Saint-Romain-au-Mont-d'Or est une commune française située dans la métropole de Lyon, en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Géographie Situation Cette commune est située sur la rive droite de la Saône à environ au nord de Lyon, en bordure des Monts d'Or. Le site de Saint-Romain est contraint, en cuvette à la confluence des ruisseaux débouchant des deux vallons. Le village historique se situe à de la rivière, entre 195 et d'altitude, soit 30 à au-dessus de son niveau. Il est coupé de la Saône par la ligne SNCF qui comporte sur ce tronçon quatre voies. Une halte et un passage à niveau existaient jusque dans les années 1950.
Lieux-dits et quartiers L'habitat est groupé à part les deux hameaux isolés du Nid et du Mont Thou.
Communes limitrophes
Relief L'altitude s'élève sur les pentes du mont Cindre () et du mont Thou (.). Le point culminant de la commune est à , au lieu-dit Pelocet. On note la présence de falaises qui dominent le village et qui sont en fait les fronts de tailles des anciennes carrières. Hauts de en moyenne, ils dominent des glacis d'éboulis constitués des pierres dépourvues de valeur commerciale pour les carriers.
Hydrographie Le village est coupé de la Saône par la voie ferrée et la route, mais deux pans inclinés donnent accès à la rivière. Les eaux de ruissellement dévalent en pente raide en direction de la Saône par les vallons d'Arche et du Pinay, qui abritent des ruisseaux permanents. La source de l'Arche soutenait le débit de l'aqueduc des Monts d'Or et donne naissance au ruisseau d'Arche, celle du Pinay à celui du Pinay, qui alimentent la fontaine de la Coquille. Après leur confluence, ces deux ruisseaux sont souterrains dans la traversée du village, et alimentent le lac du parc de l'institution du Prado ainsi qu'une cascade artificielle qui se déverse rue des eaux vives. D'autres sources pérennes existent : une au chemin de l'Éperon, dont l'écoulement passe sous les voies SNCF (cours visible rue du Vieux Moulin). Une dans le bois de Charézieux, qui s'écoule par un passage sous les voies de chemin de fer une qui existait à la ferme de la Bessée et qui a longtemps permis la culture du cresson. Le village a compté jusqu'à récemment un lavoir de plus à la place de l’actuelle caserne des Pompiers. Dans le vieux village, l'eau est à entre trois et dix mètres sous le niveau du sol (profondeur moyenne des puits) : elle est de bonne qualité, avec la présence d'invertébrés caractéristiques d'un faible niveau de pollution (constat fait sur une parcelle près de la rue du Charroi).
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Bourgogne, vallée de la Saône » et « Nord-est du Massif Central ».. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bron à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Saint-Romain-au-Mont-d'Or est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de LyonUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie. , une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Lyon comprend une ville-centre et ... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (41,8 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (41,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (41,8 %), prairies (32,8 %), zones urbanisées (22,3 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (3,1 %), zones agricoles hétérogènes (0,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Voies de communication et transports Desserte routière La desserte routière est assurée par la départementale 51 qui longe la Saône, et par la départementale 89 (route de Collonges). La départementale 51 est pourvue de bandes cyclables rétrécies par un îlot central, rendant le dépassement des cyclistes impossible sur plusieurs centaines de mètres. Il n'y a pas de doubles sens cyclables sur la commune alors que le plan de circulation et le gabarit de certaines rues le permettrait.
Transports en commun routiers la ligne , qui traverse la commune du nord au sud en reliant la gare de Vaise à Genay par Neuville-sur-Saône et la rive droite de la Saône.
Desserte ferroviaire Les gares SNCF les plus proches sont Couzon-au-Mont-d'Or (à ) et Collonges-Fontaines (à ), desservies par les TER Villefranche-Lyon-Vienne.
