Tibor Sekelj (parfois appelé Székely Tibor selon la graphie hongroise, né le à Spišská Sobota en Autriche-HongrieSpišská Sobota était alors une localité de l'Autriche-Hongrie, fait aujourd'hui partie de la ville de Poprad en Slovaquie, mort le à Subotica en Yougoslavie, Voïvodine) était un citoyen du monde yougoslave d'origine hongroiseÀ propos de la nationalité Sekelj disait essentiellement qu'il est citoyen du monde avec la citoyenneté yougoslave. Il n'a jamais mis en évidence son origine hongroise, même s'il est clair que ses parents étaient hongrois. On ne peut pas dire qu'il était serbe ou croate car il n'avait pas vraiment de cette origine. Il a vécu pendant des périodes relativement longues en Croatie et en Serbie, mais alors, en Yougoslavie, on savait que chacun a la citoyenneté yougoslave (avec un passeport yougoslave), et quant à la nationalité, il dépend de sa propre décision, donc de sa déclaration, et Sekelj ne s'est jamais déclaré publiquement autre que citoyen du monde., journaliste, explorateur, auteur et juriste. Il a entrepris des expéditions à travers toute l'Amérique du Sud, l'Asie et l'Afrique. Contrairement à d'autres globe-trotters et explorateurs le but de ses recherches n'était pas essentiellement l'aspect matériel du monde, mais il voulait comprendre et découvrir l'essence de l'âme humaine. Les champs d'activité sur lesquels il s'est illustré avec beaucoup de succès sont nombreux.

Sekelj a appris environ 25 langues et a parfois dit qu'il avait conservé la capacité pour 9 d'entre ellesEntretien radiophonique avec Stipan Milodanoviĉ: « Ja sam učio oko 25 jezika. Mnoge sam zaboravio jer ih nisam više koristio. Uspeo sam da zadržim kao svoju trajnu svojinu 9 jezika koje i sada govorim Tih 9 jezika nisu dovoljni za ceo svet, ali jedan dobar deo sveta mogu da obidjem.» http://www.ipernity.com/doc/fulmobojana/7066327/. En plus du hongrois et du croate, il parlait également allemand, espagnol, anglais, français et espéranto.

Il est l'auteur de plusieurs livres (essais ou romans) et poèmes en espéranto. En 1986, il a été élu membre de l'Académie d'espéranto et membre honoraire de l'Association mondiale d’espéranto. En 2011 l'Union européenne d'espéranto a proclamé l'année 2012 « Année de Tibor Sekelj » à l'occasion du centenaire de sa naissanceUniversala Kongreso en Kopenhago kaj agado de EEU dans le blog de .

Son épouse s'appelle Erzsébet Sekelj. vignette|droite|400px|Lieux de résidence successifs de Tibor Sekelj en Europe dans sa jeunesse (1912-1939) et après son retour d'Amérique du Sud (1954-1988)

Biographie Jeunesse 1912-1939 Le père de Tibor Sekelj était vétérinaire et la famille a déménagé assez souvent. Quelques mois après la naissance de Tibor elle s'est installée à Cenei (maintenant en Roumanie) où Tibor a passé les dix premières années de sa vie. La langue maternelle était le hongrois, dans la rue on parlait aussi un dialecte allemand. Tibor avait au moins deux sœurs et un frère Antonije qui a collaboré à plusieurs ouvrages par Tibor. La famille s'installe en 1922 à Kikinda (Кикинда), en Voïvodine, Serbie, Yougoslavie, où Tibor termina l'école élémentaire et apprit le serbo-croate. Il a ensuite étudié le français et l'a même enseigné à ses compagnons étudiant quelques leçons plus tôt qu'eux. Il se perfectionna dans cette langue avec un professeur de français; par la suite il a acquis une nouvelle langue tous les quatre ans environ. Là, il a terminé ses études de base avant que la famille ne déménage en 1926 à Nikšić (Никшић), Monténégro, où il a terminé l'école secondaire. Déjà au lycée, il a commencé à aimer l'alpinisme et il a parcouru l'ensemble du Monténégro en marchant. En 1929, il entre à l'université pour étudier le droit à Zagreb (Croatie) et obtient son diplôme en 1933, étant l'un des 3 plus jeunes étudiants. Dans ces mêmes années, il a également étudié la peinture, la sculpture, la langue espéranto, la réalisation de films et le journalisme. C'est avec ce dernier métier qu'il a commencé à gagner sa vie. En 1937, il a commencé à travailler à Zagreb en tant que scénariste de films.

