Daniel Villey ( – ) est un économiste français néolibéral, professeur aux universités de Caen, Poitiers puis Paris.

Membre du comité technique de l'Institut national d'études démographiques, il a été directeur adjoint de l'Institut de démographie de l'université de Paris. Résistant, il a été membre du Comité départemental de Libération de la Vienne. Ce libéral a été vice-président de la Société du Mont-Pèlerin, président de la Société d'économie politique et de l'Association pour la liberté économique et le progrès social (ALEPS).

Biographie Milieu social, formation et carrière universitaire Daniel Villey est issu d’une famille d’universitaires. Son grand-père, Edmond Villey, est l’un des fondateurs de la Revue d’économie politique. Son père, Pierre Villey, est un professeur de faculté spécialiste de la littérature française du . Un de ses frères, Raymond Villey, est professeur de médecine et l'autre, Michel Villey, professeur de philosophie du droit. La mère de Daniel, Louise Boutroux, est la fille du philosophe Émile Boutroux et d'Aline Poincaré, sœur du mathématicien et physicien Henri Poincaré"Le Figaro", . Daniel Villey fut le propriétaire et l'occupant de l'ancienne résidence d'Henri Poincaré à Lozère, commune de Palaiseau (Essonne), de 1958 jusqu'à sa mort en 1968. Voir : "Monsieur Henri Poincaré à Lozère-sur-Yvette (Seine & Oise)", par Hervé Martin, Bulletin de la SABIX, , novembre 2012.

Il est élève au lycée de Caen et poursuit des études supérieures aux facultés de droit et de lettres de CaenLe Temps, , Journal des débats, . Il est alors membre du comité de la fédération du Calvados de l'Association française pour la SDN (Société des Nations) et membre du conseil d'administration de la Ligue caennaise contre les taudisL'Ouest-Eclair, , L'Ouest-Eclair, , L'Ouest-Eclair, , L'Ouest-Eclair, .

Il obtient son doctorat en droit avec une thèse sur Charles Brook Dupont-WhiteÉtudes, 1937, Revue des travaux de l'Académie des sciences morales et politiques, 1936. Reçu premier à l'agrégation des facultés de droit en 1938Revue critique de législation et de jurisprudence, 1938, il enseigne comme professeur aux Universités de Caen, Poitiers et, à partir de 1956, Paris. Il a également enseigné à l'étranger, à Rio de JaneiroIl publie dans Le Monde du 21 mai 1948 un article sur le projet d'une nouvelle capitale : « Rio de Janeiro sera-telle détrônée par une ville artificielle née dans la steppe ? » et en Égypte (Le Caire)Le Monde, 2 septembre 1966.

Membre du comité technique de l'Institut national d'études démographiques (INED), il est également directeur adjoint de l'Institut de démographie de l'université de Paris de 1957 à 1958.

