La rue de Brabant (en néerlandais : Brabantstraat) est une rue de Saint-Josse-ten-Noode et de Schaerbeek dans la région de Bruxelles-Capitale en Belgique.

Situation et accès Cette artère, située sur les communes bruxelloises de Saint-Josse-ten-Noode et de Schaerbeek, s'étend de la place Charles Rogier jusqu'à la place Liedts. Dans son parcours, elle croise ou longe notamment la rue André Bertulot, la place Saint-Lazare, la place du Nord, ainsi que les rues d'Aerschot, Allard,Dupont, de la Fraternité, de Quatrecht, Rogier, d'Hoogvorst et De Potter.

La numérotation des habitations s'étend du 23A à 207 pour le côté impair, et du 30 à 272 pour le côté pair.

Origine du nom Cette rue porte le nom de la province de Brabant, l'une des 9 provinces belges avant la scission de 1995 en Brabant flamand et Brabant wallon.

Historique La rue a été tracée dans le prolongement de la rue Neuve, en lien avec l'ancienne gare du Nord, par arrêté royal du . À l'origine, elle se serait appelée Rue du Duc du Brabant. À l'origine, la partie située à Saint-Josse-ten-Noode se dénommait rue du Brabant. Elle est presque entièrement bâtie en 1858. Dans le cadre de l'agrandissement de la place Liedts, décrété par l'arrêté royal du et achevé vers 1895, la rue est amputée à son extrémité nord.

Pendant le , le côté pair de la rue présente une longue enfilade d'hôtels, estaminets, distilleries, cabarets. Pour attirer les clients, un café présente un « cheval né avec trois pieds », on organise des concerts, des combats de coq, du théâtre amateur et professionnel, des réunions socialistes, des bals….

Des 122 hôtels qu'une étude a pu recenser pour le Bruxelles de 1882, douze, donc dix pourcent, se trouvent dans la seule rue de Brabant. Une grande variété règne entre ces hôtels : les uns sont des lieux de passe, les autres mentionnés dans le guide Michelin. Les uns attirent des « travailleurs misérables », les autres les touristes anglo-saxons ou des voyageurs du commerce. Ils ont en commun, de représenter une offre alternative décente aux hôtels du centre-ville, pour les voyageurs aux bourses plus limitées.

Dès les années 1880, la partie tennoodoise de la rue de Brabant et les rues adjacentes sont un quartier d'immigrés italiens du nord, renforcé par deux vagues d'immigration ultérieures, dans l'entre-deux-guerres et dans l'après-guerre. Dans les années 1970, la grande majorité des Italiens déménagent dans d'autres quartiers.

Deux cinémas existent dans la rue, le Louis XVI au n° 85 (dès 1910) et le Nord-Cinéma au n° 117 (dès 1913), plus tard rebaptisé Eldo et fermé en 1961.

Pendant les années 1920, beaucoup de juifs polonais s'installent dans le quartier et reprennent des commerces, suivi, dix ans plus tard, par des juifs allemands. Cette présence juive mène, en 1979, à la construction de la synagogue de la rue Rogier tout près, fermée en 2016.

Les travaux pour la jonction ferroviaire coupent la rue de Brabant en deux. La gare du Nord est surélevée, déplacée vers le nord et connectée par un viaduc avec le tunnel à travers le centre-ville. Après les expropriations et destructions, les travaux pour ce viaduc commencent le , mais sont interrompus par l'occupant. À la fin de la guerre, on estime que trois quarts des travaux pour ce tronçon sont achevés. Les travaux y reprennent en 1948 et la nouvelle gare ainsi que le viaduc sont complètement équipés en 1949. Cependant, l'aménagement sous les voies piétine.

Aucun concours n'est organisé pour le réaménagement des alentours de la jonction. Entre 1957 et 1960, la tour du Centre international Rogier est construite tout au début de la rue de Brabant. En 1958, la SNCB aménage une école sur l'espace compris entre les tunnels de la rue de Brabant et de la rue de la Prairie. À proximité de la place Saint-Lazare, plusieurs immeubles de bureaux apparaissent dans les années 1960.

