Ahmed Djebbour, né le à Ténès en Algérie française et mort le à Paris en France, est un homme politique français.
Biographie Ahmed Djebbour est le fils de Mammar Djebbour et de Aïcha Mokrane. Il a épousé Ghennia ZianeActe de décès n°1901 du 27 juin 2011, Mairie de Paris 15e.
Commerçant, il est diplômé de la Médersa d'Alger et sous-lieutenant de réserve.
Proche de Jean-Marie Le Pen, Caroline Fourest et Fiammetta Venner, Marine Le Pen démasquée, Grasset, Le Livre de Poche, 2011, p. 334-335., ce dernier, alors secrétaire général du Front national des combattants, le présente en à une législative partielle organisée dans la deuxième circonscription de la Seine, à la suite du décès de Marcel Cachin, face à Alexis Thomas, Jean-Marie Le Pen, Mémoires : Fils de la nation, Muller Editions, 2018, p.175.
Le il est grièvement blessé de cinq balles, dans un café de la rue des Écoles à Paris, lors d'un attentat du Front de libération nationale (FLN), M. Ahmed Djebbour est victime d'un grave attentat, Le Monde, 30 juillet 1958. Une fois sorti de l'hôpital, Jean-Marie Le Pen l'emmène se reposer chez sa mère à La Trinité-sur-Mer.
En , lors des élections de la première législature de la République, il fait partie de la liste « Algérie française » de Pierre Lagaillarde, avec comme colistiers René Vinciguerra et Mourad Kaouah. Les quatre sont élus députés d'Alger et rejoignent le groupe parlementaire Unité de la RépubliqueL'Année politique, économique, sociale et diplomatique en France, Presses Universitaires de France, 1959, p.650 en ligneRobert Abdesselam fait aussi partie du groupe Unité de la République. Il est lui-même grièvement blessé en mai 1960 à Paris lors d'une tentative d'assassinat du FLN.
Ahmed Djebbour échappe par la suite à plusieurs attentats.
En , il s'élève contre les mesures, tel le couvre-feu, qui visent les Nord-Africains, « par solidarité avec les travailleurs et non avec le FLN » ; il considère que ce sont des « mesures discriminatoires et vexatoires qui frappent aveuglément les pauvres travailleurs sans, pour autant, mettre un terme aux crimes du FLN »JO du 8 octobre 1961«Deux député s'inquiètent des mesures prises pour lutter contre le terrorisme F.L.N. dans la région parisienne », Le Monde, 9 octobre 1961, lire en ligne.
Après la répression des manifestations du , il fait partie d'une mission d'information mandatée par la Commission des lois de l'Assemblée nationale, à laquelle participent notamment Marcel Sammarcelli, président de la Commission des lois, André Chandernagor, André Mignot et Michel Junot, et destinée à s'assurer que les prisonniers « politiques » détenus dans les prisons ne sont pas maltraitésAndré Chandernagor : , André Chandernagor, La liberté en héritage, Pygmalion, 2004, p.187« Trois députés s'indignent des conditions de détention des musulmans internés au camp de Vincennes. », Le Monde, 9 novembre 1961 en ligne.
Le , il fait une déposition au procès de Raoul Salan et prend sa défense. Il estime que « le général Salan l'a protégé, a protégé sa famille et ses amis. »Ahmed Djebbour : , Raoul Salan, Le procès du général Raoul Salan, Nouvelles Éditions latines, 1962, pp.186-192, Le Monde, 19 mai 1962, en ligne.
La fin des mandats des députés d'Algérie intervient en , date de l'indépendance de l'Algérie.
Ahmed Djebbour a « toujours considéré que le FLN n'était pas le parti qu'il fallait à l'Algérie »Selon le père de Dominique Lormier qui a connu Djebbour pendant la Guerre d'Algérie, Dominique Lormier, Histoires secrètes de la guerre d'Algérie, Alisio, 2022, p.54Ahmed Djebbour interviewé par la télévision belge en février 1962.
Après l'indépendance de l'Algérie, Ahmed Djebbour fait carrière à la COFACE au sein de laquelle il s’occupe spécialement de pays arabes. Il crée également avec Mourad Kaouah une association nationale d'aide aux Harkis, le Front national des rapatriés français de confession islamique (FNRFCI). Il en est le président jusqu'en 1974Fatima Besnaci-Lancou, Benoît Falaize, Gilles Manceron, Les harkis, histoire, mémoire et transmission, Éditions de l'Atelier, 2010, p.138 en ligne.
Il meurt le dans le .
Famille Son frère ainé, Mammar Djebbour (1920-1944), soldat au régiment de tirailleurs algériens ( RTA), est « mort pour la France » lors de la libération de Marseille le Fiche de Mammar Djebbour, site Mémoire des hommes, en ligne.
En 1986, une de ses deux filles, Soraya Djebbour, présentée par le Front national, est la première femme musulmane élue au conseil régional d'Île-de-FranceA noter que les premières femmes musulmanes députées à l'Assemblée nationale sont Kheira Bouabsa, Rebiha Khebtani et Nafissa Sid Cara élues dans la première législature de 1958. Voir sur le site de l'assemblée nationale, Kheira Bouabsa, Rebiha Khebtaniet Nafissa Sid Cara. Elle annonce cependant son départ du parti le , dénonçant un climat islamophobe, et cela trois heures avant l'émission de L'Heure de vérité qui avait pour invité Jean-Marie Le Pen, qui déclarera qu'il s'agissait d'un .. Son autre fille, Samia Lévy-Djebbour, est médecinRené Mayer, Français d'Afrique du Nord, René Mayer, 2007, p.302 en ligne.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Liste des députés de l'Algérie française
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