vignette|upright=2|Carte du monde montrant les sens de circulation de chaque pays et les changements éventuels. vignette|Intérieur d'une voiture conçue pour les pays où l'on roule à gauche, avec le volant à droite.
Le sens de circulation automobile (parfois appelé côté de circulation) est l'un des points fondamentaux du code de la route. Selon le pays, l'intégralité du trafic routier s'effectue du côté gauche ou du côté droit de la route. Ce choix influe naturellement sur les ordres de priorité, le dépassement, le positionnement des panneaux de signalisation et l'utilisation des ronds-points mais également sur la position du poste de conduite dans les véhicules. Actuellement, environ 35 % de la population mondiale roule à gauche.
Histoire vignette|Un panneau australien sur la Great Ocean Road rappelant aux conducteurs étrangers la nécessité de rouler à gauche. Il est très difficile de trouver des raisons précises pour lesquelles certains pays choisissent de circuler à gauche et d'autres à droite.
Différentes explications ont été avancées, mais le plus souvent sans preuve.
Antiquité La coutume de circuler à gauche peut être retracée jusqu'en Grèce, Égypte et Rome antique : les soldats, principalement droitiers, marchaient à gauche (de même que les cavaliersLa tradition de monter un cheval par son flanc gauche, afin de ne pas être gêné par l'épée, persiste jusqu'aujourd'hui dans le monde hippique.), portant leur bouclier et leur fourreau à gauche, afin de pouvoir dégainer leur épée plus facilement.
En 1998, une ancienne carrière romaine fut découverte près de la ville de Swindon, au Royaume-Uni, dans un excellent état de conservation. La route qui y mène présentait encore des traces du passage des chariots. À la sortie de cette carrière, la circulation semblait se faire à gauche. Les ornières, en effet, étaient plus profondes de ce côté. Ceci tend à montrer que les véhicules chargés, donc sortants, circulaient à gauche. Alors que les chariots vides, donc entrants, utilisaient le côté droit.. Il est impossible de dire si cette règle, si même elle existait, s'étendait à d'autres lieux.
Au Moyen Âge Une explication courante relate que les cavaliers du Moyen Âge, comme ceux de l'Antiquité, circulaient sur la gauche des chemins, tenant leurs rênes de la main gauche afin de pouvoir plus facilement tirer leur épée avec leur main droite en cas d'attaque ou d'adresser plus aisément d'amicales salutations. Cette théorie semble ne pas avoir de fondement historique, aucun écrit ne l'attestantClive Lamming, « Pourquoi les trains roulent à droite et les RER à gauche ? », émission Les P'tits Bateaux sur France Inter, 5 mai 2013.. On peut supposer cependant qu'ils allaient plutôt sur le centre des chemins, où ils étaient le plus praticables, et que l'attaque d'un adversaire situé sur le côté gauche de la route serait plus difficile à parer. De plus, cette explication ne dit pas ce qu'étaient censés faire les chevaliers gauchers ou comment cette tradition se serait perpétuée à travers les siècles. Cette explication est également donnée au Japon.
Témoignages historiques Personne jusque-là n'avait pensé, semble-t-il, à réglementer le trafic routier par un texte officiel. En 1300, le pape Boniface VIII (1295 – 1303) instaura le premier Jubilé. Face au très grand afflux de pèlerins dans la ville de Rome, il imposa la circulation à gauche dans la ville de Rome dans les quartiers proches de la basilique Saint-Pierre. Il conseilla aux pèlerins de marcher sur le côté gauche de la route. Cet édit papal poussa l'Europe à circuler à gauche pendant près de quatre siècles.
Au Royaume-Uni, la première mention relative au sens de circulation remonte à 1756 et impose le côté gauche pour traverser le Pont de Londres, au centre de Londres. Le General Highways Act de 1773 recommande aux chevaux de circuler à gauche, disposition qui fut entérinée par le .
Le Conestoga vignette|150x150px|Un chariot Conestoga en Oregon. À la fin du , apparaît sur le marché américain un nouveau type de chariot : le Conestoga.
