhabisme se réfère spécifiquement à l'école saoudienne, qui est considérée comme une forme plus stricte du salafisme. Selon Ahmad Moussalli, professeur de sciences politiques à l'université américaine de Beyrouth : « en règle générale, tous les wahhabites sont salafistes, mais tous les salafistes ne sont pas wahhabites ». D'autres encore disent que si le wahhabisme et le salafisme authentique étaient à l'origine de deux choses différentes, ils sont devenus pratiquement impossibles à distinguer dans les années 70Abou El Fadl, Khaled M., The Great Theft, HarperSanFrancisco, 2005, p.79Navalk Post Graduate School Thesis, September 2009, Michael R. Dillon: Wahhabism: Is it a factor in the spread of global terrorism?, pp 3-4 Linked 2015-03-03».
Premières années Ibn Abdelwahhab serait né en 1703, date généralement admiseWhile there is some consensus over these details, the opinion is not unanimous over the specifics in regard to his place and date of birth. Seemingly his recognition with the Banu Tamim tribe thought is in line with the justification by some scholars of being the inheritor of the teachings of Ibn Taymiyyah.Philby 1930: 8, dans la tribu arabe sédentaire des Banu TamimGlassé 2003: 470, à Uyayna, un village de la région centrale du Nejd de l'actuelle Arabie saouditeEI1: 1086.
Comme sa famille était d'une lignée de théologiens de l'école de droit hanbaliteEI2: 677–678, on suppose qu'il a commencé à étudier l'islam à un âge précoce avec son père Abdelwahhabibn Ghannam: 75–76Hopwood 1972: 55.
Après avoir effectué le hajj, Mohammed ben Abdelwahhab a passé quelque temps à étudier avec les théologiens musulmans à la Mecque, Médine ibn Baaz: 21Official sources on Ibn ʿAbd al-Wahhab's life put his visits to these cities in different chronological orders, and the full extent of such travels remains disputed among historians. As well, dates are missing in a great many cases, making it difficult to reconstruct a chronology of his life up until his return to 'Uyayna in 1740. et Bassora (dans le sud de l'Irak actuel)ibn Bishr: 7–8. Un de ceux-ci, Abdallah ibn Ibrahim ibn Sayf, l'a présenté à ibn 'Hajar: 17–19 à Médine et lui a recommandé de le prendre comme élèveVoll 1975: 32–39. Ibn Abdelwahhab et al-Sindhi sont devenus très proches et sont restés ensemble pendant un certain temps. Certains lettrés auraient décrit Mohammed Hayya comme ayant peut-être eu une influence relativement importante sur Mohammed ben Abdelwahhab, et lui aurait suggéré d'utiliser lijtihad (littéralement « effort de réflexion »). Mohammed Hayya aurait également enseigné à Mohammed ben Abdelwahhab de rejeter les pratiques religieuses populaires associées aux walis et à leur tombes, ce qui ressemblera plus tard aux enseignements salafistes.
Première prédication Après son retour, l'enseignement d'Ibn Abdelwahhab a commencé à attirer des étudiants en théologie, incluant le gouverneur de 'Uyayna, Uthman ibn Mouammar. Avec Ibn Mouammar, Ibn Abdelwahhab est parvenu à un accord pour soutenir les ambitions politiques de Ibn Mouammar d'étendre son gouvernement « sur le Nejd et peut-être au-delà », en échange de l'appui du gouverneur pour les enseignements religieux de Ibn Abdelwahhab. Ibn Abdelwahhab a commencé à mettre en œuvre certaines de ses idées de réforme.
Démolition de la tombe de Zayd ibn Al-Khattâb Premièrement, citant les textes sacrés de l'islam interdisant le culte des tombes, il a persuadé Ibn Mouammar de l'aider à démolir la tombe de Zayd ibn al-Khattab, un compagnon de Mahomet et le frère d'Omar ibn Al-Khattâb, une tombe qui était vénérée par les autochtones.
Abattage d'arbres sacrés Deuxièmement, il aurait ordonné l'abattage des arbres considérés comme sacrés par les autochtones, en abattant lui-même « le plus glorifié de tous les arbres ».
Lapidation d'une femme adultère Troisièmement, il est connu pour avoir organisé la lapidation d'une femme qui a avoué avoir commis l'adultèreLacey 1983: 56DeLong-Bas 2004: 24.
Ces actions attirèrent l'attention de Sulaiman ibn Muhammad ibn Ghurayr de la tribu de Bani Khalid, le chef de Al-Hasa et Qatif, qui avait une influence substantielle dans le Nejd. Ibn Ghurayr menaça alors Ibn Mouammar de lui dénier l'habilitation à collecter la taxe foncière pour certaines propriétés qu'Ibn Mouammar possédait à Al-Hassa, à moins qu'il ne tue ou bannisse Ibn Abdelwahhab. Par conséquent, Ibn Mouammar contraignit celui-ci à quitter son village natalibn 'Hajar: 28.
Persécution des homosexuels Quatrièmement, il mit en place une politique répressive à l'égard de l'homosexualité. Les personnes jugées coupables furent jetées du hauts des minarets des mosquées..
