(mot latin signifiant « abeille ») est un genre qui regroupe sept à neuf espèces d'insectes sociaux de la famille des Apidés (Apidae) et de la sous-famille des Apinae. C'est le seul genre de la tribu des Apini.

Ces espèces produisent du miel en quantité notable ; ce genre regroupe donc les espèces qui sont principalement exploitées pour l'apiculture. Les membres de ce genre sont communément désignés par le terme abeilles, quoique ce terme puisse désigner aussi les taxons supérieurs Apoidea, Apidae et Apinae. Il existe d'autres espèces d'abeilles à miel en dehors du genre Apis, qui produisent du miel en très petites quantités.

L’apidologie est la spécialité de l'entomologie qui traite des abeilles domestiques.

Biologie Classification La classification des abeilles pourrait encore évoluer (avec notamment le programme Bee-Barcode of Life Programme Bee-Barcode of Life). On détermine généralement trois sous-genres : sous-genre Micrapis : Apis andreniformis Apis florea, ou abeille naine, dont le miel est aussi parfois collecté auprès de colonies sauvages. sous-genre Megapis : Apis dorsata, ou abeille géante, dont le miel est aussi parfois collecté auprès de colonies sauvages. Apis laboriosa ou abeille géante de l'Himalaya. sous-genre Apis : Apis cerana Apis koschevnikovi Apis mellifera, indigène d'Europe largement introduite sur d'autres continents comme l'Amérique et l'Australie. En apiculture, elle est la principale espèce élevée pour la production de miel. Apis nigrocincta, présente en Asie, est également élevée à grande échelle.

Certaines variétés sont considérées comme domestiques.

Morphologie et anatomie

thumb|left|abeille noire de facethumb|left|abeille noire de profilright|thumb|Le dard d'une abeille noire accroché à une tenue de protection à la suite d'une piqûrethumb|left|Faux bourdon thumb|right|trois yeux simples ou ocelles

Comme tous les insectes, le corps de l'abeille est divisé en trois parties : La tête qui porte : * Deux yeux composés latéraux, à quatre mille facettes. * Trois yeux simples. * Deux antennes coudées comportant douze articles poilus. * Un appareil buccal à la fois lécheur, possédant une langue, et suceur, formant un canal aspirateur. Le thorax formé de trois anneaux fusionnés, portant chacun une paire de pattes. Les six pattes de l’abeille se terminent par deux crochets, ainsi qu’un organe adhésif lui permettant de prendre prise sur de nombreux types de surfaces. L’abeille utilise également une sorte de peigne, composé de poils rigides sur ses deux pattes avant, pour nettoyer ses antennes. Ce nettoyage s’effectue lorsqu’elle y glisse ses antennes et relève la tête. Les pattes postérieures sont particulièrement adaptées à la récolte, par brosse et peigne, et au transport, par corbeille, du pollen. Sur les anneaux du thorax s'attachent deux paires d'ailes membraneuses à nervures peu nombreuses : pendant le vol les postérieures, plus petites, sont reliées aux antérieures par une vingtaine de crochets chitineux, ce qui les rend solidaires. Sur ces anneaux, s'ouvre une paire de petits orifices pour la respiration : les stigmates, servant à l'inspiration. L'abdomen formé de sept segments, dont six sont apparents, et composés de plaques rigides, une dorsale et une ventrale reliées latéralement par une fine lame chitineuse souple. Une lame du même type relie les segments successifs. Les segments un à six montrent des stigmates servant à l'expiration. Les segments trois à six ont, sous leurs plaques ventrales, des glandes cirières. Chez les femelles, l'abdomen présente, à son extrémité, un aiguillon venimeux, le dard.

Vol Des études montrent que de nombreux insectes bougent les ailes en un mouvement continu et large, de 145 à 165 degrés, environ 200 fois par seconde. En revanche, les abeilles dessinent des arcs plus restreints, d'environ 90 degrés, et doivent donc compenser par une fréquence plus élevée, jusqu'à 240 battements par seconde, soit presque le double de ce que leur taille laisserait prévoirNational Geographic France août 2008.

