Sisteron, en provençal Sisteroun selon la norme mistralienne et Sisteron selon la norme classique, est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Capitale des Sogiontiques (Sogiontii), l’antique Segustero est, à partir de l’époque romaine et de la construction du pont sur la Durance, un point de passage stratégique. Un pont a pu d'ailleurs exister dès l'époque gauloise à cet endroit où la voie héracléenne rejoint le territoire des Voconces. Ce pont majeur pour toute la région lui vaut un rayonnement millénaire.

Ce rôle conduit à des fortifications très anciennes et un évêché local dès le . Du point de vue administratif, la communauté se voit attribuer une charte consulaire au , et est transformée plus tard en viguerie et district après la Révolution et fut souvent une frontière. Preuve encore, les frères pontifes d'HospitaliersJean-Paul Clébert et Jean-Pierre Rouyer, La Durance, Privat, Toulouse, 1991, dans la collection Rivières et vallées de France , p. 73. demandent et obtiennent leur rattachement aux Templiers.

Avec la multiplication très récente des franchissements de la Durance, elle perd de son importance, et elle ne retrouve jamais son évêché après la Révolution. C’est actuellement une petite ville industrielle et touristique (usine pétrochimique et industries gravitant autour des abattoirs).

Géographie Localisation vignette|gauche|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Sisteron et les communes voisines (Cliquer sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende). vignette|Vue aérienne de Sisteron. Sisteron se situe à d'altitude, sur les rives de la Durance, à de Marseille, à de Grenoble et à de Nice.

La ville occupe une position privilégiée, proche du confluent du Buëch et de la Durance, à l’endroit où cette dernière franchit la cluse de la Baume, sur un site facile à fortifier. Le site de Sisteron est un site-pont, le seul où un pont sur la Durance a subsisté de façon durable de l’Antiquité au .

Surnommée « la Porte de la Provence », elle confine au Dauphiné. Elle possède de nombreux monuments dont sa citadelle, face au rocher de la Baume dont les strates sont presque verticales, une cathédrale du , Notre-Dame des Pommiers, cinq tours, plusieurs chapelles et les vestiges d'anciens couvents. C'est une ville qui accueille de nombreux touristes attirés par son climat méditerranéen, avec une moyenne annuelle de de soleil, son patrimoine riche et varié, son plan d'eau ou son aérodrome.

Géologie vignette|Le rocher de la Baume. Lors des deux dernières grandes glaciations, la glaciation de Riss et la glaciation de Würm, le glacier de la Durance s’avance jusqu’à Sisteron. Le glacier rissien franchit la cluse et ses eaux de fonte donnent naissance à la Durance entre le Montgervis et la montagne de Briasc. La vallée du Buëch est également en glace jusqu’à Montrond. Le glacier de Würm est moins important et s’arrête approximativement au niveau du Plan de la Baume sans remonter dans la vallée du BuëchMaurice Jorda, Cécile Miramont, « Les Hautes Terres : une lecture géomorphologique du paysage et de ses évolutions », in Nicole Michel d’Annoville, Marc de Leeuw (directeurs) (photogr. Gérald Lucas, dessin. Michel Crespin), Les Hautes Terres de Provence : itinérances médiévales, Le Caire : Association Les hautes terres de Provence ; Saint-Michel-l'Observatoire : C'est-à-dire, 2008, 223 p. . 33..

Environnement

La commune compte de bois et forêts..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Sisteron est catégorisée ceinture urbaine, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Sisteron, une unité urbaine monocommunale constituant une ville isolée.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sisteron, dont elle est la commune-centreLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Transports La commune est dotée d'une gare ferroviaire desservie par les TER de la relation Marseille-Briançon, ainsi que d'une gare routière.

Traversée par la départementale 4085 (route Napoléon), Sisteron est aussi desservie par l'A51 (tronçon Marseille-La Saulce), avec deux gares de péage (Sisteron-Nord et Sisteron-Sud).

Un tunnel, ouvert à la circulation en 1957, a été percé sous la butte portant la citadelle. Tout en facilitant la traversée de cette ville de passage, il a permis de préserver tout son cachet ancien.

