La Revue des Deux MondesPlusieurs graphies ont été utilisées pour désigner cette revue : Le Petit Larousse 2010 et Le Petit Robert des noms propres 2010 titrent « Revue des Deux Mondes », le Dictionnaire Hachette 2010 ajoute même à ce dernier titre un article. La couverture a été dès le début rédigée en capitales. est une revue française de littérature et d'idées fondée en 1829. C'est l'une des plus anciennes publications périodiques encore en activité en France.
Au , elle a été un foyer d’expression majeur pour les écrivains et critiques romantiques.. Progressiste à sa création, dans le sillage de la monarchie libérale de Louis-Philippe, elle s'oriente à partir de la révolution de 1848 vers un certain conservatisme modéré. À partir de 2015, la ligne éditoriale adopte un ton plus polémique., à travers des séries d'articles à la ligne néoconservatrice.. ou réactionnaire.
Histoire Le vignette|Buste de François Buloz, par Eugène Guillaume, musée d'Orsay. La Revue des Deux Mondes fut fondée. en par et Pierre de Ségur-Dupeyron. Ces derniers en perdirent le contrôle dès 1831, lors du rachat par , qui nomma François Buloz directeur.
L’épigraphe du premier numéro est une citation du poète anglais Alexander Pope : .
En , son titre devient Revue des Deux Mondes. Journal des voyages, de l'administration et des mœurs, chez les différents peuples du globe ou archives géographiques et historiques du ; rédigée par une société de savants, de voyageurs et de littérateurs français et étrangers. La revue entend penser les liens et les rapports entre le vieux continent et l’Amérique. Mêlant histoire, littérature et politique, elle incarne l’idéal humaniste de curiosité et de quête de savoir concernant les différentes sociétés du globe. Ainsi, avant même que l’on parle d’ethnologie, la Revue des Deux Mondes fut un recueil de récits de voyageurs revenant tant d’Amérique, que d’Asie, d’Afrique ou de Russie..
La Revue des Deux Mondes fut également à cette époque un rendez-vous littéraire majeur. Dès , François Buloz devient rédacteur en chef et accueille Alexandre Dumas, Alfred de Vigny, Honoré de Balzac, Sainte-Beuve, Charles Baudelaire, George Sand, Alfred de Musset et autres grands noms de la littérature de cette époque. En guise d'exemple, Prosper Mérimée fait paraître la nouvelle Carmen dans la revue d'. Musset évoque d’ailleurs dans sa correspondance les longs après-midi passés assis dans le salon de François Buloz à discuter, en compagnie de George Sand, cigarette à la bouche, écrivant dans son coin.
Libérale jusqu'en 1848, elle amorce ensuite un tournant plus conservateurOlivier Corpet, « La revue », in Jean-François Sirinelli, Histoire des droites en France, Gallimard, 1992, tome 2, V.. Sous le Second Empire, elle est une revue d’opposition. À la fin du , sous l’influence de Ferdinand Brunetière, critique influent et membre de l’Académie française, la revue soutient l’Église catholique contre les offensives anticléricales. Comme la grande majorité des revues, celle-ci se politise davantage à l'occasion et à partir de l'affaire Dreyfus.
Après la mort, en 1877, de François Buloz, qui avait soutenu Adolphe Thiers, la revue est dirigée, entre autres, par Charles Buloz, fils de François, qui y accueille Paul Bourget, puis par Ferdinand Brunetière, en , Francis Charmes (Académie française, ), René Doumic (Académie française, ), André Chaumeix (Académie française, ) ou encore Claude-Joseph Gignoux de l'Institut de France. Elle compte en 1885Jean-Claude Yon, Histoire culturelle de la France au , Armand Colin, Paris, 2010, ..
Le Au , le paysage littéraire change, La Nouvelle Revue française apparaît. Si la Revue des Deux Mondes garde une position privilégiée, ses sujets de prédilection évoluent vers la politique et l’histoire, portés par la gravité des moments de crise que traverse la société française : Commune, séparation de l'Église et de l'État, affaire Dreyfus, Première Guerre mondiale, montée des totalitarismes.
