Le d'infanterie (), dénommé Régiment de Fer, est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir du régiment du Cap, un régiment français d'Ancien Régime créé pour servir dans les colonies françaises.

Création et différentes dénominations

: tous les régiments prennent un nom composé du nom de leur arme avec un numéro d’ordre donné selon leur ancienneté. Le régiment du Cap devient le d'infanterie de ligne ci-devant Cap. 26 octobre 1795 : création de la de deuxième formation. 1803 : Prend le nom de d'infanterie de ligne. Mars 1815 : le régiment est licencié comme l'ensemble des régiments d'infanterie de ligne et légère et n'est pas recréé. : formation du de marche. : renommé d'infanterie de ligne. : fusionné dans le d'infanterie de ligne. : formation du provisoire d'infanterie. 1872 : renommé d'infanterie de ligne. 1887 : renommé d'infanterie. 1914 : à la mobilisation, il met sur pied son régiment de réserve, le d’infanterie. 1940 : dissolution. 1944 : nouvelle formation du d’infanterie. 1945 : dissolution. 1970 : formation du d’infanterie. 1984 : dissolution, les traditions passent au de commandement divisionnaire. 1991 : dissolution du .

Chefs de corps

: colonel N. Dassas 1796 : chef de brigade Perrin 1800 : chef de brigade Jean Charles Roussel (*) ; 1809 : colonel Louis Aimable Jean Baptiste Bertran 1813 : René Poudret de Sevret N'existe plus 1870 : colonel du Guiny 1871 : colonel Péan 1875 : colonel Capdevielle 1876 : colonel MartheAnnuaire de l'Armée française 1876, 1878, 1879 1883 : colonel Raoul Le Mouton de BoisdeffreAnnuaire de l'Armée française 1884** 1887 : colonel de Groulard 1895 : colonel Moinot-VerlyAnnuaire de l'Armée française 1903, 1905 1896 : colonel Rollet ... 1903 - 1905 : Colonel Paul VonderscherAnnuaire de l'Armée françaiseDirecteur de l'école de tir de Châlons, en 1900, il s'oppose au chef de bataillon Philippe Pétain, alors instructeur à l'école .... 1909 - : colonel Maistre** ... 1914 : colonel Collignon, blessé et fait prisonnier le , remplacé provisoirement par le chef de bataillon Payard - : Colonel Dillemann, blessé le , remplacé provisoirement par le chef de bataillon Paul Cabotte** - : lieutenant-colonel Charles Barjonet - : lieutenant-colonel Pénet (**) 1917 - 1918 : lieutenant-colonel Lestien. (**) 1919 : Lieutenant-Colonel Lucien Coquet (1869-1947)Le 106e RI pendant la guerre 1921 : colonel Salles 1922 : colonel Thibault 1930 : colonel Sisteron 1931 : colonel Paul René Malivoire-Filhol de Camas

1939 : colonel Louis Félicien Marcel Tardu*

(*) Officier qui devint par la suite général de brigade. (**) Officier qui devint par la suite général de division.

Historique des garnisons, combats et batailles Ancien régime

Guerres de la Révolution et de l'Empire 1790 - 1793 : révolution haïtienne et guerre contre l'Espagne 1790 - 1791 : contre-insurrection face aux mulâtres et esclaves révoltés commandés par Vincent Ogé. 1792 : tensions entre le régiment du Cap et les bataillons du régiment de Normandie et du régiment d'Artois fraîchement débarqués de métropole ; le 19 octobre 1792, le régiment du Cap se mutine et chasse son colonel Cambefort (1751-1803)Mémoire justificatif de Joseph-Paul-Augustin Cambefort, colonel du régiment du Cap, 1793. 1793 : guerre contre l'Espagne qui tient la moitié orientale de l'île ; 300 hommes du régiment, commandés par Desfourneaux, s'emparent du fort de la Crête Sale et capturent 700 Espagnols

Lors de la réorganisation des corps d'infanterie français de 1793 la de première formation n'a pas été formée car le du d'infanterie (ci-devant Alsace) qui devait former le noyau de cette demi-brigade était aux colonies, à Cayenne.

