L'Union nationale inter-universitaire (UNI) est une organisation universitaire française fondée en 1969 avec l'appui du Service d'action civique.

Historiquement classée à droite, liée au Rassemblement pour la république, puis à l'Union pour un mouvement populaire, et aujourd'hui aux Républicains, l'UNI s'est depuis les années 2020 également rapprochée des partis politiques d'extrême droite et a entretenu des liens avec certaines organisations violentes de cette mouvance, comme le groupuscule néofasciste Groupe union défense (GUD). Elle est impliquée dans plusieurs scandales concernant des saluts nazis et actes antisémites réalisés par plusieurs de ses responsables et militants.

Histoire

Fondation Fondée en réaction aux événements de Mai 68, l'UNI est créée officiellement le lorsque ses statuts sont déposés à la préfecture de police de Paris. Le lancement de l'organisation se fait sous le patronage de Jacques Foccart, responsable officieux des services de renseignement français et cadre du Service d'action civique, un groupe violent impliqué dans plusieurs affrontements meurtriers.

La réunion fondatrice a eu lieu en au siège du Service d'action civique dans le bureau de Pierre Debizet, cadre de l'organisation.

Les principaux membres fondateurs de l'organisation sont Frédéric Deloffre (professeur à la Sorbonne), Jacques Rougeot (assistant à la Sorbonne), Jacques Guggenheim (membre des Comités de défense de la République), Gérard Daury (cadre du SAC) et Suzanne Martin (étudiante à Sciences Po et militante de l'Union des jeunes pour le progrès). Jean-François Chauvel (journaliste au Figaro) et Pierre de Vernejoul (enseignant à l'université de la Sorbonne) participent au dépôt des statuts en préfecture.

Selon François Audigier, l'UNI a été créée à la suite d'un entretien dans le bureau de Jacques Foccart à l'Élysée avec comme objectif de s'opposer à la loi Faure : . L'organisation s'inscrit alors dans la stratégie développée par Foccart de création d' pour soutenir les actions du SAC et son influence sur le gouvernement.

Un premier bureau est mis en place avec comme président René Deheuvels qui démissionne un mois plus tard au profit de Jacques Rougeot, alors assistant à la Sorbonne. Le secrétaire général est Suzanne Marton, plus jeune membre du comité politique de l'UDR et proche des milieux gaullistes les plus à droite, qui avaient demandé la répression de Mai 68.

1969 - 1983 : débuts et soutiens du syndicat Souffrant d'une réputation d'extrémisme à ses débuts, l'UNI compense ses faibles effectifs par un activisme très fort, par le soutien du président Georges Pompidou et par des moyens financiers très importants qui .

Les élections étudiantes, créées par la loi Faure, auxquelles participent l'UNI sont marquées par des affrontements très violents entre l'organisation étudiante de droite et ses opposants. Le SAC est alors le principal allié de l'UNI, lui sert à la fois de recruteur, de soutien logistique, et de protection sur les campus et crée plusieurs antennes locales de l'organisation étudiante.

Au cours de son existence, l'UNI publie différents journaux : Ras L'Bolch, L'Action lycéenne, ou encore L'Action universitaire. L'UNI prend alors régulièrement position sur des sujets de société au travers de L'action universitaire, s'opposant notamment à la circulaire mettant en place l'éducation sexuelle à l'école en 1973 dans la du journal ou à la légalisation de l'avortement en 1974 dans sa édition.

Dans les années 1970, les scores de l'UNI aux élections universitaires oscillent entre 10% et 15% des voix dans un contexte de forte abstention. C'est en 1979, à l'occasion de son alliance électorale avec la puissante Fédération des syndicats autonomes de l'enseignement supérieur, que l'UNI réussit pour la première fois à atteindre 35% des votes au CNESER. Elle n'obtient que 16% aux élections suivantes en 1983 et la FSA disparaît, ne se remettant pas de son absence en 1979.

