LASM Clermont Auvergne est un club français de rugby à XV fondé en 1911 et basé à Clermont-Ferrand. L'équipe première évolue en Top 14 et dispute régulièrement la Champions Cup.
Le club est créé le par Marcel Michelin, fils d'André Michelin (le cofondateur de la société française des pneumatiques Michelin avec son frère Édouard Michelin). Le club porte alors le nom dAssociation sportive Michelin puis dAssociation sportive montferrandaise à partir de 1922. En 2004, il est renommé ASM Clermont Auvergne.
Le club clermontois accède à l'élite à l'issue de la saison 1924-1925 et ne l'a plus quittée depuis, ce qui en fait le seul club avec le Stade toulousain à n'avoir jamais quitté le plus haut niveau du rugby français.
L'ASM remporte deux fois le bouclier de Brennus, en 2010 et en 2017 et dispute la finale du Championnat de France à quatorze reprises, dont neuf fois depuis la professionnalisation du rugby à XV en France en 1996. Sur la scène européenne, le club remporte le Challenge européen à trois reprises en 1999, 2007 et 2019 et a atteint trois fois la finale de la Coupe d'Europe.
Historique Origines et premiers pas dans l'élite (1911-1930) Débuts du club (1911-1924) Le , Marcel Michelin crée l'Association sportive Michelin (ASM), club omnisports possédant plusieurs terrains de sports dans le quartier de Montferrand à Clermont-Ferrand. Cette association est tout d'abord destinée au personnel de l'entreprise Michelin. On y compte alors trois sections : le cross-country, le football et le rugby à XV auxquelles viendront s'ajouter l'escrime, le cyclisme, le tennis et le boulisme.. Selon le journal L'Auto, le club met à disposition un .
Deux mois plus tard, le , l'AS Michelin dispute son premier match de rugby à XV contre l'équipe du 121e régiment d'infanterie. L'équipe clermontoise, composée uniquement de salariés Michelin adoptant les couleurs historiques de la ville de Montferrand le jaune et le bleu, s'incline 33 à 0. Les premiers joueurs sont : le capitaine Prosper Cholet (talonneur), Jean-Baptiste Belin (pilier gauche), Henri Tailland (pilier droit), Simon Chalmin (deuxième ligne), Victor Veyssière (deuxième ligne), Faran (troisième ligne aile), Gabriel Sabatier (troisième ligne centre), Pellardy (troisième ligne aile), Jules Peronnet (demi de mêlée), Gilbert Fontes (demi d'ouverture), Albert Pagnoz (ailier), Georges Raymond (centre), Eugène Lallet (centre), J.Vauzanges (ailier) et Léon Carra (arrière)..
Sept jours plus tard, l'association fête sa naissance en même temps que l'inauguration du stade de l'avenue de la République, le stade Marcel-Michelin. Une compétition de cross-country est organisée entre l'ASM et le Sporting Club clermontois ainsi qu'un match de rugby contre le Peloton d'avant-garde (PAG) de Nevers. Les Montferrandais sont une nouvelle fois dominé 37 à 0. Il s'ensuit une nouvelle défaite à Saint-Étienne, sur le score de 13 à 3, puis le , une première victoire face au Stade thiernois 12 à 3 avec trois essais de J.Vauzanges, Victor Veyssière et Étienne Stodolkiewicz, l'entraîneur de l'équipe en duo avec Albert Charlin le capitaine de l'équipe de cross-country de l'ASM. Ce même mois, afin de continuer la progression de l'équipe, l'ASM met en place le « Challenge Michelin » en complément des matchs amicaux. Dans le cadre de ce challenge, le , les jaune et bleu sont pour la première fois opposés au Club amical sportif clermontois (futur Stade clermontois) et s'imposent en marquant sept essais. Pour cette première saison, sans participation à des compétitions officielles, le club dispute un total de quinze matchs.
Par la suite, le club est déclaré à la préfecture du Puy-de-Dôme le et est agréé par le ministère de la Guerre le de la même année.
