vignette|droite|Drapeau de la Palestine.

Le nationalisme palestinien est une idéologie nationaliste qui appelle à la formation et l'indépendance d'un État palestinien. Initialement formé en opposition à l'Empire ottoman puis au sionisme, il a ainsi rejeté l'occupation des territoires palestiniens par le gouvernement israélien depuis la guerre des Six Jours de 1967. Certains nationalistes palestiniens souhaitent que l’État palestinien englobe l'ensemble de la Palestine historique, ce qui impliquerait la disparition de l'État d'Israël.

Le nationalisme palestinien s'est ensuite internationalisé et s'est attaché à d'autres idéologies. Les nationalistes palestiniens s'appuient souvent sur des traditions politiques plus larges dans leur idéologie, des exemples étant le socialisme arabe et le nationalisme ethnique dans le contexte du nationalisme laïc ou du nationalisme religieux musulman. Des croyances similaires ont façonné le gouvernement palestinien et continuent de le faire.

Le nationalisme palestinien naît à la fin du quand la Palestine est sous contrôle ottoman. Il s'intègre au mouvement d'émancipation nationaliste panarabe. Après la Première Guerre mondiale, il demande le rattachement de la Palestine mandataire au royaume de Syrie dans le contexte de la création d'une Grande Syrie. Mais après la conquête du royaume par les Français et l'échec des aspirations du roi Fayçal, il se cristallise autour de l'indépendance de la Palestine passée entretemps sous contrôle britannique et également objet des revendications du mouvement sioniste.

Dès 1920, Mohammed Amin al-Husseini devient l'un des principaux du nationalisme palestinien avec pour but la création d'un État arabe palestinien indépendant. Il s'oppose activement au sionisme et est considéré comme l'instigateur de 1921 à 1937 de certaines des émeutes violentes en réaction au projet de l’établissement d'un « Foyer juif » en Palestine dont le massacre d'Hébron en 1929. Des émeutes arabes se propagent contre plusieurs agglomérations juives, les plus meurtrières éclatent à Jérusalem en 1920 et à Jaffa en 1921 ce qui amène à limiter les dispositions de la déclaration Balfour sur l'immigration juive, afin d'apaiser la population arabe. Elles sont ensuite suspendues par Herbert Samuel, le Haut-Commissaire britannique en Palestine qui décrète l’état d'urgence Tom Segev (1999) . . . ., et nomme Mohammed Amin al-Husseini grand mufti de Jérusalem Howard Sachar, 2006, , seconde édition, New York, Alfred A. Knopf, , ..

Entre 1936 et 1939, la population arabe palestinienne entre en rébellion contre les autorités britanniques et en conflit avec la communauté juive lors de la grande révolte arabe de Palestine qui se solde par plus de côté arabe mais la promesse d'une indépendance dans les et la restriction de l'immigration juive. C'est au tour des Juifs d'entrer en rébellion. Le conflit entre les deux nationalismes s'accentue.

Le rejet arabe du plan de partage mène à la guerre israélo-arabe de 1948 qui se solde par un nouvel échec des aspirations nationalistes palestiniennes avec la naissance de l'État d'Israël, l'annexion et l'occupation du reste de la Palestine par la Transjordanie et l'Égypte ainsi que l'exode de la population palestinienne.

Le mouvement subit un choc supplémentaire après 1967 quand les Israéliens prennent le contrôle de l'ensemble de la Palestine ex-mandataire après la guerre des Six Jours. C'est à cette époque que naît l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat qui prône la lutte armée pour atteindre ses objectifs contre Israël.

Entre la fin des et le début des , la population des territoires palestiniens occupés se révolte au cours de deux intifadas. Ces dernières permettent le lancement de négociations visant à résoudre le conflit israélo-palestinien mais qui échouent. Parallèlement, des groupes armés palestiniens organisent des attentats contre la population israélienne.

