Les Tem (ou Kotokoli) sont une population d'Afrique de l'Ouest vivant principalement au centre du Togo, également au Ghana, au Bénin et au Burkina Faso. Les Tem tirent leurs origines du Burkina Faso actuel, ils se sont installés près de la Volta blanche (Volta (fleuve)) avant de se déplacer vers le Togo et le Benin. Les Tem parlent le tem, une des langues gour. Au cours des siècles, des peuples venus du Niger, Haoussas, des pays Yoruba, Mandingue etc. ont intégré le peuplement Tem (Kotokoli).
Ethnonymie Selon les sources et le contexte, on observe de multiples formes : Chaucho, Cotocoli, Cotokol, Kiamba, Kotokoli, Kotokolis, Kotokol, Temba, Tems, Timn, Tim, TimuSource RAMEAU, BnF .
D'après l'anthropologue Pierre Alexandre, le terme de kotokoli est rejeté par les auteurs allemands au profit de tem sans que cette exclusion soit justifiée du fait de l'ancienneté du terme kotoli qui remonte au XVIIIe siècle dès l'origine du royaume.
Langues Leur langue est le tem, une langue gour dont le nombre total de locuteurs est supérieur à . Environ ont été dénombrés au Togo en 1991, au Bénin en 2001 et au Ghana. Le français est parfois utilisé.
Histoire et société vignette|upright|gauche|Danseur de feu lors d'une cérémonie nocturne à Tinadou, près de Sokodé. L'histoire des Tems avant la période de la colonisation occidentale est encore mal connue. Sur le territoire du Togo actuel, en pays Tem, c’est le Royaume du Tchaoudjo grand royaume ouest-africain comparable à l'Ashenti ou au Dahomey formés au dans les régions voisines. Les Tems ont vécu d'abord dans la région de la Haute-VoltaEncyclopédie Larousse en ligne, article "Togo". Page consultée le 26 décembre 2016.. La tradition Tem est fêtée avec des différents groupes folkloriques.
Les Tems sont entrés en contact avec l'islam avec l'arrivée du clan egoma au . En théorie, l'islamisation aurait pu entraîner une rupture avec les croyances animistes des Tems et leurs pratiques rituelles (à but par exemple thérapeutique) ; en pratique, un syncrétisme s'est opéré et les tentatives iconoclastes luttant contre l'animisme (dans les années 1960, par exemple) sont restées sans grand effet. L'islam fait en revanche lui-même l'objet d'une récupération par le pouvoir politique, qui utilise ses relations avec les imams et une mise en scène rituelle musulmane pour conforter sa légitimité auprès de la population; cette récupération a été analysée en 2001 par l'ethnologue tem Roger AdjeodaMonique Selim, « ADJEODA (Roger), Ordre politique et rituels thérapeutiques chez les Tem du Togo », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 114 | avril-juin 2001, document 114.1, mis en ligne le 19 août 2009, consulté le 26 décembre 2016. .
vignette|Groupe Tem lors d'une soirée culturelle à l'université de Lomé. Les Tems forment une société organisée et hiérarchisée. L’organisation politique traditionnelle comporte un gouvernement caractérisé par l’exercice d’une autorité coercitive au moyen de l’usage ou de la possibilité d’usage de la force physique.
À l'époque les Tems étaient qualifiés des lions (gouni). Ils avaient un lion qui vivait dans un lieu nommé gounilawou, ce qui signifie en leur langue « forêt du Lion ».
Littérature tem/kotokoli Il existe une littérature orale en kotokoli qui a fait l'objet de transcriptions écrites depuis le Fousseni (1984)..
