Henri Kagan né Eizikman dit Henri Cogan, né le dans le Acte de naissance (vue 24/31) avec mentions marginales des reconnaissances, de la légitimation, du mariage et du divorce. Archives en ligne de la Ville de Paris, état-civil du arrondissement, registre des naissances de 1914. et mort le à Boulogne-Billancourt, est un acteur et cascadeur français.
Biographie Né Henri Eizikman, Henri Cogan est reconnu officiellement en par sa mère, Esther Eizikman (1889-1944), puis en par son père, David Kagan (1892-1959), et enfin légitimé par le mariage de ses parents, tous deux originaires de Russie, en . Aîné d’une fratrie de cinq enfants, après avoir habité un temps dans le quartier de la Goutte-d’Or, il emménage avec sa famille dans le quartier de la Villette où son père a ouvert un petit atelier de confection. Très tôt, il se passionne pour le sport. Il aimerait bien devenir boxeur, mais ses parents s’y opposent. Il se tourne alors vers la lutte gréco-romaine. À seize ans, il décroche déjà ses premiers titres en championnat.
La montée de l’antisémitisme et l’invasion de la France par les troupes allemandes en 1940 empêchent Henri Cogan d’exercer officiellement son métier d’éducateur sportif et de kinésithérapeute, mais il poursuit malgré tout la lutte à haut niveau. Pendant l’Occupation, il échappe de peu à une rafle ; un de ses frères, une sœur et sa mère sont déportés et ne reviendront pas des camps. Interdit de pratiquer son sport, il est obligé d’accepter toutes sortes de petits boulots. Avec un autre jeune lutteur émigré italien nommé Lino Ventura, il se fait discret pour échapper au STO (Service du Travail Obligatoire). Pendant la Seconde Guerre mondiale, aux côtés de Jean Gabin, il est un engagé de la du général Leclerc, et participe à toutes les campagnes de la division (notamment Koufra, Tripolitaine, libération de Paris, de Strasbourg). C'est pendant ses années de garnison et de vie militaire qu'il découvre la savate, et la lutte gréco-romaine, ce qui va plus tard influencer son envie de devenir lutteur lui-même après son retour à la vie civile en 1945. De même, conduisant des véhicules, en particulier la Jeep, il va être incité à découvrir l'univers des cascadeurs, et des cascades. À la Libération, Henri Cogan abandonne la lutte pour se lancer dans le catch, sport très en vogue à l’époque. Il devient rapidement champion de France et, avec son ami Lino Ventura, il participe à de nombreuses tournées à travers le pays mais aussi en Europe.
C'est au cours d'un combat de catch avec Lino Ventura, en au Cirque d'Hiver lors d'un championnat d'Europe, qu'Henri Cogan casse involontairement la jambe de son adversaire en le projetant dans des chaises métalliques, ce qui force ce dernier à abandonner sa carrière de lutteur, un malheur pour le catch mais une heureuse nouvelle pour le cinéma qui va faire de Lino Ventura une de ses plus grandes vedettes.
Henri Cogan fait lui aussi son arrivée dans le milieu cinématographique au début des années 1950, d’abord comme cascadeur et conseiller pour les bagarres dans un bon nombre de films policiers et d’action. Sa bonne gueule virile et son physique d’athlète sont ensuite vite mis à contribution pour jouer les faire-valoir dans plus de soixante productions pour le grand et le petit écran jusqu’à la fin des années 1980. On le voit beaucoup dans des rôles de truands ou de bagarreurs comme dans Les Chiffonniers d'Emmaüs (1955) de Robert Darène, Toute la ville accuse (1956) avec Jean Marais, Lemmy pour les dames (1962) avec Eddie Constantine ou Le Pacha (1968) avec Jean Gabin. Il apparaît dans des films en costumes dirigés par Bernard Borderie tels que : Les Trois Mousquetaires (1961) avec Mylène Demongeot, Le Chevalier de Pardaillan (1962) avec Gérard Barray et Merveilleuse Angélique (1965) avec Michèle Mercier. Il travaille aussi en Allemagne, en Italie et en Angleterre, mais c’est sous la direction de son ami Georges Lautner qui l’emploie dans treize de ses films qu’il joue ses rôles les plus mémorables, notamment dans Les Tontons flingueurs, en 1963, où il partage l’affiche avec Lino Ventura, Francis Blanche, Bernard Blier et Jean Lefebvre. C'est à cette occasion, treize ans après leur dernier combat sur le ring que dans une scène où ils doivent simuler une bagarre, Lino Ventura lui donne un violent coup de poing à la mâchoire qui le jette à terre. Devant sa surprise, Ventura lui dit :
Viendront ensuite Il était une fois un flic (1971) avec Michel Constantin et Mireille Darc et Joyeuses Pâques (1984) avec Jean-Paul Belmondo et Sophie Marceau. Il termine sa carrière en coordonnant les cascades sur L'Invité surprise (1989) avec Éric Blanc et Victor Lanoux.
