vignette|Les îles Britanniques. L’histoire des îles Britanniques était, il y a quelques siècles, l’histoire de plusieurs États qui dominaient la Grande-Bretagne et l’Irlande. Ces différents territoires étaient cependant unifiés à des moments précis, notamment sous domination anglaiseVoir l’histoire du Royaume-Uni.. L’histoire des îles Britanniques a également été influencée par des pouvoirs extérieurs et l’impact que ces peuples avaient sur le reste du monde.

Aujourd’hui, les îles Britanniques connaissent deux États souverains, l’Irlande et le Royaume-Uni. Trois territoires sont qualifiés de « dépendance de la Couronne » : Guernesey, Jersey et l’île de Man. Le Royaume-Uni peut encore être divisé en quatre Home Nations constituantes, il s’agit de l’Angleterre, de l’Irlande du Nord, de l’Écosse et du pays de Galles. Chacune de ces nations a son histoire propre et toutes, à l’exception de l’Irlande du Nord, étaient indépendantes à un moment donné.

Le monarque britannique était chef d'État de toutes les îles Britanniques après l’Union des Couronnes en 1603 jusqu’à la mise en œuvre du Republic of Ireland Act de 1949.

Tableau chronologique

Néolithique et protohistoire vignette|Stonehenge L'Âge de glace laisse un paysage montagnard froid et humide. Jusqu'au VI millénaire av. J.-C., ce que nous appelons « Grande-Bretagne » est reliée à l'Europe continentale par un territoire presque aussi vaste appelée Doggerland, qui se trouvait alors dans la partie méridionale de la mer du Nord.

Comme dans le reste du continent européen, la transition néolithique dans les îles Britanniques correspond à un mouvement de populations et non à une acculturation des populations locales. Elle est liée à l'arrivée, il y a 6 000 ans, de populations de fermiers portant une ascendance anatolienne, ces populations remplaçant en grande partie les populations présentes de chasseurs cueilleurs Selina Brace et al., Population Replacement in Early Neolithic Britain, biorxiv.org, 18 février 2018. Les ancêtres des populations néolithiques britanniques semblent avoir suivi la voie de dispersion méditerranéenne et sont probablement entrés en Grande-Bretagne depuis le nord-ouest de l'Europe continentale.

La diffusion de l’agriculture est « retardée » d’au moins un demi-millénaire après son arrivée dans les régions adjacentes du continent européen Miriam Cubas et al., Latitudinal gradient in dairy production with the introduction of farming in Atlantic Europe, Nature Communications, volume 11, Article numéro: 2036, 2020. vignette|Newgrange Les terres servent surtout à l'élevage de bétail. La production agricole et artisanale est ainsi limitée (en Écosse, on ne retrouve pas de trace d'activité de poterie), la population est beaucoup moins dense qu'en Europe. Par conséquent, l'organisation politique n'est pas très développée. La population néolithique présente sur les îles développa les techniques d'agriculture afin de mieux rentabiliser les terres en les rendant plus fertiles. La construction de Stonehenge, dans le Sud de l'Angleterre, montre que les structures religieuses simples se complexifient et sont ritualisées.

Une migration massive survient il y a environ depuis le continent qui introduit la culture campaniforme dans les îles. La propagation du complexe campaniforme est associée au remplacement d'environ 90 % du patrimoine génétique existant en quelques centaines d'années. Cette migration se produit dans le prolongement de l'expansion vers l'ouest qui avait amené l'ascendance liée à la steppe pontique en Europe centrale et du nord au cours des siècles précédents Iñigo Olalde, Selina Brace, Morten E. Allentoft et al., The Beaker phenomenon and the genomic transformation of northwest Europe, Nature, volume 555, pages 190–196, 8 mars 2018 Arrival of Beaker folk changed Britain for ever, ancient DNA study shows, theguardian.com, 22 février 2018. Il est probable que l'hydronymie des îles Britanniques soit liée à cette population Peter R. Kitson river-names British and European River-Names, Transactions of the Philological Society, 94(2):73 - 118, mars 2008.

