La rue de Vaugirard, qui traverse les 6 et arrondissements, est la plus longue voie de Paris intra-muros, avec de longueurL'avenue Daumesnil fait au total mais seulement dans Paris intra-muros, son extension étant dans le bois de Vincennes, rattaché administrativement au de Paris, mais au-delà des limites historiques de la ville., correspondant à quatre cent sept numéros d'immeubles.

Situation et accès

La rue de Vaugirard part du boulevard Saint-Michel, au niveau de la place de la Sorbonne et se termine à la jonction des boulevards Victor et Lefebvre, à la porte de Versailles. Au-delà des boulevards des Maréchaux, elle est prolongée par l'avenue Ernest-Renan. La circulation sur chaussée y est à sens unique sud-nord sur la majeure partie de son tracé ; elle est à double sens sur la portion comprise entre la rue de Rennes et la place Paul-Claudel, derrière le théâtre de l'Odéon.

Accès De la station Falguière à la station Porte de Versailles, la ligne 12 du métro suit le tracé de la rue de Vaugirard, selon cet ordre : Falguière ; Pasteur (correspondance avec la ligne 6, qui sort de terre à cet endroit) ; Volontaires ; Vaugirard, qui est située au cœur même de l'ancien village de Vaugirard ; Convention ; Porte de Versailles, (la ligne continue encore dans l'axe de la rue de Vaugirard jusqu'à Mairie d'Issy à Issy-les-Moulineaux).

En outre, la station Saint Placide, sur la ligne 4, est sur le tracé de la rue. L'arrêt s'est également appelé Vaugirard à l'origine, du fait que les deux lignes appartenaient à des réseaux différents, mais il a rapidement changé de nom pour éviter la confusion.

Origine du nom Le nom de la rue fait référence à l'ancienne commune de Vaugirard, aujourd'hui intégrée à Paris. Il est une déformation de « val Gérard », en hommage à Gérard de Moret, abbé de Saint-Germain. Il contribua au à l'essor de ce qui était alors un hameau, qui s'est successivement appelé « Valgérard », « Vaulgérard » et enfin « VaugirardJacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Éditions de Minuit, . ».

Historique thumb|left|La future rue de Vaugirard sur plan de Roussel (Paris, 1730).

La rue est à l'origine une voie romaine reliant Lutèce à Autricum (Chartres) « Carte de la Lutèce gallo-romaine ( »), sur l'Atlas historique de Paris.. Au Moyen Âge, cette voie correspond à la route qui partait de l'enceinte de Philippe Auguste (au niveau de l'actuelle rue Monsieur-le-Prince) en direction du village de VaugirardFélix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, Éditions Maisonneuve & Larose, 1855, .. Jusqu'au , ce chemin reste rural, mais la voie s'urbanise à partir de 1550. Au , dans le contexte de la Contre-Réforme, on y construit notamment des couvents (Filles du Calvaire, religieuses du Précieux Sang, ., Carmes déchaussés). Au début du , le palais du Luxembourg est bâti à l'emplacement d'un hôtel particulier du milieu du appartenant à François de Piney, duc de Luxembourg. Dans les années 1780, le mur des Fermiers généraux est érigé (actuel boulevard Pasteur) et la barrière de Vaugirard est construite à l'entrée de la rue.

La voie s’est successivement appelée, dans sa partie parisienne avant l’annexion de 1859-1860, « Chemin de Bel-Air », « rue des Vaches », « rue de la Verrerie » et « rue du Luxembourg ».

Elle est citée sous le nom de « rue de Vaugirard » dans un manuscrit de 1636 dont le procès-verbal de visite, en date du , indique qu'elle est .

À la fin du , le théâtre de l'Odéon est construit sur le terrain du jardin de l'hôtel du prince de Condé. Une loi du prévoit l'élargissement de la rue.

Juste avant la Révolution française, la rue de Vaugirard fait partie de la paroisse Saint-Sulpice. La paroisse continue au-delà du mur des Fermiers généraux sur la partie droite de la route de Vaugirard jusqu'aux environs de la rue Copreaux où commence la paroisse de Vaugirard. Du côté gauche de la route, le territoire dépend de la paroisse Saint-Étienne-du-MontJean Junié, Plan des paroisses de Paris avec la distinction des parties éparses qui en dépendent dressé par J. Junié, ingénieur géographe de Monseigneur l’Archevêque et géomètre des Eaux et forêts de France en 1786, service des Travaux historiques de la Ville de Paris, 1904 ()..

