René Blum, né le dans le Archives en ligne de Paris, arrondissement, année 1878, acte de naissance , cote V4E 2644, vue 13/31 et mort en à Auschwitz, est un journaliste, critique d'art et directeur artistique français.
Devenu directeur de théâtre et d'opéra, il fonde, avec le colonel de Basil, à l'opéra de Monte-Carlo, les Ballets russes de Monte-Carlo.
Il est le frère de l'homme d'État Léon Blum et est marié à l'actrice Josette France dont il a un enfant, Claude-René dit Minouchou.
Biographie Journaliste et critique d'art vignette|gauche|Projet pour L'Image (1904) par Vibert et Bellery-Desfontaines. René Blum, frère cadet de Léon Blum, naît dans une famille bourgeoise d'origine juive alsacienne. Il devient journaliste et critique d'art au journal Gil BlasClaude Wainstain, « Le Blum des Ballets russes », L'Arche, 629, octobre 2010, Paris.Philippe Lyardet, « Histoire – Les portraits du centenaire : René Blum », dans Le Touquet-Paris-Plage Infos, octobre 2011, 13 .. En , il reprend le titre L'Art décoratif pour tous à Schwarz, et l'édite avec G. d'Hostingue jusqu'en 1904Liste des numéros parus, sur Gallica.. Avec ce dernier, il tente de relancer la même année la revue L'Image mais sans succès.
Il participe à faire découvrir des peintres d'avant-garde, préfaçant par exemple le catalogue de la exposition de la Société normande de peinture moderne en « Exposition. Paris, Galerie d'art ancien et d'art contemporain. 1911 », notice du catalogue général de la BNF..
Il réussit à faire publier , chez Grasset, le roman Du côté de chez Swann, refusé par d'autres éditeurs, de son ami de jeunesse. Marcel Proust , qui, inconnu à l'époque, en 1913, n'avait publié qu'un recueil de poèmes et une traduction. Il contribue au succès de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925. Il préside le premier ciné-club de France. En 1931, il écrit une pièce de théâtre, Les Amours du poète, qui n'obtient pas un grand succès.
Directeur artistique En 1926, la Société des grands établissements (ancêtre des groupes Partouche et Barrière) fait appel à lui comme directeur artistique des casinos. À ce titre, René Blum organise les saisons du Touquet (cela représente, à l'époque, , en quatre mois que dure la saison, opéras, opérettes, comédies, ballets, music-hall, cinémaAnne Tomczak, Le Touquet – les Années si folles de Paris-Plage, La Voix du Nord, , 2012, 68 .). Il programme des œuvres nouvelles et une nouvelle mise en scène de Pelléas et Mélisande de Debussy (en 1928) et fait venir des grands noms de l'opéra, de l'opéra comique et des ballets de Moscou. L'année 1929 est le point culminant des Années Folles, René Blum fait jouer cette année-là au Touquet de très nombreux spectacles, dont les opéras : Tristan et Iseut, Roméo et Juliette, Les Contes d'Hoffmann, Manon Lescaut, La Peau de chagrin, Pelléas et Mélisande, La Habarena, Carmosino, Tosca
Directeur de théâtre et d'opéra vignette|René Blum, à gauche, et Serge Lifar, au centre, devant le Royal Opera House à Londres en 1938.|alt= René Blum est engagé par le prince comme directeur du théâtre de Monte-Carlo. De 1924 à 1929 il fait débuter, entre autres, Michel Simon et Louis Jouvet. En 1932, il succède à Diaghilev en reprenant la saison de ballets de ce théâtre. Avec le colonel de Basil, il fonde une troupe permanente, les Ballets russes de Monte-Carlo, qu'il dirige seul à partir de 1936 sous l'appellation des Ballets de Monte-Carlo. Comme Diaghilev, il fait appel aux meilleurs chorégraphes et aux plus grands peintres et présente les grands succès des Ballets russes et des pièces de Balanchine, Massine et Fokine. Sa troupe devient l'une des plus célèbres du monde et se produit régulièrement en Europe et aux États-Unis.
Déportation Au début de la Seconde Guerre mondiale, René Blum se replie à Hendaye en . Puis il annonce qu'il rentre à Paris au lieu de rejoindre New York où l'attend sa troupe : pour lui, comme pour son frère, quitter la France paraît une désertion : . René Blum est arrêté à son domicile parisien le ., dans la rafle dite « des notables », en même temps qu’un millier de notables et d’intellectuels d’origine juiveOtto von Stülpnagel fait arrêter chez eux français de confession israélite à titre de représailles pour des attentats commis par des militants communistes contre des militaires allemands., lors des premières rafles antijuives de la gendarmerie et de la police allemande par représailles contre des attentatsLa rafle dite « des notables » est l'arrestation à Paris, le 12 décembre 1941, de 743 Juifs français par 260 hommes de la Feldgendarmerie et 200 membres de la Sipo-SD assistés de policiers français. Le , il est envoyé au camp de Royallieu-Compiègne, puis il est interné au camp de PithiviersAssociation Mémoires du Convoi 6 - Notre Lien, 16, septembre 2007, 15 . et ensuite à Drancy d'où il est déporté le « Granville sous l'occupation – Convoi 36 en date du 23 septembre 1942 »., au camp d'Auschwitz. Sur la liste des déportés, son nom est marqué d'une croix rouge, et un télégramme a averti les autorités du camp de sa présence dans le convoi. Dès son arrivée, il est séparé des autres déportés, torturé et tué The Trial of Adolf Eichmann, Session 32, déposition de Georges Wellers au procès Eichmann.. Selon une autre source, dès sa descente du train à Birkenau un gradé SS aurait hurlé « Où est le Juif René Blum ? » et il aurait été emmené en voiture vers une destination inconnue ; selon le témoignage d'un rescapé, il aurait été conduit directement par les SS dans l'un des fours crématoires et brûlé vifIlan (Alian) Greilsammer, Blum, Paris, Flammarion, 1996, 611 , ..
Peu avant son arrestation, il avait envoyé ses Mémoires à son éditeur ; le manuscrit n’a jamais été retrouvé.
Publications vignette|Les ballets russes en tournée australienne sous la direction de René Blum, entre 1936-1940.|alt= vignette|Le Ballet russe de Monte Carlo a survécu à son créateur, affiche de 1955. Notre enquête. Le Droit d'adaptation, Paris, 1912 — hors-texte du Gil Blas. Préface à Mathilde et ses mitaines de Tristan Bernard, Paris, Albin Michel, 1929. Georges Courteline, Monaco, Société de conférences, . Les Amours du poète : comédie musicale en cinq actes avec Georges Delaquys, Paris, Imprimerie de L'Illustration, 1932.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
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