Il est marié à Florence Métois, fille d'Alexis Métois, lieutenant-colonel en retraite (1921), franc-maçon, militant socialiste SFIO, pacifiste, fondateur et président en 1934 d'un parti politique, le parti de la IVe République, Bottin mondain, 1953, p. 1194, Notice du Maitron-en-ligne, Dossier de la Légion d'honneur de Florentin Alexis Métois (1868-1955) dans la base Léonore, membre du Conseil national de la paix en 1938: Lettres de Lucien Le Foyer, 1926 et 1938, Conseil national de la paix. Ancien officier de la coloniale Mission Foureau-Lamy, Afrique du Nord) : cf. Paul Pandolfi, "In-Salah 1904/Tamanrasset 1905 : les deux soumissions des Touaregs Kel-Ahaggar", Cahiers d'études africaines, 1998, vol. 38, n° 149 ), il a été président de la Fédération des pensionnés militaires de l'armée de terre et de mer et directeur de son périodique, L'Armée nouvelle, membre du Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France (1921/24) ("Du Conseil de l'Ordre du GODF dans l'entre-deux-guerres : essai sur une équipe dirigeante maçonnique", Journal des débats, 21 septembre 1921, "Le convent du Grand orient", Le Populaire, 30 juillet 1922, "Contre la guerre. Une manifestation"), a collaboré à diverses publications (La Griffe, Le Progrès civique ), a signé un manifeste pacifiste en 1925 (Les Documents politiques, juillet 1925), a été secrétaire de la section SFIO du et a participé aux congrès de la fédération de la Seine Le Populaire, 28 mars 1927, Ibid., 11 avril 1927 ), dont il a été élu membre de sa commission de contrôle ( Le Populaire, 2 juillet 1930), a été conférencier (Le Populaire, 2 mars 1927, "Fêtes et conférences", aJournal des débats, mars 1932, "Cours, conférences et réunions", Ibid., 17 mai 1926, etc.), a été candidat à plusieurs élections pour la SFIO - législatives de 1928 et 1932 à Paris (Le Populaire, 20 avril 1932 ), municipales de 1929 à Paris (Le Populaire, 5 mai 1929), cantonales de 1925 et de 1931 dans la Vienne - puis pour son parti ( élections sénatoriales dans le département de la Seine : Journal des débats, 21 octobre 1935, Ibid., 24 février 1936). Déclaration du parti de la IVe République, juillet 1934: Journal officiel, 30 juillet 1934. Métois dirige le mensuel de ce parti, La vraie République (août/sept 1934-mars 1936). Ce groupuscule, fondé au lendemain des émeutes du 6 février, ne se veut pas (n° 2, août-septembre 1934); il est hostile au suffrage universel et lui préfère un suffrage préférentiel, souhaite (n° 11, juin 1935), préconise surtout l'élection d'une assemblée constituante permanente, constituée de cent membres élus au vote préférentiel - Métois affirme préconiser cette solution depuis 1918 - et (n° 16, janvier 1936). Politiquement, il refuse à la fois le Front populaire et le Front national (alliance des droites) (n° 12, juillet-septembre 1935). Avec son épouse, il a traduit un article consacré au problème de , publié dans un recueil intitulé L'Économie dirigée en régime collectiviste : études critiques sur les possibilités du socialisme, paru en 1939, aux éditions de la librairie de Médicis, une maison d'éditions spécialisée dans la défense des thèses néolibéralesIl a traduit seul un autre article de ce recueil: Lire en ligne.

Un jeune intellectuel catholique : de la revue Esprit à la résistance

Dans sa préface à Redevenir des hommes libres (1946), il se présente rétrospectivement comme un Préface, , cité par Serge Audier, Néolibéralisme(s), Grasset, 2012. Il a collaboré à partir de 1934 à la revue catholique et antilibérale Esprit, qui cherche alors une troisième voie entre le capitalisme libéral et le marxisme; il y approuve en effet les réformes du Front populaire : Esprit, numéro de juillet 1936: Cf. ses articles: Esprit, juillet 1936, Esprit, mai 1936, Esprit, novembre 1934.. Son ami Jacques Madaule, autre collaborateur d'Esprit, le dépeint ainsi en 1973 : il était , Jacques Madaule, L’absent, Gallimard, 1973, et Esprit, juin-juillet 1968: Villey est un ami personnel de Mounier, parrain de son fils Emmanuel. Madaule et Villey sont allés ensemble visiter l'Allemagne d'Hitler avec deux autres personnes..

Il signe en 1935 le "manifeste pour la justice et la paix" initié par François Mauriac, avec d'autres collaborateurs de la revue Esprit, au sujet du conflit entre l'Italie et l'ÉthiopieLes intellectuels et l'engagement : deux revues au pied du mur, , Sept, , Sept, (texte du manifeste). Antimunichois, il désapprouve les accords de Munich en 1938, au nom de et par opposition à l'Allemagne nazie d'Hitler. Il écrit dans les colonnes d'Esprit :

Il désapprouve à son retour de captivitéListe officielle des prisonniers de guerre, 1940 en la reparution de cette revue après la défaite de 1940 et la mise en place de la Révolution nationale du régime de Vichy. En 1942, il a fait partie du bureau de la section du Calvados de la Confédération générale des famillesL'Ouest-Eclair, 30 janvier 1942.

