Euralille est le quartier d'affaires et le territoire aménagé par la Société publique locale Euralille sur les communes de Lille et La Madeleine. À Lille, ce territoire s'étend sur les quartiers de Lille-Centre, Saint-Maurice Pellevoisin, Lille-Moulins et Fives, jusqu'à la porte de Valenciennes.
À l'origine uniquement un quartier d'affaires français situé sur les villes de Lille et de La Madeleine, dans la région Hauts-de-France, au sein de la Métropole Européenne de Lille, Euralille est maintenant plus globalement un « lieu de vie » regroupant également des fonctions résidentielles dans les territoires « Euralille 2 » et « Euralille 3 ».
Troisième quartier d'affaires de France en surface tertiaire après La Défense (Paris) et La Part-Dieu (Lyon), il bénéficie de plusieurs infrastructures en particulier des gares de Lille-Flandres et de Lille-Europe, du boulevard périphérique de Lille, du tramway, du métro ou encore du Grand Boulevard ainsi que de la proximité du centre-ville de Lille, ville elle-même reliée aux principales métropoles du Nord-Ouest de l'Europe (Paris, Londres, Bruxelles, Cologne, Amsterdam et Luxembourg).
Depuis le début de sa construction dans les années 1990, découlant de la création de la gare de Lille-Europe, de la LGV Nord (plaçant Lille au centre des trajets ferroviaires entre Paris, Bruxelles et Londres) et du tunnel sous la Manche, Euralille a permis la construction de de bureaux et le quartier est toujours en expansion.
Outre le centre commercial éponyme Westfield Euralille, Euralille contient principalement des bureaux, mais également des logements, des hôtels, un casino, un palais des congrès et d’expositions, des restaurants, des parcs et espaces publics, une salle de concert, un zénith, des écoles d'enseignement supérieur ainsi que plusieurs lieux culturels.
Géographie Situation Euralille est située dans la commune française de Lille dans le département du Nord en Hauts-de-France.
Au niveau européen, Euralille se situe dans le triangle de trois capitales européennes Londres-Paris-Bruxelles, et à proximité de Cologne, d'Amsterdam et de Luxembourg, faisant de Lille une sorte d'épicentre. Dans la commune, il se situe à la fois dans le centre-ville, en périphérie et dans un voisinage très peu dense. du fait de son emplacement sur d'anciens terrains militaires.
Transports Le quartier d'Euralille est desservi par les deux gares principales de la commune : Lille-Flandres et Lille-Europe. La première est desservie par les TGV en provenance de Paris et par les TER Hauts-de-France, tandis que la seconde est desservie par les trains internationaux..
En plus du réseau ferroviaire, la ville est accessible par de nombreuses autoroutes et voies rapides: le périphérique de Lille pour les mobilités à l'intérieur de la ville, l'A25 vers Dunkerque, l'A1 vers Paris et Arras, l'A27 vers Gand, et enfin l'A23 vers Valenciennes et Bruxelles.
Au niveau local, il est également desservi par le métro de Lille, le tramway du Grand Boulevard, les bus et le V'Lille.
Histoire Le site Euralille s’étend sur la partie est des anciennes fortifications et de leur périphérie inconstructible avant le déclassement de la place de Lille après la Première Guerre mondiale, constituant un espace de 2 km de long sur plus ou moins 700 mètres de large, soit environ 110 hectares dont 22 hectares pour Euralille II.
Euralille I La création du rempart Euralille I est établi sur le front oriental des anciens remparts édifiés lors de l’agrandissement de 1617-1622, à l’époque où la ville faisait partie des Pays-Bas espagnols sous domination de la dynastie des Habsbourg. Cette fortification, bastionnée dès l’origine, reste la limite de la ville intra-muros lors des agrandissements de la ville, au nord en 1670 après la conquête de Louis XIV, au sud au cours des années 1860 à la suite de l’annexion des communes de Wazemmes, d’Esquermes et de Fives, cette dernière restant hors les murs. Ce rempart reste en place jusqu’au démantèlement de l’enceinte après 1919.