Risques naturels et technologiques

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Sisteron est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Sisteron est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation (dans les vallées de la Durance et du Buëch) ; mouvement de terrain : quelques versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.

La commune de Sisteron est de plus exposée à plusieurs risques d'origine technologique : celui de transport de matières dangereuses, par rail, route et canalisations, essentiellement pour alimenter en matières premières les usines Seveso seuil haut appartenant aux sociétés Arkema à Saint-Auban et Sanofi à Sisteron : en ce qui concerne la voie ferrée, c'est la ligne de Lyon à Marseille (via Grenoble) qui traverse la commune ; l'autoroute A51 et les routes départementales 4085 (ancienne route nationale 85) et 4075 peuvent être empruntées par les transports routiers de marchandises dangereuses ; enfin, deux canalisations transportent des produits dangereux dans la commune : le gazoduc qui alimente le département en gaz naturel traverse la commune du nord au sud ; la canalisation Transalpes sert au transport de l'éthylène venant de Fos-Lavéra ; le deuxième risque majeur d'origine technologique est le risque industriel, lié à la présence de deux usines classées Seveso: l'usine Sanofi au nord de la ville, classée Seveso seuil haut (le plus grand danger). Le plan particulier d'intervention de l'usine Sanofi englobe toute la commune ;

enfin, le troisième risque technologique est le risque de rupture de barrage. En cas de rupture du barrage de Serre-Ponçon, toute la vallée de la Durance serait menacée par l'onde de submersion. À Sisteron, qui fait partie de la zone d'inondation spécifique (supérieure à la crue maximale de la Durance), elle aurait encore assez de puissance pour remonter sur dans celle du Buëch. Le centre de Sisteron, situé à du barrage, serait atteint en deux heures et dix-sept minutes, mais l'eau continuerait de monter pendant deux heures et dix minutes après l'arrivée de l'onde de submersion. Retenue par la cluse de Sisteron, la Durance monterait à un maximum de au-dessus de son cours normal (soit une altitude de NGF). Au nord de la cluse, les quartiers de La Baume, des Coudoulets, Plan de la Baume, et les zones industrielles seraient recouverts de plusieurs dizaines de mètres d'eau. Au sud de la Baume, les hauteurs d'eau seraient moindres, atteignant les , soit plus de au-dessus du cours normal. Cela suffirait à toucher le lycée, la gare, et à recouvrir l'autoroute.

Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été prescrit en 2003 pour les risques d'inondation, de mouvement de terrain et de séisme. Le Dicrim édition 2017 est consultable en mairie et en ligne (https://www.calameo.com/ville-de-sisteron/read/00215559814893a5157db).

La commune a été l'objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : en 1985 et 1994 pour des glissements de terrain, pour des inondations et des coulées de boue en 1993, 1994, 2008 et 2019, pour des sécheresses ayant entraîné des mouvements de terrain en 1989, 1999, 2005 et 2019. Dans la liste qui suit, figurent les tremblements de terre fortement ressentis dans la commune. Ils dépassent une intensité macro-sismique ressentie de V sur l'échelle MSK (réveil des dormeurs, chutes d'objets). Les intensités indiquées sont celles ressenties dans la commune, l'intensité peut être plus forte à l'épicentre : le séisme du , d'une intensité ressentie à Sisteron de V et demi et dont l'épicentre était situé à Sisteron même, le séisme du , d'une intensité ressentie à Sisteron de VI et dont l'épicentre était situé à La Motte-du-Caire, le séisme du , avec une intensité ressentie de V et Bussana Vecchia pour épicentre, le séisme du , avec une intensité ressentie de V et un épicentre situé à Sisteron.

Toponymie Dans l’Antiquité, le nom de la ville est attesté sous la forme Segusterone au ou Segusteronem ; puis civitas Segesteriorum, ensuite Segisterico en 739 ; on trouve encore la forme in comitatu… Sistericense au début du . En provençal (occitan) on écrit Sisteron (en norme classique) ou Sisteroun (en norme mistralienne) et prononce dans les deux cas [sisteˈruⁿ]. En occitan médiéval, les textes portent souvent la forme Sestaron.