Les abeilles utilisent la position du soleil ainsi que le champ magnétique terrestre pour naviguer. Leurs yeux sont sensibles à la lumière polarisée ce qui leur permet de situer le soleil même quand il est voilé par des nuages. Il a été observé que les abeilles cessent de voler et tombent au sol à la suite d'une baisse soudaine de luminosité.

Biométrie La biométrie des abeilles est l'étude de leurs différents caractères physiques afin de déterminer leur race. Cette étude n'aurait pas été nécessaire il y a quelques siècles, les différentes races d'abeilles étant réparties géographiquement, mais l'hybridation volontaire ou non, due à la pratique de l'apiculture en tant qu'élevage a perturbé cette répartition.

Typologie

Reine

La reine est le seul individu femelle fertile de la colonie. Elle provient d’un œuf fécondé, identique à celui d'une ouvrière, mais pondu dans une cellule spéciale, la cellule royale. La larve sera nourrie exclusivement de gelée royale et c'est ce régime, et lui seul, qui lui permettra de devenir une reine.

Ouvrières

thumb|right|Une abeille sur une fleur de lavande Les ouvrières sont des femelles stériles, dont le fonctionnement ovarien est bloqué, là aussi, par la quantité d'hormones émise par la reine. Ce sont les individus les plus nombreux de la colonie, plus de quarante mille en général. Une ouvrière d'hiver vit quelques mois et une ouvrière d'été quelques semaines seulement. Les ouvrières fournissent la nourriture pour toute la colonie.

Faux bourdons

Les mâles, appelés aussi faux bourdons, parfois connus sous le nom d'abeillauds ou de drones, sont de plus grande taille que les femelles, et ils sont élevés du printemps au début de l’été.

Ils ont des yeux qui comportent 7000 facettes. Ils ne participent pas à la récolte du nectar ou du pollen, ayant une langue trop courte pour butiner les fleurs. Ils n'ont pas de dard, et sont donc sans défense. Ils ne sécrètent pas de cire d'abeille, de venin ou de gelée royale. Selon la race, on en compte environ 2500 par colonie, ils proviennent du développement d'ovules non fécondés : ils sont donc haploïdes, et n'ont pas de père. Ils ne sortent habituellement que pour la période de reproduction.

Leur rôle principal est la fécondation des jeunes reines, lors du vol nuptial mais ils sont également chargés de s'occuper de la ventilation au sein de la ruche. Ceux qui parviennent à s’accoupler à une reine meurent peu de temps après. Quant aux autres faux bourdons, les ouvrières cessent, à la fin de l’été, de nourrir ces bouches inutiles et, de plus en plus affaiblis à mesure que l’automne approche, ils finissent par être rejetés de la ruche et par mourir, épuisés.

Larves L'œuf fécondé est pondu par la reine au fond d’une cellule. Il éclot trois ou quatre jours après la ponte. La larve est d’abord nourrie avec de la gelée royale, liquide sécrété par les glandes nourricières des ouvrières, puis d'un mélange de pollen et de miel. Dix jours après la ponte, la larve a fini sa croissance et devient nymphe, la cellule est close d'un opercule de cire. La nymphe s’enveloppe d’un cocon. 21 jours plus tard, une jeune abeille sort enfin de sa cellule, elle a sa taille et son aspect définitifs. Trois semaines environ se sont écoulées depuis la ponte.

Espèces fossiles Selon Paleobiology Database ou Fossilworks, les six espèces fossiles, n'appartenant pas à un sous genre, s'établissent à : †Apis armbrusteri Zeuner 1931 †Apis lithohermaea Engel 2006 †Apis longtibia Zhang 1990 †Apis miocenica Hong 1983 †Apis petrefacta Říha 1973 †Apis vetusta Engel 1998 Sous genres

Selon Paleobiology Database ou Fossilworks, les sous-genres s'établissent à comme suit.