Globe-trotter vignette|920px|Destination des voyages de Tibor Sekelj De 1939 jusqu'à la fin de sa vie Tibor Sekelj a été un voyageur infatigable. Même s'il revenait en Serbie entre deux voyages, son envie d'explorer de nouveaux pays et de faire la connaissance d'autres peuples le poussait à entreprendre de nouveaux voyages. Quelques-uns de ses voyages et expéditions sont le sujet de livres dont certains ont connu un grand succès et ont été traduits en plus de 20 langues.

Amérique du Sud 1939-1954 Ayant vécu à Zagreb, en 1939, aspirant à un horizon plus vaste, il a atteint l'Argentine par bateau, pour faire un reportage sur les émigrés yougoslaves en tant que reporter pour le journal Hrvatski Dnevnik de Zagreb. Tibor Sekelj navigua sur le navire "Teresa"Peut-être que c'était le dernier voyage du navire Teresa pour l'Amérique du Sud à cause du début de la guerre. En 1939, les autres navires qui avaient l'habitude de voyager en Amérique du Sud au départ de Rijeka-Fiume ont été alors utilisés, par l'Italie pour la guerre en Afrique. Il s'agit du «Isarco», «Barbargo» et «Birmania» (tous ont sombré pendant la guerre, et Teresa a été prise par le Brésil, qui appartenait alors à la Société Cosulich de Trieste partant de Rijeka (appelée alors Fiume, en Italie), à Buenos Aires, avec des arrêts à Naples, Gênes (Italie) Santos (Brésil), Montevideo (en Uruguay)… Tibor a reçu un visa touristique auprès du consulat argentin à Zagreb le et atteint Buenos Aires le . Il semble que Tibor avait prévu le déclenchement de la guerre et ne voulait pas devenir soldat, et se hâta de partir dans un pays lointain en tant que journaliste… Il voulait vraiment éviter la guerre, non pas parce qu'il était timoré (son courage a été prouvé à maintes reprises), mais probablement parce que comme juif hongrois et espérantiste il ne pouvait haïr personne, et s'enflammer pour une quelconque idéologie et ni pour des objectifs militaires.

Au bout de deux ansUn ou deux ans. Il a écrit, «un» mais «deux» au cours d'une entrevue avec Rukovet. "Un an après l'arrivée à Buenos Aires, je connaissais assez la langue espagnole dans le but d'entamer une coopération dans un magazine […]", Sekelj T., Mondo de travivaĵoj, , 1981, , il a une maîtrise suffisante de l'espagnol pour être en mesure de travailler dans des magazines, et de publier une revue mensuelle dédiée aux voyages et aux explorations. En raison de diverses circonstances, dont l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale, il y est resté pendant 15 ans comme journaliste et explorateur.

1939-1945 : Argentine, Aconcagua En 1944, sans expérience d'alpinisme antérieure, il a participé à une expédition à destination de l'Aconcagua la plus haute montagne () d'AmériqueDans les années 1940, d'après les mesures de l'armée argentine on considérait que l'Aconcagua s'élevait à . Sekelj mentionné . Depuis 1989, on considère que son altitude est de , menée par Georg Link, un alpiniste suisse allemand connu. Avec l'Autrichien Zechner et l'Italien Bertone, il atteint le sommet le . L'expédition a été tragique : quatre des six jeunes qui y ont participé ont péri dans une tempête de neige. Leurs corps ont été retrouvés 11 mois plus tard, par une seconde expédition à l'initiative de l'armée argentine et à laquelle Tibor a également participé. Après cette seconde expédition Sekelj a ajouté un nouveau chapitre à la deuxième édition de «Tempestad sobre el Aconcagua», l'ouvrage déjà publié en 1944 dans lequel il raconte cette aventure. Le gouvernement argentin l'a récompensé par un «condor d'or» pour les mérites de l'expédition, mais il a refusé la nationalité argentine, que le président Perón lui a personnellement proposée.

