vignette|Le nettoyage est le secteur qui emploie le plus de travail à temps partiel.

Le travail à temps partiel (ou TTP) est un emploi salarié qui n’est pas à temps plein, c’est-à-dire dont le temps de travail est inférieur à la « durée de travail de référence » dans le pays concerné.

L'expression « travail à mi-temps » est répandue mais le terme « mi-temps » n'est correct que dans le domaine des sports : voir mi-temps (sport).

La législation sur la durée du travail varie selon les pays. Plusieurs moyens de mesures du temps partiel existent dans le monde, qui rendent difficiles les comparaisons internationales.

Il fait partie des formes de travail dites atypiques (comme les Contrats à Durée Déterminé (CDD) et l'intérim), et pour partie (notamment quand il s'agit d'un travail subi) de ce que certains appellent le sous-travail. L'Organisation internationale du travail (OIT) demande un traitement et des conditions de travail égaux et justes pour les travailleurs à temps partiel par la Convention sur le travail à temps partiel. Pour l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui se demande aussi en 2010 s'il est une bonne solutionOCDE (2010), « Le travail à temps partiel : une bonne option ? », Perspectives de l’emploi de l’OCDE 2010, juillet., le travail à temps partiel se mesure en termes d’heures de travail habituelles inférieures à 30 heures par semaine. Et la part des travailleurs en emploi à temps partiel en France (y compris les apprentis et les contrats en alternance) était selon ce critère de 14,0 % (contre 18,6 % selon l’enquête Emploi de l’Insee, 18,7 % hors apprentis et contrats en alternance). Quand il est subi, il est aussi souvent source de précarité et de pertes de temps, et d'un Article du Journal Le parisien : Emploi : le faux temps « libre » du temps partiel A.R. | Publié le 25.11.2013, consulté 28 novembre 2013. Il peut aussi concerner certains salariés occupant des fonctions de représentation professionnelle, le cas le plus ancien étant celui de délégué mineur. Ces représentants des salariés conservent cependant un salaire complet, puisqu'ils sont rémunérés pour le travail de représentation.

Ce sont davantage les femmes que les hommes qui occupent des emplois à temps partiel, et la part de la population moins formée, plus pauvre et d'origine étrangère y est plus présenteZeytinoglu, I. U., & Muteshi, J. K. (2000). Gender, race and class dimensions of nonstandard work. Relations Industrielles/Industrial Relations, 55(1), 133-167..

Tendances Une partie du temps partiel peut être considéré comme outil conjoncturel d'adaptation à la demande, mais sa progressionUlrich V., Zilberman S. (2007), « De plus en plus d’emplois à temps partiel au cours des vingt-cinq dernières années », Premières Synthèses , Dares, septembre depuis les années 1970 laisse penser qu'il est aussi devenu un outil d'organisation du travail utilisé par de nombreux acteurs économiques (en France, CDI dans presque 8 cas sur 10).

Les sociologues des années 1990 notent une recomposition (voulue ou subie selon les cas) du temps de travailAnxo, D., Boulin, J. Y., Lallement, M., Lefèvre, G., & Silvera, R. (1998). Recomposition du temps de travail, rythmes sociaux et modes de vie: une comparaison France-Suède. Travail et emploi, (74), 5-20 (fiche Inist-CNRS).. Dans le monde du travail et en sociologie du travail, on s'inquiète de l'augmentation de la part non qualifiée du temps partiel mais il est aussi présenté comme une forme d'entrée dans la vie active et une source de développement du travail des femmesBouffartigue, P., Coninck, F. D., & Pendariès, J. R. (1992). Le nouvel âge de l'emploi à temps partiel: un rôle nouveau lors des débuts de vie active des femmes. Sociologie du travail, 34(4), 403-428 (fiche résumé Inist-CNRS).. Il est parfois aussi présenté comme une Galtier, B. (1999). Le temps partiel est-il une passerelle vers le temps plein ? ; Économie et statistique, 321(1), 79-87.

Les processus de libéralisation de l'économie et de la mondialisation, ainsi que la production à flux tendu semblent avoir favorisé une tendance générale à la dérégulation du travailMaruani, M., & Michon, F. (1998). Les normes de la dérégulation: questions sur le travail à temps partiel. Économies et sociétés, 32(3), 125-164 (résumé/Fiche Inist-CNRS) qui se traduit par l'augmentation du recours au temps partiel, depuis les années 1980 au moins en Europe et en FranceBelloc, B. (1986). De plus en plus de salariés à temps partiel. Économie et statistique, 193(1), 43-50. comme en BelgiqueJepsen, M. (2001). Évaluation des différentiels salariaux en Belgique: hommes–femmes et temps partiel–temps plein. Reflets et Perspectives de la vie économique, (1), 51-63. et plus encore au Royaume-UniBarrère-Maurisson, M. A., Daune-Richard, A. M., & Letablier, M. T. (1989). Le travail à temps partiel plus développé au Royaume-Uni qu'en France. Économie et statistique, 220(1), 47-56.;

Le problème du temps perdu et contraint généré par de nombreuses formes de temps partiel (horaires gruyère) pourrait peut-être être résolu par l'apparition de l'internet et du télétravail qu'il permet, qui a rapidement progressé dans le privé mais qui reste très émergent dans les administrations ; ainsi, en 2012, un rapport du cabinet Greenworking fait pour le compte du ministère de l’industrie plaide pour le ; Un rapport qui plaide pour le télétravail à temps partiel et le développement des tiers lieux