Sous-genres actuels

Micrapis : Apis florea Apis andreniformis

Megapis : Apis dorsata Apis laboriosa

Apis (sensu stricto) : Apis mellifera Apis cerana Apis koschevnikovi Apis nigrocincta

Sous-genres fossiles : Cascapis, Priorapis, Synapis

Vie sociale : la colonie Organisation

Système d'organisation right|250px

L’observation de nombreux faits et phénomènes liés à la vie des abeilles montre que leur organisation obéit à des principes d’économie sans faille.

Quelques exemples : Les ouvrières sont entièrement dévouées à la communauté et meurent toutes à la tâche. Des cas de parasitisme peuvent les faire s'entretuer au sein d'une colonie, et lorsqu'elles sont malades, les abeilles quittent le nid pour mourir plus loin ; les mâles également, dont le rôle est strictement limité à celui de reproducteurs, effectifs ou potentiels. Lorsque la reine est trop vieille pour une ponte correcte, ponte limitée, ou absence de fécondation qui amène l'éclosion exclusive d'individus mâles, les abeilles la tuent pour en élever une autre, afin de permettre à la colonie de survivre. Les gardiennes de la ruche n’hésitent pas à se sacrifier en attaquant des ennemis mieux armés qu’elles ; elles meurent généralement quand elles piquent, car elles ne peuvent survivre à la perte de leur dard. Une jeune reine à peine sortie de son alvéole tue immédiatement ses sœurs plus jeunes, la ruche ne pouvant pas se permettre, pour sa survie, de nourrir plus d'une reine à la fois. Lorsqu’une jeune reine va éclore, c’est la vieille reine qui, avec l’aide des ouvrières qui l’accompagnent, prend tous les risques en quittant la ruche, l’essaimage se produisant, sans aucune garantie de relogement « vital » (quittant la ruche avec chacune une réserve de survie de 3 jours de miel, l'essaim n'a pas beaucoup de temps pour agir surtout si le temps se gâte). Le cycle de vie d'une abeille est différent en été (une quarantaine de jours) et en hiver (environ 4 mois). En hiver, même par temps très froid, les abeilles font un petit vol hygiénique hors de la ruche. Les abeilles se guident et se reconnaissent aux phéromones de leur reine. Déplacée par l’Homme à plus de de sa ruche, une abeille ne la retrouvera pas. Tout individu improductif est éliminé sans délai : même les larves sont éjectées de la ruche si, après un épisode de printemps précoce qui a encouragé les vieilles ouvrières, ayant survécu au long hiver, à démarrer l’élevage de printemps, survient un retour du froid qui condamne à terme la viabilité des larves ainsi « mises en route ». Quand la saison est trop avancée, pour que ne soient pas compromises les chances de survie d’une colonie qui, venant à perdre sa reine, devrait pour la remplacer élever sans délai une nouvelle reine (qui doit être élevée pendant seize jours puis fécondée avant de pouvoir redémarrer au plus vite la ponte et l’élevage de nouvelles générations d’ouvrières destinées à la protéger pendant le prochain hiver), les ouvrières cessent de nourrir les mâles dont l’utilité en tant que reproducteurs disparaît. La forme hexagonale de la section des alvéoles est optimale quant à la quantité de cire nécessaire pour en ériger les parois. Dès l'année 1712, il a été établi, par l’astronome Jacques-Philippe Maraldi, neveu de Jean-Dominique Cassini, que le fond des alvéoles, qui n’est pas plat mais composé de trois losanges égaux juxtaposés, présente des losanges dont les angles ne font pas respectivement 120° et 60°, mais 109° 28' et 70° 32', les alvéoles situés sur l’une des faces des rayons n’étant pas placés en face de ceux de la face opposée mais de façon décalée (l’axe d’un alvéole d’une face est toujours situé dans le prolongement de l’intersection de la paroi commune à trois alvéoles contigus de l’autre face). Or, on peut démontrer que cette propriété correspond pour les alvéoles à un volume maximum pour une surface donnée : la quantité de cire utilisée est donc parfaitement minimisée (le cosinus de l’angle optimal vaut 1/3 et correspond bien à 70° 32').

Reine