Ferenc Puskás, né Ferenc Purczeld Biró, le à Budapest en Hongrie et mort le dans la même ville, est un footballeur international hongrois, généralement considéré comme le meilleur joueur de la Hongrie et l'un des plus grands footballeurs de l'histoire.

Naturalisé espagnol en 1961, il joue jusqu'à l'âge de 40 ans en 1967 puis poursuit sa carrière comme entraîneur. Durant sa carrière, Ferenc Puskás a évolué au Budapest Honvéd puis au Real Madrid.

En 85 matches disputés sous les couleurs de la Hongrie, il inscrit – un record en sélection nationale qui tient jusqu'aux années 2000. Son nom est donné en 2002 au stade Ferenc-Puskás de Budapest (renommé en 2019 Puskás Aréna). Le prix Puskás, attribué au plus beau but de l'année depuis 2009 par la Fédération internationale de football association (FIFA), commémore son talent légendaire de buteur hors norme.

Biographie Enfance 239x239px|vignette|gauche|Ferenc Puskás naît en 1927 dans le de Budapest.

Ferenc Puskás naît le à Budapest, la capitale de la Hongrie, dans une famille allemande. Sa mère, Margit Biró (1904-1976), était couturière. Il grandit à quelques pas du Kispest Athletic Club dans le quartier du même nom. Sa passion pour le football est évidente et il marche très tôt sur les pas de son père, joueur puis entraîneur du club voisin.

Trop jeune jusqu'à ses douze ans pour être affilié, il joue dans l'équipe juniors sous la fausse identité de Miklós Kovács afin de contourner la règle de l'âge minimum. Mais il ne tarde pas à faire parler de lui sous son véritable nom, parmi ses premiers coéquipiers figure son ami d'enfance et futur coéquipier en sélection, József Bozsik. Il a fait sa première apparition chez les seniors du Kispest Football Club en lors d'un match contre le Nagyváradi AC.

À l'âge de 16 ans, le petit attaquant fait déjà partie des titulaires indiscutables du Kispest FC. Son ambition et sa volonté de fer sont évidentes. À seulement 18 ans, il effectue ses grands débuts en équipe nationale à l'occasion d'un match contre l'Autriche. Cette rencontre, la première disputée par la Hongrie depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, marque le début d'une carrière exceptionnelle au niveau international.

Le Major galopant (1943-1956) Débuts tonitruants (1943-1953) gauche|vignette|Ferenc Puskás avec le maillot du Kispest Athletic Club (1947). Ferenc Puskás joue un rôle clé dans son club. En 1949, le club est repris par le ministère hongrois de la défense et l'équipe devient par la même occasion celle de l'armée hongroise. Elle est rebaptisée Budapest Honvéd et les joueurs reçoivent alors des grades militaires. Ferenc Puskás devient major (en hongrois : Őrnagy), ce qui explique son fameux surnom de Major galopant, en référence à son grade militaire. En tant que club de l'armée, le Budapest Honvéd utilise la conscription pour acquérir les meilleurs joueurs hongrois. Cela conduit par la suite au recrutement de Zoltán Czibor et Sándor Kocsis. Ferenc Puskás poursuit sa carrière avec le Budapest Honvéd jusqu'en 1956. En 1950, lors de la première saison sous le nouveau statut du club, Ferenc Puskás marque 50 buts et remporte le premier de ses quatre championnats hongrois avec le Budapest Honvéd. Le Budapest Honvéd étant techniquement amateur, Ferenc Puskás peut participer aux Jeux olympiques.

Le , il a fait ses débuts avec l'équipe de Hongrie et marque lors d'une victoire 5-2 contre l'Autriche. Il a ensuite joué 85 matchs et a marqué 84 buts pour la Hongrie. Son palmarès international comprend deux triplés contre l'Autriche, un contre le Luxembourg et un quadruplé lors d'une victoire sur le score de 12 buts à 0 contre l'Albanie. Avec Zoltán Czibor, Sándor Kocsis, József Bozsik et Nándor Hidegkuti, il forme le noyau du Onze d'or qui restera invaincue pendant 32 matchs consécutifs. En 1952, Ferenc Puskás est capitaine de l'équipe qui remporte la médaille d'or olympique aux JO d'Helsinki. Il devient champion en battant la Yougoslavie sur le score de 2 buts à 0 en finale. Durant ce tournoi, Ferenc Puskás marque à quatre reprises. Il déclare quelques années plus tard : .