Période pré-romaine

À partir de 1000 av. J.-C., la civilisation celtique se caractérise notamment par l'édification d'oppidums et le développement d'une industrie métallurgique. Civilisation guerrière très hiérarchisée, elle est dominée par une classe aristocratique. On distingue avant la conquête romaine les Brittons (en latin Britanni), c'est-à-dire les habitants de la Grande-Bretagne protohistorique ; les Gaels, habitants de l'Irlande protohistorique ; les Pictes en Écosse ; les autres peuples dont le caractère celtique est soit incertain, soit controversé pour la période protohistorique, comme les Calédoniens.

Selon la tradition gréco-romaine, Pythéas de Massilia a visité les îles Britanniques lors de ses voyages dans l'Atlantique ( ). Pythéas a écrit une description des îles Britanniques dans son ouvrage - aujourd'hui perdu - que des auteurs classiques ultérieurs ont cité, bien qu'ils doutaient de certains de ses contenus. Pythéas fut le premier à décrire les îles britanniques en grec. La description de Pythéas de la Grande-Bretagne comme une île triangulaire était très influente : il a décrit ses trois points comme au sud-est, au sud-ouest et à l'extrémité nord. Ces toponymes sont probablement à identifier avec le Kent (habité par les Cantii), avec la péninsule de Lizard en Cornouailles, et avec Dunnet Head à Caithness (en face des Orcades).

Période romaine

vignette|redresse=1.2|Province romaine de Britannia

En 55 av. J.-C., la République romaine convoitant les richesses minières des îles Britanniques, entame, avec Jules César, la conquête de la Grande-Bretagne. Durant cette occupation qui durera jusqu'au début du , les Romains développent un réseau routier et un tissu urbain qui sera à l'origine des villes britanniques modernes. Ils mèneront aussi auprès des peuplades celtes une politique d'assimilation, notamment chez les Bretons qui, presque romanisées, deviendront alors des Britto-Romains. Les autres peuples celtiques, notamment ceux d'Écosse et d'Irlande ainsi que des Bretons de l'ouest, échappant au joug de Rome et donc peu réceptif à cette stratégie, conserveront cette culture celte, attitude qu'ils garderont lors de l'arrivée des Anglo-Saxons.

Période post-romaine

Au cours des , les peuples et les structures de pouvoir des îles Britanniques sont redistribués, avec des migrations de Bretons, de Scots, de Pictes et d'Anglo-Saxons. Ainsi les îles .

Haut Moyen Âge À la fin du et au début du , ces migrations prennent fin. De nouvelles politiques et cultures apparaissent et les îles Britanniques deviennent . Les églises et les monastères se multiplient, ainsi que les écoles monastiques et ses scriptoria. Ces institutions produisent les . Des moines des îles Britanniques renforcent le christianisme en Europe continentale. Vers 600, le moine irlandais Colomba d'Iona apporte un monastacisme rigoureux à l'est de la Gaule et au nord de l'Italie. Du Wessex, Boniface de Mayence organise les églises de Germanie dans le deuxième quart du . De Northumbrie, Alcuin a inspire les réformes politiques et religieuses de l'Empire franc. De plus en plus de sources écrites témoignent de l'époque. Les principales sources narratives sont rejointes par des témoignages documentaires provenant des lois royales, des canons conciliaires et des sources diplomatiques telles que les chartes royales préservés.

Entre la fin du et le début du , les îles Britanniques sont de plus en plus sous l'influence de la Scandinavie et de l'Europe continentale. L'attaque de Lindisfarne en 793 est la première attaque viking contre l'Ouest à être enregistrée. Puisque ce sont des ecclésiastiques qui souffrent et qui enregistrent par écrit ces événements, les effets négatifs de cette expansion scandinave sont bien connus : Alcuin et la Chronique anglo-saxonne enregistrent ce raid, bien qu'à une certaine distance dans le temps et dans l'espace.