Emergence de l'État saoudien thumb|right|Premier État saoudien (1744–1818)
Pacte avec Mohammed ben Saoud Après son expulsion de Uyayna, Mohammed ben Abdelwahhab est invité à s'installer dans l'oasis voisine de Dariya par son gouverneur Mohammed Ibn Saoud. Ils conviennent, ensemble, de ramener les Arabes de la péninsule aux « authentiques » principes de l'islam tel que les premiers musulmans le concevaient.
Selon une source, lors de leur première rencontre, Ibn Saoud a déclaré :
Mohammed ben Abdelwahhab a répondu :
L'accord a été confirmé par un serment de loyauté réciproque (ba'yah) en 1744Ibnsaud.info 2008. Ben Abdelwahhab serait chargé des questions religieuses et Ibn Saoud chargé des questions politiques et militairesDeLong-Bas 2004: 34. Cet accord est devenu un « pacte de soutien mutuel » et de partage du pouvoir entre les familles Al Saoud et Al ach-Cheikh et les disciples d'ibn Abdelwahhab, qui dure pendant près de 300 ansObaid 1999: 51–58, fournissant l'impulsion idéologique à l'expansion saoudienneFaksh 1997: 89–90. Karen Armstrong insiste sur le fait que la maison des Saoud a déformé sa méthodologie de l'enseignement, de l'étude et du débat afin de légitimer le (nouveau) sens de la da'wah comme une lutte politique violente.
Émirat de Diriyah (premier État saoudien) Le pacte de 1744 entre Mohammed ben Saoud et Mohammed ben Abdelwahhab a marqué l'émergence du premier État saoudien, l'émirat de Dariya. En offrant aux Al Saoud une mission religieuse clairement définie, l'alliance a donné l'impulsion idéologique à l'expansion saoudienne. Après la conquête du Nejd, les forces saoudiennes ont permis l'expansion de l'influence salafiste sur la majeure partie du territoire actuel de l'Arabie saoudite, étouffant petit à petit les diverses pratiques populaires assimilées à du polythéisme et favorisant les enseignements d'Ibn AbdelwahhabEBO History of Arabia 2011.
Famille Ibn Abdelwahhab aurait épousé, à Bagdad, une femme d'influence, dont à son décès il hérita des propriétés et de la richesseEBO Muḥammad ibn ʿAbd al-Wahhāb 2011. Cette stigmatisation d'un prétendu mariage avec une « femme riche » et de son escapade solitaire à Bagdad est contestée par les théologiens salafistes qui répliquent que son mariage aurait été arrangé, en fait, par son père alors qu'il était adolescent et qu'il n'aurait jamais voyagé au-delà de Bassora.
Mohammed ben Abdelwahhab a eu six fils : Hussein, Abdallah, Hassan, Ali et Ibrahim, ainsi que Abdelaziz qui est décédé dans sa jeunesse.
Les descendants d'Ibn Abdelwahhab, les Al ach-Cheikh, ont historiquement occupé le poste de grand mufti au sein de l'État saoudien, organisant ainsi les institutions religieuses étatiques. Cette famille a toujours aujourd'hui en Arabie saoudite un prestige similaire à la famille royale, avec lesquels ils exercent le pouvoir, et comprend plusieurs théologiens et officielsOttaway 2008: 176. Le contrat entre les deux familles est fondé sur le maintien par les Al Saoud de l'autorité des Al ach-Cheikh sur les questions religieuses et la valorisation et le prêche de la doctrine salafiste. En retour, les Al ach-Cheikh reconnaissent la légitimité de l'autorité politique des Al SaoudNyrop 2008: 50 usant ainsi de son autorité religieuse pour légitimer le gouvernement de la famille royaleBligh 1985: 37–50.
Doctrine
Mohammed ben Abdelwahhab est connu pour s'être inspiré en grande partie d'Ibn Taymiyya et de son élève Ibn Al Qayyim.
Bien que tous les musulmans prient Dieu (Allah), le point culminant de sa doctrine était que l'intercession auprès de Dieu n'est pas permise par les textes. Ibn Abdelwahhab s'est fait l'avocat de la stricte excommunication (takfir) de tous ceux qui se considèrent comme musulmans, mais seraient en réalité (croyait-il) des polythéistes (mouchrickin) (Arabic source).
Selon l'auteur Dore Gold , dans le Kitab al-Tawhid, Ben Abdelwahhab condamne par exemple les sorciers qui adorent le diable et invoque un prétendu hadith du prophète de l'islam selon lequel la punition pour le sorcier serait « qu'il soit frappé par l'épée »Sheikh-ul-Islam Muhammad bin Abdul-Wahhab, Kitab al-Tawhid (Riyadh: Dar-us-Salam Publications, 1996) Chapter 24, particularly page 97. Ben Abdelwahhab a asséné que les deux religions ont indûment transformé les tombes de leurs prophètes en lieux de culte et mis en garde les musulmans de ne pas les imiter dans cette pratiqueSheikh-ul-Islam Muhammad bin Abdul-Wahhab, Kitab al-Tawhid (Riyadh: Dar-us-Salam Publications, 1996, page 83). Et Ben Abdelwahhab de conclure que « les voies des gens du Livre (ou de la Bible) sont condamnées comme celles des polythéistes »Sheikh-ul-Islam Muhammad bin Abdul-Wahhab, Kitab al-Tawhid (Riyadh: Dar-us-Salam Publications, 1996, Chapter 9, page 51).