Jean-Louis Cheynet, né à Montélimar (Généralité de Grenoble), le et mort à Montélimar (Drôme), le ), est un avocat et homme politique français.

Biographie

Origines et famille Né à Montélimar le , il est le fils de Louis Cheynet (1714-1791), marchandGrands notables du Premier Empire, CNRS, 1980, page 190. (fils lui-même de Jacques, aussi marchand et de Catherine Barret) et de Magdeleine-Louise Michel (fille de Jean Michel, notaire, et de Louise Loubaud). Il eut trois frères, qui étaient Nicolas-André, Barthélemy-François, Jacques-JosephAdolphe de Coston, Histoire de Montélimar et des principales familles qui ont habité, tome 4, 1886, page 14.

Il est issu d'une famille de la bourgeoisie de Montélimar établie depuis la première moitié du dans la région de Montélimar. Son grand-père Jacques Cheynet (1679-1760), son bisaïeul Charles Cheynet, décédé en 1707 ont également été consuls de Montélimar tout comme le sera son frère Jacques-Joseph Cheynet (en 1786)Max et Paulette Boisson, Les Cheynet in Cercle généalogique de la Drôme Provençale, La mémoire d'une ville, Montélimar et le nom de ses rues, tome 2, p. 5 : "Jean-Louis Cheynet fait partie d'une importante famille établie depuis la première moitié du dans la région de Montélimar (…) L'importance de ces bourgeois de Montélimar ressort du nombre de consuls que l'on relève parmi eux. En un siècle, ce furent au moins huit Cheynet qui présidèrent aux destinées de notre ville : Charles (v. 1634-1707), Barthélémy (v. 1653- après 1730), Jacques (12 novembre 1679-2 septembre 1760), Jean-Barthélémy (25 juin 1686-16 décembre 1755), Louis (25 septembre 1697-15 mars 1774), Louis (2 janvier 1714- février 1791), Claude-Vincent (22 janvier 1721-7 avril 1768), Jean-Louis (4 mars 1741-29 novembre 1809)",

De son mariage en 1768 avec Jeanne-Claudine-Elisabeth Nicolas, fille de Joseph-Daniel Nicolas, ancien avocat du roi en l'échevinage et de Jeanne-Monique LauransAdolphe de Coston, Histoire de Montélimar et des principales familles qui ont habité, tome 4, 1886, p. 14.il laissa une filleGrands notables du Premier Empire, CNRS, 1980, page 190.Marylène Marcel-Ponthier, Montélimar en Drôme provençale, Montélimar, 2009, tome II, p. 198..

Carrière politique et administrative Il suit d'abord des études de droit à Grenoble, où il obtient son diplôme de bachelier, puis de licencié en droit de l'universitéMax et Paulette Boisson, Les Cheynet in Cercle généalogique de la Drôme Provençale, op. cit., p. 1, "La place Jean-Louis Cheynet".. À l'issue de ses études, il est reçu avocat au parlement de Grenoble, ville où il s'établit dans un premier temps. Il revient ensuite habiter sa ville natale, dont il est premier échevin en 1768.

Avocat à Montélimar, Jean-Louis Cheynet acquiert, en 1774, l'office d'avocat du roi au siège de la sénéchaussée, laissé vacant par le décès de Claude-Bernard Boisset. Il revendra cette charge en 1785 à son cousin Mathieu-Barthélémy Odouard, futur chevalier de l'EmpireBaron de Coston, Histoire de Montélimar et des principales familles qui ont habité cette ville, tome IV, p. 14..

Il est maire de Montélimar de 1787 à 1790.

Lieutenant général au grand bailliage de Valence à la suite de l'éphémère réforme de Lamoignon et des édits du — office qu'il n'exercera pas dans les faits —, Jean-Louis Cheynet tente, sans succès, de convaincre ses concitoyens de le députer à l'Assemblée de VizilleMichel Seyve, Montélimar et la Révolution, 1788-1792 — Audaces et timidités provinciales, Éditions "Notre temps",1987, p. 357 : "29 juin : proposition de participation à Vizille par Cheynet, Maire, non retenue par le Conseil Général qui n'adresse au roi qu'une protestation particulière".. Finalement, le , il est député par la ville de Montélimar à l'Assemblée de Romans<ref>Ibid., p. 19.</ref>. Élu député du Tiers-état du Dauphiné aux États généraux le 5 janvier 1789Edna Hindie Lemay, Dictionnaire des Constituants, Paris, "Universitas", 1991, p. 208., il figure à l'Almanach du Dauphiné pour 1789 comme "colonel honoraire de la milice citoyenne de Montélimar, maire et député". Le 20 juin 1789, il prête le Serment du Jeu de Paume et signe le procès-verbal de la séanceA. Brette, Le Serment du Jeu de Paume, planche II, p. 12.. En 1790, il recevra la médaille offerte à tous les députés, commémorant l'abandon des privilèges de la nuit du 4 août 1789. Cette médaille est conservée par sa famille.