Il a très souvent joué aux côtés de Jean Luisi dans des rôles de truands durant les années 1970, et notamment dans plusieurs comédies réunissant Jean Lefebvre et Henri Guybet. Il a souvent des seconds rôles de truand bagarreur. On le voit en particulier dans La Môme vert-de-gris, Une Parisienne, Les Trois Mousquetaires, L'Œil du Monocle, Les Tontons flingueurs (dans la scène où il prend un coup de poing au cours de la réunion des cadres et ne s'en remet pas), Angélique et le Sultan, Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques, Il était une fois un flic, Les Seins de glace, Joyeuses Pâques, et La Vie dissolue de Gérard Floque qui est son dernier film en 1986.
Retiré en région parisienne, Henri Cogan, toujours aussi physiquement imposant, continuera jusqu’à la fin de sa vie à pratiquer différents sports. Cet artiste fidèle en amitié qui avait le rire et la plaisanterie faciles, meurt dans sa , le à Boulogne-Billancourt, dans une certaine indifférence. Sa fille Dany Kogan, qui suit son exemple, est également actrice.
Il est inhumé au cimetière de MontmartreCimetières de France et d'ailleurs.
Filmographie Cinéma Acteur 1947 : Un flic de Maurice de Canonge : un homme de Zattore 1952 : La Môme vert-de-gris de Bernard Borderie : un copain de l'électricien 1954 : Votre dévoué Blake de Jean Laviron : Sam 1954 : Les Chiffonniers d'Emmaüs de Robert Darène : le bagarreur 1954 : Ça va barder de John Berry 1955 : Pas de pitié pour les caves d'Henry Lepage : Riton 1955 : Goubbiah, mon amour de Robert Darène : le balafré 1955 : Toute la ville accuse de Claude Boissol : un gangster 1956 : Les Truands de Carlo Rim : un cow-boy au saloon 1956 : L'Homme et l'Enfant de Raoul André : Henri Cogan 1956 : Le Feu aux poudres d'Henri Decoin : Matt 1957 : Le Grand Bluff de Patrice Dally : un joueur 1957 : Incognito de Patrice Dally : Antoine 1957 : Méfiez-vous fillettes d'Yves Allégret : un homme de main de Palmer 1957 : Quand la femme s'en mêle d'Yves Allégret : Alberti 1957 : Une Parisienne de Michel Boisrond : un bagarreur 1958 : La Bigorne, caporal de France de Robert Darène : Tom Wright 1958 : Ça n'arrive qu'aux vivants de Tony Saytor : Michel 1958 : Peter Foss, le voleur de millions (Peter Voss, der Millionendieb) de Wolfgang Becker : Otto 1959 : Marche ou crève de Georges Lautner : Kasger 1959 : Bobby Dodd greift ein de Géza von Cziffra 1959 : Paradies der Matrosen de Harald Reinl : Matrose Joe 1960 : Chien de pique de Yves Allégret : un gardien 1960 : Comment qu'elle est ? de Bernard Borderie : Zucco 1960 : Me faire ça à moi de Pierre Grimblat : Grognon 1961 : En plein cirage de Georges Lautner : un truand 1961 : Les Trois Mousquetaires : Les Ferrets de la reine de Bernard Borderie : Mousqueton 1961 : Les Trois Mousquetaires : La Vengeance de Milady de Bernard Borderie : Mousqueton 1962 : Le Chevalier de Pardaillan de Bernard Borderie : le meunier 1962 : L'Œil du Monocle de Georges Lautner : Archiloque 1963 : À toi de faire... mignonne de Bernard Borderie : Pierrot 1963 : Hardi ! Pardaillan de Bernard Borderie : un sbire du Duc de Guise 1963 : Les Tontons flingueurs de