Jacques Gouin de Beauchêne ou Beauchesne (selon une graphie ancienne), né à Saint-Malo le et mort dans cette même ville le , est un corsaire, navigateur et explorateur français.

Biographie Fils ainé de Jacques Gouin de Beauchesne (1620-1664) et de Julienne Richomme dame des Vignes (1630-1668). Il est le frère ainé de l'armateur François-Auguste Gouin qui a été maire de Saint-Malo.

Il devient officier de marine.

Première tentative de voyage vers les Mers du Sud par Jean-Baptiste de Gennes (1695-1696) En 1695, Jean-Baptiste de Gennes (vers 1656-1705) a proposé d'établir une base française sur la côte du Pacifique de l'Amérique du Sud pour conquérir les mines d'argent du Pérou. L'idée d'un commerce vers l'Amérique du Sud des côtes de l'Océan Pacifique est né des récits des pirates et des flibustiers qui étaient revenus de la Mer du Sud en passant par le détroit de Magellan. Une société comprenant 85 actionnaires est formée à la Cour dont Vauban, Villars, le duc de Chaulnes et le duc de Nevers, la princesse de Conti, la marquise de Montespan, a recueilli . Cinq navires sont armés et partent de La Rochelle sous le commandement de de Gennes le . Il passe par la rivière de Gambie, relâche dans la baie de Rio de Janeiro et arrive le à l'entrée du détroit de Magellan mais il tente deux fois de le franchir, sans succès à cause des vents. Il abandonne et va croiser plusieurs mois dans la mer des Antilles où il capture 5 bateaux anglais, dont le Didaper qu'il conduit au port de Saint-Pierre, à la Martinique. Ses bâtiments arrivent à La Rochelle le , sauf celui de Porée qui arrive plus tard. Cette expédition n'est pas une réussite financièreXXXV. Monsieur de Gennes, dans Charles de Brosses, Histoire des navigations aux Terres Australes, chez Durand, Paris, 1756, tome 2, (lire en ligne)Philippe Hrodej, Gilbert Buti, Dictionnaire des corsaires et des pirates, éditions du CNRS, Paris, 2013 François Froger, Relation d'un voyage : fait en 1695, 1696 et 1697 aux côtes d'Afrique, détroit de Magellan, Brésil, Cayenne et isles Antilles, par une escadre des vaisseaux du roy, commandée par M. De Gennes, chez Michel Brunet, Paris, 1698 (lire en ligne).

Voyage dans les Mers du Sud (1698-1701) Après la signature des traités de Ryswick, le 20-, les armateurs malouins vont s'intéresser au commerce vers les mers du Sud. Le , Noël Danycan et Jean Joudan de Groucé, homme d'affaires parisien, ont écrit à Pontchartrain pour « faire des découvertes » et d'« établir une colonie française » sur les côtes américaines de l'Océan Pacifique non occupées par les Européens. En 1698, il participe à la fondation de la Compagnie de la Mer du SudLa Compagnie de la mer du Sud ou Compagnie de la Mer Pacifique a été créée officiellement par lettres patentes en septembre 1698 qui ne porte sur ces lettres que la désignation « la nouvelle Compagnie ». Si Noël Danycan a été l'initiateur de la création d'une compagnie, les intérêts malouins y étaient minoritaires. Jérôme de Pontchartrain en était le « président et directeur perpétuel ». Elle était composée de 20 directions, chacune d'une somme de . Seuls deux Malouins seulement avaient payé une direction : Nicolas Magon de La Chipaudière et Noël Danycan. Tous les autres directions sont tenues par des financiers parisiens (E.W. Dahlgren, Les relations commerciales et maritimes entre la France et les côtes de l'océan Pacifique, Librairie ancienne Honoré Champion, Paris, 1909, tome 1, Le commerce de la mer du Sud jusqu'à la paix d'Utrecht, ), avec Jean Jourdan de Groucé, Samuel Bernard et Jean-Baptiste de Gennes, pour ouvrir au commerce français les côtes du Chili et du Pérou. Les exigences du roi amènent Jean-Baptiste de Gennes à se retirer de l'expéditionCarphaz : Jacques Gouin de Beauchesne. La Compagnie équipe deux vaisseaux de 50 canons, le Phelypeaux et le Maurepas, la frégate la Bonne Nouvelleet une barque de qui a coulé à la première tempête. En tant que capitaine du Phelypeaux, Gouin de Beauchêne est le commandant de l'expédition qui quitte la France le . Les deux navires sont séparés pendant la traversée de l'océan Atlantique. Le , il jette l'ancre dans la (qu'il nomme baie d'Esperlans), près de l'entrée de Port Désiré. Le , il entre dans le détroit de Magellan et relâche dans la baie de Boucault. Le , il arrive à Port Famine où il a des relations amicales avec les Amérindiens. Il découvre une île « marquée sur aucune carte » avec deux bons havres qu'il baptise « Port Dauphin » d'après Louis, le Grand Dauphin et Port de Phélypeaux d'après le ministre de la marine Louis II Phélypeaux de Pontchartrain. Il prend possession de l'île et lui donne le nom d'île de « Louis le Grand » en l'honneur de Louis . Un an après son départ, il a relevé le plan du détroit de Magellan. Après une croisière fructueuse le long de la côte du Chili et du Pérou, visitant les îles Galápagos. Sur le chemin du retour, il passe le cap Horn, le . Dix jours plus tard, il découvre l'île qui porte son nom, l'île Beauchêne à 30 milles nautiques au sud de l'archipel des îles Malouines le . L'expédition revient au port de La Rochelle le .

