Les automotrices dites « classiques » sont des automotrices doubles de la SNCB, mises en service entre 1939 et 1981 et dont les derniers exemplaires ont été retirés du service le .. Elles constituent la première série massive d'engins automoteurs électriques commandés par la SNCB, avec près de 500 exemplaires au total. Plusieurs sous-séries se sont succédé, groupées par commande et années de fabrication. Les différences se font principalement au niveau de la chaine de traction, l'allure générale étant fort similaire.
Aspects techniques Traction Les moteurs de traction sont des moteurs à courant continu à excitation série prévus pour une tension de 1500V. Ils sont répartis sous les deux voitures. Mis à part les rames de la première sous-série (AM39) tous les bogies sont dotés d'un moteur de traction entrainant un seul essieu, et donc d'un essieu non-motorisé.
Les automotrices construites jusqu'en 1970 (jusqu'au numéro 664) sont munies d'un équipement de démarrage électromécanique du système JH agissant sur les résistances du rhéostat ; celles construites à partir de 1970 (à partir du numéro 665) sont équipées de hacheurs à thyristors. La commande en unité multiple restant compatible entre les deux systèmes en simulant les crans du JH dans la logique de commande des thyristors.
Les 4 moteurs des AM à JH sont disposés en série au démarrage, puis en série-parallèle par la suite. Sur les AM à thyristors, les moteurs sont disposés en permanence en série-parallèle.
Attelages Elles sont accouplables entre elles grâce à un attelage semi-automatique Henricot et permettent l'intercirculation (à l'exception des huit premiers engins livrés en 1939) par une porte placée sur chaque face d'extrémité, en position centrale, ce qui réduit l'espace disponible pour le poste de conduite placé à droite, alors que le compartiment de gauche est utilisé pour l'armoire haute tension sur l'une des voitures et un compartiment pour l'accompagnateur dans l'autre. Elles peuvent également fonctionner en couplage avec les automotrices quadruples (AM 75) dont l'équipement électrique est inspiré des automotrices classiques contemporaines, mais alors sans intercirculation.
Freinage Sur ces engins, le frein de service est un frein électropneumatique d'un type particulier (le FVEL 5), qui utilise d'abord un freinage commandé électriquement et agissant sur la pression du réservoir de commande du distributeur ou, en cas d'avarie à celui-ci, un frein direct pneumatique. Le frein automatique est présent, mais est alimenté en permanence à la pression de régime (électrovalve EMV420) et ne sert que de frein de sécurité (urgence, rupture d'attelage ou découplement intempestif, signal d'alarme…).
Aménagement intérieur Configuration initiale Ces automotrices étaient équipées de deux plateformes d'embarquement sur chaque caisse, en position intermédiaire, dotées de portes pliantes s'ouvrant sur les deux faces latérales. Ces plateformes délimitaient donc 3 compartiments par caisse (le compartiment central était plus grand que les deux compartiments d'extrémité et l'une de ses extrémités était occupé par le WC, accessible depuis la plate-forme attenante). L'une des voitures combinait le fourgon, la première classe - divisée par une paroi intermédiaire pour séparer les places fumeurs des places non-fumeurs) et un petit compartiment de seconde classe.
À l'origine, les sièges en étaient des banquettes en simili cuir de couleur bleu foncé dans les compartiments non-fumeur et de couleur vert foncé pour le compartiment fumeur, en configuration "2+3" (trois places d'un côté du couloir central, deux de l'autre). En , des banquettes de deux places de part et d'autre du couloir sont mieux rembourrées qu'en seconde classe, recouvertes de velours rouge-orange pour le compartiment non-fumeur et en velours vert pour le compartiment fumeur. Suivant les modèles, l'espace fumeur en variait entre 8 et assises et l'espace non-fumeur variait respectivement entre 16 (si 12 en fumeur) et 20 (si 8 en fumeur) places assises. En , l'espace fumeur s'est progressivement réduit. Au début des années 2000, il ne comportait plus que assises. La cigarette sera interdite dans les trains belges à partir du .. Ultérieurement, le remplacement de revêtement des sièges s'est donc fait sans distinction : le vert foncé s'est généralisé pour les sièges en et le rouge-orange pour les sièges en .
Les parois des compartiments sont couvertes de mélaminé clair; l'éclairage est assuré par des tubs fluorescents, des porte-bagages en aluminium sont disposés au dessus de chaque siège ou banquette. Le chauffage est assuré par des radiateurs électriques placés sous les sièges. L'accès entre les compartiments et les plateformes se fait au moyen de portes vitrées coulissantes manuellement. Seule la porte séparant la de la seconde classe n'est pas vitrée lorsqu'elle n'est pas adjacente à une plateforme, permettant ainsi une séparation visuelle des deux classes.
Modernisations vignette|Couplage entre une AM62 et une AM66 rénovée. Les automotrices les plus anciennes ont conservé leur aménagement intérieur d'origine durant toute leur carrière. En , l'automotrice 606 (alors encore en livrée verte) est présentée en version rénovée par l'atelier central de Malines, en charge habituellement des grands entretiens des automotrices. Elle sera suivie de la 633 et de tous les matricules des séries 05 et 06 (AM 66 à 79), à l'exception des 6 automotrices "Sabena". vignette|L'aménagement intérieur rénové en seconde classe... vignette|... et en première classe. La rénovation consiste en un démontage complet, recablage, pose d'un chauffage à air pulsé à la place des radiateurs sous les sièges, des WC en circuit fermé; une insonorisation et une isolation améliorée, incluant de nouvelles fenêtres à double vitrages.
