Le monastère Notre-Dame de la Déserte est un ancien monastère à présent disparu fondé en 1304 par Blanche de Chalon. Il vit jusqu'à la Révolution où il est supprimé et les bâtiments sont détruits au .

Il était situé le long des anciennes rue de la Déserte et porte Saint-Vincent.

Histoire

Fondation vignette|gauche|Plan du monastère d'après le Plan scénographique (environ 1550), gravure de 1908. Le monastère Notre-Dame de la Déserte est un monastère fondé en 1304 sur la paroisse de la Platière par Blanche de Chalon (Dame de Belleville, femme de Beraud de Mercœur puis de Guichard de Beaujeu), fille de Jean de Chalon, duc de Bourgogne, et veuve de Guichard V, seigneur de Beaujeu et de Belleville. Blanche de Chalon y établit des Clarisses qui se maintient sous cette règle jusqu'en 1503.

Blanche de Chalon achète en 1296 une maison située près du Portail-Neuf et une vigne située au-delà de la porte Saint-Paul, de l'autre côté de la Saône.

L'acte de fondation du monastère date du . Le monastère est fondé avec des rentes issues de biens variés apportés par plusieurs personnages différents : Blanche de Chalon elle-même, Barthélémy Cheurier, Pierre d’Eschalone, chanoine de Saint-Just et l'archevêque de Lyon. Pour subsister, Blanche de Chalon donne au monastère des biens rues de l’Écorchebœuf (que l’on appelle aussi rue Teste-de-Mort) et de l’Herberieprès du quai Saint-Antoine, les deux près des . Blanche de Chalon fait venir du couvent des Clarisses de Brienne près de Anse quatre sœurs dont Jeanne Dupuy, première abbesse. Blanche a un logement dans le couvent en tant que fondatrice.

Il est construit dans un quartier alors désert sur les coteaux méridionaux de La Croix-Rousse. L'abbesse était à la nomination du roi. Les preuves de noblesse n'étaient pas obligatoires pour la nomination des religieuses.

Époque moderne

XVIe siècle En 1503, elles obtiennent du pape Jules II l'autorisation de passer sous la règle de Saint-Benoit.

Le monastère est ravagé lors de la prise de la ville par le baron des Adrets en 1562, et connaît ensuite durant un demi siècle une période de décadence. La dévastation du Baron des Adrets sont telles que leurs revenus ne leur permettent pas de réparer les dégâts. Par ailleurs, la construction d'une citadelle près de l'abbaye d'Ainay leur ont fait perdre des revenus de terrain détruits, qui les ont appauvries. Elles adressent une supplique en 1566 au roi Charles IX, qui ne prend aucune décision. C'est Henri III qui en 1579 ou 1580 ordonne que soit reconstruit leur cloture, notablement abaissé les impôts qu'elles doivent.

XVIIe siècle La monastère est rénové et l'observance rétablie en 1617 par l'abbesse Marguerite de Quibly, qui impose la cloture et la vie commune avant d'instituer l'ordre bénédictin dans le monastère Notre-Dame-de-Bourbon avec 5 religieuses de la Déserte Auzon : ville royale fortifiée : une des treize « bonnes villes » d'Auvergne, Pierre Cubizolles.. Le XVIIe siècle est une période faste pour l'institution. En 1639, Louis XIV donne une pension de dix minois par an de sel pour pourvoir à l'entretien et la réparation de l'église. Dans le document de ce don, il est noté que les religieuses sont alors quatre-vingt, auxquelles il faut ajouter une certain nombre de sœurs laïques et des domestiques. Leur chapelle est située rue saint-Marcel.

Le voit l'abbesse Marguerite de Quibly se maintenir une longue période à la tête de l'établissement et en rénover la pratiques religieuse. Nommée coadjutrice de l'abbesse Guyonne de Chaponay, sa tante en 1613, elle lui succède en 1618. Elle rétablit la cloture de la vie intérieure et une observance régulière. Son aura la fait être appelée pour rénover d'autres monastères dont celui de Notre-Dame de Bourbon en 1642. Parmi son action spirituelle, elle fait imprimer de nouvelles constitutions de l'institution en 1641Notice du laboratoire CERCOR ; Arch. nat., 0 621; Répertoire topo-bibliographique des abbayes et prieurés..

L'église du monastère possède à cette époque trois tableaux de Dassier, La bénédiction des pains, Saint Benoit et Saint Scholastique.

XVIIIe siècle Le couvent décline lentement au siècle suivant. L'union avec l’abbaye de Brienne en 1742 ne relance pas l'activité. La bourgeoisie lyonnaise continue toutefois à lui envoyer des filles pour leur enseignement, dont Juliette Récamier dans les années 1780.

Le monastère survit jusqu'à la Révolution, moment où l'établissement est supprimé. Les archives sont alors confiées aux Archives du district en 1791. L'archiviste René Lacour les classe au XXe siècle et publie leur répertoire en 1970.

Liste des abbesses

Blanche de Chalon, fondatrice.

Dame Jeanne Dupuy, 1304.

Mathive de Durchia, 1310. Aignette de Dreux.

Jeanne de Durchia...

Jacquette de Latra... Jeanne Humili, 1315.

Jacquette de Lacre, 1331.

Catherine de Vassalieu, 1351. Tichette de Varey, 1359, Isabeau d'Huys, 1371.

Isabelle de Joffrey, 1382.

Étiennette de Chalentin, 1406,

Amphélise Burle, 1406. Bernarde Barrai, 1413.

Beatrice Thimote, 1425.

Catherine Carronnier, 1436.

Antoinette de Turnaire, 1480.

Antoinette deLupercieu, 1481.

Marguerite de Varey, 1484.

Catherine Garin, 1493.

Catherine de Vaillieu, 1501.

Pernette de la Poype, 1507.

Jeanne de Grammont, 1513.

Catherine de Grammont, 1514. Antoinette de SaintAmour, 1521.

Claudine de Clérat, 1545

Louise Dumas, 1566.

Laurence Bernard, 1585.

Guyonne de Chaponay, 1589. vignette|Marguerite de Quibly, gravure du XVIIe siècle. Chateau de Versailles vignette|gauche|Marguerite de Quibly, gravure anaonyme. Bibliothèque municipale de Lyon. Marguerite de Quibly, 1618notice sur le site du laboratoire CERCOR.

Marguerite de Quibly, deuxième du nom, 1675.

Antoinette de Châtillon, 1732.

Marie deFoudras,1715. Claudine Constance de Moyria de Châtillon, 1732.

Jeanne - Marie-Alexandrine de Montjouvent, 1758Le livre d'or du Lyonnais, du Forez et du Beaujolais, Jean-Baptiste Monfalcon, p. 340.

Postérité vignette|Vue du passage de l'Abbaye de la Déserte, construit à l'emplacement du monastère. Un passage porte le nom du Monastère proche de son emplacement d'origine.

Bibliographie

Répertoire des Archives départementales du Rhône et de la métropole de Lyon. . .

Sources Médiathèques de Roannais Agglomération, Roanne, Loire, cote R2 A 2818.

Notes et références

Catégorie:Ordre de Saint-Benoît Catégorie:Ordre de Sainte-Claire Catégorie:Monastère chrétien détruit en France Catégorie:Monastère chrétien en ruines en France Catégorie:Abbaye bénédictine en France