Au cours de son mandat, il est modéré, plutôt monarchien et siège presque constamment avec la majorité de l'assemblée, appuyant, dans les premiers temps, Jean-Joseph Mounier. Il vote en faveur de l'établissement des assignats et vote blanc sur la question du rattachement d'Avignon.

Le 4 décembre 1790, il devient président du tribunal de Montélimar, position qu'il n'occupe en fait qu'après la dissolution de l'Assemblée constituante, mais ses compatriotes ne l'en appellent pas moins à la présidence de la "Société des Amis de la Liberté et de l'Égalité" de Montélimar" J. Brun-Durand, Dictionnaire biographique et biblio-iconographique de la Drôme, op. cit., tome I, p. 186., club qui regroupera dans la suite les "enragés" de la ville, ce qui lui vaudra quelque inquiétude lors de la réaction thermidorienneBaron de Coston, Histoire de Montélimar et des principales familles qui ont habité cette ville, tome IV, p. 320.. Il en cède la présidence, le 23 février 1794, à Louis PellapraIbid., p. 231.. Le 8 brumaire an IV, le Conseil des Cinq-Cents ne l'en comprendra pas moins parmi ses candidats pour l'élection des membres du Directoire.

Le 17 septembre 1799, il devient maire par intérim de Montélimar et le reste jusqu'en avril 1800, date à laquelle Bonaparte, premier consul, le nomme premier adjoint au maire de Montélimar. Il abandonnera cette place à la fin de la même année, conjointement avec le maire, M. de Saulces de Freycinet, pour protester contre l'énormité des impôts. Il devient également, le juin 1800 (12 prairial an VIII), commissaire du gouvernement près le tribunal de Montélimar. En 1803, il préside l'assemblée du canton et est membre du conseil d'arrondissementGrands notables du Premier Empire, Drôme, Éditions du CNRS, 1980, notice concernant Jean-Louis Cheynet, p. 190.. Il sera enfin, sous l'Empire, procureur impérial auprès du tribunal de première instance de Montélimar.

En 1789, Arthur Young, le fameux agronome anglais, rendra visite à Montélimar à Cheynet, entrevue qu'il raconte dans son Voyage en France :

« : « Le soir, M. Faujas vint me prendre pour me mener chez une amie Les deux familles, Faujas et Cheynet, étaient en fait proches parentes, Louis Cheynet (1697-1774), oncle du député - moulinier en soie et l'un des premiers industriels de Montélimar, consul de Montélimar en 1763, dont le nom est inscrit sur la Porte Saint-Martin, édifiée en cette même année 1763 à l'est de la ville -, ayant épousé en 1721 Claudine Faujas, tante du naturaliste (Cf. Marc Cheynet de Beaupré, Notice sur Jean-Louis Cheynet et sa famille, « Héraldique et Généalogie » n° 108, septembre-octobre 1988, p. 259).qui s'adonne aux mêmes recherches, Cheynet, dont le mari est membre de l'Assemblée Nationale ; s'il a la bonne fortune de trouver à Versailles une autre dame aussi agréable que celle qu'il a laissée à Montélimar, sa mission ne sera pas stérile et il pourra peut-être s'employer mieux qu'à voter des régénérations. Cette dame nous accompagna dans une promenade que nous fîmes pour visiter les environs de Montélimar, et j'eus le grand plaisir de voir qu'elle était une excellente cultivatrice, avec une grande pratique de cet art ; elle eut la bonté de répondre à maintes de mes questions, particulièrement sur la culture de la soie. Je fus si charmé de la naïveté [en Français dans le texte] de caractère et de l'aimable conversation de cette charmante dame qu'un plus long séjour en cette ville aurait été délicieux ; - mais la charrue ! »Arthur Young, Voyages en France en 1787, 1788 et 1789, Paris, Librairie Armand Colin, 1931, tome I, pp. 403-404.

Mort thumb|right|Maison de Jean-Louis Cheynet, 26, rue Montant-au-château à Montélimar, vue côté du jardin

Il meurt au soir du dans sa maison de Montélimar rue Montant-au-château qu'il avait restaurée et enrichie de meubles et objets achetés à Paris lors de sa députationMarc Cheynet de Beaupré, Notice sur Jean-Louis Cheynet et sa famille, Héraldique et Généalogie n° 108, septembre-octobre 1988, pp. 258-262. et que l'on peut encore voir aujourd'hui, à l'angle de la place aux Herbes,

Depuis 1989, une place de sa ville de Montélimar évoque son souvenir et en 2006, une plaque a été apposée sur sa maison.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Liste des membres de l'Assemblée constituante de 1789 Liste des députés de la Drôme Liste des maires de Montélimar Montélimar

Liens externes

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