1983 - 2009 : proximité avec le RPR/UMP et liens avec l'extrême droite 240px|thumb|Autocollants de l'UNI près de Sciences Po Lyon. En avril et , elle participe aux grèves et manifestations contre la Réforme Savary des universités de 1983 du ministre de l'Éducation nationale socialiste Alain Savary aux côtés de militants néofascistes du GUD, du Parti des forces nouvelles lié à l'extrême droite et du Collectif des étudiants libéraux de France proche de Valéry Giscard d'Estaing.

L'historien Bryan Muller constate que l'UNI tient des discours xénophobes et anti-musulmans dans ses publications au cours des années 80.

À partir de 1987, le Front national infiltre l'UNI afin de créer plus tard sa propre organisation étudiante. Ainsi, à Brest, la représentante de l'UNI au conseil de l'UFR de droit de 1991 à 1993 est la présidente de la section locale du Front national de la jeunesse tandis qu'à Nancy, le responsable local de l’UNI représente le FN aux cantonales de . En 1990, Jean-Marie Le Pen annonce qu'il est et lance le Renouveau étudiant. Dans plusieurs villes, l'UNI perd alors des adhérents au profit du Renouveau voire des sections entières, comme à Montpellier. En 1993 des militants de l'UNI à Lyon, parmi lesquels se trouve Philippe Meunier, sont poursuivis en justice pour avoir distribué des tracts racistes et antisémites au nom du Renouveau étudiant afin de discréditer le syndicat concurrent. Six militants de l'UNI sont finalement condamnés en 2000 à des amendes de 5000 à 10 000 francs pour ces tracts falsifiés.

En 1994, aux côtés de la FAGE et de l'UNEF, l'UNI crée l'Association pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés, qui disparaît en 2013 à la suite d'un de l'IGF sur la gestion de l'association.

L'UNI est aujourd'hui un mouvement proche idéologiquement de LR, après l’avoir été de l'UMP et du RPR de Jacques Chirac. L'UNI s'est par ailleurs engagée pleinement pour la campagne de Jacques Chirac en 1995 suscitant, d'après l'un de ses cadres, le départ des militants les plus à droite.

En , Yves Laisné, membre de l'UNI et du SAC et président de la troisième plus grosse structure gestionnaire de foyers d'immigrés en région parisienne, est mis en examen pour sa gestion de 35 foyers pour travailleurs immigrés. Ceux-ci sont en effet . Jean-Christophe Cambadélis, ancien député du Parti socialiste, est lui aussi renvoyé devant le tribunal correctionnel dans cette affaire pour soupçon d'emploi fictif au sein de l'organisation. Yves Laisné est finalement condamné en 2000 à quinze mois de prison avec sursis et 500 000 francs d'amende.

En 1998, l'organisation étudiante s'oppose à la création du pacte civil de solidarité pour les couples homosexuels en remobilisant ses comités Jeunes avec Chirac dans un nouveau groupe, le Comité national étudiant contre le Pacs.

En 2000, l'UNI et les Étudiants musulmans de France organisent une conférence en commun avec Tariq Ramadan, un islamologue et prédicateur proche des Frères musulmans.

En 2003, l'UNI crée un pour soutenir la loi Fillon allongeant la durée de cotisation nécessaire pour partir à la retraite.

Lors de la campagne du référendum sur le traité établissant une Constitution européenne en 2005, Olivier Vial explique au Figaro que l'UNI fait massivement campagne pour le « Oui » et la dans l'Union européenne. L'organisation a donc créé des « Collectifs étudiants pour le oui » dans 170 écoles, un site internet répertoriant les arguments en faveur de la Constitution européenne, un Journal des étudiants pour le oui tiré à 300 000 exemplaires, et lancé une campagne d'affichage de 350 000 affiches.