Considérant que ces automotrices seront principalement affectées aux services omnibus, en ce compris en heure de pointe, le réaménagement ne peut réduire la capacité en places assises. De nouvelles banquettes sont toutefois installées en seconde classe. Un peu mieux rembourrées, elles sont recouvertes d'un similicuir violet. Des porte bagages longitudinaux, intégrant un éclairage fluorescent indirect surplombent des compartiments plus aérés. En première classe, de nouveaux sièges individuels remplacent les banquettes en velours.
Cette importante mais tardive rénovation laisse penser que ce matériel pourrait atteindre l'âge respectable de avant d'être retiré du service. vignette|La livrée New Look des automotrices rénovées.
En 2006, un contingent de 40 automotrices (dont certaines ont déjà été concernées par la rénovation précédente) sont équipées d'un convertisseur statique et d'un Système d'information voyageurs (SIV) à afficheurs ainsi que d'une modification de la livrée pour être utilisées sur le précurseur du réseau express régional (RER) de Bruxelles, service dénommé commercialement CityRail par la SNCB. Les deux petits compartiments centraux sont équipés de strapontins longitudinaux à la place des banquettes afin d'augmenter leur capacité. Elles sont également renumérotées (de 961 à 999).
Livrées extérieures vignette|AM50 en état d'origine en livrée à deux tons de vert. Les huit premières automotrices arborent une livrée bleue et crème à leur livraison en 1939, mais dès 1950, elles sont progressivement repeintes en en deux tons de vert comme les vingt-six engins de la sous-série suivante avec lesquelles elles circulent.
Dès 1955, la SNCB fait le choix d'une livrée uniformément verte "wagon". les engins livrés précédemment seront repeint au cours les années qui suivent à l'occasion de leur révision. Cette livrée présente initialement trois petites moustaches jaunes sur les coins de caisse, à hauteur des phares (qui à l'époque ne sont pas dédoublés pour y adjoindre des feux rouges distincts, ils ne seront installés qu'à partir de la fin des années 1970). Pour améliorer la visibilité des rames, les moustaches seront replacées par de larges bandes jaunes couvrant presqu'intégralement la zone sous les pare brises et se terminant en oblique au delà du coin de la caisse. La porte d'intercirculation est également peinte en jaune, mais pas le large cadre qui cache le demi-soufflet. vignette|Livrées New Look, CityRail et bordeaux.
A noter qu'en 1956, une petite commande de 22 engins donne lieu à la mise en oeuvre d'une carrosserie en acier inoxydable (procédé Budd) qui ne fera donc l'objet d'aucune peinture. Cette expérimentation sera sans lendemains.
Au milieu des années 1980, l'adoption du plan IC-IR va de pair avec une nouvelle image de marque, et une livrée à dominante bordeaux pour le matériel roulant. Celle-ci est également appliquée aux automotrices au gré des révisions.
En 1988, la poste Belge demande à la SNCB de renforcer le parc d'automotrices affectées au transport du courrier entre les centres de tri provinciaux. Quinze automotrices de la sous-série AM54 sont transformées en à cet effet et sont repeintes dans la couleur rouge de la poste.
Enfin, au début des années 2000, la rénovation intérieure des 150 engins livrés dans les années 1970 va de pair avec leur remise en peinture en livrée "New Look" (puis cityrail pour 40 engins). alt=|vignette|Livrée CityRail.
Retrait du service Ces engins ont eu une carrière d'environ 40 ans. Une première vague de radiation concerne les sous-séries très spécifiques à la fin des années 1970 pour par exemple les huit engins livrés en 1939.
Fin des années 1990, une série d'automotrices ayant atteint les 40 ans de carrière est proposée à la vente. Des opérateurs privés et/ou locaux italiens se portent acquéreurs d'une vingtaine d'entre eux. Le fait que le réseau italien soit électrifié en 3000 volts courant continu comme le réseau belge est une aubaine pour ces petites sociétés qui leur évite de devoir investir dans du matériel neuf.
En 2013, les automotrices Desiro (séries 08.000 et 08.500) - qui sont livrées par Siemens depuis 2008 - ont terminé leurs maladies de jeunesse et la SNCB les engage massivement en service commercial. Les 93 automotrices classiques subsistant en livrée bordeaux (produites entre 1962 et début 1966) sont alors réformées et vendues en bloc au chantier de démolition eCore (ex Recylux / Paridans) à Aubangehttps://www.sudinfo.be/art/791918/article/regions/luxembourg/2013-08-23/93-automotrices-de-la-sncb-seront-detruites-a-aubange "93 automotrices de la SNCB seront détruites à Aubange" (sur sudinfo.be). Le dernier trajet effectué par une automotrice classique en livrée bordeaux a eu lieu le entre Libramont et Arlon.
En , c'est au tour des premières automotrices rénovées de suivre le même cheminhttps://rail.lu/materiel/sncbam62.html "Automotrices SNCB série AM 62 / AM 63 / AM65 / AM 66 en attente de démolition sur le faisceau de la gare d'Athus en 2015" (sur rail.lu).
En 2024, c'est au tour des voitures à double étage M7 et de leur voiture motrice d'être jugées suffisamment fiables pour reprendre le service des AM Cityrail et AM 70 JH toujours actives. L'annonce est faite prématurément au début de l'année, mais c'est finalement à l'entrée lors de l'adaptation semestrielle du service le que les derniers engins sont retirés du service actif.
La 660 sera la seule de ce dernier lot à être conservée par le musée Train World, où elle rejoindra quelques consœurs des sous-séries précédentes.
Sous-séries
AM 39