Léon-Étienne Duval, né le à Chênex et mort le à Alger, est un cardinal franco-algérien, archevêque d’Alger de 1954 à 1988.
Biographie Il est ordonné prêtre pour le diocèse d'Annecy le à la basilique Saint-Jean-de-Latran, après des études au grand séminaire d'Annecy et au séminaire français de Rome. Chanoine, il est vicaire général et directeur des œuvres, ce qui le fera travailler avec l'abbé Camille Folliet, dont il concélébrera la messe de funérailles.
Pendant la guerre, il fait partie des prêtres résistants.
En 1947, à 44 ans le pape le désigne comme évêque de Constantine et d'Hippone (Bône) et consacré le de la même année par l'évêque d'Annecy Auguste Cesbron avec comme co-consécrateurs l'évêque de Chartres Raoul Harscouët et l'évêque de Bayonne Léon-Albert Terrier.
Il est promu archevêque d'Alger, en , huit mois avant le déclenchement de la guerre d'Algérie. Dès sa promotion, il déclare dans un discours que la .
En 1956, il charge l'abbé Tissot de le représenter à la conférence de l'Appel pour une Trêve Civile lancé par Albert Camus le Olivier Todd, Une vie, biographie d'Albert Camus, et - note 28.
La même année, il des populations d’Algérie et condamne la torture dès , alors que l'évêque d'Oran penche de l'autre côté et soutiendra même sept ans après l'Organisation de l'armée secrète (OAS), tandis que celui de Constantine ne , selon l'enquête de Florence Aubenas, dans Libération du "«Mohamed Duval» mort en Algérie où il voulait rester" par Florence Aubenas, dans Libération du 31 mai 1996 L'article dit (verbatim): «A Oran, l'évêque était carrément pour l'OAS. Celui de Constantine ne s'engageait ni dans un sens ni dans l'autre, explique un prêtre algérois. Dans la capitale, où Duval avait été nommé, c'était un vrai chef (...) Là, même ceux qui n'étaient pas de son avis se regroupaient derrière lui.».
La partie de la population européenne qui lui est très hostile (c'est le moins que l'on puisse dire) lui donne le surnom de « Mohamed Duval ». Il répond en revendiquant pour lui-même ce quolibet comme une médaille.
Le général Marcel Bigeard lui reproche notamment d'être intervenu pour obtenir la grâce de terroristes condamnés à la peine capitale après un attentat qui a coûté la vie à neuf personnes dans un car de tourisme..
Le , deux soldats prisonniers, appelés pieds-noirs, sont fusillés par le FLN en Tunisie. Le , l'évêque refuse sa cathédrale pour une messe à la mémoire des deux fusillés.
Deux ans plus tard en 1962, alors que la majorité des pieds-noirs quittent l'Algérie, notamment après les massacres d'Oran, il condamne et prend la défense des pieds-noirs.
Lors du concile Vatican II (1962-1965), il siège avec les évêques africains. Après l'indépendance algérienne, il est créé cardinal par Paul VI, avec le titre de cardinal-prêtre de Sainte-Balbine (Santa Balbina), lors du consistoire du . Il reçoit et accepte la nationalité algérienne en , avec une dispense offerte par les nouveaux dirigeants issus du FLN puisqu'il ne remplit pas les critères des vingt années de résidence en Algérie prévu par les accords d'Évian pour obtenir la nationalité algérienne. Il garde néanmoins la nationalité française.
Dans les années 1970, il est considéré comme un évêque du Tiers-Monde et se prononce pour le rééchelonnement de la dette des pays les plus pauvres. Il plaide également en faveur des droits des Palestiniens. Sur le point de vue de la doctrine catholique, il reste attaché à une foi rigoureuse. Il étudie énormément saint Augustin.
En 1976, il intervient personnellement auprès du président Houari Boumédiène pour faire cesser l'occupation par la gendarmerie algérienne des basiliques Saint-Augustin d'Annaba, Notre-Dame d'Afrique d'Alger et Santa Cruz d'Oran. En 1979, il dit la messe de Noël avec les otages américains en Iran.
Jean-Paul II accepte sa retraite en 1988 et son coadjuteur Henri Teissier prend sa suite.
Il meurt le des suites d'une opération, juste avant qu'on apprenne la découverte des corps des moines de Tibhirine. Il est enterré dans la basilique Notre-Dame d'Afrique, où ses funérailles ont été célébrées avec celles des sept moines de Tibhirine, assassinés entre le et le .
Son neveu Joseph Duval a été archevêque de Rouen.
Succession apostolique Léon-Étienne Duval a ordonné les évêques suivants : Évêque (1961) Archevêque , M. Afr. (1965) Évêque Jean Baptiste Joseph Scotto (1970) Archevêque Henri Antoine Marie Teissier (1973) Évêque Pierre Lucien Claverie, O.P. (1981)
Citation « Nous n'avons pas le droit d'être pessimiste: être fidèle à la confiance demande du courage ».
« En 1961-1962, derrière la violence, il y avait une formidable espérance, celle de l'indépendance. Aujourd'hui [en 1992], derrière la violence, il n'y a plus d'espérance du tout, plus rien d'autre qu'un grand vide ».
Annexes
Bibliographie
(Déclarations et lettres de Duval recueillies par le père Denis Gonzalez et l'historien André Nozière)
Iconographie M'hamed Issiakhem, Le Cardinal Duval, 1982, huile sur toile, 114,5 × « Algérie Expressions multiples », [catalogue de l'exposition présentée en 1987 et 1988 à Paris au musée des arts africains et océaniens, puis à Marseille à la Vieille Charité], in Cahiers de l'ADEIAO, , Paris, 1987, , .
Articles connexes L'Appel pour une Trêve Civile Libéraux d'Algérie
Liens externes
Quatre articles à propos du cardinal Léon-Étienne Duval, l’Église catholique d'Algérie
Notes et références
Catégorie:Évêque de Constantine Catégorie:Évêque ou archevêque d'Alger Catégorie:Évêque français d'un diocèse africain Catégorie:Cardinal français créé au XXe siècle Catégorie:Cardinal créé par Paul VI Catégorie:Personnalité de la guerre d'Algérie Catégorie:Dialogue entre chrétiens et musulmans Catégorie:Naissance en Haute-Savoie Catégorie:Naissance en novembre 1903 Catégorie:Décès à Alger Catégorie:Décès en mai 1996 Catégorie:Décès à 92 ans Catégorie:Évêque catholique français du XXe siècle