Il entre en résistance dans la Vienne ; il est alors gaulliste. Il devient membre du Comité départemental de Libération de la Vienne en 1944 ; il participe à ses séances plénières de à Pierre de Senarclens, Le mouvement "Esprit", 1932-1941, L'Âge d'homme, 1974 ; Philippe Buton, Jean-Marie Guillon, Les pouvoirs en France à la Libération, Belin, 1994, Archives départementales de la Vienne, Comité départemental de libération, p. 18-19, Michel Winock, Esprit. Des intellectuels dans la cité ( 1930-1950 ), Seuil, 1996, D. Villey, Redevenir des hommes libres : préface. Il rédige en juillet 1943 pour le Comité général d'études de la Résistance des "Notes sur la paix prochaine": cf. Redevenir des hommes libres, . Il est aussi délégué régional à l'information du Commissaire régional de la RépubliqueLes archives de la Vendée: "L'union des Vendéens à la Libération : Nouveaux aperçus apportés par des inédits".. Ce dernier brossera ultérieurement le portrait suivant de Villey : Ce commissaire, Jean Schuhler (Biographie de Jean Schuhler), ne mentionne pas la fonction occupée par Villey. Il décrit ultérieurement son arrivée à Poitiers et sa rencontre avec Villey dans Je m'étais réservé l'espérance, Ed. Fernand Lanore, 1979, p. 99-100..

Il est hostile à la Libération aux comités de libération et aux milices communistes, à la qui se distingue par , à l'épuration et qui nuit à l'économie française« Caracolades » () et « Commentaire » (extrait d'un article de Villey publié dans Le Libre Poitou du 5 décembre 1944, consacré à trois mois après la libération de Poitiers, ) dans Redevenir des hommes libres . Il réfléchit dans Le Monde sur la résistance et sa - de ses , parmi lesquelles les comme la Normandie, et les milieux universitaires dont il fait partie, jusqu'aux . Il veut en fait suggérer « Stratigraphie de la résistance », Le Monde, 28 avril 1945. Article publié dans Redevenir des hommes libres (chap. IX)..

Un économiste néolibéral et catholique

Dans les premières lignes de sa préface à Redevenir des hommes libres, au titre éloquent, il écrit : . Dans Le Monde, il réfléchit en 1945 à la signification de la crise des années 1940: il ne croit pas alors à : « Point à la ligne ou parenthèse ? », Le Monde, 31 mars 1945, René Courtin, « Controverse », Le Monde, 31 mars 1945. Article reproduit dans Redevenir des hommes libres (chap. VIII). Cf. aussi son article "L'indemnisation des porteurs d'actions d'entreprises nationalisées" (Le Monde, 29 novembre et 30 novembre 1945), également reproduit dans son recueil: . Il défend le libéralisme et critique le dirigisme des années qui ont suivi la Libération, dans Redevenir des hommes libresPamphlet contre l'idéologie des réformes de structure », Les Cahiers politiques, , juin 1945, , article publié avec des passages inédits dans Redevenir des hommes libres, chap. X, ou dans des conférences données sous les auspices du Comité d'action économique et douanière. Cf. Laurence Badel, Un milieu libéral et européen. Le grand commerce français 1925-1948, Institut de la gestion publique et du développement économique, Comité pour l’histoire économique et financière de la France, 1999 (Chapitre IX. Le débat sur la politique économique de l’après-guerre) (en ligne): Pour une économie libérée, par Louis Baudin, D. Villey, André Marchal, Louis Fromont, Pierre Benaerts, René Courtin, Paul Naudin, Henri Solente, Charles Rist, introduction de Jacques Lacour-Gayet, Spid, 1946 ( en ligne : conférence de Villey, "Economique et morale", Le Monde, 6 juillet 1946), Vingt ans de capitalisme d'État, Spid, 1951. Il fait alors partie d'un mince Laurence Badel, op. cit., à l'instar d'un Louis Baudin ou d'un Jacques Rueff.