Tibnine ou Tebnine (arabe : )From a personal name, according to Palmer 1881, p. 34. est un village du district de Bint-Jbeil du sud du LibanChristian World News. "Lebanon Historically Linked to the Bible", consulté le 14 mai 2008.. dans une région connue depuis des temps anciens sous le nom de Jabal 'Amilah, et plus tard sous le nom de Jabal 'Amel (jabal ʿāmil), (arabe : جبل عامل) ou Belad Bechara; Volume 1 at GoogleBooks, Volume 2 at GoogleBooks. La région porte le nom de Saleh Al Amel Banu 'Amilah (arabe: بَنُو عَامِلَة, Banū ʿĀmilah), une tribu yéménite chrétienne qui, avec les tribus apparentées de Hamadan, Lakhm et Judham, s'est installée en Syrie, en Palestine, dans certaines parties de la Jordanie et au sud du LibanEdmond Rabbath, La formation historique et politique du Liban politique et constitutionnel, Beyrouth, Département des publications de l’Université libanaise, 1986..

Situé à au sud de Beyrouth, il compte . en hiver et plus de en été.

Il est principalement caractérisé par son climat modéré, son beau paysage ainsi que ses monuments. touristiques comme le château fort.., connu dans les textes anciens sous le nom de Toron des chevaliers. ( ed.). Norderstedt, Germany: Grin Verlag. . Retrieved 29 December 2019.. Il fut construit par Hugues de Saint-Omer.Charles du Fresne du Cange, Familles d'Outremer, publiées par Emmanuel-Guillaume Rey, Imprimerie Impériale, Paris, 1869, page 468. en 1105, successeur de Tancrède de Hauteville, comme Prince de Galilée., après avoir participé à la Première croisade.

Il ne reste que peu de vestiges de Toron des Chevaliers d’origine. Ce qu'on voit aujourd'hui ; l'enceinte est flanquée d'ouvrages carrés et demi-circulaires, est l'œuvre du pacha d’Acre au , Dahir al-Umar (arabe : ظاهر آل عمر الزيداني), qui voulant se rendre indépendant, s'était révolté contre l'empire ottoman.

Histoire

Antiquité

Les spécialistes ont identifié Tibnine comme la ville de Tafnis (תפניס) évoquée dans le Talmud de JérusalemJerusalem Talmud / Shevi'it / Daf 16A: "ובירייא רבתא תפנית" http://www.sefaria.org/Jerusalem_Talmud_Shevi'it.16a.1?lang=he&layout=block&sidebarLang=all. et comme une frontière nord possible du royaume de JudaRevue des études juives volume 46 / École des hautes études en sciences sociales (1903); page 126: "Tibnin peut plutôt être comparée avec Tafnis du talmud..."..

