thumb|300px|Photographie satellite de champs circulaires du Kansas caractéristiques de l'irrigation à pivot central. L'agriculture est un secteur clé de l'économie des États-Unis, le pays étant le exportateur et le importateur mondial. C'est la troisième puissance agricole au monde, derrière la Chine et l'Union européenne. Le secteur emploie 1,7 % de la population active en 2004L’état du monde 2006, Paris, La Découverte, 2005, page 362.

C'est une agriculture majoritairement familiale (97% des exploitations dont détenues en majorité par l'exploitant ou sa famille directe), intensive, avec une taille moyenne des exploitations de qui masque de fortes disparités selon les zones géographiques. Les productions de maïs, soja, blé, coton et luzerne sont très développées, ainsi que l'élevage. La majorité de la production agricole se trouve dans les Grandes Plaines, ainsi que la vallée de San Joaquin (Californie).

En 2012 : d'exploitations, d'hectares de surface agricole utileContexte agricole et relations internationales agriculture.gouv.fr consulté en avril 2014.

Les agriculteurs eux-mêmes sont vieillissants, près de 30 % d'entre eux ayant, en 2011, plus de Recherche agronomique/Science des aliments Projet de loi sur les priorités agricoles pour l'année 2012, BE États-Unis 266 >> 14/11/2011.

En 2019, 47 % des d’ouvriers agricoles des États-Unis sont sans papiers, ne bénéficient d'aucun droits sociaux, et peuvent être soumis à des formes sévères d'exploitation.

Histoire L'agriculture sur le territoire des actuels États-Unis commence très tôt, dès l'époque où y vivent seuls ses premiers occupants : les Amérindiens. Ils cultivent notamment du blé et de l'orge mais aussi du cacao, des tomates... Elle s'intensifie réellement avec l'arrivée des esclaves africains au . Depuis le , la Corn Belt (« ceinture de maïs ») est la principale zone agricole de ce pays - la Sun Belt étant connue pour ses fruits. thumb|300px|Effets du Dust Bowl : tempête de poussière dans le Texas en 1935. Après la guerre de Sécession, les grands propriétaires fonciers s'emparent graduellement de la plupart des terres au détriment des petits colons au Texas et au Kansas. Entre 1880 et 1884, les grands propriétaires, organisés en véritables trusts basés principalement à Boston et à New York, prennent possession de près de cinquante millions d'acres. Ils organisent des groupes de voleurs de bétail afin de harceler et ruiner les petits éleveurs ; près de trois millions de têtes de bétail sont volées aux Amérindiens dans les années 1860. Selon les estimations de l'historien Oscar Osborn Winther, au moins 50 % des hors-la-loi étaient des employés des grands propriétaires. Ils obtiennent par ailleurs la collaboration du Parlement, qu'ils contrôlaient au Texas et au Kansas.

En 1880, les États-Unis possèdent quarante millions de têtes de bétail. Nombre de petits colons n'ont pas les moyens de s'offrir des bovins mais peuvent en revanche faire de l'élevage de moutons. À partir des années 1880, les grands éleveurs de bétail se lancent dans une « guerre du mouton » qui se prolonge pratiquement jusqu'à la Première Guerre mondiale. Les cow-boys organisaient des expéditions contre les éleveurs de moutons ; les bêtes sont généralement empoisonnées ou abattues, ou dans certains cas précipitées du haut des falaises. Pour les propriétaires de bovins, il s'agit d'une question d'économie : sans mouton, le prix du bœuf monterait.

Une autre méthode employée par les grands éleveurs pour ruiner les indépendants et les petits est la pose de clôtures de fil de fer. Ces clôtures permettent d'isoler les points d'eau pour assoiffer le bétail. En 1874, cinq tonnes de fil de fer barbelé sont mises en place, puis en 1876 et en 1880. En réaction, des groupes de petits éleveurs s'organisent pour cisailler les clôtures de nuit ; au Texas, vingt millions de dollars de clôtures sont détruites entre 1880 et 1885. La Chambre des représentants du Texas rend en 1884 la destruction de clôtures un crime punissable de cinq ans d'emprisonnement. Le fait de clôturer à tort, même en connaissance de cause, n'est puni que d'une amende.

