Les Bordjiguines (en mongol cyrillique : Боржигид / Borjigid, au singulier Боржигин / Borjigin. ; en mongol bitchig : au singulier ; en ), aussi appelés la Lignée d'or (en / Altan urag), est la maison princière de Yesügei, le père de Gengis Khan. Avec sa branche plus restreinte, les Qiyad (singulier Kiyan ou Qiyan en turc et moyen mongol), les Bordjiguines forment la classe dirigeante parmi les Mongols, les Kazakhs et d'autres peuples d'Asie centrale.
Histoire
Origine et mythologie Au , les noms de clans Bordjiguine et Qiyad s'appliquent de manière synonyme à la lignée dirigeante de la tribu mongole. Ces termes désignent parfois l'ensemble des branches de la patrilignée dominante Niru'un (« colonne vertébrale »), qui compte environ 20 sous-lignées majeures revendiquant un ancêtre commun, bien que l'inclusion de certaines d'entre elles ait fait l'objet de controverses. Dans d'autres contextes, ces noms s'appliquent uniquement à la branche restreinte qui produit les khans.
Avant l'Empire mongol, les Mongols côtoient plusieurs autres communautés nomades pour certaines plus influentes comme les Tatars, les Kéraït et les Naïmans. Ces peuples sont subdivisés en clans ou maison dynastique (oboq) se réclamant d'un ancêtre commun, légendaire ou non, qui arborent le même noms. Une quarantaine de clans, organisés en fonction de leurs lignages paternels ou maternels, n'est pas égalitaire mais hiérarchiques. Seuls ceux qui appartiennent à un lignage prestigieux peuvent prétendre à un titre de chef.
La suprématie des Bordjiguines est légitimée par un mythe d'origine surnaturelle. Celui-ci est conservé dans l'Histoire secrète des Mongols. La maison dynastique débute avec le Loup gris-bleu ( / ) et la Belle Biche ( / ). Leur descendante de la , la veuve de Dobu Mergen, Alungoo ekhiin domog (, Alungoo la mère légendaire) ou, plus simplement Alan Goa (« Garance-la-Belle ») est imprégnée par un rayon de lumière. Son plus jeune fils devient l'ancêtre des Bordjiguines.
Extension dynastique L'ascension de Gengis Khan a considérablement restreint le périmètre du clan. Pratiquement tous ses oncles et cousins germains ayant péri, la véritable lignée Bordjiguine s'est recentrée uniquement sur les descendants de son père, Yesügei. Cette séparation s'est accentuée par des mariages inter-claniques avec les Barlas, les ou les Mangghud. La patrilignée étant exogame, le fait de s'intermarier rend ces clans qari (étrangers). Dans les khanats occidentaux, d'autres lignées proches utilisent le nom de Qiyad sans partager les privilèges des gengiskhanides.
La dynastie des Bordjiguines s'affirme sous Gengis Khan et règne sur l'Empire mongol de 1203 à 1635 (puis sous protectorat de la Chine, jusqu'en 1924). À la suite des conquêtes territoriales de Gengis Khan et de ses successeurs, les Bordjiguines ont régné sur le Kazakhstan actuel (Horde d'Or) de 1243 à 1502, sur la Perse de 1256 à 1336 puis de 1405 à 1507, sur l'empire Chinois de 1271 à 1368, sur le khanat de Boukhara de 1599 à 1920 (et aussi de son prédécesseur le Khanat Ouzbek de 1429 à 1598), sur le Khanat de Crimée de 1441 à 1783, sur l'empire Moghol de 1526 à 1857, ainsi qu'une multitude d'autres États, (Khanat Ouzbek, Khanat de Qasim, Khanat qoshot, etc.) d'Eurasie.
À partir de 1335, la désintégration de l'Ilkhanat marque l'apparition des premières dynasties non-Bordjiguines en Asie centrale et au Moyen-Orient. Fondées par des quda (partenaires de mariage des dirigeants), ces dynasties comprennent les Suldus, les Jalayir, les Barlas (dont est issu Tamerlan), les Mangghud, les Qonggirad et les Oïrats.
Après l'expulsion de la dynastie toluide de Chine en 1368, sous Togoontomor, les empereurs bordjiguines règnent sur la Mongolie sous la dynastie Yuan du Nord. Ils font face aux attaques des Oïrats et de branches rivales. Dans les années 1380, les descendants de Khasar et Belgütei se soumettent à la dynastie Ming, devenant des princes tributaires. Vers 1470, ces lignées sont gravement affaiblies et la Mongolie traversait une période de chaos.
Restauration sous les Qing Sous le règne de Batu-Möngke Dayan Khan, la suprématie des Bordjiguines chez les Mongols est rétablie. Ses descendants forment une nouvelle classe dirigeante (notamment chez les Khalkhas). Une fraction des descendants de Khasar, déportée par les Oïrats, devint les Qoshots, seule composante de la confédération oïrate à revendiquer une ascendance Bordjiguine.
La dynastie Qing officialise la distinction sociale entre la classe dirigeante Bordjiguine, appelée Tayiji, et leurs sujets. En raison des règles d'exogamie, les Bordjiguines épousaent à l'origine des roturiers ou des membres non-Bordjiguines des bannières Qaracin et Monggoljin. Au , les Bordjiguines commencent à prendre pour épouses des membres de la lignée de Qaracin, malgré la désapprobation de certains rigoristes comme . Des sacrifices claniques traditionnels sont organisés par les taijis dans chaque bannière, dédiés à Gengis Khan, à ses frères ou à des ancêtres plus récents. Le plus important de ces sacrifices se déroulait aux Huit Yourtes Blanches.
Époque moderne Au , les privilèges aristocratiques liés à l'ascendance Bordjiguine en ont fait la cible des gouvernements révolutionnaires. En Mongolie, les noms de clans sont supprimés et remplacés par des patronymes pour casser les barrières de classes. En 1998, lorsque le gouvernement mongol a décidé de réautoriser l'usage des noms de clans, une grande partie de la population a choisi le nom de Bordjiguine. En Mongolie-Intérieure, les noms Borjigid ou Kiyad ont servi de base à des noms de famille chinois contemporains : les taijis de l'Est ont adopté le nom de famille Bao (dérivé de Borjigid) et ceux de l'Ordos ont choisi le nom Qi (dérivé de Kiyad). Le nom de clan Qiyat est également toujours porté parmi les Kazakhs, les Ouzbeks et les Karakalpaks.
Généalogie
Généalogie officielle Cette maison dynastique tient une place centrale et un rôle fondateur dans la généalogie officielle du peuple mongol dont les ancêtres sont dès lors vénérés. Parmi eux, Khaboul Khan tient une place centrale puisqu'il parvient à unifier les différentes maisons trois générations avant Gengis Khan et initie un premier mouvement expansionniste, réprimé par les Tatars vers 1150.
Descendance de Bodontchar
Descendance de Khaidu khan
Descendance de Belgutei
Descendance de Jöchi Khasar
Descendance de Khachiun
Descendance de Temüge
Notes et références Notes
Références
Bibliographie Notice SUDOC. Basé sur l'Altan tovch ().
Liens externes
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