Futures Vedettes est un film français réalisé par Marc Allégret et sorti en 1955.
Le film se déroule dans une école d’art, entre les cours de chant, danse et piano, les élèves se débattent avec les affres du passage à l’âge adulte. Deux élèves chanteuses s’éprennent de leur professeur de chant. Mais ce dernier est marié.
Synopsis Autriche, 1955. tous les élèves du Conservatoire de musique et de danse de Vienne n’ont d’yeux que pour leur beau professeur de chant, le ténor Éric Walter (Jean Marais) ; les garçons l’admirent et les filles sont toutes amoureuses de lui. Deux d’entre elles, Sophie et Elis, sont plus particulièrement éprises, rêvant de le conquérir bien qu’il soit déjà marié.
Éric vit séparé depuis quelque temps de sa femme Marie Koukowska-Walter (Denise Noël), une célèbre cantatrice qui ne songe qu'à son art. Lui, c’est un mari malheureux, faible, qui se console dans les bras de ses maîtresses, mais qui court vers sa femme dès qu’elle lève le petit doigt.
D’abord, prêtant peu d’attention à ces enthousiasmes juvéniles, car on n’est pas sérieux quand on a dix-huit ans, Éric ne peut plus résister, au cours de leçons particulières de chant à son domicile, à la ravissante et sensuelle apprentie danseuse et chanteuse, Sophie Dimater (Brigitte Bardot), habillée d’une jupe serrée et de pulls qui ont bien du mal à dissimuler une poitrine provocante. Elle possède véritablement la beauté du diable. Ils finissent par devenir amants occasionnels dans un climat d’affrontement permanent car Éric vit mal la séparation d'avec son épouse à laquelle il reste toujours profondément attaché, malgré les soins attentifs de son dévoué valet (Mischa Auer).
Elis Petersen (Isabelle Pia), l’autre élève, elle aussi éperdument amoureuse du professeur, est, de caractère, à l’opposé de Sophie. Élève de piano et de chant, Elis, une jeune fille très blonde, douce et diaphane, hypersensible, est un personnage romanesque. Son père sculpteur (Edmond Beauchamp), égoïste et solitaire, est fou de son art ; sa mère est alitée, gravement malade. Et lorsque cette dernière meurt, Elis croit, un moment, avoir gagné l'affection de son professeur bouleversé par sa beauté, sa simplicité et le climat de paix si agréable à vivre par rapport celui de la volcanique Sophie.
Mais lorsque Éric renoue avec son épouse, qui, ayant perdu sa belle voix, ne peut plus interpréter la Tosca et désire reprendre sa place près de son mari, la réaction des deux jeunes filles va être totalement différente.
Quand Elis s'aperçoit de son erreur : « il m’a embrassée alors qu’il ne m’aimait pas », elle est tentée alors, par désespoir, comme une héroïne tragique de mettre fin à ses jours. « La mort est une amie » dit-elle à Clément (Yves Robert), son répétiteur amoureux, qui essaie en vain de la raisonner, et de la dissuader de passer à l’acte.
Au contraire, Sophie, esseulée et triste, après une mémorable crise de nerf, va focaliser son esprit vers la pratique de la danse pour dépasser sa déception. Elle se met aussi à travailler le chant avec ferveur en s’imposant le défi d'être la meilleure à la grande soirée de fin d’année du Conservatoire. Sophie triomphe sur scène, en interprétant avec brio la mort d’Isolde, un extrait de Tristan et Isolde, l’opéra de Richard Wagner, devant un public enthousiaste et en présence du couple Walter, pendant que, très calmement, seule dans une loge, Elis sort son flacon de poison pour l’absorber, fort heureusement intercepté par Clément arrivé à temps.
À la fin du spectacle, Éric et son épouse viennent ensemble féliciter Sophie, pour sa performance qui lui ouvre un grand avenir. Les deux filles se retrouvent heureuses d’être à nouveau réunies, définitivement détachées de ce « vieux » professeur trop âgé pour elles, afin de s’engager sur la voie de la réussite.
De ces différentes épreuves, Éric, reprenant son rôle de professeur d’art lyrique, tire la conclusion que ses élèves, aguerries et mûries par la souffrance, ont gagné leur véritable tempérament d’artiste.