Dans les années 1930, l'agriculture subit une crise majeure de surproduction et de paupérisation des agriculteurs (ou farmers). Le Dust Bowl (« Bol de poussière »), des tempêtes de poussière et une sécheresse, provoque une catastrophe écologique qui touche, pendant près d'une dizaine d'années, la région des grandes plaines. Ces tempêtes détruisent toutes les récoltes, dépouillent les champs de leur terre (érosion), la remplaçant par de la poussière, ensevelissent habitations et matériel agricole et jettent des milliers de fermiers sur les routes, en direction de l'ouest. Dans Les Raisins de la colère, le romancier John Steinbeck décrit de façon poignante cette période de l'histoire américaine. La crise écologique provoquée par le Dust Bowl conduit le gouvernement américain à créer le , appelé aujourd'hui , organisme chargé de la sauvegarde des ressources naturelles et de l'environnement.

thumb|Une petite chauve-souris brune affectée du syndrome du nez blanc, qui décime actuellement les colonies nord-américaines de chiroptères, très grandes consommatrices d'insectes. Une étude publiée en 2011 dans Science faisait état de pertes pouvant aller jusqu'à de dollars par an pour les agriculteurs nord-américains provoquées notamment par cette épizootie Justin G. Boyles, Paul M. Cryan, Gary F. McCracken et Thomas H. Kunz, Economic Importance of Bats in Agriculture, Science, , Vol. 332 , . DOI: 10.1126/science.1201366. Voir aussi USA: des chauves-souris décimées, Le Figaro avec l'AFP, 31 mars 2011.. Sur les recommandations d’Henry Wallace, l’administration Roosevelt entreprend de protéger les agriculteurs contre les aléas du marché en distribuant des subventions fédérales et en contrôlant la production. Le président Roosevelt fait voter la création d'une Agence agricole et des lois pour assurer la régulation de l'offre de produits agricoles. Le , l’Agricultural Adjustment Act fut promulguéA. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, . On décide ainsi de réduire la production pour faire remonter les cours agricoles. Pour cela une grande partie des récoltes et des réserves sont détruites ; la réduction des surfaces cultivées est encouragée par une politique d'indemnisationA. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, . Les dettes des agriculteurs furent rééchelonnées (Farm Credit Act, )A. Kaspi, Franklin Roosevelt, Fayard, 1988, .

Les premiers résultats, au bout de trois ans, sont encourageants, puisque le revenu des agriculteurs augmente. Aussi, l’interventionnisme étatique dans le secteur primaire est amorcé.

Réglementation et subventions agraires thumb|Subventions accordées en 2005 par le gouvernement fédéral aux agriculteurs, en milliards de dollars, selon les cultures (source: Congressional Budget Office).

Au niveau réglementaire, le Congrès vote périodiquement des (« loi sur la ferme »). La dernière en date est le , qui a mis en place un plan de politique agraire sur , doté d'un budget de de dollars. Entre autres mesures, cette loi soutient de façon importante la production d'éthanol cellulosique, et institue le , qui doit coordonner la politique fédérale en matière de recherche agronomique.

L' et l' prévoyaient des indemnisations aux agriculteurs victimes de pertes de récoltes ou de gains inférieurs aux gains escomptés en raison de la volatilité des prix du marché. Ces indemnisations, dites « », étaient financées par un budget de dollars dans la loi de 1999, et de de dollars dans la loi de 2000. thumb|Les Texas longhorns, une race bovine emblématique de l'élevage américain.

Depuis le , des contrats dits s, échelonnés sur sept ans, ont été mis en place, qui déconnectent le montant des primes des prix du marché. Ces contrats donnent une plus grande liberté de choix des cultures mises en champ (hormis en fruits et légumes). C'est aussi cette loi de 1996 qui mit fin au soutien aux terres non cultivées, visant à lutter contre la surproduction et à maintenir à un taux suffisamment élevé le prix des denrées agraires.