1794 : transfert en métropole, lutte contre la chouannerie

Lors de la réorganisation des corps d'infanterie français de 1796 la de deuxième formation est formée à partir des unités suivantes : de première formation ( du d'infanterie (ci-devant Royal-Auvergne), de volontaires de la Meurthe et de volontaires de la Meurthe) de première formation ( de volontaires des Ardennes, de volontaires de Paris, de volontaires de la Drôme dit bataillon de volontaires du district de l'Ouvèze et de volontaires de la Gironde)

1796 : Armée de Rhin-et-Moselle 1800 : siège de Gênes

Lors de la réorganisation des corps d'infanterie français de 1803, le d'infanterie de ligne est formé à 3 bataillons avec : le de la de deuxième formation (1 bataillon) les et de la de deuxième formation (2 bataillons)

1805 : bataille de Caldiero 1808 : Armée de Portugal - guerre d'indépendance espagnole 1809 : bataille de WagramDiégo Mané, Wagram, 6 Juillet 1809, la colonne Macdonald, mythes et réalités, Planète Napoléon, 2008 1812 : bataille de Maloïaroslavets

1814 : le d'infanterie de ligne prend le no 87, le no 106 devient vacant. 1815 : Napoléon annule la réorganisation précédente, le no 87 redevient le d'infanterie de ligne. Mars 1815 : le régiment est licencié comme l'ensemble des régiments d'infanterie de ligne et légère et n'est pas recréé.

Guerre franco-allemande En 1870 le régiment est en garnison à Charenton-le-Pont Le de marche est formé à Paris le à partir des des , et d'infanterie de ligne.. Il fait partie de la du d'armée.. Le , le est renommé .. De septembre 1870 à janvier 1871, il participe au siège de Paris. Le , il est rattaché à la du de la de Paris.. Il combat lors de la bataille de Champigny, rejoignant après cette bataille la du de la de Paris.. Le et du régiment capitulent avec le reste de la garnison le .. Le régiment est dissous fin mars 1871, fusionnant avec le d'infanterie de ligne..

De 1871 à 1914 Le , le est créé à Cherbourg avec divers éléments des régiments rentrant de captivité.Réorganisation des armées active et territoriale. Lois 1873-1875, promulguées les 7 août 1873 et 27 mars 1875. page 320. Le rejoint la du de l'armée de Versailles. Il prend le numéro 106 le .. Il est en garnison à Longwy, puis à Bar-le-Duc, avec dépôt à Châlons-sur-Marne..

En septembre 1873, à la formation de la d'infanterie du d'armée, il est rattaché à la de cette division..

En 1875, il passe à la de la d'infanterie.. En 1880, il prend garnison à Châlons-sur-Marne.

En 1880 le régiment est en garnison à Châlons-sur-Marne, caserne Chanzy

L’armée a une double mission : veiller sur la défense des frontières, la défense extérieure et maintenir l’ordre à l’intérieur.

Le , le vignoble de la vallée de la Marne est en état de siège, lors de la lutte des « cossiers » (vignerons en patois champenois) contre les négociants et les importations de vins en fraude. Le de dragons, en garnison à Épernay et des éléments de renfort de quatre autres régiments dont un bataillon du et un bataillon du , interdisent les accès d'Épernay. Ils montent la garde à la gare et chez des négociants, se répartissent entre Damery, Venteuil, Cumières, Ay et HautvillersChampagne, un siècle d'histoire sociale, CGT Caves Vignes, Liszek Slava, Monteuil, VO Éditions, 1995, 221 p..

Première Guerre mondiale À la DI d' à janvier 1917 puis à la d’infanterie jusqu'en 1918.

1914 En garnison à Châlons-sur-Marne, le régiment embarque, le , pour Saint-Mihiel, avec 53 officiers, 159 sous-officiers, 3148 caporaux et soldats, et 181 chevaux..

À la déclaration de guerre, le , avec le d’infanterie, la d'infanterie du colonel Gramat, au sein de la d’infanterie du général Souchier, du d’armée du général général Verraux ( du général Sarrail).