Fiche technique Titre : Futures Vedettes Réalisation : Marc Allégret Assistant : Pierre Boursaus Scénario : Marc Allégret et Roger Vadim d’après le roman de Vicki Baum Der Eingang zur Bühne (Entrée en scène, 1920) Dialogues : Roger Vadim, France Roche Décors : Raymond Nègre Maquillage : Gisèle Jacquin, Alexandre Marcus Coiffure : Simone Knapp Photographie : Robert Juillard Cadrage : Jean Lalier Son : Robert Biart Montage : Suzanne de Troeye Musique : Jean Wiener Voix : Jacques Jeansen, Annik Simon Chorégraphie : George Reich Photographe de plateau : Walter Limot Scripte : Odette Lemarchand Régisseur : Michel Choquet Production : Marc Allégret, Gilbert Cohen-Seat Directeur de production : Claude Ganz Sociétés de production : Régie du Film (France), Orsay Films (France), Del Duca Films (France) Société de distribution : Columbia-Sony Pictures TelevisionCNC. et Unifrance.org. (France) Studio : Franstudio - Saint Maurice Pays de production : Langue originale : français Format : noir et blanc — 35 mm — 1,37:1 — son mono Genre : comédie dramatique Durée : 95 minutes Date de sortie : France : Classification et visa CNC : mention « tous publics », visa d'exploitation délivré le
Distribution
Jean Marais : Éric Walter Brigitte Bardot : Sophie Dimater Isabelle Pia : Elis Petersen Yves Robert : Clément, pianiste-répétiteur Edmond Beauchamp : M. Petersen, le père d’Élis Denise Noël : Marie Koukowska-Walter Mischa Auer : Berger Lila Kedrova : Mme Dimater, la mère de Sophie Yvette Étiévant : Mme Petersen, la mère d’Élis George Reich : Dick Killian, danseur Léon Daubrel : le directeur Marcelle Hainia : l'habilleuse Alain Nobis : le professeur en médecine François Valorbe : König Daniel Emilfork : le professeur de violon Pierre Duprez Georges Baconnet : l'huissier du conservatoire Anne Colette : Marion Dimater Odile Rodin : Erika Guy Bedos : Rudi, violoniste Robert Clausse : M. "Prologue" Régis Fontenay : Pierre Vera Durey Claudie Chevallière Yva Synkova : Mademoiselle Lukas Danièle Heymann : Mademoiselle Pascale Mylène Demongeot (créditée "Marielle Demongeot") : la future vedette qui vocalise Pascale Audret (créditée "Pascale Auffrey") : Mademoiselle Bonnard Non crédités : Jean Wiener : le professeur de piano France Roche : la femme du monde Roger Vadim : le jeune homme au béret Mireille Granelli : Rosine Andréa Parisy : la danseuse recousant son chausson
Tournage Période de prises de vue : IMDb : Filming & Production.. Intérieurs : Studios de Saint-Maurice (Val-de-Marne). Extérieurs tournés à Vienne (Autriche) : Musée Albertina (scène où Sophie et Élis rentrent à la maison), Heldenplatz (scène où Éric dépose Élis en voiture), Académie autrichienne des sciences (extérieurs du « Conservatoire de Vienne » dans le film). Marc Allégret fit pression tous les soirs dans les coulisses des Bouffes-Parisiens, où Jean Marais jouait dans La Machine infernale avec Jeanne Moreau, pour que Marais accepte de jouer dans son film aux côtés de Brigitte Bardot Carole Weisweiller et Patrick Renaudot, Jean Marais, le bien-aimé, Éditions de La Maule, 2013, page 150 . Brigitte BardotExtrait de ses mémoires, Initiales BB, éditions Grasset, Paris, 1996, réédition 2020, . : Mylène DemongeotExtrait de son autobiographie, Tiroirs secrets, éditions Le Pré aux clercs, 2001, . : Le film d'Allégret peut être considéré, en quelque sorte, comme le film-fondateur des émissions télévisées à succès du Petit Conservatoire de Mireille Gilles Durieux, Jean Marais : Biographie, Paris, Éditions Flammarion, 2005, page 191 .
Autour du film Dans cette plongée anecdotique dans les coulisses du Conservatoire de Vienne, le grand intérêt de ce film est de reconnaître quelques talents en herbe, de « futures vedettes » : Yves Robert le futur grand cinéaste, Brigitte Bardot (alors épouse de Vadim) pas encore blonde mais déjà très future BB, Mylène Demongeot (encore prénommée Marielle), un jeune premier, en timide violoniste, dénommé Guy Bedos le futur humoriste, la future Pascale Audret (encore nommée Auffray) et aussi Lila Kedrova, la future interprète de la Bouboulina dans le film Zorba le Grec avec Anthony Quinn.
L’Amérique n’a peut-être rien inventé, car vingt-cinq années après le film de Marc Allegret, sortait sur les écrans, en 1980, Fame le grand film musical américain d'Alan Parker décrivant l’immense ambition des élèves adolescents à l'école des arts du spectacle, souhaitant tous devenir célèbres. Ils veulent la gloire, elle va s’acquérir à la sueur de leur front.
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