Après l'annexion de Vaugirard à Paris par la loi du , la grande rue du village de Vaugirard est annexée officiellement le .. La rue de Vaugirard et la grande rue de Vaugirard fusionnent le , . pour donner une rue de plus de quatre kilomètres de long. Le village de Vaugirard s'est développé le long de sa grande rue et ce n'est qu'au début du que la commune se développe, du fait notamment de l'urbanisation de la rue Lecourbe en avant de la barrière de SèvresVaugirard sur l'Atlas historique de Paris.. Au moment du rattachement de Vaugirard à Paris, la rue est presque entièrement bâtie entre l'ancienne barrière de Vaugirard et la porte de VersaillesCadastre révisé des communes annexées (1830-1850), commune de Vaugirard, tableau d'assemblage Toutes sections, échelle 1/10000, cote CN/203..

Au début du , la rue est prolongée vers l'est pour rejoindre le boulevard Saint-Michel, passant le long du lycée Saint-Louis, débouchant en face de la Sorbonne (mais ce court prolongement représente moins de 1 % de la longueur totale de la rue)Le prolongement a été ouvert en 1911 (décret du 23 janvier 1908).. Elle a son autre extrémité à la porte de Versailles.

Le 29 mai 1918, durant la Première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose au rue de Vaugirard Excelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute. D'autres obus tombent, le au , le au .

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire À la porte de Versailles, la rue de Vaugirard est à proximité immédiate du parc des expositions et du Palais des sports. Elle longe : les installations sportives de l'Unité d'enseignement et de recherche d'éducation physique et sportive (UEREPS) ; l'hôpital Vaugirard - Gabriel-Pallez ; le square et la place Adolphe-Chérioux, jouxtants la mairie du ; l'Institut Pasteur ; le lycée Buffon près du boulevard Pasteur (on peut voir sur cette façade un cadran solaire) ; l'arrière de l'hôpital Necker-Enfants malades entre le boulevard Pasteur et le boulevard du Montparnasse ; le Sénat et le jardin du Luxembourg d'un côté, et le théâtre de l'Odéon de l'autre ; le lycée Saint-Louis, atteignant le boulevard Saint-Michel en face de la Sorbonne ; l'université Panthéon-Assas ; l'Institut catholique de Paris.

Entre le boulevard Saint-Michel et le boulevard Pasteur : la rue de Vaugirard historique vignette|Devant le palais du Luxembourg, siège du Sénat. vignette|L'ancienne École mutuelle, au . Bas-relief d'Aimé Millet (1850).

: le général John Armstrong, Jr., ambassadeur des États-Unis en France, habita en 1810 dans l'édifice qui se trouvait à cette hauteur.. : le comédien André Falcon vit soixante ans dans cet immeuble. Une plaque lui rend hommage. : le poète Paul Verlaine fréquenta cet hôtel de 1889 à 1894. Une plaque lui rend hommage. : l'écrivain norvégien Knut Hamsun vit et travaille dans cet immeuble entre 1893 et 1895. Une plaque lui rend hommage.