1946-1947 : Mato Grosso En raison du succès de son premier livre, son éditeur le pressait d'en écrire un second, et pour qu'il ait un sujet à traiter, l'éditeur a financé par deux mille dollars une expédition à destination de régions mal connues des forêts brésiliennes du Mato-Grosso. Meri Reznik (1914-1996), argentine d'origine russe, qu'il a épousée un an plus tard, se joignit à l'expédition. De Tibor et Meri est né à Buenos Aires en 1949, un fils Diego Reinaldo Sekelj, qui vit maintenant à New York, aux États-Unis, avec le nom de Daniel Bernstain suivant le nom du second mari de Marie Reznik. Tibor et Meri ont divorcé après cinq ans.

Sekelj a passé presque une année dans la région des rivières et Rio das Mortes, où avec une trentaine de personnes ils sont les premiers étrangers à être entrés et avoir traversé le territoire de Xavántes agressifs et à en être sortis vivants. Il y a rencontré des tribus Carajà et Javae et a recueilli beaucoup de données géographiques utiles sur la région. Son deuxième livre, Por tierra de Indios (1946) qui fait référence à ces expériences, a rencontré un grand succès, atteignant plusieurs rééditions et fut traduit dans de nombreuses langues.

Au cours de l'été 1946, il parcourut la Patagonie avec trois compagnons : Zechner, Meri et Rosa Scolnik. Pendant les années qui suivirent, il a fréquenté l'université de Buenos Aires pour assister à des conférences sur l'anthropologie, l'ethnologie et l'archéologie, non pas pour obtenir un diplôme, mais seulement pour obtenir des connaissances utiles pour ses expéditions futures.

1948-1949 : Bolivie, Jivaros En 1948, une nouvelle expédition dont le but initial était de rencontrer les Jivaros - ce à quoi il ne réussit pas- le conduisit en Bolivie, où il rencontra le président Enrique HertzogEnrique Hertzog qui l'a encouragé à explorer la région encore inexplorée de la rivière Itenez qui s'étend jusqu'au Brésil. Au cours de ce voyage, il a rencontré la tribu des Tuparis - qui auraient été encore cannibales 5 ans auparavant -, et avec qui il a vécu 4 mois. De retour en , Sekelj a reçu une proposition du président Hertzog d'administrer un territoire d'une centaine de milliers d'hectares sur les 4 millions d'hectares prévus initialement pour y loger un million de réfugiés en provenance d'Europe. Sekelj ne voulant pas attendre six mois que le parlement ne prenne une décision, a renoncé à l'offre. Plus tard, il a regretté d'avoir manqué l'opportunité de créer un territoire où l'espéranto aurait été la langue commune de la population.

1949-1951 : Venezuela S'étant rendu en Grande-Bretagne au congrès mondial d’espéranto au cours de l'été 1949, et après un séjour de sept mois en Europe, Sekelj est retourné en Amérique du Sud, cette fois au Venezuela où pendant un an et demi il est devenu le gérant d'un magasin d'instruments de musique à Maracaibo. En même temps, il continue à écrire pour les journaux et est allé à Caracas pour y faire une série de peintures murales sur la vie du Venezuela pour un café qui venait d'ouvrir. De là, il a entrepris un voyage de recherche et d'errance dans les pays d'Amérique centrale, étant seul, parce qu'il a divorcé de Meri, après cinq ans de vie commune.

1951-1954 : Amérique centrale Parmi ses visites en Amérique centrale, il a mentionné une visite aux îles San Blas au Panama où vivent les amérindiens Kuna, la tentative d'escalader le volcan Izalco au Salvador qui échoua à cause d'une éruption, la découverte d'une ancienne ville ruinée au Honduras, sur lesquels chacun connaissait des légendes, mais que personne n'avait vue, et construite par des Indiens moins civilisés.

En parallèle avec ses explorations Sekelj s'est occupé d'archéologie et d'anthropologie. Au Guatemala et au Honduras, il a étudié la civilisation des Mayas et a visité presque tous les vestiges archéologiques.