Ce territoire bordant les fortifications est très proche du centre car les deux enceintes, celle de la fin du qui englobait les deux paroisses de Saint-Sauveur et de Saint-Maurice et celle de 1617 qui la remplace, se rapprochaient de la place des Buisses à la porte de Tournai où elles se confondaient.
De plus¸ la forme allongée de la ville médiévale dans une direction nord-ouest sud-est présentait, jusqu’au début du , un étranglement aux alentours de l’église Saint-Maurice, un des noyaux originels de la cité, le village de Fins, mentionné dans la charte de fondation de la Collégiale Saint-Pierre de 1066. À cet endroit, sa largeur ne dépassait pas 500 mètres entre l’arrivée de la rue des Buisses sur l’actuelle place de la gare qui était l’emplacement de l’enceinte antérieure à 1617 et la porte du Molinel démolie en 1606 qui était située à l’angle de la rue de la Riviérette et de la rue du Molinel.
Cette particularité topographique et la permanence de l’enceinte au fil des siècles a pour conséquence la présence au d'une réserve foncière exceptionnellement bien située près de l'hyper-centre.
Les fortifications de 1617 remaniées par Vauban en 1670 comprenaient, au-delà du mur d’enceinte intérieur, des bastions, leurs fossés servant de pâturages avant 1914 et une zone non construite à leur périphérie. De plus, un secteur inondable s’étendait approximativement dans un triangle entre le prieuré de Fives proche de l’actuelle église Notre-Dame de Fives, la caserne Souham et le Grand Palais. Cette zone d'inondation, moins étendue que celle entre la Citadelle et le village de Wazemmes, était destinée à protéger la ville en cas de siège. Elle était alimentée par la Chaude Rivière qui serpentait en plusieurs bras, de sa source près du prieuré de Fives (à proximité de l'actuelle église Notre-Dame de Fives) jusqu’à l’entrée en ville à côté de la porte de Tournai.
Évolution du à 1919 Le cimetière de l’Est est établi en 1779 à la périphérie de la zone fortifiée.
Après le siège de 1792, l’autorité militaire délimite une zone inconstructible autour des fortifications et fait détruire le château de Phalecque qui avait servi de base aux assiégeants autrichiens. La construction de maisons démontables ou facilement détruites lors d’un siège est cependant tolérée. Plusieurs maisons en bois dans le quartier Saint-Maurice, notamment rue du Faubourg de Roubaix et rue des Jardins-Caulier, construites avant 1914 témoignent de cette réglementation.
La périphérie du rempart est parcourue à partir de 1848 par la ligne de Lille à Dunkerque dans le prolongement de la gare de Fives jusqu'à La Madeleine sans passer par la gare intra-muros (Lille-Flandres). Ce tracé est remplacé vers 1870 par celui de la ligne vers Roubaix avec bifurcation au Lion d’Or. L'ancien tracé qui subsiste par la suite sous forme de chemin jusque dans les années 1960 correspond à la ligne TGV souterraine à partir de la gare de Lille-Europe vers La Madeleine et au périphérique Est.
Le Becquerel (Chaude Rivière) est recouvert ou comblé vers 1900.
De 1882 à 1914, des projets de démantèlement du rempart, partiel limité au secteur de la porte d’Ypres à la porte Louis XIV pour une urbanisation correspondant approximativement à l’actuel Euralille, ou de l’ensemble de l’enceinte ceinturant la ville, sont débattus, annulés ou reportés à plusieurs reprises. Après la démolition des voutes de sortie des voies de la gare de Lille en 1883, la percée du boulevard Carnot en 1909 est une deuxième brèche dans les fortifications.
À l’entrée en guerre en 1914, le déclassement pratiquement décidé, n’est différé que par les tractations techniques et financières de l’opération. Après l’abandon de la défense de la ville en , une garnison revenue en octobre capitule après un siège au cours duquel les bombardements des assiégeants allemands détruisent une partie des quartiers du centre, démontrant l'inutilité de l'enceinte fortifiée.