: en 1855, adresse de l'imprimerie Charles Lahure (ancienne maison Crapelet) pour le Sénat et la Cour de cassationŒuvres complètes de Casimir Delavigne, 1855, .. Ensuite, une école élémentaire puis, depuis 2020, la Cité Audacieuse« La cité audacieuse, un lieu unique pour les femmes », paris.fr, mise à jour le 1 mars 2023.. : Émile Zola habite un temps un logement au sixième, à la terrasse donnant sur le jardin du Luxembourg, un des multiples domiciles parisiens successifs de cet écrivain durant l'existence précaire de sa jeunessePaul Alexis, Émile Zola. Notes d’un ami, chapitre V : « La lutte littéraire », sur Wikisource.. : ancien jeu de paume, racheté par François de La Guérinière et son associé Jean-François de Colmenil, qui le transforment en manège d'équitation. École ouverte aux jeunes nobles qui fermera en 1733 pour s'installer 6, rue de Tournon. : le peintre Diogène Maillart (1840-1926) avait un atelier à cette adresse en 1870Ministère des Beaux-Arts, Salon de 1870, Paris, 1870, .. : entrée du palais du Luxembourg, classé aux monuments historiques depuis 1862.. : Petit Luxembourg. : vestiges de la façade Renaissance de la chapelle du couvent des Filles du Calvaire. Le couvent, édifié en 1625, est fermé à la Révolution. Une faible partie est vendue en 1790-1791, la chapelle devient un magasin, le reste du couvent est transformé en caserne. Il est, ensuite, utilisé pour y enfermer les accusés politiques traduits devant la Chambre des pairs. En 1848, il est démoli à l’exception du cloître (jardin d’hiver du Petit-Luxembourg) et de la façade de la chapelle qui a été démontée et déplacée lors de l’élargissement de la rue, en 1845. La petite cour, à l’avant, marque son emplacement.

: en , une antéfixe, ornement décorant le bord d’un toit dans l’Antiquité, est découverte à la hauteur de ce lors de fouilles conduites par l’inspecteur du département de la Seine, Charles Magne. Celle-ci est aujourd’hui conservée au musée CarnavaletGilbert-Robert Delahaye, « Masques humains et Sainte Face sur les antéfixes de l’Antiquité et du Haut Moyen Ȃge », Data Persée.. Une partie de l’immeuble relève du patrimoine immobilier affecté au Sénat« Règlement du Sénat et instruction générale du bureau », Sénat, 2021.. : adresse de décès de l'imprimeur Joseph Tastu en 1849. Emplacement, en 1885, de La Librairie artistique de l'éditeur Henri LaunetteCent dessins de maîtres, Paris, H. Launette, 1885.. : à partir de 1810, le Premier Empire installe clandestinement des machines à produire des faux billets libellés en livre sterling à cette adresse. : une partie de l’immeuble relève du patrimoine immobilier affecté au Sénat. : Jean Anouilh et Monelle Valentin y habitèrent entre 1932 et 1939Bernard Beugnot, Chronologie, in Jean Anouilh, Théâtre – I, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade (2007) .. : en 1793, Jean-François Chalgrin y installa une des seize plaques en marbre dans lesquelles était gravé le mètre étalon. À l'origine, celle-ci devait être posée rue de Tournon. Dans cet immeuble se trouvait l’imprimerie Béthune et Plon. C'est ici que l'imprimeur éditeur Joseph Tastu (1787-1849) installe son imprimerie en 1821., en compagnie de son épouse Amable Tastu (1795-1885), écrivaine. : les comtesse hongroises Blanche et Emma Teleki y vécurent ; une plaque leur rend hommage. (démoli) : domicile parisien du comte de Montlosier (1755-1838)Henri Dulac, Almanach des 25000 adresses des principaux habitans de Paris pour l’année 1835, 1835.. : embouchure de la rue Servandoni, précédemment rue des Fossoyeurs.Face à cette rue fut fondé, en 1622, le premier couvent parisien de bénédictines de Notre-Dame du Calvaire dit « couvent des filles du CalvaireVoir par exemple le plan de Turgot (1739). ». Pour le distinguer du second couvent de Notre-Dame du Calvaire parisien, érigé en 1634 dans le quartier du Marais, il est aussi désigné sous les noms de « couvent du Petit-CalvaireLa Clef du cabinet des princes de l’Europe ou recuëil historique & politique sur les matières du tems, tome 85, impr. André Chevalier, janvier 1772, (en ligne) » et, plus rarement, sous celui de « couvent du Petit-Luxembourg ». Établi sous la haute protection de Marie de Médicis, à l'instigation du père Joseph (1577-1638), le couvent des filles du Calvaire de la rue de Vaugirard était attenant à la façade ouest de l'hôtel particulier dit Petit LuxembourgPhotographie des vestiges de l’ancien couvent des filles du Calvaire vus depuis le jardin du Luxembourg, prise vers 1903/1920 par Eugène Atget (en ligne) sur le site gallica.bnf.fr., dans l’enceinte même des terres acquises par la reine mère (actuel jardin du Luxembourg) pour la construction du palais du Luxembourg (achevé en 1625).