Pas plus que celle de de Gennes, cette expédition n'a pas été financièrement intéressante car les autorités espagnoles se sont opposées à tout commerce. Cependant elle a permis aux Malouins qui y avaient des intérêts minoritaires d'y placer leurs officiers de marine comme Jacques Gouin de Beauchesne, leurs matelots, et de connaître les routes des Mers du Sud Histoire générale des voyages ou Nouvelles collections de toutes les relations de voyages par mer et par terre chez Didot Libraire, Paris, 1753, note .Duplessis, Périple de Beauchesne à la Terre de Feu, Transboréal, 2003, André Lespagnol, Messieurs de Saint-Malo. Une élite négociante au temps de Louis XIV, Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2011, , XXXVI. Beauchesne-Gouin, dans Charles de Brosses, Histoire des navigations aux Terres Australes, chez Durand, Paris, 1756, tome 2, (lire en ligne).

Il est le premier français à franchir le cap Horn d'ouest en est. Alain Porée a été le premier Français à affronter le cap Horn, dans l'autre sens, d'est en ouest, sur le Notre-Dame-de-l'Assomption en 1703Erik Wilhelm Dahlgren, Voyages français à destination de la mer du Sud avant Bougainville (1695-1749), dans Nouvelles archives des missions scientifiques et littéraires. Choix de rapports et instructions publié sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique et des beaux-arts, Imprimerie nationale, 1907, tome 14, (lire en ligne).

En 1700, la mort du roi d'Espagne, Charles II, va ouvrir une période d'incertitude, puis de conflit avec la guerre de Succession d'Espagne, avant le retour de cette expédition.

Après 1701 Il est par la suite nommé lieutenant général de l'Amirauté de Saint-Malo, président des fermes, sénéchal de Saint-Malo et capitaine général des garde-côtes en ce quartier.

Il initie également des échanges commerciaux entre la France, le Pérou et le Chili. La bibliothèque de l'Assemblée nationale conserve différents manuscrits de lui.

Il meurt à Saint-Malo le .

Famille Jacques Gouin de Beauchesne (1620-1664) marié à Julienne Richomme dame des Vignes (1630-1668) Jacques Gouin de Beauchesne François-Auguste Gouin

Hommages Île Beauchêne, dans les îles Malouines. Rue Gouin de Beauchesne, à Saint-Malo.

Notes et références

Annexes Bibliographie

René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne. Livre premier, Les bretons.

Gilbert Buti, Philippe Hrodej (dir.), Dictionnaire des corsaires et pirates, CNRS éditions, 2013

Articles connexes Château de Beauchêne

Liens externes

Limbos : Deux corsaires malouins sous le règne de Louis XIV

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