Moyen Âge Guillaume de Tyr désigne la ville Tibénine (…nomen priscum Tibénin…) ce qui laisse croire qu’elle existait depuis bien longtemps avant l’arrivée des Croisés dans la région.. Sur la route entre Tibnine et Beit Yahum, des mégalithes de l'âge de pierre ont été retrouvés et leurs archives conservées à l'Institut de Paléontologie humaine à Paris.. Adolphe ChauvetAdolphe Chauvet, mars 1891. "La Palestine et La Syrie". La Société Normande de Géographie. XIII: 73–106. fait remonter l'histoire du village aux Cananéens sans mentionner de référence pour cette affirmation. Tibnine a été le centre de la seigneurie de Toron, Master's Thesis, 2014, 131 Pages. pendant les croisades. En 1106 Hugues de Saint-Omer revenait d'un raid en terre turque, sa troupe fut prise dans une embuscade près de Banyas, par l'atabeg de Damas, Tughtekin Saif el-Islam Daher ed-Din, (arabe : ظاهر الدين طغتكين), en ). Il ne craignit pas, avec soixante-dix chevaliers, d'affronter quatre mille ennemis. Ayant reçu quelques renforts, il les battit et les mit en fuite, mais dans son triomphe il fut atteint par une flèche dont il mourut peu après (d'après Guillaume de Tyr). Son corps ramené par ses compagnons, fut enterré à Nazareth. À la suite de sa mort la seigneurie de Toron relevât directement du royaume de JérusalemFlorian Besson, Les barons de la chrétienté orientale Pratiques du pouvoir et cultures politiques en Orient latin (1097-1229), thèse, université Paris-Sorbonne, Histoire médiévale, , 2017, . et fût indépendante de la principauté de Galilée. vignette|Monnaie de seigneurie des Croisés de Toron en Galilée, Inscription : Château de Toron (Castri Toroni)L.-G. Schlumberger, « Les principautés franques d’après les plus récentes découvertes de la numismatique », Revue des Deux Mondes, 1876, (lire en ligne).. Le village fut attaqué et ses habitants massacrés en 1107 par Izz al-MulkSibt Ibn al-Jawzi (arabe : سبط بن الجوزي يوسف بن عبد الله ، أبو المظفر : ), Mirât az Zaman, page 530.Ibn al-Qalanisi, page 75., gouverneur sunnite de Tyr. À la suite de cet épisode une dynastie fut créée par la nomination d’Onfroy de Toron ou « Henfred » (Umfredus de Torum en latin), Humphrey de ToronCharles Cawley, « Jerusalem Nobility - lords of Toron », Chapter 16. http://fmg.ac/Projects/MedLands/JERUSALEM%20NOBILITY.htm.Onfroi n'apparaît qu'une fois, en 1115, parmi les témoins (Omfredus de Torum) d'une charte de Baudoin en faveur de l'abbaye de Josaphat (Delaborde, Chartes de terre Sainte provenant de l'abbaye de Josaphat, dans Bibliothèque des Écrivains français d'Athènes et de Rome, 1880, fascicule XIX, ). par Baudouin , roi de Jérusalem. Le nom du château fut adopté par le nouveau seigneur comme patronyme et sa postérité après lui, ses descendants devaient garder longtemps le titre de seigneurs de Toron et tenir un haut rang dans la noblesse des familles d'OutremerCharles du Fresne du Cange, Les Familles d’aoutre-mer, Publiées par Emmanuel Guillaume-Rey, Membre de la société impériale des antiquaires de France, Paris, imprimerie Impériale, M DCCC LXIX. Les seigneurs de Toron, page 468 à 477... Elle s’éteint en 1283, avec les descendants de Marie d'Antioche et d'Arménie (1215-1259), épouse de , Dame de Toron (1227-1259) et arrière-petite-fille d'Onfroy III, mais le château fut perdu définitivement en 1266.

Lors de son voyage commencé à Damas le du mois de djomada second (Joumada ath-thania (arabe : جمادى الثانية) de l’an 580 de l’hégire qui correspond au , Ibn DjobeïrSmail, 1995, .le Strange, 1890, .(arabe : محمد بن أحمد ابن جبير ) est passé par Tibnine Toron des chevaliersRecueil des Historiens des Croisades, Publié par les soins de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Historiens Orientaux, Tome III, Paris Imprimerie Nationale, DCCC LXXXIV, (extrait du voyage d’Ibn Djobeïr, (le 9 septembre (1184. de J. C)., en allant vers la ville d’Acre. Il qualifia Sibylle de JérusalemIbn Djobeïr, note de bas de page 447., sœur de Baudouin IVPierre Aubé, Baudouin IV de Jérusalem, le roi lépreux, Tallandier édition, 1981, . et mère de Baudouin V, de truie. ainsi que son fils de porc, mais il reconnut avoir vu «… de nombreux villages, tous habités par les Musulmans, qui vivent dans un grand bien-être sous les Francs. (…) C'est la condition dans tout le territoire occupé par les Francs sur tout le littoral de Syrie. La plupart des Musulmans ont le cœur abreuvé par la tentation de s'y fixer en voyant l'état de leurs frères dans les régions gouvernées par des Musulmans où la situation est le contraire du bien-être »Ibn Djobeïr, ..