Les Anglo-Saxons

Peu de peuples des îles Britanniques sont alphabétisés à cette époque, et l'on parle souvent d'« âges sombres » pour la période allant de 400 à 800 de notre ère. Il n'y a pratiquement aucune source écrite concernant cette époque. Des légendes et sagas comme celle du roi Arthur ont leur origine dans cette période.

Bien que les Romains aient occupé l'île de Bretagne pendant près de 400 années, ils ne lèguent pas de culture aux peuples qui leur succèdent — à l'exception des bâtiments et objets. Des tribus germaniques, les Jutes, les Angles et les Saxons, envahissent le sud de l'île et fondent une série de royaumes, dont les plus puissants sont le Kent, la Northumbrie, la Mercie et le Wessex, qui s'étendent progressivement vers l'ouest.

Les Bretons sont majoritairement chrétiens et la mission de Saint Patrick s'étend de l'Irlande en Écosse au . En revanche, les Anglo-Saxons restent attachés à leur paganisme germanique. L'ère chrétienne de l'Angleterre ne commence qu'en 597 avec la christianisation des rois du Kent par Augustin de Cantorbéry et atteint un premier apogée vers 700 grâce à l'œuvre de Bède le Vénérable.

Parmi les royaumes anglo-saxons, la Northumbrie domine le , puis la Mercie prend la relève au . Le est marqué par une montée en puissance du Wessex.

Angleterre

Les Vikings commencent leurs raids sur l'Angleterre avec le pillage du monastère de Lindisfarne en 793. Au début, les Vikings se contentent de piller, au fur et à mesure ils s'établissent en Angleterre et font du commerce. Le territoire sous dominance des Vikings est connu sous le nom de Danelaw et depuis 884 la région est reconnue par les autres souverains britanniques. Encore aujourd'hui on peut retrouver beaucoup de traces de l'ère des Vikings, notamment dans la langue anglaise. Les traits communs du vieil anglais et de la langue nordique, le vieux norrois, conduisent à un grand échange. York est une agglomération des Vikings sous le nom de Jorvik.

Alfred le Grand s'oppose à la menace danoise est remporte la bataille d'Ethandun en 878. Il accepte néanmoins l'existence du Danelaw. Alfred réussit à s'emparer de Londres et donne ainsi à son royaume un centre véritable. À la même époque, un premier sentiment national anglais se fait remarquer. Les successeurs d'Alfred créent un système administratif avec des Sheriffs à la tête des comtés, des Shires, plusieurs comtés sont réunis en un Earldom avec à leur tête un Earl.

Le roi Æthelstan repousse les Cornouailles de l'Exeter en 936, le fleuve Tamar marquant la frontière de son royaume de Wessex. Il se nomme Rex totius Britanniae, « roi de toute la Grande-Bretagne », bien qu'il ne soit que suzerain du pays de Galles et d'Écosse. Il peut néanmoins dominer la Northumbrie de manière durable. Après 930, tous ses documents sont issus d'une même chancellerie à Winchester, et l'on peut donc supposer que cette ville fait figure de capitale de son royaume.

Sigéric de Cantorbéry conseille au roi Æthelred le Malavisé de lever une taxe générale, le danegeld. En 991, après la défaite de Maldon dans l'Essex, il utilise ces ressources pour payer un tribut de livres aux Vikings, pour les persuader ainsi de se retirer. En 1002 il se marie à la princesse normande Emma, en espérant leur soutien contre les Vikings, qui mène plus tard aux invasions normandes de l'Angleterre. En 1013 il s'enfuit devant Sven I en Normandie où il meurt en 1016.

Le Danois Knut le Grand est son successeur qui règne sur l'Angleterre et le Danemark en union personnelle. Il épouse la veuve d'Æthelred et se convertit au christianisme. En 1028, il fait la conquête de la Norvège qui sera christianisée par des prêtres anglo-saxons.