Les Engagés est un parti politique belge francophone centriste et social-libéral. Il est présidé par Yvan Verougstraete depuis le .
Il trouve son origine dans la scission du Parti social-chrétien, opérée en 1968. Il représente la branche francophone de l'ancien parti et garde dans un premier temps le nom de Parti social-chrétien (PSC). En 2002, il change une première fois de nom pour se nommer le Centre démocrate humaniste (cdH). C'est en 2022 qu'il prend son nom actuel : Les Engagés.
Il est représenté aux parlements fédéral, wallon, bruxellois, francophone, germanophone (via le CSP) et européen.
Il participe depuis au gouvernement fédéral, ainsi qu'aux gouvernements wallon et francophone (qu'il préside).
Historique
1884-1945 : Parti catholique (PC)
1945-1968 : Parti social-chrétien (PSC), unitaire
1968-2001 : Parti social-chrétien (PSC) Le PSC, fondé par Charles Piton, est issu de la scission du PSC-CVP unitaire en une aile francophone et une aile néerlandophone à la suite de l'affaire de Louvain. La crise de Louvain de 1968, née de la volonté flamande d'expulser la section francophone de l'université catholique de Louvain, conduit en effet le PSC à s'imposer comme parti francophone autonome. Depuis 1972, le PSC et le CVP sont deux partis totalement indépendants.
Depuis qu'il est autonome, le PSC s'affirme comme un parti au fonctionnement démocratique. En 1969, le PSC est le premier parti belge à introduire l'élection de son président national, de ses présidents d'arrondissements et de ses présidents de sections locales au suffrage universel de l'ensemble de ses membres.
Jusque dans les années 1990, le PSC est le pivot des coalitions gouvernementales avec un score situé généralement entre 20 et 25 %.
Paul Wynants estime qu'au terme des années 1990, le parti « a largement manqué sa déconfessionnalisation, pourtant annoncée dès 1945 ». Ses cadres, son noyau d’électeurs fidèles se caractérisent, selon lui, par leur proximité avec le catholicisme, alors que l’influence de ce courant diminue dans la société du fait de la sécularisation. Au regard des jeunes générations, il est porteur d’une image désuète, faute d’avoir suffisamment adapté son message aux nouveaux enjeux idéologiquesPaul Wynants, L'évolution du CDH (2004-2011) I. Juin 2004-décembre 2007, Courrier hebdomadaire du CRISP, 2012/6-7 (), pages 1 à 79.
Pendant des décennies, le PSC a été le canal électoral du réseau institutionnel catholique. Il défend et promeut les intérêts de ce pilier dans divers secteurs d’activités, comme l’enseignement, la santé, la culture, l’action sociale ou la coopération au développement. Néanmoins, progressivement, certaines de ses composantes ont évolué au point d’abandonner toute référence chrétienne. Afin d’assurer la permanence du christianisme social au pouvoir, le parti est demeuré dans une position centrale sur l’échiquier politique : « avec l’appui des chrétiens démocrates flamands, celle-ci consiste à choisir des partenaires de majorité successifs, en pratiquant un jeu de bascule entre libéraux et socialistes. » Si ce positionnement est avantageux en termes d’influence, il génère, toutefois, un déficit d’image : « le PSC donne l’impression d’incarner un « centre mou », qui se dilate vers le centre-gauche ou vers le centre-droit selon les opportunités ».
Aux élections régionales et législatives de 1999, le parti connaît de très mauvais résultats lors des différents scrutins. Pour la première fois depuis 1958, il est totalement écarté du pouvoir, tant à l’échelon fédéral que dans les différentes entités fédérées. Cette crise est en partie due à deux faits externes, mais extrêmement médiatisés : l'affaire Dutroux et la crise de la dioxine. Joëlle Milquet devient la nouvelle présidente du PSC. Le , le congrès du PSC approuve la Charte de l'Humanisme.
2001-2022 : Centre démocrate humaniste (CDH)
Depuis 2022 : Les Engagés Le cdH acte son changement de dénomination le lors d’un congrès à Bruxelles, à la suite d'une réflexion de deux ans.
