thumb|Assemblée dans une école secondaire à Singapour (2006)|279x279px L’enseignement à Singapour est connu pour être un des plus performants du monde. Le système d’éducation de la Cité-État a vécu plusieurs réformes depuis sa déclaration d’indépendance en 1965, puisque ce dernier est étroitement lié à l’économie. Pour relancer Singapour, le gouvernement a priorisé l’efficacité de son système éducatif pour mieux faire face aux défis économiques. Ce système « efficace » est basé sur l’apprentissage par cœur, le suivi et l’orientation des étudiants ainsi que la capacité à se conformer aux exigences. Cette politique élitiste s'explique par le fait que Singapour a pour seule ressource naturelle l'intelligence de ses habitants.

En 2012, le système d’éducation de Singapour a gagné le premier rang général au Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), et en 2009 il était au rang. Depuis les années 1980, l’état de Singapour a obtenu des rangs élevés dans les évaluations et championnats internationaux comme Trends in International Mathematics and Science Study (TIMSS) et the Progress in International Reading Literacy Study (PIRLS).

En 2015, l’OCDE a placé Singapour comme le premier système d’éducation dans le monde selon la performance des étudiants d’âge de 15 ans dans les disciplines de mathématique, de science et de lecture. Singapour a aussi gagné plusieurs autres grands prix comme la première place pendant trois ans d’affilée au International Young Physicist’s Tournament et la première place au World Schools Debating Championship.

Développement de l'éducation à Singapour depuis 1965 Avant l’indépendance, l’éducation à Singapour était plutôt rudimentaire. Les premières écoles malaises ont été fondées par les Britanniques en 1823. Les enfants y apprenaient les bases de la lecture et de l’écriture. En 1857, les premières écoles anglaises y sont fondées et en 1911, après la révolution en Chine, les écoles chinoises sont priorisées. L’éducation en anglais et en chinois était plus développée que dans les écoles malaises, mais restait insuffisante. C’est seulement après l’obtention de son propre gouvernement en 1959 que Singapour a commencé à améliorer son système d’éducation.

L’éducation à Singapour est intimement liée au développement économique du pays depuis l’indépendance en 1965. Singapour a dû monter la pente sur le plan économique et industriel en passant par 3 stages économiques.  Le système d’éducation a connu plusieurs changements et réformes pendant ces périodes pour répondre aux besoins de l’État.

Le premier stage prend place pendant les années 1960 jusqu’au milieu des années 1970 alors que Singapour commence à se former en tant que Cité-État indépendante. À cette période, Singapour était dans un état de survie sur le plan de l’industrie, de l’économie et de l’éducation. Le gouvernement s’est concentré sur le développement industriel et a fait des réformes dans le système d’éducation pour répondre à la demande de mains-d’œuvre.  Lors de ce premier stage, Singapour a restructuré le système d’éducation pour former plus de « mains-d’œuvre » adéquates et redresser la balance entre techniciens et scientifiques. Ces changements préparaient les jeunes qui sortaient de l’école aux nouvelles activités économiques qui étaient générées par le secteur manufacturier grandissant dans les années 1970.

Le deuxième stage prend place pendant le milieu des années 1970 jusqu’aux années 1990. Dans les années 1970, le gouvernement de Singapour a décidé d’augmenter les standards de qualités de leurs productions. Pour cela, le système d’éducation a été révisé pour s’assurer que les habilités demandées soient en place. C’est en qu’un nouveau système d’éducation est mis en place pour mieux accompagner le développement économique. Le niveau d’éducation a été augmenté et est devenu plus sophistiqué pour permettre aux étudiants d’atteindre un niveau de connaissance approprié.

Une politique bilingue a été mise en place en plus des standards d’écriture, des manuels et des matériaux qui ont été augmentés. En 1980, The Curriculum Development Institute of Singapore (CDIS) est établi dans le but de fournir des matériaux d’enseignement de haute qualité, incluant les manuels et les outils multimédias. La philosophie de ce nouveau système d’éducation était de laisser les jeunes progresser à leur propre rythme.

Le troisième stage prend place pendant les années 1990 et est encore en cours de nos jours. Pour cette période, Singapour désire s’inscrire dans une nouvelle politique économique adéquate pour le . Le système d’éducation est complètement refait et on y introduit une éducation axée sur les capacités en focalisant sur l’innovation, la créativité et l’entrepreneuriat. La vision Thinking Schools, Learning Nation (TSLN) et des initiatives axées sur la technologie de l’information, comme la maîtrise de l’informatique, sont développés pour préparer les étudiants au futur. Sur le plan de l’éducation supérieure (Universités et polytechniques), on demande un enseignement qui excelle et de nombreux niveaux de spécialisations pour satisfaire les demandes du marché.

Un évènement important lors de ce stage fut l’introduction du classement des écoles en 1992. Le raisonnement derrière cette décision était que si les écoles étaient en compétitions, elles s’amélioreraient.

Les dates diffèrent selon les sources (1er stage : 1960-milieu 80; 2e stage : milieu 80-milieu 90; 3e stage milieu 90-aujourd’hui).

L’enrôlement dans les écoles de Singapour a augmenté de 65% entre 1965 et 1990.

Le système d'éducation Singapour compte environ 370 écoles et un demi-million d’élèves, il s’agit donc d’un système d’éducation publique. Les étudiants suivent six ans d’études primaires, puis quatre ou cinq ans d’études secondaires. Après ça, les étudiants ont le choix de poursuivre leurs études dans les collèges, dans les institutions d’éducation techniques, dans les polytechniques et ultimement dans les universités.  