Le travail à temps partiel dans le monde Aux Pays-Bas En 2011, 49,1 % de la population active des Pays-Bas travaillaient à temps partiel, dont trois quarts de femmes. Les Néerlandais travaillent en général aux 4/, soit 32 heures par semaine.. Différentes études portant sur des mères de famille (Turkenburg, 1995 ; Groenendijk, 1998 ; Morée, 1992 ; van der Heuvel,1997) font état d’une organisation délibérée de leur vie professionnelle sur la base du temps partiel, dans l'objectif de « combiner » famille et emploi.. Il s'agit aussi surtout de femmes qui sont en temps partiel, dans un pays où un fort taux de participation au marché du travail existe (79,7 % des 15-64 ans ont ou cherchent un emploi, contre 72 % pour la moyenne des pays membres de l'OCDE et de la France). Il s'agit surtout des femmes qui sont en temps partiel (19 % des hommes mais 60 % des femmes en 2016).

En France

Définitions

Le code du travail le définit comme un travail dont la durée est inférieure : à la durée légale du travail, ou à la durée du travail fixée conventionnellement pour la branche ou l’entreprise ou à celle applicable dans l’établissement ; à la durée mensuelle résultant de l’application, sur cette période, de la durée légale du travail ou, si elle est inférieure, de la durée du travail fixée conventionnellement pour la branche ou l’entreprise ou de la durée du travail applicable dans l’établissement ; à la durée de travail annuelle résultant de l’application sur cette période de la durée légale du travail, soit heures, ou, si elle est inférieure, de la durée du travail fixée conventionnellement pour la branche ou l’entreprise ou de la durée du travail applicable dans l’établissement. Un salarié prenant un congé de solidarité familiale peut choisir de le faire sous la forme d'une activité à temps partielle. En revanche, le congé de présence parentale doit lui se prendre par journées entières et ne peut donc pas prendre la forme d'une activité à temps partielle.

Un salarié à temps plein peut demander à passer à temps partiel ; c'est souvent le cas d'un parent de jeune enfant qui prend son mercredi, puisqu'il n'y a pas d'école le mercredi après-midi ou toute la journée (selon le rythme scolaire local). La procédure peut dépendre de la convention collective ou de l'accord d'entreprise, mais par défaut, le salarié doit envoyer un courrier recommandé six mois avant la date souhaitée pour le début du changement ; la demande peut être refusée par l'employeur. On parle parfois dans ce contexte de « temps partiel choisi ». Le parent peut sous certaines conditions bénéficier d'un complément de libre choix d'activité (CLCA) de la part de la Caisse d'allocations familiales si l'enfant a moins de trois ans.

Dans la fonction publique, on distingue : le temps partiel, exprimé comme un pourcentage du temps complet, typiquement quatre-vingts pour cent (80 %), c'est-à-dire quatre jours travaillés par semaine ; cette situation est volontaire et réversible ; le temps incomplet ou non-complet : c'est une caractéristique du poste, le poste ne nécessitant pas la présence à plein temps d'un agent ou d'une agente.

Chiffres Depuis les années 1970 notamment, le temps partiel est aussi devenu un outil d'organisation du travail utilisé par de nombreux acteurs économiques (dans presque 8 cas sur 10, le salarié est en CDI, et 40 % environ ont plus de dix ans d'ancienneté en France).

En 2003, selon l'INSEE, les femmes sont largement les plus concernéesBourreau-Dubois C., Guillot O., Jankeliowitch-Laval E. (2001), « Le travail à temps partiel féminin et ses déterminants », Économie et Statistiques : 30 % des femmes avaient recours au temps partiel contre 5,5 % pour les hommes (TEF 2004/2005, INSEE). Les femmes ayant plusieurs enfants à charge y recourent le plus. 10 ans plus tard (en 2013), selon un rapport du Conseil économique, social et environnemental (CESE), le travail à temps partiel concerne maintenant une personne sur cinq, parmi lesquelles 80 % sont des femmes. 82,5 % des emplois concernés et 31 % des salariées sont à temps partiel, contre 6,6 % des hommes salariés. Près de 15 % des salariés dotés d'un diplôme supérieur à Bac+2 travaillent à temps partiel. En 2023, 4,2 millions de salariés travaillent à temps partiel (soit 17,4% des salariés), dont 78% sont des femmes..

Des encouragements fiscaux décidés pour lutter contre le chômage ont facilité le développement du temps partiels. En 2013, environ 18,6 % des salariés (4,2 millions de personnes) travaillent sous ce régime, soit trois fois plus qu'au début des années 1970. L'augmentation du temps partiel s'est stabilisée dans les années 2000 (plus exactement en 1999 et 2002 à la suite de la mise en œuvre de la réduction du temps de travail qui partir de 1998 a proposé des aides cumulables avec l'abattement pour l’embauche de salariés à temps partiel, dispositif progressivement supprimé au début des années 2000 et a recommencé une lente progression depuis avec même une diminution à cette époqueUlrich V. (2001), « Le temps partiel subi diminue depuis 1998 », Premières Synthèses , Dares, octobre..