vignette|Vue de Tbilissi en 1671, par le voyageur français Jean Chardin.

Tbilissi (en géorgien , , ), appelée Tiflis jusqu'au , est la capitale de la république de Géorgie. Située sur les rives du fleuve Koura (ou Mt'kvari), la ville couvre une superficie de et comptait au selon l'Office national des statistiques de Géorgie..

Étymologie Le nom dérive de l'ancien géorgien Tp'ilisi signifiant (source) chaud(e) — effectivement il y a une source d'eau chaude, riche en soufre dans une zone adjacente à l'actuelle place portant le nom du fondateur de la ville, le roi Vakhtang Gorgasali (440-502 ou 522).

La terminaison -i est une marque de la langue géorgienne.

Si son nom en langue géorgienne fut toujours თბილისი Tbilissi, à partir des contacts grecs, la ville prend le nom de Tiflis . Ce nom perdure grâce au rayonnement économique et culturel du royaume et de la cité, y compris sous la domination perse puis khazare et surtout turco-seldjoukide avec l'émirat de Tbilissi de 736 à 1122voir Émirat de Tbilissilire aussi Histoire de Tbilissi.

Le nom de Tiflis est « adopté » par toutes les langues étrangèresAlexandre Dumas, qui visita la Géorgie à la fin des années 1850, décrit ainsi

Le principal caravansérail de Tiflis a été bâti par un Arménien (…)

in Alexandre Dumas, Le Caucase (en géorgien), Tbilissi, Merani, 1988, p. 168 (Le Caucase, Paris, Libra (...). Mieux encore, le nom de Tiflis coexiste avec le nom de Tbilissi jusqu'à nos jours, si bien qu'il devient difficile de déterminer quand une appellation supplante l'autre tout au long de l'HistoireLes archives prouvent que l'appellation Tbilissi existait parallèlement à celle de Tiflis notamment sous la domination de l'Empire russe à la fin du . voir Niko Javakhishvili , Quand notre capitale s'appelait-elle « Tbilissi » ?, « Istoriani », février, , 2011, .

Néanmoins, à partir de 1937, le nom actuel de la ville, Tbilissi, est définitivement utilisé dans le quotidien Izvestia, (en russe « Les Nouvelles ») fondé en 1917. Le retour à l'appellation géorgienne Tbilissi a été imposé par la volonté de Staline dans un oukaze en date du .

Généralités Fondée au de l’ère chrétienne par le roi d'Ibérie Vakhtang Gorgasali, elle devint la capitale du royaume de Géorgie orientale (ou Ibérie) au et se transforma bientôt en une grande ville de commerce, riche de culture. Sa partie historique est inscrite par un comité de l'UNESCO sur la liste indicative du patrimoine mondial UNESCO: "Tbilisi Historic District", consulté le 22 novembre 2016.

La ville est aujourd'hui en train de devenir une étape importante de la route des énergies naturelles et des projets de commerce. Située sur un point stratégique entre l'Orient et l'Occident, et également sur le chemin de la route de la soie (Boukhara-Tbilissi-Erzurum-Trébizonde), Tbilissi a souvent été convoitée par les puissances voisines et fut le théâtre de plusieurs conflits violents ou indirects (« Le Grand Jeu ») entre les grands pays l'entourant. L'histoire de la ville peut aujourd'hui être comprise par son architecture, où l'avenue haussmannisée de Roustaveli et le centre-ville rivalisent avec les quartiers voisins médiévaux.

La démographie de la ville est très diverse. Historiquement, elle accueillit des communautés de différentes cultures, religions et ethnies. Même si la ville, tout comme le pays, est majoritairement orthodoxe, Tbilissi est l'un des rares endroits à avoir une mosquée et une synagogue l'une à côté de l'autre, dans l'ancienne Tbilissi ; ces deux établissements religieux sont eux-mêmes situés à quelques mètres de l'église de Metekhi.

Dans l'histoire récente, Tbilissi se fit connaître par la révolution des Roses qui eut lieu autour du parc de la Liberté et près des bâtiments parlementaires, en faisant suite aux résultats contestés des élections législatives de 2003 ; ce qui mena à la démission du président Édouard Chevardnadze.