Histoire
Préhistoire et Antiquité En 1866, A. Falsan rapporte la découverte du site de la profonde grotte de la Luée, cachée dans les replis de la falaise, au-dessus d'une source. Il estime qu'elle constitue bon abri et point d'observation. On y découvre des débris de silex et de foyers. Il mentionne aussi trois haches en jadéite et serpentine, trouvées à Tupoly et Chanelette, outils de pionniers du Néolithique, partis à la conquête de terres nouvelles. Ces derniers pratiquent des activités agro-pastorales, de chasse et de pêche, d'ailleurs conservées par les populations de la fin de l'âge du bronze dont on a exhumé des traces en fondant l'extension du bourg.
À l'époque romaine, une villa semble avoir existé sur les pentes du mont Thou. Par ailleurs, l'aqueduc des monts d'Or contourne la combe et coupe la route du mont Thoux à la cote 300. La source du vallon de l'Arche contribuait à son alimentation.
Moyen Âge Jusqu'au , on parle de « Saint-Romain de Couzon » car le village, tout en étant possession des archevêques de Lyon, dépend du château de Couzon. Refusant de contribuer à l'entretien et à la garde de ce dernier, les habitants obtiennent le droit en 1403, de se réfugier au cœur du bourg, dans la tour des dîmes, dont la base est toujours debout. À cette époque, les chanoines du chapitre de Saint-Paul font déjà cultiver un fructueux vignoble dont le produit de ânées, charges d'un âne correspondant chacune à ) est conduit dans des tonneaux au port de Saône. De là, le vin est embarqué sur les longues « sapines » jusqu'au port Saint-Paul à Lyon, jouxtant les caves de l'église.
Renaissance En 1584, l'archevêque Pierre IV d'Épinac, en échange d'un hôtel à Paris, cède sa seigneurie à la famille Croppet, originaire de Cologne, détenant le privilège de faire sonner la grosse cloche de la cathédrale Saint-Jean, à Lyon, à l'occasion du décès d'un de ses membres. C'est ainsi que le village, libéré de la tutelle de l'Église, sert de refuge en 1630 à un temple protestant transféré d'Oullins et maintenant détruit. Enfin, au terme d'un long procès entre le châtelain de Couzon et le seigneur de Saint-Romain, le Parlement de Paris établit en 1661 une séparation définitive des juridictions et des territoires. De cette époque datent plans et croquis fixant l'image d'une bourgade d'une soixantaine de constructions. Au milieu, serpente le ruisseau de l'Arche, actionnant trois moulins qui se font concurrence. Plus bas, au-dessus de la Saône, on note un four à chaux, proche d'une tuilerie, ouverte en 1649 et dont une rue a conservé le nom.
vignette|150px|right|Le buste du naturaliste Pierre Poivredans le jardin botanique Sir Seewoosagur Ramgoolam de Pamplemousses décédé à Saint-Romain.
Le long du grand chemin de Couzon à Lyon, actuellement chemin de l'Éperon, André Merlat obtient en 1651, le permis de clore son domaine de la Fréta. C'est la naissance d'un lieu où, un siècle plus tard le naturaliste Pierre Poivre, à la suite de son long périple jusqu'en Chine, vient finir ses jours. Il fait alors appel à l'architecte en vogue Soufflot, pour dessiner un jardin extraordinaire. À cette même époque, au côté du premier moulin en amont s'élève un grand château occupé par la famille de Murard.
Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Romain-Libre.
Au , l'âge d'or des campagnes, les Saromagnots, au nombre de 268 en 1880, vivent toujours au rythme de leurs moulins, de l'exploitation de la pierre, de la production de fourrage, de céréales et de fromages de chèvre. Le vignoble, touché par le phylloxéra à la fin du siècle, cède place aux arbres fruitiers qui font du vallon un verger. On relève enfin l'exploitation éphémère d'une mine de fer au Chavant, dont le minerai était livré à Givors par la Saône, ainsi qu'une fabrique de cordes et une blanchisserie de lin, chanvre et lin étant autrefois cultivés en alternance. L'abondance des lavoirs, quatre dans le centre, maintient les blanchisseuses en activité jusqu'au . Le chansonnier d'origine lyonnaise Pierre Dupont (1821-1870) qui a passé son enfance à Rochetaillée de l'autre côte de la Saône venait souvent à Saint-Romain. Il fut amoureux d'une jeune fille du village, et a laissé deux chansons évoquant la beauté du village et de son site.