Dès fin , les opérations de la mobilisation s'exécutent à la caserne Chanzy de Châlons. Les réservistes arrivent en masse, principalement du territoire de la Région militaire, laquelle comprenait les départements de l'Aisne, de l'Oise, de la Marne, des Ardennes, de la Meuse. Des Bretons et des Parisiens complètent l'effectif. Le premier échelon du RI est embarqué à la gare de Châlons dès le en direction de la région de Saint-Mihiel (Meuse). Le deuxième échelon rejoindra le .

Le , vers Verdun, à Thierville puis Louvemont.

Au cours de l'automne 1914, les régiments du d’armée se rapprochent de la crête des Eparges, prennent un tour de 3 fois 3 jours : repos à l’arrière, seconde ligne puis première ligne. Au repos dans les villages de Belrupt, Sommedieue, Mont-sous-les-Côtes…, en seconde ligne généralement sur la Tranchée de Calonne, ils tiennent les premières lignes dans les ruines des villages de Trésauvaux et des Eparges, dans les bois sur le versant nord-est de la crête des Eparges (ravin de la Fragaoule, dit « ravin de la Mort ») ou dans les prés et vergers sur le flanc nord-Ouest de la crête.

Le : 'Les obus arrivent, par couple, certains ont une explosion prolongée, amplifiée de résonance superposées, qui se gonflent comme une vague de flux, d'autres qui frappent les routes, se brisent avec un ton vibrant et grave, d'autres s'enfoncent dans le fumier comme une cartouche mouillée qui fait long feu.''Nuits de guerre' de Maurice Genevoix, .

1915

Bataille des Éparges Ces positions sont le théâtre d’une des luttes les plus meurtrières et les plus pénibles de toute la guerre. L’ennemi s’acharne pour la possession de la crête. Les attaques et les contre-attaques, les combats au corps à corps et à la grenade, sous un bombardement d’obus de tous calibres et sous l’écrasement des torpilles se renouvellent opiniâtres, sans arrêt, pendant une période de 5 mois dans les conditions les plus pénibles.

La de réserve allemande avait organisé une grande redoute bastionnée et entourée de deux lignes de tranchées. Pendant l’hiver, les régiments du d'armée lancent des attaques ponctuelles contre les positions allemandes. Le génie intervient pour creuser une bonne douzaine de sapes sur tout le flanc nord de la crête des Éparges, pour permettre d'approcher la tranchée allemande qui parcourt toute la crête d’Est en Ouest et d'installer des fourneaux de mine. Le du général Herr tenait, dans la vallée, le village des Éparges et, depuis le , le village de Saint-Remy. S'il s'emparait de la colline, il menacerait les positions de von Strantz dans la forêt de la Montagne et, par suite, dans l'angle de Saint-Mihiel.

Du 17 au , violents combats aux Éparges. Sur ordre du Général Dubail, l'attaque commence le . Quatre mines de 1500 kilos sautent; l'attaque française est lancée par les sapes de l’Ouest que l'on a fait exploser. Après une importante préparation d'artillerie, les éléments de la d’infanterie s’engagent. Le d’infanterie part à l’assaut du bastion Ouest de la crête (point A) et conquiert facilement les tranchées allemandes inoccupées. Deux bataillons du RI marchent en échelon à gauche du . Le l'arme à la bretelle et enlève la crête ; l'ennemi contre-attaque à la grenade.

En riposte, l'état-major allemand décide de reprendre les positions concédées. Entre le 18 et le , attaques et contre-attaques se succèdent sous un bombardement permanent et d'une violence inouïe.

Le 18, dès le matin, nos unités avancées sont prises sous une pluie d'obus de gros calibre qui les harcèle pendant plus de 3 heures. Fortement éprouvées, ayant perdu presque tous leurs officiers et plus du tiers de leurs effectifs, elles ne peuvent supporter le choc de la contre-attaque allemande qui se déclenche à 8 heures et doivent se replier sur nos positions de départ. Le jour même, à 15 heures, l'attaque est renouvelée par les 2 compagnies les moins éprouvées du soutenues par le et une compagnie du . Les tranchées allemandes sont reprises et, cette fois, nous devions les garder définitivement. En vain, les obus criblent le terrain jour et nuit, en vain, l'ennemi lance de furieux assauts, quatre dans la journée du 19, un cinquième le 20Historique du d'infanterie, Lieutenant Bonnet, sed, sd..