La politique de subventions aux agriculteurs est ancienne aux États-Unis, bien que moins connue que la politique agricole commune (PAC) en Europe. Elle date des années 1920 et de la crise de 1929, avec le de 1922, l' de 1929 et l'Agricultural Adjustment Act de 1933. Promulgué sous l'administration Roosevelt, cette dernière loi est la première englobant l'agriculture de manière générale. D'autres lois avaient régulé l'agro-alimentaire, et notamment le secteur de l'abattage, après un rapport de la Federal Trade Commission de 1919 ( de 1921 et de 1922, qui soustrayait les coopératives aux poursuites anti-trusts).

Insecticides En (de 1992 à 2014), l’agriculture américaine est devenue près de cinquante fois plus toxique pour les insectes, principalement en raison des nouvelles générations d’insecticides systémiques d'enrobage des graines, dits « néonicotinoïdes ». En outre une grande partie des cultures sont transgéniques et sécrètent leur propre insecticide (Toxine bt).

Commerce

Commerce extérieur Comme en Europe, l'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB, ou « maladie de la vache folle ») a atteint le cheptel américain, poussant le Japon, la Corée du Sud et Taïwan à suspendre leurs importations (cf. ).

Le Japon, premier marché des producteurs de bœuf américains à l'étranger (pour une valeur de plus d'un milliard de dollars), suspendit ses importations en 2003, avant de les ré-autoriser fin 2005, et de les suspendre à nouveau en 2006, puis de lever partiellement ses restrictions (cf. ).

Vente directe Les marchés où les consommateurs achètent directement leurs produits frais aux producteurs locaux se multiplient aux États-Unis : appelés « farmers' markets » en anglais, ils sont au nombre de 8669 en 2016, soit une augmentation de 2,3 % par rapport à 2015. Ils sont répartis dans 733 aires urbaines américaines (CSA), dont les principales sont New York (plus de 50 « green markets » ou « marché verts » dans la commune), San Francisco ou Washington D.C. Au niveau fédéral, l'USDA encourage leur développement.

La vallée de San Joaquin

50 % des fruits et légumes et 90 % des amandes, artichauts, avocats et tomates des États-Unis sont produites dans la vallée de San Joaquin, au sud du delta du Sacramento en CalifornieArmelle Vincent, La Californie en état d'urgence, Le Figaro, 16 mars 2009.. La vallée, qui est aussi le plus grand fournisseur pétrolier de la Californie, et abrite le troisième champ pétrolier des États-Unis, le Midway-Sunset Oil Field, est aussi l'une des régions les plus pauvres des États-Unis. En 2005, 41 % des adultes du comté de San Joaquin vivaient sous le seuil de pauvreté fédéral et dans un état d'insécurité alimentaireHunger in California’s Central Valley: rising poverty in leading food-producing region, WSWS, juillet 2005.

Élevage Élevage intensif et pollutions de l'environnement Selon une étude publiée en 2018 dans les Comptes-rendus de l'Académie nationale des sciences des États-Unis d'Amérique (PNAS), les agriculteurs américains pourraient nourrir plus de deux fois plus de personnes qu'actuellement s'ils abandonnaient l'élevage d'animaux destinés à la consommation humaine et se concentraient sur la culture de plantes..

Certaines parcs d’engraissement dénombrent jusqu’à têtes de bétail. Lors de la canicule de , on dénombre au Kansas des milliers de bêtes mortes. En 2011, bovins étaient morts à la suite d'un épisode caniculaire dans l’Iowa..

En 2023, un incendie dans un élevage laitier au Texas tue bovins et blesse gravement une employée. L’incendie, le plus meurtrier pour des bovins depuis dix ans aux États-Unis, interroge le modèle d’élevage américain, fortement industrialisé. A titre comparatif, le cheptel moyen est de 66 vaches par ferme laitière en France..

Élevage de bêtes pour les peaux