Juste après la Seconde Guerre mondiale, les commerçants de la rue sont majoritairement belges, quelques Grecs, quelques Italiens et toujours ou à nouveau, de nombreux juifs avec deux boucheries cachères, des maroquineries et magasins de fourrures. En 1981, le Marocains forment le plus grand groupe de commerçants, en 1991 les Turcs. En 1999 on y trouve un trio de Marocains, Turcs et Pakistanais dominant, accompagné de quelques Libanais, Algériens, Belges et Européens du sud.

Au n° 181, plus tard changé en n° 121, se trouve la boucherie cachère Lanxner. Aryanisés par l'occupant, les survivants de la famille tentent de se faire indemniser par l'État allemand en 1964. Les immigrés musulmans des années 1960 sont heureux de pouvoir y trouver de la viande halal. En 2000, la boucherie figure toujours dans un guide de voyage juif. De 1972 à au moins 2001, les Lanxner produisent derrière leur boucherie, à l'adresse de la rue d'Aerschot 104-110, des repas spéciaux pour les compagnies aériennes et les exportent dans une vingtaine de pays. Pour ça, il reçoivent un prix royal d'exportation, en 2001. En 2009, leur locaux sont à vendre. Et en 2013, le projet d'une galerie commerçante est annoncé, à travers des locaux Lanxner pour lier la rue de Brabant à la sortie de la gare du Nord juste en face de ces locaux dans la rue d'Aerschot.

Après la rénovation du pont ferroviaire, le tunnel de la rue de Brabant en dessous fait partie d'un réaménagement total en 2007. Des espaces commerciaux, propriété de BBC (groupe Dexia), y sont censés être occupés par des magasins pour hommes. À la demande du bourgmestre Jean Demannez, des lumières colorées, œuvre de Patrick Rimoux, doivent rendre l'endroit moins glauque.

En 2019, la construction de six logements sociaux passifs, commandité par Beliris, est achevé au coin avec la rue de la Prairie.

Commerces La rue de Brabant est la troisième artère commerciale de Bruxelles. En moyenne, y passent chaque jour. Elle compte 180 commerces entre la place Saint-Lazare et la place Liedts et 60 magasins supplémentaires se trouvent dans les rues adjacentes. La rue est caractérisée par la présence de nombreux commerces de produits méditerranéens (Maghreb, Turquie), tant alimentaires que non alimentaires. Le nombre de commerçants propriétaires dans la rue de Brabant est estimé à environ 44 % et les grandes chaînes ne sont pas présentes, ce qui la distingue par rapport aux autres axes commerçants. On y compte seulement douze établissements horeca, et contrairement aux autres rues commerçantes, les étages au-dessus des magasins ne sont généralement pas vides, mais habités : en 2008, la rue comptait 728 habitants.

Les commerçants ont chacun leur propres fournisseurs, les Turcs se fournissent en Allemagne et en Turquie, les Marocains en France et au Maroc, les Pakistanais en Grande-Bretagne et en Asie de l'Est.

La rue de Brabant attire une clientèle venue de loin. Selon des chiffres de Proximus de 2024, 30 % des chalands viennent de Schaerbeek, 32 % du reste de la Région bruxelloise et 18 % du reste de la Belgique. Le public est également international : 6 % viennent de France, 4 % de Pologne, 1 % des Pays-Bas et 1 % du Maroc. C'est dans la rue de Brabant que la part des clients venant en voiture est la plus élevée parmi tous les quartiers commerçants de Bruxelles : elle s'élève à 44 %.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire vignette|Plaque Deschanel à Saint-Josse-ten-Noode : : CAPAC à Schaerbeek : : Église Saints-Jean-et-Nicolas, classée par arrêté royal le : immeuble du Foyer Schaerbeekois : l'artiste-peintre Josse Impens y a habité : habitation de l'artiste-peintre Victor Gilsoul : maison natale du Président de la République française Paul Deschanel (né le ) : habitation du philosophe Victor Considerant : habitation de l'artiste-peintre David de Noter : habitation de la réligieuse et écrivaine Sœur Emmanuelle

Notes et références

Voir aussi Articles connexes 12px Liste des monuments classés de Schaerbeek Liste des rues de Saint-Josse-ten-Noode Liste des rues de Schaerbeek

Bibliographie

Liens externes

Lieux-dits & petites histoires des rues sur 1030.be

Catégorie:Rue à Saint-Josse-ten-Noode Catégorie:Rue à Schaerbeek