Tiré par six ou huit mules attelées par paire, muni de quatre grandes roues, il est robuste et maniable et devient vite un indispensable du transport fonctionnel (destiné à l'origine au transport du blé en Pennsylvanie). Ce chariot se répand vite dans tous les pays voisins et des engins similaires apparaissent également en Europe. Caractéristique principale du Conestoga : il ne comporte pas de siège pour le cocher. Ce détail va bouleverser les habitudes de la route. Afin de contrôler au mieux l'attelage, le cocher se place sur le cheval de gauche de la dernière paire (tenant le fouet de la main droite). Ces chariots se mettent alors naturellement à rouler à droite, afin que le cocher puisse surveiller, lors des croisements, le côté exposé aux frôlements possibles par un autre chariot et que le fouet se déploie du côté du champ bordant la route et non sur les personnes croisant le chariot sur sa gauche.
En 1792, la Pennsylvanie officialise la conduite à droite, et les autres états des États-Unis lui emboîtent le pas. En Europe, ce chariot devient célèbre et la même pratique se développe. De plus, la flambée révolutionnaire n'hésite pas à se débarrasser d'une pratique voulue par le pape. À la fin du , la France roule donc à droite. On porte souvent à Napoléon le crédit d'avoir imposé à l'Europe conquise l'obligation de conduire à droite, par opposition aux Britanniques, qui conduisent à gauche. Napoléon, pour les surprendre, aurait entraîné ses troupes à commencer l'attaque par le flanc droit. Même le site web du ministère des Armées donne cette explication.. Cependant, cette explication semble fantaisiste car il n'y a aucune relation entre le sens de circulation des convois ou des troupes sur les routes et les dispositions tactiques au combat (et d'ailleurs l'analyse des opérations militaires napoléoniennes ne démontre aucune espèce de préférence pour l'offensive par la droite). Ensuite, sans doute par réaction aux Britanniques et comme marque de fabrique, il aurait imposé la circulation à droite à tout l'Empire. Il est plus vraisemblable qu'il reprit la pratique du Conestoga, et des chariots en général, qu'il imposa à tous les pays conquis. Là encore il ne s'agit que de conjectures, car la domination napoléonienne sur l'Europe a été trop éphémère pour être véritablement en mesure d'instaurer un tel standard.
Le Royaume-Uni ne veut pas du Conestoga Le Royaume-Uni, indépendant vis-à-vis de Bonaparte, n'apprécia pas le Conestoga, car pour des raisons géographiques évidentes ni les besoins en matière de transports terrestres de marchandises ni la configuration du réseau routier n'étaient les mêmes dans les îles britanniques que dans les pays continentaux. Les véhicules de fret lourd tels que le Conestoga n'étaient donc pas appropriés et on lui préféra un modèle plus petit, muni d'une seule paire de chevaux et surtout d'un siège de postillon. Afin de ne pas gêner le passager par son fouet, le conducteur se plaçait à droite (le fouet dans la main droite), et pouvait surveiller ainsi les manœuvres sur le côté exposé. Les Britanniques continuèrent donc naturellement à rouler à gauche de la chaussée.
Les premières automobiles Les premières automobiles avaient le frein à main à l'extérieur, du côté droit (pour qu'il puisse être serré de la main droite avec plus de force). Le poste de conduite se trouvait donc à droite. À cette époque, la manœuvre du croisement était délicate : sur des routes étroites, les véhicules devaient s'éloigner l'un de l'autre autant que possible. Pour réaliser au mieux cette opération, le conducteur devait se tenir du côté du bas-côté de la route afin de voir si les roues ne sortaient pas de la route. Le poste de conduite étant à droite, les voitures roulaient donc sur le côté droit de la chaussée. Plus tard, le frein à main s'est retrouvé au centre de l'habitacle. Certains fabricants d'automobiles ont déplacé le poste de conduite à gauche pour que le frein reste accessible à la main droite, d'autres (comme les Britanniques) n'ont rien changé.