Leur victoire la plus célèbre reste sans doute celle obtenue le dans le stade de Wembley. À cette époque, l'Angleterre ne s'y est encore jamais inclinée face à une équipe qui ne fasse pas partie du Royaume-Uni. Cela n'empêche pourtant pas Ferenc Puskás et ses coéquipiers de s'imposer largement sur le score de 6 buts à 3 au cours d'un match qui reste dans l'histoire comme l'un des plus passionnants du siècle. Devant plus de , les Hongrois infligent une véritable leçon de football aux Anglais, variant à l'envi le jeu court et le jeu long. Cette équipe hongroise, bâtie autour de Ferenc Puskás, pratique alors un football totalement inédit. Il est le maître à jouer de cette formation qui, en un seul match, réduit à néant la réputation d'invincibilité dont jouit le football anglais partout dans le monde.. Au cours de cette rencontre, Ferenc Puskás marque par deux fois tandis que Nándor Hidegkuti, son partenaire idéal en attaque, réalise le coup du chapeau. Moins de six mois plus tard, les Anglais reçoivent une nouvelle correction à Budapest, cette fois-ci sur le score de 7 buts à 1.

La Hongrie pratique à l'époque un jeu résolument offensif, basé sur le trio Sándor Kocsis - Nándor Hidegkuti - Ferenc Puskás. La puissance et la précision du pied gauche de Ferenc Puskás causent des dégâts dans toutes les défenses d'Europe. Le petit attaquant est à l'origine de tous les mouvements offensifs de son équipe. En véritable meneur de jeu, il fait circuler la balle avec précision et le football international lui fournit régulièrement l'occasion de faire la démonstration de ses talents.

Favoris du Mondial (1954-1956) gauche|vignette|Ferenc Puskás lors de la Coupe du monde avec la Hongrie (1954). Lorsque les Magyars magiques (en hongrois : Mágikus Magyarok) arrivent en Suisse pour disputer la Coupe du monde de 1954, ils sont invaincus depuis quatre ans et sont du coup les grands favoris. Le fameux onze d'or possède la meilleure attaque au monde et il ne lui faut guère de temps pour faire parler son extraordinaire potentiel offensif. La Corée du Sud est ridiculisée 9-0 d'entrée de jeu, au terme d'un festival de buts ouvert et clôturé par Ferenc Puskás. Le Major galopant fait à nouveau trembler les filets contre l'Allemagne de l'Ouest, qui s'incline lourdement sur le score de 8 buts à 3. Mais le prix de cette victoire s’avère particulièrement élevé. Ferenc Puskás se fracture la cheville, alors qu'il dispute le ballon avec l'Allemand Werner Liebrich. Il doit déclarer forfait pour les quarts et les demi-finales, au grand dam de ses partenaires. Malgré son absence, la Hongrie remporte les deux rencontres suivantes (contre le Brésil et l'Uruguay) sur le même score de 4 buts à 2.

Pour la grande finale, tous les yeux se tournent vers Ferenc Puskás. Cette rencontre, qui constitue incontestablement le sommet de sa carrière, le meneur de jeu hongrois ne veut la manquer à aucun prix. Alors que sa blessure le fait encore souffrir, Ferenc Puskás décide de jouer quand même. Les Magyars magiques débutent idéalement la rencontre. Ferenc Puskás semble devoir faire taire les critiques en ouvrant le score dès la de jeu. Deux minutes plus tard, la Hongrie fait le break en inscrivant un nouveau but. Mais les Allemands ne s'en laissent pas conter. Sous la pluie battante de Berne, ils parviennent à revenir au score avant la mi-temps à force de volonté. À sept minutes du coup de sifflet final, Helmut Rahn donne l'avantage aux Allemands. L'infatigable Ferenc Puskás trouve toutefois le temps de faire parler la poudre une dernière fois, mais son but est refusé pour hors-jeu. À la surprise générale, l'Allemagne de l'Ouest remporte la Coupe du monde et met fin à la série d'invincibilité de 31 rencontres de la Hongrie, ne laissant à Ferenc Puskás que ses regrets malgré son titre de meilleur joueur du tournoi. En 2010, une étude commandée par le Comité olympique allemand a révélé que les joueurs avaient été dopés à la pervitine, une méthamphétamine connue aussi comme la . Mais il n'a jamais été question de retirer son premier titre à l'Allemagne de l'Ouest (cf. article Le Monde du ). En dépit de la déception de Berne, le Onze d'or hongrois poursuit sa série, alignant 18 nouveaux matches sans défaite, avec notamment la première défaite infligée à l'équipe d'Union soviétique en Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