Tbilissi ne possède qu'un seul aéroport international. Plusieurs destinations touristiques, telles que la nouvelle cathédrale de la Trinité (la Sameba), le parc d'attraction Mtatsminda — fondé par les Soviétiques et point le plus haut de la ville () —, le parc de la Liberté, l'église de Metekhi, le quartier Narikala, le parlement de Géorgie, l'avenue Roustavéli, l'opéra de Tbilissi, notamment font la renommée de la ville. Elle est également celle de plusieurs artistes célèbres, dont Niko Pirosmani (1862-1918) et (1896-1980).

Géographie Topographie et situation Tbilissi se trouve en Transcaucasie (Caucase du Sud) à 41° 43' de latitude nord et 44° 47' de longitude est, à latitude équivalente de villes comme Barcelone, en Espagne, ou Rome, en Italie.

La ville est située à l'est de la Géorgie, sur les rives de la Koura (Mt'k'vari, en géorgien), entre le Grand Caucase et le Petit Caucase, à l'endroit où les deux chaînes ne sont séparées que par l'étroite vallée du fleuve.

Le second cours d'eau est la Vera ou Vere, affluent de la Koura, et dont un incident naturel a provoqué l'inondation de 2015.

Le troisième cours d'eau est le ruisseau éventuellement torrentueux Leghvta, visible dans le quartier des bains, alimenté par une cascade.

Le site de la ville, à un angle de la Koura, avec des falaises, est stratégique. Le cours a peu été aménagé, à part le rattachement à la rive droite de l'île Madatowski, visible sur les cartes, de 1912 par exemple.

La ville de Tbilissi, d'une superficie de , s'étale à des altitudes comprises entre et . Au nord, la ville est limitée par la , à l'est et au sud-est par la plaine de Iori, et à l'ouest, son expansion est empêchée par la cordillère de Trialéti, de relief plutôt accidenté.

La ville, située dans une zone sismique, est frappée parfois par des tremblements de terre (dont celui de 2002)..

Le grand réservoir d'eau, au nord de la ville, communément appelé « mer de Tbilissi », est alimenté depuis 1951 par un canal tirant sa source de la rivière Iori, qui coule dans la steppe de Samgori (quartier est de Tbilissi, rive gauche). vignette|redresse=5|centré|Panorama de Tbilissi, traversée par le fleuve Koura.

Climat Le climat de Tbilissi jouit d'un climat subtropical humide (Köppen: Cfa, Trewartha: Doak) avec des influences de climat continental humide et de climat semi-aride. Le climat de la ville subit la double influence des masses d'air sèches en provenance d'Asie centrale et des masses d'air océaniques en provenance de la mer Noire.

Tbilissi connaît des hivers très frais et assez secs avec une température moyenne de en janvier et des étés chauds avec une température moyenne de en juillet. Fait on ne peut plus typique des climats continentaux chauds, Tbilissi présente généralement une fin de printemps et un début d'été assez orageux (les précipitations sont maximales en mai et juin), alors que la fin d'été est généralement beaucoup plus sèche. La relative douceur des températures en hiver s'explique par la proximité de deux grandes masses d'eau (la mer Noire et la mer Caspienne) et par le fait que la chaîne de montagne du Grand Caucase empêche l'intrusion des masses d'air froides en provenance de Russie. La neige ne tient au sol en moyenne que 13 jours par an (hauteur moyenne de en février avec un maximum de ).

Température record la plus froide : (janvier 1883) Température record la plus chaude : (17 juillet 1882) Nombre moyen de jours avec de la neige dans l'année : 22 Nombre moyen de jours de pluie dans l'année : 100 Nombre moyen de jours avec de l'orage dans l'année : 35

Histoire

L'histoire de Tbilissi, en tant que capitale de Géorgie, remonte au . Durant ses d'histoire, elle fut un centre culturel, politique et économique important de la région du Caucase. Située sur les plus grandes routes de commerce, la ville fut occupée au moins vingt fois par des ennemis extérieurs. Depuis 1991 et l'indépendance de la Géorgie, Tbilissi est la capitale de la République de Géorgie.