Après la mort de Yasser Arafat, les divisions palestiniennes s'accentuent. Le Hamas, issu d'une organisation islamiste des , prend le contrôle de la bande de Gaza et continue d'entretenir un conflit avec Israël, qui organise alors le blocus de la bande. Le nouveau président palestinien, Mahmoud Abbas reste en continuité avec la voie diplomatique empruntée depuis les années 1980 par Yasser Arafat et recherche un soutien international dans les revendications palestiniennes, tandis qu'Israël continue l'expansion de ses colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Le , l'Assemblée générale des Nations unies acte la reconnaissance internationale de l'État de Palestine en lui donnant le statut d'« État observateur non membre » de l'ONU.

Les mouvements nationalistes comprennent des chrétiens palestiniens et nombre de nationalistes palestiniens connus étaient de foi chrétienne comme Emil Ghouri, Georges Habache, Nayef Hawatmeh ou Wadie Haddad.

Les divisions entre nationalistes suscitent fréquemment des affrontements tendus sur des objectifs idéologiques particuliers, un exemple étant le fossé entre les Palestiniens islamistes favorables à un État plus autoritaire et les peuples centristes et laïcs favorables à l’autodétermination démocratique. Les Palestiniens favorables à la non-violence se heurtent aussi fréquemment aux nationalistes (laïcs comme islamistes) qui prônent et s'engagent dans la violence politique tant à l'intérieur qu'à l'extérieur d'Israël.

Les préliminaires du nationalisme palestinien

vignette|Territoire revendiqué par les nationalistes arabes en 1919 : refusant la séparation de la Palestine de la Syrie L'effondrement de l'Empire ottoman à la fin de la Première Guerre mondiale a été accompagné par l’émergence du nationalisme dans ses provinces arabes, particulièrement en Syrie, considérée à cette époque comme incluant le Liban et le nord de la Palestine et Graham Harman (2008), , , .. Tandis que le nationalisme arabe et le nationalisme syrien tendaient à préserver les liens avec l'Empire ottoman, le nationalisme palestinien naissant a été marqué par une hostilité à une présence et une immigration étrangère, juive en particulier Helena Lindholm Schul, , , 1999, .. La plupart des historiens considèrent qu'il débute avec le Mandat britannique. L'historien palestinien Rashid Khalidi, le date de l'aube du Rashid Khalidi, , , 2000. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, 2003, ..

À la fin du , se structure un nationalisme juif, le sionisme, qui soutient la création d'un État-nation juif en Palestine qu'il définit comme « Terre d'Israël » (2001). , . . , .. En 1917, la Déclaration Balfour prévoit l'établissement d'un sur ce territoire, sans préjudice pour les droits civiques et religieux des communautés non-juives existantes et le statut des juifs dans tout autre pays , Par , , , 2010 .. En 1919 est signé l'Accord Fayçal-Weizmann en tant qu'élément de la conférence de paix de Paris. Cet accord prévoyait l’établissement d'une coopération judéo-arabe pour le développement d'une patrie juive et d'une nation arabe en Palestine..

Dans la même année se tient à Jérusalem le Congrès arabe palestinien qui exige l'annulation de la déclaration de Balfour et l'inclusion de la Palestine comme partie intégrante du gouvernement arabe indépendant de la Syrie et rejette le sionisme tout en acceptant l'aide britannique à la condition de ne pas empiéter sur la souveraineté arabe en Palestine envisagée en tant qu'élément d'un État syrien indépendant Manuel Assassian, , .. En 1910-1911, cet antisionisme se cristallise autour de l'opposition à l'achat par les sionistes d'une vaste étendue de terre dans la vallée de Jezreel, à Fula, près des ruines de la forteresse croisée de conquise par Saladin en 1183. On voit alors surgir l'association entre juifs et croisés qui demeurera par la suite une constante rhétorique du nationalisme arabe Benny Morris, , , 2008, ..

