Le film d'action est un genre cinématographique qui met en scène une succession de scènes spectaculaires souvent stéréotypées (courses-poursuites, fusillades, explosions…) construites autour d'un conflit résolu de manière violente, généralement par la mort des ennemis du héros.
Le cinéma d'action comporte plusieurs sous-genres : le film policier, comme L'Arme fatale ou Le Flic de Beverly Hills, dont l'histoire repose sur une intrigue policière et mettant en scène des policiers ou des détectives ; le film d'espionnage, les films d'espionnage réalistes (L'Espion qui venait du froid ou Le Tailleur de Panama) pouvant être distingués des films d'espionnage fantaisistes (James Bond, Mission impossible) ; le thriller d'action, dominé par le suspense et une tension permanente (Piège de cristal, Speed) ; le film de super-héros, mettant en scène des héros dotés de pouvoirs surnaturels (Superman, Spider-Man) ou disposant de gadgets ultra-sophistiqués (Iron Man, Batman) ; le film de science-fiction, qui peut faire intervenir des extra-terrestres (Independance Day), des robots (Terminator) ou autres éléments imaginaires et extraordinaires ; la comédie d'action, qui mêle action et comédie (Rush Hour, Charlie et ses drôles de dames).
Définition De nombreux films qualifiés de « films d'action » peuvent être rattachés à d'autres genres cinématographiques. Par exemple, Terminator a été qualifié de « film d'action », mais il s'agit avant tout d'un film de science-fiction, en raison des thèmes qu'il aborde : voyage dans le temps, cyborg, ou encore futur post-apocalyptique. De même, L'Arme fatale est un film policier avant d'être un film d'action, car il comporte une intrigue policière.
Ce sont les nombreuses scènes spectaculaires qui jalonnent tous ces longs-métrages (explosions multiples, bagarres, chutes dans le vide) qui leur valent d'être qualifiés de « films d'action ». Dire qu'un film appartient ou non au cinéma d'action relève cependant d'un jugement subjectif. Ainsi, certains critiques qualifieront de « films d'action » des westerns, des péplums ou des films de gangstersVoir la définition du péplum dans le dictionnaire Larousse du cinéma (édition de 1996), page 1662 : "film d'action vaguement historique et se référant de préférence à l'Antiquité"., ce que ne font pas les spectateurs pour qui « film d'action » est synonyme de grandes explosions et de destructions en série, et pour qui cette expression n'évoque pas John Wayne ou Charlton Heston mais plutôt Sylvester Stallone et Arnold Schwarzenegger.
Caractéristiques Le cinéma d'action se rattache essentiellement au cinéma populaire. Nombre de ses œuvres s'achèvent par une happy end et reposent sur des éléments familiers au grand public (héros fort et courageux, personnage féminin séduisant avec lequel ce dernier aura une liaison, méchants infâmes, second rôle humoristique…). Par ailleurs, on reproche souvent aux films d'action de n'accorder qu'une faible importance à la profondeur psychologique de leurs personnagesDominique Parent-Altier, scénariste et professeur à l'université de Paris X-Nanterre, écrira ainsi : « Le film d'action (ceci n'est pas nouveau) se prête remarquablement à l'élaboration d'une intrigue bien agencée et à laquelle le personnage n'apporte qu'une présence fonctionnelle. Terminator (1984), Alien (1979), la série des Rocky (1976-1990), […] ou encore Independence Day (1996) n'ont pas besoin d'un personnage complexe pour faire avancer leur récit. Leurs intrigues aux rebondissements standardisés ont tendance à se servir du personnage comme d'un pion. C'est le personnage qui est ici au service des multiples revirements de l'intrigue et non l'intrigue qui nous amène à entrevoir la complexité du personnage. », in Approche du scénario, éditions Nathan, 1997, page 59. et de reposer sur des intrigues stéréotypées qui ne sont, dans certaines œuvres, qu'un prétexte pour ménager des scènes spectaculairesRobert Towne, coscénariste de Mission impossible 2, dira ainsi à propos de l'écriture de ce film réalisé par John Woo et interprété par Tom Cruise : « Tout le monde a participé au scénario, Tom et John inclus. Chacun avait des idées précises : John avait l'idée des motos, Tom celle du crash d'avion, et ainsi de suite. En fait, j'ai dû écrire l'histoire autour de l'action, et non le contraire, comme on le fait d'habitude. C'est comme écrire à l'envers », in Studio Magazine numéro 158, juillet-août 2000, page 105..