Cette littérature orale comprend notamment des contes. Plusieurs recueils en ont été faits à partir des années 1980. Une centaine de contes en kotokoli ont été recueillis au Togo dans le village de Kolowaré, près de Sokodé, dans les années 2000, par Silvano Galli, un prêtre italien, qui en a donné des éditions et des traductions en italien et en français en collaboration avec plusieurs autres personnesGalli (2008), Avant-propos par Bernard Jouanno, 7... Ces contes ont été racontés au cours d'assemblées festives où se trouvaient des conteurs reconnus comme Seybou Sebabe Giafago et Aboulaye Djibirila. Le conteur commence son conte par des formules variables et, à la fin, le public le remercie par la formule classique (), à quoi le conteur répond ()Galli (2008), 12, note 6.. Les contes ont été enregistrés sur cassettes audio et sur un lecteur MP3 avant d'être transcrits par écrit, édités et traduitsGalli (2008), Introduction par Silvano Galli, 11-12.. Les contes ainsi recueillis ne sont pas spécifiques à cette région mais sont connus un peu partout au Togo, au Bénin, voire dans toute l'Afrique de l'OuestSilvano Galli renvoie à Agbetiata et Nambou (1980) et Guichard (2008) pour comparaison avec d'autres variantes de ces contes recueillis dans les régions et pays voisins.. Beaucoup de ces contes mettent en scène des personnages d'animaux domestiques ou sauvages qui traversent diverses aventures et mésaventures dans des situations reflétant les sociétés humaines et montrent des personnalités variées, courageuses ou lâches, généreuses ou cupides, parfois rusées ou méchantes. Certains contes tem abordent des sujets paillards, sans en venir à former un genre à part entière, et on y retrouve des contes également connus chez une population voisine, les Tyokosi ; ces contes paillards tem ont également fait l'objet d'une édition et d'une traduction françaiseTchagbale et Lallemand (1982). Compte-rendu : Rey-Hulman Diana. Tchagbale, Zakari & Lallemand, Suzanne. - Toi et le ciel, vous et la terre. Contes paillards tem du Togo, compte-rendu dans Cahiers d'études africaines, vol. 24, n°93, 1984. pp. 115-116. .
Fête Kamaka Kamaka est la fête de la moisson chez les Kotokoli. Cette fête a lieu chaque samedi du mois de décembre.
Notes et références
Annexes
Bibliographie Histoire et société Roger (Yaovi) Adjeoda, Ordre politique et rituels thérapeutiques chez les Tem du Togo, L’Harmattan, Paris ; Montréal ; Budapest, 2000, 293 p. (texte remanié d’une thèse soutenue à l’Université de Paris 8 en 1995) Jean-Claude Barbier, L'histoire présente, exemple du royaume Kotokoli au Togo, Centre d'étude d'Afrique noire, Institut d'études politiques de Bordeaux, 1983, 72 p. Suzanne Lallemand, Adoption et mariage : les Kotokoli du centre du Togo, L'Harmattan, 1994, 287 p. Suzanne Lallemand, La mangeuse d'âmes, sorcellerie et famille en Afrique, L'Harmattan, 1988, 187 p.
Littérature Mamah Fousseni, La culture traditionnelle et la littérature orale des Tem, Steiner, Stuttgart, 1984, 336 p. (d’après une thèse à l’Université de Francfort-sur-le-Main, 1981 Aledjou Affo Laré et Silvano Galli, La Fille à la main coupée. Contes kotokoli, Kolowaré, 2006. Aledjou Affo Laré, Tcha-Djéri Bédéwiya et Silvano Galli, Quand les Souliers parlaient aux hommes. Contes Tem, Kolowaré, 2007. Silvano Galli, Le Puits du savoir. Contes kotokoli, édition bilingue kotokoli-français, textes transcrits par Tcha-Djéri Bédéwiya, traduction par Affo Laré, Kpazin Edmond et Silvano Galli, Kolowaré, 2008, 272 pages. Komia Agbetiata et Yao Nambou, Contes du Togo, CLE International, 1980. Mamah Fousséni, Contes tem, Nouvelles Éditions Africaines, Lomé, 1988, 108 p. Michel Guichard, D'une sagesse à l'autre, Cotonou, 2004. Zakari Tchagbale, Suzanne Lallemand,Toi et le ciel, vous et la terre : contes paillards tem du Togo, Société d'études linguistiques et anthropologiques de France : Agence de coopération culturelle et technique, Paris, 1982, 235 p.
Articles connexes Démographie au Togo Liste des groupes ethniques du Ghana Liste des groupes ethniques d'Afrique
Liens externes
Catégorie:Wikipédia:ébauche Togo Catégorie:Groupe ethnique au Togo Catégorie:Groupe ethnique au Ghana Catégorie:Groupe ethnique au Bénin Catégorie:Groupe ethnique au Burkina Faso