Georges Lautner : Freddy 1963 : Comme s'il en pleuvait (Tela de arena), de José-Luis Monter : Thug 1964 : Angélique, marquise des anges de Bernard Borderie : Cul-de-Bois 1964 : Les Gorilles de Jean Girault : (non crédité) 1964 : Merveilleuse Angélique de Bernard Borderie : Cul-de-Bois 1964 : Du grisbi pour Hong Kong (Ein Sarg aus Hong-Kong), de Manfred R. Köhler : un combattant 1964 : L'Homme d'Istambul (Operacion Estambul) de Antonio Isasi-Isasmendi : Cogan 1965 : Le Liquidateur (The liquidator) de Jack Cardiff : Yakov 1965 : Jerry Cotton contre les gangs de Manhattan (Mordnacht in Manhattan) de Harald Philipp : Bruce 1965 : Agente 3S3, passeport pour l'enfer (Agente 3 S 3 passaporto per inferno) de Sergio Sollima : Sanz 1966 : Brigade antigangs de Bernard Borderie : Le Limousin 1967 : Angélique et le Sultan de Bernard Borderie : Bolbec 1967 : Fleur d'oseille de Georges Lautner : Riton Godot 1967 : Le Pacha de Georges Lautner : Riton 1968 : Catherine, il suffit d'un amour de Bernard Borderie : Gros-Téton 1969 : La Folle de Chaillot (The Madwoman of Chaillot) de Bryan Forbes : un serveur 1970 : Le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques de Michel Audiard : le conducteur du second engin (non crédité) 1970 : Sapho ou la Fureur d'aimer de Georges Farrel : le peintre 1971 : Il était une fois un flic de Georges Lautner : Jeannot (non crédité) 1972 : Quelques messieurs trop tranquilles de Georges Lautner : Maurice 1973 : Hit ! (Commando sur les stups) de Sidney J. Furie : Bornou 1974 : Pas de problème ! de Georges Lautner : un tueur en noir 1976 : L'Hippopotamours de Christian Fuin : le masseur 1984 : Joyeuses Pâques de Georges Lautner : un cascadeur 1986 : La Vie dissolue de Gérard Floque de Georges Lautner : l'homme du couple âgé
Coordinateur des cascades 1961 : Le Miracle des loups d'André Hunebelle 1963 : Comme s'il en pleuvait (Tela de araña) de José Luis Monter 1963 : À toi de faire... mignonne de Bernard Borderie 1963 : Des frissons partout de Raoul André 1965 : Nick Carter et le Trèfle rouge de Jean-Paul Savignac 1971 : Il était une fois un flic de Georges Lautner 1973 : La Valise de Georges Lautner 1974 : Les Seins de glace de Georges Lautner 1986 : La Vie dissolue de Gérard Floque de Georges Lautner 1988 : L'Invité surprise de Georges Lautner
Maître d'armes 1961 : Les Trois Mousquetaires : Les Ferrets de la reine de Bernard Borderie 1961 : Les Trois Mousquetaires : La Vengeance de Milady de Bernard Borderie 1968 : Le Pacha de Georges Lautner
Télévision 1953 : Danse sans musique de Claude Barma 1974 : Chéri Bibi : Un bagnard compagnon de Chéri Bibi 1974 : À vous de jouer Milord (feuilleton télévisé), de Christian-Jaque 1981 : La vie des autres (Série TV) : L'inspecteur 1982 : Médecins de nuit d'Emmanuel Fonlladosa, épisode : Quingaoshu (série télévisée) : Le patron du fast-food
Bibliographie La vie de Henri Cogan est longuement évoquée . dans un article de Slobodan Despot, publié en , consacré à son gendre Youri Iourtchenko, époux de sa fille Dany Kogan.
Notes et références
Liens externes
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