Période du nationalisme arabe sous le mandat britannique Avec la victoire britannique sur l'Empire ottoman, plus de dix millions d'Arabes se retrouvent sous les autorités françaises et britanniques. L'Arabie saoudite est formée et signe des accords économiques avec les britanniques et le reste des territoires mandataires gagnent l'indépendance progressivement comme l'Irak en 1932, la Syrie en 1943, le Liban en 1944 ou la Jordanie en 1946. Les accords Sykes-Picot poussent un certain nombre de familles arabes à adopter une perspective pan-islamiste et nationaliste arabe. Certains nationalistes arabes rejettent la nouvelle administration britannique, avec un sentiment .. Le territoire de la Palestine est quant à lui prévu par les Occidentaux pour accueillir le (sans objections d'Hussein ben Ali lors des négociations avec les Britanniques.). La Déclaration Balfour de 1917 reconnait de jure cette décision qui sera reconnu en 1920 par les grandes puissances de l'époque.. Les Arabes de Palestine ne sont pas consultés pour différentes raisons : ayant combattu contre les Alliés et n'étant pas une entité reconnue ou souveraine du territoire. Après la guerre, de nouvelles organisations politiques sont créées par la nouvelle génération arabe, défendant le panarabisme (Grande Syrie) et rejetant les projets britanniques. Les traités et arrangements conduisent à la radicalisation du monde arabe, ainsi que de la population arabe de la PalestineHenry Laurens, La Question de Palestine: L'invention de la Terre sainte, vol.1, Fayard, Paris 1999 p. 421-477, p. 462-465.. Dès 1920, des manifestations contre la séparation du mandat de la Syrie éclatent et des attaques se produisent contre les Britanniques. Néanmoins les réactions de violences ne se matérialisent pas en révolte, comme ce fut le cas en Irak. La population arabe est bien informée de la situation politique, et des inquiétudes se font savoir quant à la population juive grandissante. L'une des réactions est la formation de sociétés secrètes. Les annales arabes reprennent cette année comme l'« année de la catastrophe » (Am al-Nakba).

vignette|Haj Amin al-Husseini, principale figure du nationalisme arabe de Palestine, avec des volontaires SS musulmans, à Berlin, en décembre 1942

Haj Amin al-Husseini, figure religieuse et dirigeant antisioniste encourage l'hostilité contre les Juifs. Il s'oppose également au progrès que les Juifs apportent, comme étant un danger pour la culture arabe. et s'oppose à la modernité chez les Juifs, par exemple il déplore . Influencé par son maître, Muhammad Rashid Rida, il souhaite tout comme Hassan el-Banna une .. Il aurait déclaré déjà en 1918, que ..

Le 4-, durant les révoltes à Jérusalem, des affiches sont placardées sur les murs de la vieille ville incitant à la violence : . Après les massacres, al-Husseini est condamné à dix ans de prison, mais en 1921, le gouverneur britannique Herbert Samuel tente de l'amadouer et le nomme comme Mufti de Jérusalem. al-Husseini à la tête du Conseil suprême musulman choisi des professeurs et des prêcheurs islamiques hostiles aux Juifs et il répand en particulier la rumeur selon laquelle les Juifs viseraient à .. Avant la révolte de 1929, al-Husseini et d'autres prédicateurs islamiques incitent à nouveau aux violences : .

En réaction Haïm Weizmann estime que l'hostilité arabe est par essence économique, plutôt que politique. Le Ahdut ha-Avodah, tente de consolider les relations arabo-juives à travers une « solidarité ouvrière » tout comme l'organisation socialiste ha-Po'el haTza'ir qui prône une coexistence.. À noter qu'en 1920, l'organisation Muslim National Associations est créée pour contrer l'antisionisme, considérant le peuple juif comme un peuple ami.

En , le « gang de la main verte » est formé et harcèle par des attaques armées les communautés juives de Galilée, jusqu'à son élimination par les forces britanniques en été 1930.