De retour au Budapest Honvéd, Ferenc Puskás devient encore plus connu en Europe de l'Ouest en voyageant à l'étranger avec son club pour des matchs amicaux. En , ils viennent au Molineux Stadium où ils sont battus sur le score de 3 buts à 2 par des Wolverhampton Wanderers à leur apogée. La victoire conduit le directeur des Wolves, Stan Cullis, à annoncer que son équipe est .

Fuite de Hongrie (1956) Ferenc Puskás poursuit sa carrière au Budapest Honvéd, sans se douter qu'elle est sur le point de prendre un tournant décisif. Il se rend à Bilbao, en Espagne, avec son équipe pour le compte de la Coupe des clubs champions européens 1956-1957, une rencontre qui aura des conséquences historiques. Alors que la Hongrie connaît une grave crise politique, Ferenc Puskás et ses coéquipiers décident de ne pas rentrer au pays et de s'exiler à l'ouest. Après quinze mois sabbatiques passés en Autriche au cours desquels Ferenc Puskás semble totalement oublier le football, il décide de revenir à la compétition. Mais, pour beaucoup, le jeune trentenaire est un joueur fini.

Le , les chars russes entrent dans Budapest pour mater l'insurrection hongroise. À ce moment-là, Ferenc Puskás et ses coéquipiers du Budapest Honvéd se préparent à une nouvelle tournée en Europe. Malgré les évènements, les joueurs se rendent quand même en Europe, à la demande d'Imre Nagy. Lorsque celui-ci est destitué, le nouveau gouvernement exige que les fuyards reviennent au pays. Ferenc Puskás choisit alors de rester en Occident. Il apprend que sa femme et sa fille ont clandestinement gagné Vienne, la capitale autrichienne, à pied, et il part les y retrouver.

À la demande de la Fédération hongroise, Ferenc Puskás est suspendu dix-huit mois par la Fédération internationale de football association (FIFA). Privé de travail, il survit dans un camp de réfugiés en Autriche avec pour seules ressources des mandats envoyés par son ancien coéquipier László Kubala, qui joue au FC Barcelone depuis 1951. Le Major galopant sombre dans l'alcool et grossit d'une vingtaine de kilogrammes.

Résurrection en Espagne (1958-1967) gauche|vignette|245x245px|Ferenc Puskás sous les couleurs du Real Madrid (1965). Sourd aux critiques qui assaillent l'ancien meneur de jeu hongrois, Emil Oesterreicher, l'ancien secrétaire financier de Ferenc Puskás lors de ses dernières années au Budapest Honvéd, décide de le faire venir, à 31 ans, au Real Madrid pour le faire jouer aux côtés de l'Argentin Alfredo Di Stéfano, du Français Raymond Kopa et de l'Espagnol Francisco Gento. Son arrivée suscite la surprise de toute l'Espagne. On pense alors qu'un homme à un âge si avancé et quelques kilos en trop n'a pas sa place dans une équipe du calibre du Real Madrid, composée de stars. Mais Ferenc Puskás fait rapidement taire les critiques. L'ancienne icône hongroise perd dix-huit kilogrammes en six semaines et entame le deuxième volet de sa magnifique carrière. Le duo madrilène devient rapidement l'un des plus célèbres d'Europe, pour le plus grand plaisir des supporters du stade Santiago-Bernabéu.