Bābā Tāher (), surnommé 'Oryān (« nu, dépouillé »), est un poète et mystique soufi persan du , né et mort à Hamadan, en Iran. Bābā Tāher est célèbre pour ses quatrains lyriques (do-beyti), forme poétique propre à la poésie persane.

Biographie On ne sait quasiment rien de la vie de Bâbâ Tâher, sinon qu'il était un poète et derviche de la région de Hamadân. La période à laquelle il a vécu est l'objet de discussions, et les estimations vont du de l'ère commune. Son mausolée est à Hamadân.

Dates En ce qui concerne sa vie, l'événement qui semble le plus plausible parmi ceux qui sont rapportés à son sujet est une rencontre avec le conquérant seldjoukide Toghrul, en compagnie de deux autres personnages saints. Si cette rencontre a réellement eu lieu, ce serait vers 1055-1058 ; et comme Bâbâ Taher est aussi qualifié de saint, cela suppose qu'il avait alors déjà atteint un âge assez avancé, ce qui rendrait plausible une naissance en 1000. En revanche, la date de 1019-1020 pour sa mort est peu vraisemblable.

Œuvre Contrairement aux rubā'īyat, les do-beyti sont composés de deux vers rimés, souvent en dialecte, et porteurs d’une grande intensité émotionnelle. Ses poèmes explorent l’amour, la spiritualité, la nostalgie et l’humilité face à l’univers. Originellement chantés en un dialecte proche du pahlavi, ils ont évolué au fil du temps pour être transcrits en persan et lori.

Il aurait également écrit en arabe un ouvrage intitulé Eshārāt (« Les indications »), contenant des aphorismes philosophiques et mystiques.

Les poèmes de Bābā Tāher, d’une simplicité trompeuse, recèlent une profondeur spirituelle qui a marqué la littérature persane. Chantés à travers les siècles, ils continuent d’inspirer la poésie soufie contemporaine. Son mausolée à Hamadan reste un lieu de pèlerinage pour ses admirateurs. vignette|Nouveau mausolée. Architecte Mohsen Foroughi, 1967-1970.

Exemple de quatrain gauche|vignette|L'ancien mausolée de Baba Taher à Hamadan. Texte original        Traduction Que de lamentations à cause des yeux et du coeur

Car tout ce que voient les yeux, le cœur s'en souvient

Je fabriquerai une dague à la pointe d'acier

Pour suriner mon œil et libérer mon cœurCe quatrain de Bābā Tāher exprime une souffrance intense née du lien entre la perception et l’émotion. Le poète se plaint que tout ce que voient les yeux marque le cœur, créant une douleur inévitable. Dans un geste désespéré, il envisage de se priver de la vue pour libérer son cœur, illustrant ainsi l’idée mystique que la délivrance passe par le détachement du monde sensible. Très célèbre en Iran, il a été adapté plusieurs fois en chanson, notamment par Kourosh Yaghmaei. Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Traductions

Études

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