Tremendiste (tremendista en espagnol, de tremendismo : « terrible », « qui fait trembler ») est un terme de tauromachie qu'il faut prendre au sens de « risqué » et qui s'emploie lorsque le torero accueille le taureau dès sa sortie du toril, sans avoir pris le temps d'étudier son comportement. En général, le torero qu'il soit à pied ou à cheval, attend en effet à l'écart de l'animal se donnant ainsi la possibilité de le juger.
Les définitions Les historiens de la corrida décrivent ces toreros particuliers et ils en donnent la définition sous diverses formes. Selon Pierre Cordelier, Ou bien : . Ou encore .
Historique Si le terme est d'acception relativement récente (années 1960 environ), le toreo tremendiste remonte au , avec l'apparition d'une compétition entre « El Espartero » et « Guerrita » en 1894 . Le succès de ces deux toreros a fait des émules les années suivantes, y compris Juan Belmonte qui, malgré un toreo templé a été tenté de faire vibrer le public lorsqu'il ne réussissait pas ses passes en torero artiste. Selon les chroniqueurs taurins, la liste des tremendistes est longue. Elle va de Antonio Reverte, Antonio Montes, qui ont aussi adopté cette , jusqu'à « Manolete ». On cite encore « Litri », qui toréait en regardant le public dans une pause hiératique, Chicuelo II, Pedrés, « Chamaco père » dont les corridas baptisées « chamaquistas » soulevaient les passions à Barcelone, sans oublier « El Cordobés » qui fit l'objet d'une controverse sans fin entre les puristes qui le traitaient de tremendiste, voire , et ses admirateurs qui le considéraient comme un génie.
Dans la cuadrilla Les tremendistes ont également fait des émules parmi leurs subalternes. C'est le cas de José Maria Calderon, subalterne de Reverte qui devint par la suite le moniteur de Juan Belmonte, ce qui explique certaines déviances de l'inventeur du temple.
Appréciation et évolution Tous les historiens s'accordent à dire que les toreros tremendistes, s'ils ont séduit une partie du public, provoquent l'indignation des puristes qui les considèrent comme des « truqueurs ». Surnommés « toreros pathétiques » par les historiens, ils ont cessé de plaire et ils ont en grande partie disparu vers la fin du .
Les suertes dites tremendistes Selon la manière dont elles sont pratiquées, certaines suertes sont jugées tremendistes alors qu'elles représentent un réel danger. Ainsi, l'accueil du taureau a porta gayola est jugée tremendiste par une partie des puristes. Pourtant, « Espartaco » qui a été un grand spécialiste de cette suerte, confiait à José Carlos ArevaloÉcrivain, auteur notamment de Vie et mort de Paquirri, éditions Filipacchi, Paris, 1986:
La chicuelina a été jugée désinvolte au point qu'un torero bouffe, Llapisera, en faisait la caricature dans les années 1920 avec ses charlotades. Pourtant c'est une des passes les plus difficiles à réaliser pour conduire le taureau à la pique.
L'importance des écoles taurines Les écoles taurines fondées en Espagne à partir de 1975-1976, en France au début des années 1980, ont apporté aux jeunes matadors du un sens de la rigueur. Leur enseignement a en grande partie écarté le toreo tremendiste en le présentant comme un modèle à fuir. D'autant plus que le public d'aujourd'hui ne les apprécie plus guère.
Notes et références
Bibliographie
(préface Jean Lacouture et François Zumbiehl)
Préface d'Antoine Blondin
Liens externes Torero tremendista de los 50s. Garry Marvin, Bullfight, University of Illinois Press: pour plus de précisions sur les tremendistas.
Voir aussi Tremendisme
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