Du déclassement des remparts à la création d'Euralille La place de Lille est déclassée par la loi du et les terrains militaires sont cédés à la ville à partir de 1923. Au nord de la gare, la démolition de l’ancienne enceinte est plus tardive qu’au sud de la ville où elle débute au milieu des années 1920 et s’achève à la fin des années 1930. Le bastion entre la gare et la caserne Souham n’est arasé qu’à la fin des années 1930 et le mur du rempart intérieur est encore visible sur photo aérienne de 1950 le long de la halle de la gare avant la création des voies annexes et du Tri Postal.
Un bidonville s’installe vers 1920 à l’emplacement de l’actuel parc des Dondaines sur le site de l’ancien château de la Phalecque (dont les derniers vestiges visibles sur les plans du disparaissent vers 1900) près du fortin Sainte-Agnès, ouvrage établi en avant des fortifications qui reste en place.
Les portes de Roubaix et de Gand étant classées Monuments historiques, les fortifications autour de ces deux portes restent en place ainsi que, par ailleurs, l’ensemble du front nord entre la Citadelle et la porte de Gand.
La gare annexe, le tri de postal et l’héliport construits dans les années 1950 n’occupent qu’une faible partie du territoire de l’ancienne zone militaire au nord de la gare. La construction du périphérique autour de 1960 dans le prolongement du pont de Flandres ouvert en 1953 crée une coupure remplaçant celle des anciennes fortifications entre le quartier Saint-Maurice et le centre ville.
Le parc des Dondaines est aménagé à la place du bidonville évacué en 1973.
Il restait jusqu’aux années 1980 un ensemble de terrains non construits ou faiblement occupés d’environ 100 hectares entre l’ancien mur d’enceinte et le quartier de Saint-Maurice-Pellevoisin.
La fermeture de la gare routière qui avait remplacé en 1963 l'héliport libère un espace supplémentaire où s'établit le centre commercial Westfield Euralille.
La construction de la ligne TGV en 1994 et celle du nouveau tracé du périphérique qui lui est accolé entrainent la destruction du fortin Sainte-Agnès et la réduction du parc des Dondaines.
Euralille II vignette|droite|Site d'Euralille II sur photo aérienne de 1957. Au sud de la porte de Tournai, à l'exception du court tronçon de cette porte à la Noble Tour, qui n’a été concerné par aucun des agrandissements de la ville postérieurs au , où le tracé de l’enceinte date donc du Moyen Âge, les fortifications sont celles de l’agrandissement des années 1860.
Au sud de la gare, le rempart est démantelé rapidement dans les années 1920 (la porte de Tournai est détruite en 1924 avec l’ancienne porte de Fives murée depuis 1670 découverte à cette occasion) et les terrains à l’est du quartier Saint-Sauveur, entre la voie ferrée et l’ancienne enceinte sont partiellement construits dans l’entre-deux-guerres. Le groupe d’immeubles HBM Gustave Delory est construit en 1925 dans le triangle entre le boulevard du Maréchal Vaillant, la rue Georges Lefèvre et l’avenue Eugène Varlin. La Foire commerciale de Lille s’établit en 1933 dans des bâtiments longeant sur 250 mètres le large boulevard du Président Hoover ouvert à cette époque sur le court tronçon entre la rue Georges Lefebvre et les voies de sorties de la gare Saint-Sauveur comme amorce de l’autoroute Paris-Lille imaginée à cette date. La première auberge de jeunesse de Lille est édifiée en face sur une petite partie du terrain où s’étend actuellement le Grand Palais. Rue Paul Duez, l’immeuble des chèques postaux est construit en 1933, la faculté de Médecine (par la suite faculté de Droit) en 1937, à la même époque un bureau de poste, près de la gare Saint-Sauveur un central téléphonique en 1934, au-delà près de la porte de Valenciennes, l’Institut de mécaniques des fluides (ONERA) en 1934.