En 1187, Saladin fut victorieux à Hattin. Aucune armée chrétienne n’assombrissant l’horizon immédiat, il envoya son neveu, Al-Muzaffar Umar Al-Muzaffar Taqi al-Din UmarStanley Lane-Poole, Titre The Mohammedan Dynasties: Chronological and Genealogical Tables with Historical Introductions, Éditeur Kessinger Publishing, 2004, 412 pages, . (arabe : المظفر تقي الدين عمر) , pour assiéger le château de Toron qui était sans seigneur puisque Onfroy IV de Toron avait été capturé lors de la bataille. La garnison était isolée, mal préparée et sans chef. Les francs concédèrentAbu Chama, Deux Jardins, ‘’Livre des deux jardins", histoire des deux règnes : celui de Nour Ed-Dîn et celui de Salah Ed-Dîn, Traduction d'Adrien-Charles Barbier de Meynard. Recueil des Historiens des Croisades, Publié par les soins de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Historiens Orientaux, Tome IV, Paris, Imprimerie Nationale, Librarie C. Klincksieck, Rue de Lille, 11, M DCCC XCVIII, page 306-307. le château à Saladin qui leur accorda cinq joursRegan, Geoffrey (1987). Saladin and the Fall of Jerusalem. Beckenham, Kent BR3 1AT: Croom Helm. . . pour se rendre en toute sécurité à Tyr avec leur fortune et leurs familles, en délivrant les prisonniers musulmans et en laissant derrière eux de nombreux croisés en otageالأصفهاني, عماد الدين (1888). كتاب الفتح القسي في الفتح القدسي. Leyde, E.J.Brill. .. Le château fut reconstruit. Le pays de Tibnine fut confié aux membres de la tribu El-Sayyid (arabe : سـيّد), descendants directs du prophète Mahomet et hommes de confiance de Saladin, qui ont permis par la suite aux membres de la tribu Fawaz (arabe : فواز) de vivre à leurs côtés. Les autorités ayyoubides de la Syrie s’attendaient à ce que les croisés du duché de Brabant, les forces allemandes et les chevaliers du roi de Jérusalem, Aimery II de Lusignan (nommé souvent Amaury.) se dirigent vers Jérusalem ou Damas or ils assiégèrent le château de Tibnine, le 17 Mouharram 594/., pour donner un répit aux chrétiens de Tyr. La garnison musulmane craignant un sort comme celui de Maarat al-Numaan (arabe : maʿāra an-nuʿmān, معارة النعمان) offrit de se rendre malgré les objections du gouverneur du lieu.

Des représentants des familles de Tibnine allèrent au camp franc négocier leur sécurité (Al-Aman) AmânAmân en arabe : ʾamān, (arabe : أمان) clémence ; salut ; protection ; immunité ; sécurité. (arabe : أمان) contre 500 esclaves chrétiens. Certains seigneurs francs qui avaient noué des relations avec le sultan Al-Kamil d'Égypte ne souhaitaient pas voir la campagne menée par le roi Amaury II de Jérusalem réussir et encore moins des massacres se dérouler à Tibnine. Or les Allemands qui étaient sous le commandement de l'archevêque Conrad de WittelsbachHumphreys, 1977, ., ne voulaient pas entendre parler de reddition, Tibnine étant une promesse des pillages, de fortune ainsi que de gloire pour les chevaliers qui le rendraient aux mains des chrétiens. Le chroniqueur Ernoul décrit comment les croisés ont refusé l'offre musulmane et admet que c'était une erreur de ne pas accepter cette offre honorable de redditionLes Alemans se fient moult en lor force et en lor fausse vertu, ne n'orent pitié des esclas crestiens que l'on lor devoit rendre, ne ne conurent le bien el l'onor qui lor avenait..

Par suffisance, ils montrent aux messagers le travail de sape que les croisés faisaient secrètement sous le mur du château. La garnison, après le retour des messagers au château, fut plus résolue que jamais à résister. Ce fut le théâtre d’un combat des plus féroces qui rendit inutile l’effort des croisés qui furent forcés de réitérer leur attaque. Les assiégés pensaient, qu’en présentant à nouveau leur offre de capituler à partir d'une position plus forte, l’issue serait plus positive. De nouveau, les représentants des familles de Tibnine portèrent leur offre de reddition à condition que leurs vies soient épargnées. La réponse, une fois de plus, fut moins que polie de la part des Allemands. À leur retour au château, les messagers relatèrent, l'accueil insultant qu'ils reçurent des Francs. La volonté de se battre de la garnison fut à nouveau forte. À la fin de cette journée, elle reçut la nouvelle de l’arrivée de renforts dépêchés par le sultan Al-Kâmil. Les forces allemandes levèrent le siège du château de Tibnine en , sous la menace de l’arrivée imminente de l’armée ayyoubide et à cause de la guerre de succession en Allemagne entre Philippe de Souabe et Otton IV, empereur du Saint-Empire. Le chancelier et ses princes abandonnent leurs hommes à leur sort en dehors des portes de Toron, tel que décrit par Helmold von BosauLes chanceliers et les autres princes, abandonnant le siège, ont secrètement fait leurs bagages, constitué un convoi et sont partis pour Tyr. Aussitôt l'armée en fait autant et qui å cheval, qui å pied, reprend dans le plus grand désordre et le plus grand abattement le chemin de Tyr.. La croisade d'Henri VI, dite la croisade allemande de 1197 finit en disgrâce face aux murs du château fort de Tibnine.