Pendant la Seconde guerre mondiale, la revue est collaborationniste. Interdite de publication à la Libération, elle ne reparaît qu'à partir de 1948..
Ainsi, le , la SARL « La Revue » est créée pour une durée de soixante-quinze ans par Louis-Jules Arrigon, Georges Finaud, Marie-Louise Pailleron et Firmin Roz. Sa dénomination et sa raison sociale sont : « La Revue. Littérature. Histoire. Arts et sciences des deux mondes ».
Le , la Revue des Deux Mondes reparaît avec en sous-titre, « Littérature, histoire, arts et sciences des deux mondes ». Le directeur-gérant est Firmin Roz, le rédacteur en chef, Louis-Jules Arrigon et Georges Finaud est nommé administrateur adjoint.
Dans les années 1950, 1960 et 1970, son audience diminue largement au profit des Temps modernes de Jean-Paul Sartre ou de Critique de Georges Bataille.
Le Marc Ladreit de Lacharrière, président de Fimalac, rachète la Revue des Deux Mondes en 1991. Président et directeur de la publication de la revue pendant près de vingt ans, il la modernise et celle-ci paraît, pour la première fois, en quadrichromie à l’automne 2002. La rédaction a été dirigée entre autres par Nathalie de Baudry d'Asson et par l'écrivain et critique littéraire Michel Crépu ; celui-ci, parti diriger la NRF, a été remplacé, en 2015, par Valérie Toranian, ancienne directrice de la rédaction du magazine Elle.
Penelope Fillon est condamnée en appel en 2022 dans le cadre de l'« affaire Fillon » : son travail de pour la revue est décrit par l'accusation comme et jugé .....
La Revue des Deux Mondes indique sur son site poursuivre .
Dernièrement, la revue se repositionne sur le débat d’idées en renouant avec la politique et les questions de société et d’actualité.. Depuis 2015, elle a triplé ses ventes..
Valérie Toranian annonce son départ pour la direction du Point le ., elle est remplacée à son poste par celle qui était jusqu'alors coordinatrice éditoriale, Aurélie Julia..
Organisation
Direction
Comité de rédaction et comité d'honneur Comité de rédaction En 2024, selon le site de la revue« Qui sommes-nous » sur le site de la revue. :
Comité d'honneur
Diversification Sur internet et les réseaux sociaux La Revue des Deux Mondes développe une stratégie numérique à partir de 2008. Elle est aujourd’hui présente sur Facebook, Twitter et Instagram. La refonte de son site internet en 2016 lui permet de numériser son fonds d'archives, vieux de deux siècles, le rendant ainsi accessible à tous.La Revue des deux Mondes (années 1829-1944) consultable dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF ; et les années suivantes sur Archives du site de la revue., et de publier un contenu éditorial, gratuit, plus régulier. Dans cette perspective, Valérie Toranian publie depuis 2016 un édito hebdomadaire envoyé à tous les abonnés de la lettre d'information gratuite de la revue.
Collection de hors-séries La Revue des Deux Mondes diversifie sa diffusion en éditant de hors séries littéraires (Philippe Muray, le prophète incorrect et La France éternelle de Simenon) comme patrimoniaux (Le jardin, reflets des cultures et de l’histoire, La mode sous influences, de Diane de Poitiers à Instagram, L’automobile, mythes, culture et société, Le champagne dans la grande histoire, La tragédie des églises, Le diamant, amour, histoire et pouvoir). Ses hors séries s'inscrivent dans une tradition, chère à la revue, de mise en valeur des spécificités et de la richesse de la culture française afin de créer des ponts entre les savoirs et les cultures.
La Revue des Deux Mondes accompagne également le Prix de Photographie Marc Ladreit de Lacharrière. Créé en 2007, en partenariat avec l'Académie des beaux-arts, ce prix récompense un photographe confirmé, français ou étranger, travaillant en France, auteur d’un projet photographique original restitué sous la forme d’une exposition au Pavillon Comtesse de Caen. Un hors-série catalogue accompagne alors l'exposition du lauréat.