Le cinéma d'action est également caractérisé par son manque délibéré de réalisme. Il n'est pas rare d'y voir un héros tuer à lui seul une centaine de méchants armés jusqu'aux dents et éviter toutes les balles qu'ils lui tirent dessus (True Lies), survivre à une explosion avec seulement quelques égratignures (Les Ailes de l'enfer), ou sortir indemne d'une chute de quinze mètres qui s'achève dans une piscine de moins de deux mètres de profondeur (L'Arme fatale 2). Il semble alors logique que le film d'action contemporain tende de plus en plus à l'auto-parodie (Last Action Hero).
D'après un essai cinématographique effectué par un réalisateur allemand, la codification du film d'action du type blockbuster a évolué au cours de la fin du pour devenir un style de film chaotique. Les shaky cam, coupes plus fréquentes et plans serrés ont amené une destructuration du film, le rendant plus confus, hyperréaliste et visant à submerger le spectateur. Ces changements ont peut-être plusieurs origines : technologiques (multiplication des caméras), culturelles (public jeune habitué aux jeux vidéo, aux changements d'images très rapides) et sociétale (public plus habitué à l'instantanéité, l'information parcellaire)Ph V-D, Comment les blockbusters ont troqué les codes de l’action pour le chaos, Rue89, nouvelobs.com, 14 juillet 2013.. Cependant, certains longs-métrages contemporains se placent à contre-courant de cette tendance, proposant des cadrages moins erratiques, un nombre de caméras réduit, des plans plus longs et des chorégraphies plus élaborées, dans le cas de scènes de combat. On peut notamment citer comme exemples Snowpiercer : Le Transperceneige, A Bittersweet Life, Mad Max: Fury Road ou encore la série de films John Wick.
Historique Les années 1980 et l'action musclée Le cinéma d'action a eu plusieurs ancêtres, notamment le film policier, le film de guerre et le film d'arts martiaux, popularisé par Bruce Lee dès les années 1970.
Mais le cinéma d'action proprement dit en tant que catégorie hollywoodienne, c'est-à-dire le cinéma où l'action (et notamment les scènes de violence) domine largement le film est une invention en fait assez récente, qui s'est essentiellement développée dans les années 1980 dans la lignée de Rambo avec Sylvester Stallone (1982), rapidement suivi par des acteurs phares comme Arnold Schwarzenegger, Chuck Norris ou Steven Seagal, dans des rôles qui mettent le plus souvent à l'honneur d'anciens soldats de la guerre du Vietnam, qu'il s'agisse de les renvoyer sur des théâtres d'opérations (Rambo 2 : La Mission, Portés disparus) ou de mettre à profit leurs talents sur le sol américain (Commando, Invasion USA, L'Arme fatale).. Que le décor soit militaire ou domestique, la violence (et les armes employées) est souvent d'ampleur guerrière, avec une débauche de munitions, d'explosifs et donc de morts, bien différente des règlements de comptes, duels et fusillades des films de genre qui ont précédé cette production (comme les westerns et films de gangsters) :
Le site spécialisé Nanarland décrit dans ces termes la sous-catégorie du :
Les années 1990 et le recul critique La franchise qui va totalement renouveler le genre est Die Hard avec Bruce Willis (à partir de 1988), qui ne met plus en scène un vétéran surhumain mais un monsieur tout-le-monde ingénieux, blasé et spirituel, laissant ainsi une place à un humour dont les films de la première génération, très sérieux, étaient souvent dépourvus.. Surtout, l'enjeu se déplace puisqu'il ne s'agit plus de tuer un maximum d'ennemis dans une ambiance épique mais d'éliminer stratégiquement des terroristes pour sauver des otages, obligeant à un raffinement tactique, mobilisant les neurones au moins autant que les muscles, comme l'illustreront ensuite les films de Michael Mann ou la franchise Mission impossible. À partir de 1989, un autre événement qui va contribuer à ringardiser les films d'action bodybuildés est l'apparition d'une abondance de parodies (Last Action Hero, Hot Shots, Y a-t-il un flic..., True Lies...), reléguant rapidement Chuck Norris, Jean-Claude Van Damme et Steven Seagal au format télévisuel et au (même si ce genre survit encore à travers la filmographie d'acteurs comme Dwayne Johnson ou Jason Statham, et a fait l'objet d'une revisitation nostalgique depuis 2010 dans la franchise Expendables).