Dans l’administration, il n’y a qu’un seul ministère de l’éducation (MOE) qui supervise les écoles publiques de Singapour.

Le primaire et le secondaire Le primaire se divise en deux parties, soit quatre ans de formation qui constituent les années de primaire 1 à 4 et deux ans de stage d’orientation qui constituent les années de primaire 5 à 6. Le curriculum des écoles primaires couvre trois aspects principaux de l’éducation : les sujets de disciplines, la connaissance des habilités et le développement du caractère. Parmi les disciplines, on retrouve les langues (l’anglais et la langue maternelle de l’étudiant), les mathématiques, les sciences (qui sont enseignés à partir de la année), l’humanisme et les arts. La connaissance des habilités développe la pensée et les connaissances des étudiants. Le développement du caractère se crée par l’interaction avec les enseignants, notamment dans les cours de character and citizenship education (CCE), co-curricular activities (CCA) et physical education (PE).

À l'issue de leurs six ans de primaire, les étudiants doivent passer un examen standardisé de niveau national qui leur permet d’entrer au secondaire, le Primary School Leaving Examination (PSLE). Les résultats obtenus au PSLE vont déterminer dans quelles classes les étudiants vont entrer au secondaire. Selon leurs notes ils vont aller dans

la classe expresse la classe normale (Académique) la classe normale (Technique)

Il est possible de passer de la classe normale à la classe expresse l’année qui suit, si les résultats scolaires le permettent. Les étudiants dans la classe expresse font quatre ans d’études et accèdent au General Certificate of Education (GCE) de niveau « O ».

Les étudiants dans la classe normale choisissent entre Académique ou Technique qui dure tous les deux quatre ans et ont accès au GCE de niveau « N ». Les étudiants qui performent bien dans le GCE de niveau « N » vont étudier un an de plus pour prendre le GCE de niveau « O ».

Études supérieures Il y a deux types d’écoles d’enseignement supérieur à Singapour : les universités et les polytechniques. Pour maintenir leurs objectifs en tant que centres d’excellence nationaux, les admissions des étudiants dans les instituts supérieurs doivent respecter des normes de qualité élevées. Ils n’acceptent pas les étudiants qui n’ont pas obtenu un résultat supérieur à la moyenne O et A et qui n’ont pas une bonne compréhension de l’anglais pour s’assurer de maintenir un bon standard de qualité.

Concernant l'enseignement supérieur, depuis les années 1990, Singapour développe une politique d'attraction des établissements étrangers en vue de devenir une Global Schoolhouse comme cela est clairement affiché par les autorités locales.

L'objectif est donc d'attirer les établissements étrangers de premier plan afin qu'ils offrent des formations délocalisées dans la cité-Etat par l'intermédiaire de partenariats (avec l'une des trois universités locales) ou par l'implantation de campus délocalisés. Cette stratégie est pilotée par l'Economic Development Board (EDB), une agence gouvernementale rattachée au ministère de l'Industrie et du Commerce.

Il existe deux exemples français de ces délocalisations de campus :

- L'INSEAD depuis 2000 : INSEAD Asia Campus

- L'ESSEC depuis 2006 : ESSEC Asian center

Universités

L’Université National de Singapour (NUS) est l’une des plus vieilles universités de l’État. Elle offre des certificats universitaires dans les disciplines des sciences, des sciences sociales (incluant la communication) et de l’humanisme. L’Université National de Singapour offre aussi des cours dans le domaine de la médecine, de la médecine dentaire, du droit, de l’ingénierie, de l’architecture, de l’administration des affaires, des sciences du bâtiment et de comptabilité. L’Université donne priorité aux cours qui favorisent la modernisation et l’industrialisation de Singapour comme l’ingénierie et l’administration des affaires.

L’Université Technologique de Nanyang (NTU) offre des certificats universitaires dans le domaine des affaires, de la comptabilité, de la science appliquée et de l’informatique. Elle offre aussi des cours dans plusieurs branches de l’ingénierie comme ceux de l’électronique, de l’électrique, du civil, de la structure, de la mécanique et de la production. Pour compléter leur diplôme orienté sur la pratique, les étudiants de la NTU doivent compléter un programme d’entrainement pratique de 10 semaines et un stage de 24 semaines dans le domaine des affaires ou de l’industrie.

La NUS et la NTU ont toutes les deux un système d’examen externe pour leurs programmes et départements académiques. Il sert à gérer la qualité académique des universités, d’évaluer les points forts et les points faibles du contenu des cours et s’assurer de la qualité et de la comparabilité du classement des examens. Tous les examinateurs sont des anciens diplômés d’universités d’autres pays.

Polytechniques Les polytechniques offrent plusieurs cours professionnels et pratiques qui peuvent être suivis soit à temps plein ou à temps partiel. Elles donnent aussi des cours avancés dans les domaines de l’ingénierie, de l’informatique, des médias et de la communication de masse, de la comptabilité, des affaires, de la santé, des sciences, de la biotechnologie et des études juridiques et maritimes.  

La politique des langues Le système d’éducation de Singapour a eu plusieurs politiques de langage pour essayer d’accommoder les nombreuses minorités ethniques. De 1979 à 1992, Singapour a changé à maintes reprises sa première langue officielle, sa deuxième langue officielle et ses restrictions linguistiques par rapport à l’éducation. Singapour a adopté un traité égal pour les quatre langues officielles de l’État dans l’éducation : le malais, l’anglais, le chinois et le tamoul.