Lauréats du Prix Marc Ladreit de Lacharrière-Académie des beaux-arts
Réédition des Trésors de la Revue Depuis 1829, la Revue des Deux Mondes a accueilli dans ses pages des écrivains majeurs. Leurs textes constituent une mine d'or littéraire et philosophique que la rédaction met en valeur par différentes rééditions. Outre des anthologies d’anniversaire (Cent ans de vie française à la Revue des Deux Mondes, Hachette-Revue des Deux Mondes pour les 100 ans, Pages retrouvées pour les 180 ans), des nouvelles, des contes, des récits de voyages… sont reparus en collaboration avec les éditions Agora (Les lettres japonaises de Lafcadio Hearn, Sur la guerre de Rudyard Kipling…) ou dans la collection Trésors retrouvés de la Revue (Russie 1837-1937 avec les éditions Valmonde, une anthologie avec les éditions Flammarion).
Prix de la Revue des Deux Mondes Chaque année, au printemps, le prix de la Revue des Deux Mondes distingue un ouvrage de langue française paru dans l’année écoulée. Créé en 2008, ce prix récompense un essai reconnu à la fois pour ses qualités littéraires, pour la pertinence de son sujet dans le débat d’idées contemporain et pour le regard qu’il porte sur la relation du passé au présent. 2008 : Gilbert Dragon, Décrire et peindre. Essai sur le portrait iconique, Gallimard 2009 : Mona Ozouf, Composition française, Gallimard 2010 : Antoine de Baecque, Godard, Grasset 2011 : Guillaume Metayer, Anatole France, Le Félin 2012 : Lucien d'Azay, Trois excentriques anglais, Les Belles Lettres 2013 : Gérald Bronner, La Démocratie des crédules, PUF 2014 : Pierre Grosser, Traiter avec le diable ? Les vrais enjeux de la diplomatie au , Odile Jacob 2015 : Michel Eltchaninoff, Dans la tête de Vladimir Poutine, Actes Sud 2016 : Gilles Kepel, Terreur dans l'Hexagone, genèse du djihad français, Gallimard 2017 : Patrice Gueniffey, Napoléon et De Gaulle, deux héros français, Perrin 2018 : Stephen Smith, La Ruée vers l'Europe. La jeune Afrique en route vers le Vieux Continent, Grasset 2019 : Kamel Daoud, Le Peintre dévorant la femme, Stock 2020 : la pandémie de Covid-19 empêche la remise du prix. 2021 : Raphaël Doan, Le Rêve de l'assimilation : de la Grèce antique à nos jours, Passés/Composés 2022 : Jean-Marie Guéhenno, Le Premier . De la globalisation à l'émiettement du monde, Flammarion 2023 : Florence Bergeaud-Blackler, Le Frérisme et ses réseaux, l'enquête, Odile Jacob 2024 : David Colon, La Guerre de l'information. Les États à la conquête de nos esprits, Taillandier 2025 : Richard Malka, Après Dieu, Stock 2026 : Arnaud Miranda, Les Lumières sombres, Gallimard
Dernier jury : Aurélie Julia (présidente), Thierry Moulonguet, Jean-Pierre Naugrette, François d'Orcival, Éric Roussel, Eryck de Rubercy, Jacques de Saint-Victor, Annick Steta, Valérie Toranian, Catherine Van Offelen et Marin de Viry.
Polémiques et controverses Duel Le , Jean-Gabriel Capot de Feuillide fit paraître une critique violente du roman de George Sand, Lélia, dans L'Europe littéraire. Le critique Gustave Planche le provoque en duel pour défendre l’honneur de George Sand. Un duel au pistolet a lieu mais aucun des duellistes n'est touché.
Les Fleurs du Mal C’est sous la férule de François Buloz que Charles Baudelaire, le , peut faire publier dix-huit poèmes, dont « Le Spleen » et « L’Invitation au voyage », pour la première fois réunis sous le titre Les Fleurs du Mal et précédés du fameux avertissement « Au lecteur ». En , un critique littéraire du Figaro, Louis Goudall, s’en prend vertement au choix éditorial de François Buloz :
Seconde Guerre mondiale