vignette|redresse=1.4|Deux éales ornent la grande porte de St John's College à Cambridge.
L’éale (eale, eales, latin, n.f.) est un animal imaginaire issu des descriptions de Pline l'Ancien et transformé au gré des bestiaires européens médiévaux.
Mentions vignette|gauche|upright=1|Représentation dans un bestiaire du , se rapprochant de la chèvre mais avec des défenses de sanglier.
L’Histoire naturelle de Pline l'Ancien décrit l'éale comme un animal .Pline l'Ancien, Histoire naturelle, livre 8 (en latin): . Pline n'est pas explicite quant à l'origine géographique de l'éale, qui peut être indienne ou éthiopienne selon la compréhension que l'on a de son texteIl indique que l'éale est « issu de la même région » et, bien que la section parle de l’Éthiopie, les phrases précédentes et suivantes concernent l'Inde..
vignette|Image héraldique d'un éale.
Entre le , Solin reprend la description de Pline dans son Polyhistor (que l'on reproche de manière globale d'être fortement copié sur l'Histoire naturelleEncyclopaedism from Antiquity to the Renaissance, Jason König & Greg Woolf, Cambridge University Press, 17 oct. 2013 lire en ligne.), indiquant qu'il « ressemble à un cheval »Caius Julius Solinus, Polyhistor lire en ligne.. Cependant pour lui, les cornes ne sont pas raides mais se replient selon les besoins, la seconde remplaçant la première si elle est trop émoussée. Il indique également qu'on le compare à un hippopotame à cause de son gout pour les fleuves. Contrairement à Pline, il indique clairement que l'éale vient d'Inde, ce qui est confirmé par plusieurs cartes illustrées des , tout comme par Vincent de Beauvais ultérieurement.
Bien que n'apparaissant pas dans le Physiologus, on le retrouve dans le bestiaire d'Aberdeen avec une description identique à celle de SolinusAberdeen bestiary et dans d'autres bestiaires latins plus tardifsMuseum Meermanno.. Cependant la description se trouve modifiée et la « mâchoire de sanglier » (maxilla aprinus) devient une « mâchoire de chèvre » (maxilla caprinus). Il en ressort que de nombreuses illustrations du Moyen Âge montrent une créature semblable à un cheval ou une antilope avec de longues cornes (tantôt pointant dans la même direction, tantôt dans des directions opposées) et ce n'est qu'à la fin du que la mâchoire de sanglier fait son apparition. Une représentation du ne montre aucune cornes mais de longues défensesBristish Museum Harleian, MS. 3244
Dans son bestiaire, Pierre de Beauvais mentionne l'éale qu'il mélange partiellement avec une créature qu'il nomme centicoreRené Crozet, Pierre Gallais, Yves-Jean Riou. Mélanges offerts à René Crozet. Société d'études médiévales, 1966, en faisant un ennemi du basilic.
Identification Bien que de nombreux auteurs aient identifié l'éale à un gnou, une chèvre des montagnes voire à une vache souffrant d'une déformationWilma George, The Yale. Journal of the Warburg and Courtauld Institutes, Vol. 31, 1968, pp. 423-428. Lire en ligne., Druce conclut dans une étude au début du qu'il ne peut être identifié à un animal connuG.C.Druce Notes on the history of the heraldic jall or yale. Archaeological journal, LXVIII, 1911. Le magazine Life aurait, en 1951, indiqué que le nom viendrait de l'hébreu יָעֵל (yael), signifiant « chèvre des montagnes »T.H. White, The Book of Beasts, Londres, 1954.
Héraldique vignette|upright=0.9|Blason de Jean Beaufort, père de Margaret Beaufort, dont le support gauche est décrit comme un Ibex ou antilope mais correspond aux représentations héraldiques ultérieures de l'éale. Jean de Lancastre possédait un éale (yale en anglais) comme pièce héraldique. Elle aurait été choisie comme allusion à son titre de duc de Candale (Cand-eale). À sa mort, n'ayant pas d'héritiers, John Beaufort reprend son titre et avec lui l'éale.
Lors du couronnement d'Élisabeth II, dix statues représentant des animaux héraldiques réelles et fantastiques ont été réalisés. L'éale « de Beaufort » en faisait partieQueen's Beasts, issu de l'héritage héraldique de la famille de Beaufort via Margaret Beaufort mère d'Henri VII, roi d'AngleterreThe yale's tale, Clare Gibson.. Celle-ci ayant financé le Christ's College, à Cambridge, on retrouve le yale sur le fronton de la .
On retrouve des statues d'éale à l'université Yale (ainsi que sur la bannière du président de l'université), dont le nom provient d'Elihu Yale, premier bienfaiteur de l'établissement. Ce patronyme vient par contre du village d'origine de la famille, Plas yn Iâl (à proximité de Llandegla, dans le Denbighshire), Yale étant l'orthographe anglais pour le nom gallois IâlHenry Davidson Love Indian Records Series Vestiges of Old Chennai 1640-1800 Mittal Publications..
Notes et références Notes
Références
Article connexe Liste de créatures légendaires
Catégorie:Mammifère légendaire Catégorie:Créature fantastique du Naturalis Historia Catégorie:Créature fantastique des bestiaires médiévaux