À travers le Manifeste pour une Société régénérée, Les Engagés décrivent leur vision et une série de propositions dont certaines sont en rupture avec la ligne de l’ancien CDH.
Ce changement de cap a été accompagné de départs et d’arrivées de personnalités politiques. Parmi les nouveaux visages : celui d’Yvan Verougstraete, fondateur de la chaîne de pharmacie Medi-Market, élu Manager de l’année en 2019 ou celui d’Anne Pirson, ancienne rédactrice en chef de Matélé.
En , Maxime Prévot annonce son intention de rempiler à la tête du parti. Il doit affronter Marc-Antoine Mathijsen, ancien membre du CDF. Maxime Prévot est réélu le mois suivant avec 81,7% des voix.
Le , Véronique Lefrancq, députée bruxelloise, annonce quitter Les Engagés, se sentant orpheline politiquement. D'autres élus du parti annoncent leur souhait de ne pas se représenter aux élections fédérales et régionales de 2024 : Alda Greoli (parlementaire régionale et ancienne ministre), Catherine Fonck (parlementaire fédérale, ancienne secrétaire d'État et ancienne ministre régionale) ou encore André Antoine (sénateur et ancien ministre régional)
En 2023 et 2024, plusieurs personnalités publiques rejoignent les Engagés. Certaines sont issues du MR : c'est le cas de l'ancien ministre wallon Jean-Luc Crucke, de l'ancienne parlementaire wallonne Lyseline Louvigny ou encore de l'échevine Axelle Chantry. D'autres en revanche sont issues de la société civile : Olivier de Wasseige (ancien administrateur délégué de l'Union wallonne des entreprises), Yves Coppieters (épidémiologiste), Jean-Jacques Cloquet (ancien administrateur délégué de l'aéroport de Charleroi), Vincent Blondel (recteur de l'Université catholique de Louvain) et Armelle Gysen (journaliste et animatrice télé). D'autres enfin étaient déjà actives en politique, mais sans apparentement : le bourgmestre de Vresse-sur-Semois Arnaud Allard, celui de Daverdisse Maxime Léonet...
Idéologie
Historiquement Le PSC s’est revendiqué de la démocratie chrétiennehttps://cevipol.centresphisoc.ulb.be/sites/default/files/centre_cevipol/uploads/cahier99-1.pdf. Le cdH s’est réclamé du centrisme et du personnalisme chrétien d'Emmanuel Mounier. Les Engagés se réclament de l’humanisme régénéré appelé de ses vœux par le sociologue et philosophe Edgar Morin, gommant ainsi leur référence chrétienne historique.
Il a été un des principaux représentants de la démocratie chrétienne belge, avec le CD&V. En 2014, Philippe Walkowiak évoque « un atavisme social-chrétien » de ce parti qui a abandonné la référence chrétienne.
Positionnement Durant la campagne électorale de 2019, le centre d'études RePresent a étudié les programmes électoraux des treize principaux partis politiques belges. Cette étude a classé les partis sur deux axes « gauche-droite », de « - 5 » (extrême-gauche) à « 5 » (extrême-droite) : un axe socio-économique « classique », qui fait référence à l'intervention de l'État dans le processus économique, et au degré suivant lequel l'État doit assurer une égalité sociale, et un axe socio-culturel, qui fait référence à un clivage articulé autour d'une opposition identitaire autour de thèmes comme l'immigration, l'Europe, la criminalité, l'environnement, l'émancipation, etc.
Le cdH présente alors un programme plutôt centriste (- 1,04) sur le plan socio-économique, et de centre-gauche (- 1,83) sur le plan socio-culturel.
Le centre RePresent réitère l'exercice durant la campagne électorale de 2024, pour les douze principaux partis. Le positionnement du parti – renommé « Les Engagés » en 2022 – s'est déplacé vers la droite, devenant le parti le plus au centre de l'échiquier politique belge, tant sur l'axe économique (0,24) que sur l'axe socio-culturel (- 0,77).
Courants internes Le parti, comme son prédécesseur catholique, est traversé par des courants internes. L’affrontement entre ceux-ci est particulièrement fort jusque dans les années 1970-1980.