Les débuts vignette|Vakhtang Gorgassal est considéré comme le fondateur de Tbilissi. La légende raconte que le territoire de l'actuelle Tbilissi était, jadis, complètement recouvert par une forêt dans laquelle la Cour de Mtskheta allait parfois chasser, au plus tard jusqu'en 458. Selon la tradition, Vakhtang Gorgassali, roi d'Ibérie, chassait au faucon dans cette contrée boisée (parfois, le faucon est remplacé dans la légende par un petit oiseau), quand celui-ci attrapa un faisan. Mais les deux oiseaux tombèrent dans une source d'eau chaude proche, et moururent. Le roi Vakhtang fut si étonné par la découverte de sources d'eau, qu'il décida de fonder une ville à cet endroit. Il nomma la ville Tpili, ce qui veut dire chaud en géorgien. Ainsi, Tpili, ou Tbilissi (endroit chaud), reçut son nom à cause de ses nombreuses sources d'eau chaude.

Les études archéologiques de la région ont révélé que le territoire de Tbilissi fut occupé par des êtres humains au plus tôt au millénaire avant notre ère, tout comme les kourganes de Lagodekhi..

La source la plus ancienne mentionnant ce lieu (Pilado) date de la seconde moitié du , sous le règne de Varaz-Bakour , quand celui-ci fit construire une forteresse dans ladite forêt. Vers la fin du même siècle, la forteresse tomba dans les mains des Perses, avant de revenir dans les mains des Géorgiens sous le règne de Vakhtang . Ce dernier ne serait donc pas le fondateur de Tbilissi (Narikala), mais seulement l'auteur de l'agrandissement de la forteresse pour en faire une ville. Les territoires que le roi fit construire semblent recouper l'actuelle ancienne Tbilissi.

Le roi Vatché II d'Ibérie (roi de 522 à 534), fils et successeur de Vakhtang Gorgassali, déplace la capitale de son royaume de Mtskheta à Tbilissi, selon la volonté de son pèreÀ l'époque, il n'y avait pas encore d'État géorgien uni, la Colchide et l'Ibérie étant deux royaumes séparés. Tbilissi devint alors la capitale de l'Ibérie.. Sous son règne, le roi termine également la construction de la forteresse entourant la ville, et établit ainsi les premières limites de Tbilissi. La nouvelle capitale devient bientôt une ville importante dans la région, au vu de sa position stratégique et favorable, au carrefour des chemins des marchands de l'Occident et de l'Orient.

La vallée du fleuve Koura est sur un tracé secondaire de la route de la soie, entre la mer Caspienne et la mer Noire.

Domination étrangère La position géographique de Tbilissi n'est toutefois pas si favorable que cela pour le royaume d'Ibérie. Située stratégiquement au cœur du Caucase, entre l'Europe et l'Asie, elle devient le principal objet de rivalités entre les différentes puissances voisines telles que l'Empire byzantin, la Perse, l'Arabie et la Turquie seldjoukide. Le développement culturel de la ville dépend ainsi des différents empires la dominant du . Toutefois, Tbilissi, comme le reste de la Géorgie orientale, réussit à préserver une autonomie notable vis-à-vis de ses conquérants.

À partir de 570/580, les Perses prennent Tbilissi et y règnent pour environ une décennie. En 627, elle est prise et saccagée par les armées byzantines et khazares. Vers 737, les Arabes entrent dans la ville sous le commandement de Marwan al-J`adîy al-Himâr et établissent un émirat dans la région avec pour capitale Tbilissi. En 764, la ville est à nouveau prise par les Khazars mais reste sous domination arabe. En 853, les armées du général arabe Boughba le Turc envahissent Tbilissi dans le but d'établir une domination abbasside dans le Caucase. La domination arabe sur Tbilissi continue ainsi jusque dans les années 1050, les Géorgiens y résidant ne pouvant se révolter. En 1068, la ville est encore une fois saccagée, cette fois par les Seldjoukides sous le sultan Alp Arslan.

Tbilissi, capitale de la Géorgie de l'Âge d'Or vignette|gauche|redresse|David IV le Reconstructeur fit de Tbilissi sa capitale dès 1122. vignette|L'église d'Antchistaki, la plus ancienne de la ville ().