Pour la saison 1912-1913, l'effectif est renforcé par une dizaine d'arrivées de nouveaux joueurs. L'AS Michelin participe toujours au Challenge Michelin mais est également intégrée au Championnat du Bourbonnais, la première compétition officielle pour les « Bibendums ». En , privés de plusieurs titulaires en raison de l'amateurisme de ce sport, les Clermontois s'inclinent lourdement 48 à 0 sur le terrain de l'US Vichy (future RC Vichy) pour leurs débuts officiels. Au match retour, l'ASM prend sa revanche et s'impose 33 à 0. Le , de nouveau amoindrie par les absences de ces joueurs, l'AS Michelin s'incline 14 à 8 à Roanne avec seulement treize joueurs. Lors de cette première saison « officielle », l'ASM est alors suivie par une centaine de supporters et signe une victoire notable contre le PAG Nevers par 16 à 9.
thumb|left|L'ASM en 1925.
En 1919, l'ASM remporte la Coupe de l'Avenir, compétition qui remplace le Championnat de France de série pendant la Première Guerre mondiale.. Le club est déclaré vainqueur à la suite du forfait de l'AS Perpignan..
En 1922, obéissant à une recommandation de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques visant à faire respecter la loi fédérale anti-publicitaire, l'Association sportive Michelin change de nom et devient l'Association sportive montferrandaise (ou AS Montferrand).
Champion de France Honneur 1925
En 1925, l'AS Montferrand remporte le Championnat de France Honneur aux dépens du Biarritz olympique en s'imposant 14 à 6 en finale au stade du Musard de Bordeaux. Quatre essais sont marqués par les Montferrandais, dont deux par Jules Gros, un d'Antonin-Marius Bony et un de Pierre Arnaudin, ainsi qu'une transformation de Joseph Marmayou... Le club accède à l'Excellence, l'élite du rugby à XV français, pour la première fois de son histoire.
Premières performances notables (1931-1942) Club légaliste, l'AS Montferrand ne fait pas partie des douze puis des quatorze clubs dissidents qui quittent la Fédération française de rugby à XV (FFR) en 1932 pour créer leur propre organisation, l'Union française de rugby amateur (UFRA), en raison des maux dont souffre le rugby français à cette époque, maux taxés de « championnite. Il se qualifie pour les demi-finales d'un championnat dont beaucoup d'équipes comme le Stade toulousain sont absents. Il perd cette demi-finale contre le RC Narbonne.
Depuis, le club se maintient en première division du Championnat de France. Durant la saison 1935-1936, les jaunards atteignent la finale du Championnat de France pour la première fois de leur histoire après une victoire contre l'Aviron bayonnais en demi-finale. L'évènement déplace Auvergnats au stade des Ponts Jumeaux de Toulouse où se déroule la rencontre contre le RC NarbonneRobert Boisson et Christophe Buron, ASM Le cœur rugby, Gérard Tisserand, novembre 2002, Les finales. Dès la cinquième minute, le demi de mêlée des jaune et bleu Pierre Thiers inscrit une pénalité de , une performance rare à l'époque.. Mais usé par le jeu d'avant des Narbonnais, pourtant réduit à 14 dès la cinquantième minute, l'AS Montferrand s'incline après avoir encaissé deux essais..
L'année suivante, le club atteint à nouveau la finale du championnat et fait figure de grand favori face au CS Vienne. Pierre Thiers réitère sa performance de la finale précédente en inscrivant en début de rencontre une pénalité de . Malgré la domination de ses avants, l'ASM échoue en finale du championnat pour la seconde fois consécutive..
thumb|Finale 1938 du Challenge Yves du Manoir au stade Mayol de Toulon : un trois-quarts perpignanais plaqué par un Montferrandais.
En 1938, le club remporte son premier titre majeur en gagnant le Challenge Yves du Manoir aux dépens de l'USA Perpignan. Il se qualifie aussi pour les demi-finales du Championnat de France, étant battu par le Biarritz olympique.
Pendant la deuxième guerre mondiale, l'ASM dispute le Challenge de l'Amitié.. et termine premier de son groupe devant le FC Grenoble et le Lyon OU.
Reprise des compétitions (1943-1951) La Seconde Guerre mondiale a apporté son lot de ravages à l'AS Montferrand. André Vesvre trouve la mort à bord du torpilleur Siroco le avec deux autres asémistes, Michel Boucheron et Guy Cohalion. Marius Bellot est mort en déportation le . Pierre Thiers, qui parle correctement allemand, s'échappe d'un convoi de rapatrié sanitaire.