L'action technologique des années 2000 À partir de la seconde moitié des années 1990, la guerre du Golfe valorise une nouvelle forme d'action fondée non plus sur la performance physique mais sur la maîtrise d'outils techniques : des armes bien sûr, mais aussi des technologies telles que l'informatique (tendance qui atteindra son apogée dans Matrix en 1999, où la performance intellectuelle et informatique s'incarne paradoxalement dans un retour au physique). L'adversaire se fait lui aussi de plus en plus technologique (et de plus en plus intérieur), comme dans Ennemi d'État, jusqu'à devenir purement cybernétique dans Matrix et ses suites, les derniers Terminator ou plus récemment Avengers : L'Ère d'Ultron. Les grandes crises politiques qui suivent le amènent aussi une remise en question de l'institution, dont la corruption devient alors, dans la lignée de X-Files, un ennemi récurrent : ce sera par exemple le cas dans la série des Jason Bourne (même si la méfiance envers les dérives de l’État central est ancienne aux États-Unis et a pu s'incarner dès 1995 dans Judge Dredd).
Dans le même temps, la frontière entre film d'action et blockbuster tous publics se réduit, notamment avec l'apparition de franchises lucratives comme les adaptations de l'univers Marvel, relancées dans le sillage du Spider-Man de Sam Raimi en 2002 : les Marvel Studios sont fondés en 1996 et actifs à partir de 2008 avec le premier Iron Man.
Contributeurs célèbres Acteurs Principaux
Arnold Schwarzenegger Bruce Lee Bruce Willis Chuck Norris Clint Eastwood Christophe Lambert Dolph Lundgren Dwayne Johnson Jackie Chan Jason Statham Jean-Claude Van Damme Jet Li Kurt Russell Liam Neeson Mel Gibson Steven Seagal Sylvester Stallone Tom Cruise Val Kilmer Vin Diesel
Occasionnels
Al Pacino Alec Baldwin Brad Pitt Buster Keaton Carl Weathers Christopher Walken Danny Glover Danny Trejo Delroy Lindo Denzel Washington Ed Harris Gary Busey Gerard Butler George Clooney Harrison Ford Hulk Hogan Ice-T James Belushi James Caan Jean-Paul Belmondo John Lithgow John Travolta John Wayne Keanu Reeves Kevin Costner Lance Henriksen Laurence Fishburne Luke Goss Mark Dacascos Martin Lawrence Michael Jai White Mickey Rourke Nicolas Cage Pierce Brosnan Robert De Niro Robert Patrick Ron Perlman Rutger Hauer Samuel L. Jackson Scott Adkins Sean Connery Sean Penn Sigourney Weaver Tommy Lee Jones Vernon Wells Wesley Snipes Will Smith Willem Dafoe
Réalisateurs
Michael Bay Luc Besson Shane Black Philippe de Broca James Cameron John Carpenter Richard Donner Paul Greengrass Tsui Hark Renny Harlin Walter Hill Ted Kotcheff Louis Leterrier John McTiernan Michael Mann Olivier Megaton Nicolas Winding Refn Robert Rodriguez Ridley Scott Tony Scott Quentin Tarantino Paul Verhoeven Simon West John Woo Producteurs
Jerry Bruckheimer Joel Silver Don Simpson Harvey Weinstein Jerry Weintraub
Filmographie sélective
1968 : Bullitt
1971 : The Big Boss La Rage du tigre L'Inspecteur Harry
1972 : La Fureur de vaincre La Fureur du dragon
1973 : Opération Dragon
1976 : Le Temple de Shaolin Assaut