2009 - 2015 : parenthèse du Mouvement des étudiants et opposition au mariage pour tous En , une partie de l’UNI devient un mouvement de réflexion sur l’éducation et crée avec d’autres associations le Mouvement des étudiants pour se présenter aux élections étudiantes. Ce mouvement se réclame plus indépendant de l’UMP, Olivier Vial regrettant que son organisation soit perçue comme une . Le parti, consulté, a encouragé cette restructuration. La section de l'UNI à Tours, proche des Identitaires, perçoit au contraire la création du MET comme une reprise en main de l'UNI par l'UMP et fait scission en créant temporairement l'UNI-SU. Selon le journal Le Monde, l'UNI reste cependant utile pour l'UMP en concurrençant l'extrême droite sur ses thèmes.

L'UNI soutient la réforme des retraites de 2010, qui repousse l'âge de départ à la retraite de 60 à 62 ans et sa branche lycéenne organise des formations pour démontrer le bien-fondé de la réforme.

L'arrivée de Jean-François Copé à la tête de l'UMP en 2010 permet de resserrer les liens entre l'organisation étudiante et le parti, qui représente selon le directeur de cabinet du président de l'UMP. À partir de cette date, les militants de l'UNI sont désormais aux meetings de l'UMP selon Le Monde.

En 2013, l'UNI se mobilise contre la légalisation du mariage pour les homosexuels. Les militants de l'Union nationale inter-universitaire sont particulièrement actifs au sein du Printemps français, un mouvement ayant vocation à la Manif pour tous, dont ils aux côtés de Civitas, de l'Action française ou du Groupe union défense. Lors des violences du , qui occasionnent 36 blessés (dont 34 chez les forces de l'ordre et 1 journaliste), Libération reconnaît parmi les casseurs d'extrême droite en compagnie des Jeunesses nationalistes, une organisation pétainiste. De plus, l'UNI finance des annonces sur Google appelant à la .

2015 - 2022 : scission de la Cocarde étudiante et prises de position En , des militants de l'UNI, Maxime Duvauchelle et Pierre Gentillet, créent la Cocarde étudiante, un syndicat concurrent proche du Rassemblement national soutenu dès sa fondation par les présidents du FNJ et des Jeunes de Debout la France.. Pierre Gentillet justifie cette création par le refus de l'UNI de se rapprocher de l'extrême droite : .

Lors du mouvement social contre la loi Travail en 2016, l'UNI demande le retrait du texte en accusant le gouvernement d'avoir .

Lors de l'élection présidentielle de 2017, l'organisation fait campagne pour François Fillon (LR). En , l'UNI reconquiert son siège au CNESER (perdu en 2015).

En 2018, la loi ORE provoque de nombreux blocages dans les universités (Tolbiac, Rennes 2, Toulouse 2, Lyon 2, Montpellier 3, etc.), l'UNI est alors la seule association étudiante à se mobiliser pour débloquer ces universités via des recours en justice.

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En 2021, un membre du bureau parisien de l'UNI est à l'origine d'une infox autour du conflit israélo-palestinien largement relayée sur les réseaux sociaux par des personnalités politiques, dont Meyer Habib et Raphaël Enthoven, ainsi que la chaîne de télévision i24. Libération constate que ce militant est également actif sur Facebook, où il regrette que le régime israélien n'utilise pas de phosphore blanc (dont l'utilisation est un crime de guerre) à Gaza.

L'élection présidentielle de 2022, marquée par la candidature de Reconquête dont plusieurs cadres sont issus de l'UNI, marque le début du rapprochement officiel entre le syndicat et les partis d'extrême droite qu'il bannissait de ses rangs jusqu'alors. Pendant la campagne présidentielle, un haut-cadre de l'UNI déclare que Zemmour va .

Depuis 2022 : rapprochement avec l'extrême droite, accusations de néonazisme et antisémitisme Le , Patrick Hetzel, ministre du gouvernement de coalition entre Renaissance et Les Républicains, participe à un évènement de l'organisation, qui le remercie . Son intervention suscite une polémique nationale, de nombreuses personnalités politiques manifestant leur indignation sur les réseaux sociaux et dénonçant la proximité de l'UNI avec l'extrême droite . Le président de l'UNI, Olivier Vial, revendique plus tard quatre ministres issus du syndicat dans le gouvernement François Bayrou, qui a succédé à Michel Barnier.