Quintus Mucius Scævola dit le Pontife, né vers et mort assassiné en , figure éminente et jurisconsulte, homme politique durant la République romaine, est le fils de Publius Mucius Scævola, consul en .

Biographie Scævola naît vers . Son nom complet est (« Quintus Mucius Scævola, fils de Publius et petit-fils de Publius »). Il est membre des , la branche plébéienne de la prétendant descendre de C. Mucius Scævola. Il est le fils de Scævola, consul en et le petit-fils de Scævola, consul en .

Carrière À la mort de son père, Scævola entre dans le collège des pontifes. En , il est élu tribun de la plèbe.

La suite de la carrière politique de Scævola est liée à celle de Crassus, né en et marié en à une fille de Scævola dit l'Augure.

Vers -, Scævola est édile avec Crassus. Au cours de leur édilat, ils donnent des jeux, marqués par les premiers combats de lions.

En , Scævola est consul avec Crassus pour collègue. Ils proposent et font adopter la , qui refuse la citoyenneté romaine à certaines cités latines et italiennes, ce qui est un prélude à la guerre sociale. Lorsque Crassus demande à célébrer le triomphe, Scævola s'y oppose.

En - ou en -, Scævola est gouverneur de la province d'Asie. Son gouvernorat est resté célèbre pour avoir sévi sévèrement contre les percepteurs d'impôt corrompus, ainsi que pour avoir promulgué un édit qui plus tard est devenu un modèle pour l'administration provinciale. Les cités d'Asie prennent alors la décision exceptionnelle de célébrer, en son honneur, des concours pentétériques : les Sôteria kai Moukieia. Il semble que des cités libres aient participé à cette décision. D'après Cicéron, ils seront maintenu sous la domination de .

À la mort de Ahenobarbus en , Scævola succède à celui-ci comme . Il en profite pour remettre un peu d'ordre, et faire suivre plus scrupuleusement les rituels traditionnels.

Mort En , lors des funérailles de Marius, Fimbria tente d'assassiner Scævola. Celui-ci est blessé.

En , est élu consul ; et Brutus Damasippus, préteur urbain. Marius, assiégé par Sylla à Préneste, donne à Damasippus l'ordre de tuer Scævola ainsi que , Carbo Arvina et Ahenobarbus. Scævola meurt . Il est tué dans le temple de VestaCicéron, Pro Sesto Roscio, 12 ; Lucain, Pharsale, livre II.

Descendants Scævola est le père de Mucia Tertia, troisième épouse de Pompée.

Œuvre Scævola est l'auteur des , un traité de droit civil en dix-huit livres. La tradition lui attribue le .

Dans un texte transmis par VarronAntiquités divines, fr. 7. et cité par saint AugustinLa Cité de Dieu, 4, 27., Scævola distingue trois catégories de dieux : ceux qui sont introduits par les poètes (il s'agit de fictions qu'il ne faut pas prendre au sérieux), ceux qui viennent de la théologie philosophique, notamment stoïcienne, théologie qu'il ne condamne pas en soi mais dont il redoute les effets néfastes sur le système religieux de RomeCette orientation philosophique peut instiller le doute dans le peuple à l'égard de la religion traditionnelle, gage de stabilité de la république., et enfin ceux qui sont introduits par les hommes d'État et dont il défend l'utilité : « La religion officielle de la cité, inspirée, contrôlée et transmise par l'élite politique, les principes civitatis, est privilégiée parce qu'elle est un facteur puissant – le plus puissant – de cohésion du système politiqueJohn Scheid, Religion et piété à Rome, Paris, La Découverte, 1985, .. » Cette distinction s'inscrit dans la réflexion antique sur la , qui plonge ses racines chez Platon, Aristote et le stoïcien Panétios de Rhodes et qui a été clairement formulée par VarronGodo Lieberg, « Die theologia tripartita in Forschung und Bezeugung », Aufstieg und Niedergang der römischen Welt, I, 4, 1973, ..

Ses 18 livres de droit civil sont la seule œuvre préclassique que l'on ait continué à lire pendant toute la période classique : il est vrai qu'elle innovait fondamentalement en introduisant une certaine systématique (par la classification des questions juridiques en catégories) dans des matières exposées jusque-là de manière casuistique.

Cicéron suivit ses enseignements, après avoir assisté à ceux de son cousin Q. Mucius Scævola l'AugureCicéron, Laelius de Amicitia, 1..

Notes et références

Voir aussi

Éditions .

Sources épigraphiques OGIS, 438-439

Sources antiques . . . . . . .

Bibliographie .

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Liens externes

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