Conservateurs
Le parti est perçu comme historiquement lié aux valeurs conservatrices, notamment au point de vue sociétal. Depuis la présidence de Joëlle Milquet, le mouvement a tenté de se dégager de cette image. Jusqu’en 1982, ce courant est fortement représenté par le CEPIC, lié à des organisations d’extrême droite. L’aile droite, bien que déforcée, reste néanmoins présente.
Libéraux Les libéraux sont représentés par différentes personnalités, telles que le président du parti, Maxime Prévot ou Jean-Luc Crucke, qui a rejoint le parti en 2023 (en devenant directement vice-président) en provenance du Mouvement réformateur. Ceux-ci sont généralement perçus comme compatibles avec le Mouvement réformateur, principale fédération libérale en Belgique francophone.
Démocrates-chrétiens Les démocrates-chrétiens forment l’aile gauche du parti. S’opposant durant les années 1970 aux forces de droite conservatrice au sein du PSC, le CEPIC, ceux-ci voient leur influence s’éroder lentement, jusqu’à être considérée « moribondes » par La Libre Belgique en 2015.
International Union européenne Les Engagés ont longtemps été membres, tout comme leur parti frère le CD&V, du Parti populaire européen.
À l'issue des élections européennes de 2024, Les Engagés rejoignent le groupe Renew Europe. Cela traduit un rapprochement avec le centre-droit libéral, observé particulièrement au niveau régional. En effet, Les Engagés y forment un gouvernement avec le Mouvement Réformateur, lui aussi membre de Renew Europe. Il fait élire à cette occasion un député européen, Yvan Verougstraete.
Union Benelux Le parti est membre du GPC au Parlement du Benelux.
Structure
Présidents PortraitNomMandat RemarquesDébutFinDurée108x108px Maxime Prévot() Bourgmestre de Namur (2012-2025)Ministre des Affaires étrangères (depuis 2025)75px Yvan Verougstraete. En fonction Député européen (depuis 2024)
Résultats électoraux
Parlement fédéral AnnéeChambre des représentantsSénatGouvernementVoix%SiègesVoix%Sièges19716,20Voir PSC unitaire19749,091019779,779,46197810,129,7819816,496,9519857,957,93 198787,8 19917,77,9 1995 7,79,4 1999 5,876,04 2003 5,475,54 2007 6,065,90 2010 5,535,13 2014 4,98N/A20193,702024472 7556,77 centré|vignette|393x393px|Evolution des résultats électoraux à la Chambre des Représentants
Entités fédérées Parlement wallon Année Voix % Sièges Gouvernement1995 21,561999 17,072004 17,622009 16,442014 15,172019112024427 16720,66
Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale Depuis la création de l’institution qui comptait jusqu’en 2004, et depuis 2004 (dont alloués aux listes francophones).
Année Voix % Sièges Gouvernement1989 11,851995 9,261999 14,082004 14,082009 14,82014 11,7420197,58202410,7
Parlement de la Communauté germanophone Résultats du Christisch Soziale Partei (CSP), parti lié aux Engagés. Année%Sièges199033,60199535,93199934,78200432,79200927,02201424,86201923,14202419,8
Conseils provinciaux
+ Année Brabant Wallon Hainaut Liège Luxembourg Namur2006201220182024
Parlement européen Résultats dans le collège francophone. Année%Sièges1979 21,2 1984 19,51989 18,8 1994 18,8 1999 13,1 2004 15,1 2009 13,3 2014 11,4 20198,9202414,28
Organisation
Centre d'études
Le Centre Démocrate Humaniste possède un centre d'études baptisé Centre d’études politiques économiques et sociales (CEPESS).
Le CEPESS a pour finalité . Il a pour mission d’inscrire l’action politique, économique et citoyenne sur la voie du « développement humain », un nouveau projet de société, porté par le cdH, qui place l’être humain, la qualité de vie et le vivre-ensemble, comme finalités ultimes du développement.
Mouvement de jeunesse
Le Centre Démocrate Humaniste reconnaît les Jeunes cdH comme son mouvement de jeunesse. Ce mouvement se gère de façon autonome, sans intervention du cdH dans son fonctionnement interne mais s'associent parfois avec le parti dans différentes actions et campagnes. Ils sont également membres des Jeunes du Parti populaire européen.