Changements du sens de circulation Plusieurs pays ont changé le sens de circulation sur leurs routes au cours du temps, généralement pour faciliter les échanges avec des pays voisins. Dans quelques cas, le sens de circulation fut modifié à la suite de l'invasion du territoire par une puissance étrangère.
Dans la grande majorité des cas, c'est la circulation à gauche qui a été remplacée par la circulation à droite : Les anciennes colonies britanniques d'Afrique de l'Ouest (Nigeria, Ghana, Sierra Leone et Gambie) ont toutes changé le sens de circulation afin de faciliter le trafic avec les anciennes colonies françaises. La Suède a adopté la circulation à droite le dimanche , lors du Dagen H.. L'Islande a suivi l'exemple suédois quelques mois plus tard, le dimanche à 6 h du matin, lors du H-dagurinn.
Plus rarement, c'est la circulation à gauche qui l'a emporté : C'est le cas dans la plupart des anciennes colonies allemandes qui, après la Première Guerre mondiale, passèrent sous l'administration britannique, australienne ou néo-zélandaise (Tanganyika, Sud-Ouest africain, Nouvelle-Guinée, Samoa). L'île japonaise d'Okinawa, administrée par les Américains depuis 1945, repassa dans le giron de Tokyo en 1972 et imposa un nouveau changement du sens de circulation en 1978.
Répartition mondiale vignette|upright=1.5|Sens de circulation automobile :
À gauche On peut estimer qu'un tiers de la population mondiale vit dans des pays où les automobilistes conduisent à gauche, essentiellement d'anciennes colonies britanniques (même si l'Indonésie, la Thaïlande et le Japon ne sont pas d'anciennes colonies britanniques et qu'au Canada, ancienne colonie britannique, la conduite à droite et la conduite à gauche ont coexisté, à certaines périodes, selon les provinces). À Hong Kong et à Macao, la circulation s'effectue toujours à gauche bien que tout le reste de la Chine conduise à droite.
vignette|Panneau indiquant un changement du sens de circulation à la frontière entre le Laos (conduite à droite) et la Thaïlande (conduite à gauche).
En Europe, on retrouve le Royaume-Uni, l'Irlande, Malte, Chypre, l'île de Man et les îles Anglo-Normandes, qui sont toutes des îles et d'anciennes ou actuelles possessions britanniques. Ailleurs dans le monde, la conduite à gauche se retrouve en Afrique australe et du Sud-Est, sur le sous-continent indien, au Japon, dans une grande partie de la région Sud-Pacifique, dans quelques îles des Antilles et dans deux pays d'Amérique du Sud (Guyana, anciennement Guyane britannique, et Suriname, anciennement Guyane néerlandaise) :
À droite Environ deux tiers de la population mondiale vivent dans des pays où le sens de circulation est à droite. Certains de ces pays utilisaient auparavant la conduite à gauche (entre parenthèses, l'année du changement du sens de la circulation) :
Historique des changements et particularités par pays Afghanistan La conduite à droite fut appliquée en Afghanistan, d'abord à Kaboul en 1950, à l'initiative de son maire Ghulam Mohammad Far et s'imposa peu à peu au reste du pays.
Allemagne L'Allemagne roula à droite dès la période napoléonienne.
L'Allemagne nazie modifia le sens de circulation en Autriche, en Hongrie et en Tchécoslovaquie, en imposant ou finissant d'imposer la conduite à droite. Ces pays avaient adopté le principe d'un passage à droite et pour certains, comme l'Autriche l'avait déjà fait dans certaines régions dans les années 1930.
Antilles Outre les possessions britanniques et américaines (Îles ViergesÀ Porti-Rico, on roule à droite.), dix pays, membres du Commonwealth, ont conservé la conduite à gauche imposée lors de la colonisation : Anguilla, Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Dominique, Grenade, Jamaïque, Saint Christophe-et-Niéves, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Trinité-et-Tobago.