En 1943, le club atteint la finale du championnat de France de la Zone sud mais s'incline contre le SU Agen.
Premier de sa poule de six en Championnat avec cinq victoires en cinq matches, l'ASM se qualifie pour les demi-finales où il est éliminé par l'USA Perpignan.
En 1945, l'ASM atteint pour la première fois la finale de la Coupe de France mais échoue face au SU Agen. Même scénario deux ans plus tard, où la victoire revient au Stade toulousainRobert Boisson et Christophe Buron, ASM Le cœur rugby, Gérard Tisserand, novembre 2002, L'historique. Le Stade toulousain remporte aussi contre l'AS Montferrand, la demi-finale du championnat la même année.
Montferrand se qualifie pour les demi-finales du Championnat de France en 1951 mais perd 11 à 9 après prolongation contre l'US Carmaux.
Une période difficile (1952-1969) Membre fondateur du Challenge Yves du Manoir, l'AS Montferrand est invitée à la première édition d'après-guerre en 1952 mais termine dernière avec deux victoires et quatre défaites.
Les Montferrandais se qualifient pour les quarts de finale du Championnat de France en 1954, 1964 et 1969 mais sont absents du dernier carré du championnat pendant dix-huit années consécutives.
Le club, après avoir été repêché, dispute aussi la finale du Challenge Yves du Manoir en 1957.
Vers le milieu des années 1960, le polyvalent Pierre Maigrain est le capitaine de l'équipe, étant élu au suffrage universel par ses coéquipiers à la demande de Robert Vigier.
Retour vers les sommets (1970-1994) Plusieurs finales disputées dans les années 1970 Dans les années 1970, l'AS Montferrand précise sa place dans le rugby français et affronte en 1970 le club de La Voulte sportif en finale du championnat qu'il perd pour la troisième fois sur le score de 3 à 0 dans une finale où les frères Camberabero ont pourtant manqué tous leurs buts. Dans les années 1970, le pack montferrandais est surnommé « le monstre à seize pattes ».. Cette désignation des avants jaunards a traversé les années et elle est encore quelquefois utilisée trente ans plus tard. Ce qualificatif est même mentionné par Fabien Galthié dans son entretien avec Jean LacoutureLois et mœurs du rugby de Fabien Galthié et Jean Lacouture, éditions Dalloz, 2007.
Le club s'enrichit d'internationaux et mène en 1976 une bonne saison mais les Brivistes du CA Brive ont raison des jaunes et bleus en quart de finale du Championnat de France. La même année, elle remporte le Challenge Yves du Manoir pour la deuxième fois après avoir éliminé l'AS Béziers en quart, le RC Narbonne en demi et enfin le SC Graulhet en finale. L'année 1976 du rugby montferrandais est endeuillée par la mort de Jean-François Phliponeau, frappé par la foudre sur le terrain du stade Marcel-Michelin quelques semaines avant la finale du Challenge Yves du Manoir.
Après un nouveau quart de finale perdu de peu face à l'US Romans Péage, en 1977, l'AS Montferrand se qualifie pour la quatrième finale du championnat de son histoire en 1978 après avoir éliminé notamment l'Aviron bayonnais, le RC Narbonne puis enfin le Valence sportif. Cependant, l'équipe perd la finale contre l'AS Béziers 31 à 9 après avoir longtemps rivalisé.
L'AS Montferrand atteint la finale du Challenge Yves du Manoir 1978-1979. Elle perd de justesse la finale 9 à 7 contre le RC Narbonne malgré un essai de inscrit par Frédéric Costes mais Jean-Pierre Romeu manque la transformation en coin de cet essai. Les Clermontois accèdent également à la demi-finale du Championnat de France après une victoire contre le Stade toulousain en quart 12 à 6 grâce à la botte de Jean-Pierre Romeu.. Les Montferrandais sont ensuite éliminés par le RC Narbonne la semaine suivante.
Demi-finaliste du Championnat de France à plusieurs reprises, victoire dans le Challenge Yves du Manoir et retour en finale en championnat (1980-1994)