Bérenger, né vers 1180, mort à Palerme en , est comte de Provence de 1196 à 1209. Il est le fils d', roi d'Aragon, comte de Barcelone, de Roussillon et de Provence, et de Sancie de Castille.

Son règne est marqué par la lutte qui l'oppose continuellement au comte de Forcalquier, , dont il a épousé la petite-fille et héritière, Garsende de Sabran. lui conteste en effet son autorité sur la Provence et la possibilité d'hériter de Forcalquier. bénéficie en revanche de l'aide et du soutien des membres de sa famille, en particulier son oncle, le comte de Roussillon Sanche, et son frère, le roi d'Aragon . En 1209, la mort d' et de met un terme au conflit, puisque Raimond-Bérenger, fils du premier et arrière-petit-fils du second, réunit les deux comtés.

Biographie 300px|thumb|La Provence partagée entre comté de Provence, comté de Forcalquier et marquisat de Provence (1125). Jeunesse C'est en 1180 que naît le second fils d', roi d'Aragon et comte de Barcelone, qui reçoit le prénom d'Alphonse Bérenger. Ses origines le rattachent aux grands lignages européens. Du côté de son père, Alphonse Bérenger appartient à la famille de Barcelone, qui a réuni la plupart des comtés catalans, ainsi que le royaume d'Aragon. Sa mère, Sancie de Castille, est la fille du puissant roi de Leon et de Castille , surnommé « l'Empereur », et de Richezza de Pologne, rattachée à la famille ducale de Silésie et à la famille impériale des Hohenstauffen.

En 1181, à la suite de l'assassinat du comte de Provence, , par un proche de , le comte de Toulouse, avait cédé le comté de Provence à son frère, Sanche, afin qu'il l'aide à contrôler ce territoire, convoité par . Mais, Sanche, qui avait cherché une paix séparée avec le comte de Toulouse, est écarté du pouvoir en 1185. décide finalement de diviser ses possessions entre ses deux fils : il donne le royaume d'Aragon et le comté de Barcelone à son fils aîné, Pierre, tandis que le cadet, Alphonse Bérenger, reçoit les comtés de Provence et de Gévaudan. En 1193, afin de consolider la position d'Alphonse Bérenger en Provence, il organise le mariage de son fils avec Garsende de Sabran, la petite-fille et héritière du comte de Forcalquier , ancien allié de . Celui-ci est célébré en à Aix-en-ProvenceMarcellin Fornier, Histoire générale des Alpes Maritimes ou Cottiènes, , éd. H. Champion, Paris, 1890, p. 711.. Le mariage est ensuite confirmé à Tolède.

La dévolution de la Provence à Alphonse Bérenger est confirmée par le roi d'Aragon dans son testament, fait à Perpignan en 1194. En 1195, fait la paix, sur la base du traité de Tarascon, avec le fils et successeur de , . Lorsqu'il meurt en 1196, de retour d'un voyage à Saint-Jacques-de-Compostelle, laisse à Alphonse Bérenger, âgé de quinze ans, un comté en paix avec ses voisins.

Règne En 1196, Alphonse Bérenger devient comte de Provence sous le nom d'. À cause de sa jeunesse, il est placé sous la tutelle de son oncle Sanche.

doit rapidement affronter l'hostilité du comte de Forcalquier, , qui récuse les précédents actes de soumission et les accords passés avec le père d'. Avec le soutien du seigneur des Baux, , du comte de Toulouse, , du prince d'Orange, , et du vicomte de Marseille, Roncelin, il entame les hostilités et ravage la région d'Aix-en-Provence en 1199. Les seigneurs coalisés échouent cependant à prendre la villeMariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal..., p. 473..

En 1202, s'allie au dauphin du Viennois, , et lui donne en mariage son autre petite-fille, Béatrice, dotée des comtés de Gap et d'Embrun. La guerre reprend entre et , mais elle tourne à l'avantage du comte de Provence, qui occupe Sisteron en 1202 et oblige à respecter les termes du traité. En 1203, avec l'aide de son frère , impose une trêve à à Aigues-Mortes Angel Canellas López, « Relaciones politicas, militares y dinasticas... », p. 10.. Ils proclament ensemble une paix de Dieu protégeant les « églises, les clercs voyageant sans armes, les troupeaux et les domestiques des églises, les abbayes de moines blancs et de moines noirs, les Templiers, les Hospitaliers, les chanoines réguliers, [...] les léproseries, etc. »Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal..., p. 474..

En 1204, assiste à Montpellier au mariage de son frère, , avec l'héritière des seigneurs de Montpellier, Marie. L'année suivante, alors que est parti à Rome afin de renouveler son serment de vassalité au pape, la guerre reprend entre les comtes de Provence et de Forcalquier. , fait prisonnier, ne doit sa libération qu'à l'intervention de son frère Angel Canellas López, « Relaciones politicas, militares y dinasticas... », p. 10..

En 1207, nomme l'Anglais Gervais de Tilbury, juge mage de ProvenceMartin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet, La Provence au Moyen Âge, p. 84..

Le , s'embarque avec des nobles aragonais, catalans et provençaux pour Palerme, afin d'accompagner sa sœur, Constance, qui a été promise au jeune roi de Sicile, Frédéric de Hohenstaufen. Veuve du roi de Hongrie Imre depuis 1204 et sans enfant, elle était retournée en Aragon, auprès de son frère .

Mort Arrivé à Palerme, et un grand nombre des nobles qui l'accompagnent sont victimes de maladie : le comte de Provence meurt au mois de . Son épouse Garsende gouverne le comté de Provence au nom de leur fils . Au mois de septembre de la même année, à la suite de la mort de , elle hérite du comté de Forcalquier, mettant fin aux conflits qui opposaient les comtes de Provence de la maison de Barcelone et les comtes de Forcalquier.

Le corps d' est d'abord enterré dans la cathédrale de Palerme, avant d'être finalement ramené en Provence, où son tombeau est placé dans la chapelle des Hospitaliers érigée à Aix-en-ProvenceF. Guillibert, L'Église Saint-Jean de Malte d'Aix. Son histoire, ses restaurations, impr. J. Nicot, Aix-en-Provence, 1896, p. 2..

Mariage et descendance En , épouse à Aix-en-Provence Garsende de Sabran, fille de Rainier de Sabran, seigneur du Caylar et d'Ansouis, et de Garsende, héritière du comté de Forcalquier. Ils ont deux enfants connus :

ou (1198 - 1245), comte de Provence et de Forcalquier (1209 - 1245) ; Garsende, mariée à , vicomte de Béarn.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Martin Aurell, Jean-Paul Boyer et Noël Coulet, La Provence au Moyen Âge, Publications de l'Université de Provence, Aix-en-Provence, 2005 . . Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l', 2011. Angel Canellas López, « Relaciones politicas, militares y dinasticas entre la Corona de Aragon y los paises de Languedoc de 1204 à 1349 », Revista de Historia Jerónimo Zurita, vol. 53-54, Institución «Fernando el Católico», Saragosse, 1987, p. 7-36.

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