Le Marwari, ou Malani, est une race de chevaux originaire de la région de Mârvar (ou Jodhpur) dans l'état du Rajasthan, au nord ouest de l'Inde. Il descend vraisemblablement de poneys autochtones indiens, croisés avec l'Arabe, et peut-être des chevaux mongols. Les Rathores, chefs traditionnels de la région de Mârvar dans l'Ouest de l'Inde, sont les premiers à élever le Marwari. À partir du , ils suivent des critères de reproduction stricts qui favorisent la pureté et la rusticité. Employé dans l'Histoire comme cheval de cavalerie par les habitants de la région de Mârvar, le Marwari est remarqué pour sa fidélité et sa bravoure au combat. La race s'est affaiblie dans les années 1930, lorsque de mauvaises pratiques de gestion ont entraîné une réduction du cheptel des reproducteurs. Elle retrouve désormais la popularité. En 1995, un premier registre généalogique est créé pour le Marwari en Inde.

Ce cheval est connu pour ses oreilles incurvées vers l'intérieur en forme de croissant de lune, particularité propre à certains équidés du sous-continent indien. De taille variable, il peut porter toutes les robes, bien que les patrons de robe pie soient plus populaires auprès des acheteurs et des éleveurs. Il est connu pour sa rusticité, et assez similaire à la race voisine du Kathiawari. De nombreux représentants vont l'amble naturellement. Le Marwari est utilisé pour la traction légère afin de réaliser divers travaux agricoles, aussi bien que pour l'équitation et comme cheval de bât. Depuis les années 2000, ces chevaux commencent à être exportés vers les États-Unis et en Europe. Ils restent rares, mais ne sont pas menacés d'extinction.

Histoire vignette|gauche|Pages du manuscrit de Shalihotra, montrant les anciens chevaux de l'Inde.|alt=Pages d'un manuscrit ancien, rempli d'écritures. Plusieurs peintures de chevaux sont représentées, y compris des chevaux en liberté et interagissant avec les humains. La race est aussi nommée « Malani »..

Origines Le Marwari descend de poneys indigènes indiens croisés avec des chevaux arabes. Les poneys étaient de petite taille et robustes, mais aussi de mauvaise conformation. L'influence du sang arabe a amélioré leur apparence sans compromettre leur résistance. L'influence du cheval mongol, venu du nord, n'est pas à exclure., de même que celle de l'Akhal-Teke venu du Turkménistan. La race est probablement originaire du Nord-Ouest de l'Inde, près de la frontière avec l'Afghanistan, ainsi que de l'Ouzbékistan, du Kazakhstan et du Turkménistan.

Légendes L'une des principales légendes fondatrices du Marwari veut qu'il descende de chevaux arabes issus d'un navire de charge qui fit naufrage au large de la côte ouest de l'Inde. Cette légende affirme qu'un navire arabe, contenant sept chevaux de bonne race, a fait naufrage au large du Kutch. Ces chevaux auraient ensuite été capturés par le district de Mârvar (aussi appelé la région de Jodhpur) qui lui a donné son nom, et ils furent utilisés comme étalons fondateurs pour la race Marwari.

Une autre légende raconte qu'un étalon Arabe noir parcourait le désert quand il tomba amoureux d'une jument à la crinière blonde. Par une nuit où la lune formait un croissant, il s'unit à elle. Leurs poulains naquirent tous avec des oreilles en forme de croissant, d'où la race des Marwari..

Influence des Rathores Le Rathores, dirigeants du Mârvar et membres de la célèbre cavalerie Rajput, sont les éleveurs traditionnels du Marwari. Forcés de quitter leur Royaume de Kânnauj en 1193, et de se retirer dans le désert de Thar, ils dépendent de leurs chevaux pour leur survie. Ils suivent un strict processus de sélection, afin de ne garder que les meilleurs étalons pour la reproduction de la race. À l'époque, les chevaux sont considérés comme des êtres divins. Parfois, ils ne sont autorisés à être montés que par les membres de la famille Rajput et les Kshatriyas, de la caste des guerriers.. Lorsque les Mongols capturent le Nord de l'Inde au début du , ils apportent avec eux le cheval turkmène, qui a probablement été croisé avec le cheptel local. Les Marwari sont renommés au cours de cette période pour leur bravoure et leur courage dans la bataille, ainsi que leur loyauté envers leurs cavaliers. À la fin du , les Rajputs de Mârvar, sous le commandement de l'empereur moghol Akbar, forment un groupe de cavalerie fort de plus de . Les Rathores estiment qu'un cheval Marwari ne peut quitter un champ de bataille que sous trois conditions : la victoire, la mort, ou en portant son maître gravement blessé en sécurité. Les chevaux sont formés pour être extrêmement réactifs sur le champ de bataille. Ils réalisent des manœuvres complexes afin de circonscrire l'adversaire. Plus de 300 ans plus tard, au cours de la Première Guerre mondiale, les lanciers Marvars, sous le commandement de Pratap Singh d'Idar, ont aidé les Britanniques.

Déclin de la race La période du Raj britannique hâte la chute du Marwari, comme le fait à terme l'indépendance de l'Inde. Les occupants britanniques préfèrent d'autres races et tentent d'éliminer les Marwari ainsi que les Kathiawari. Les Anglais préfèrent en effet le Pur-sang (lui-même anglais) et le poney de polo, détruisant la réputation du Marwari au point que même ses oreilles tournées vers l'intérieur, typiques de la race, sont raillées comme étant une marque indigène. L'acharnement des Anglais contre la race, qualifié de , manque de la faire disparaitre.

Pendant les années 1930 le Marwari périclite, l'élevage diminue et se fait de moins bonne qualité en raison de pratiques médiocres. L'indépendance de l'Inde, ainsi que l'obsolescence des guerriers à cheval, conduit à une diminution du besoin en animaux Marwari et beaucoup sont tués par la suite. Dans les années 1950, de nombreux nobles indiens perdent leurs terres et, en partant, abandonnent une grande partie des animaux qu'ils possèdent, ce qui entraîne la vente comme cheval de bât, la castration, ou l'élimination simple de nombreux chevaux Marwari.

Sauvegarde vignette|upright=1.2|gauche|Cheval Marwari en démonstration au Rajasthan.|alt=Cavalier et cheval noir en costume et harnachement traditionnel effectuant un cabré. vignette|Poulain Marwari.|alt=Dans une écurie, un homme avec des lunettes de soleil a ses mains posées de chaque côté de l'encolure d'un poulain. La race est sur le point de s'éteindre jusqu'à l'intervention du Maharaja Umaid Singhji, qui a sauvé le Marwari dans la première moitié du , travail repris par son petit-fils, le Maharaja Gaj Singh II. Le résultat direct de ces pratiques d'élevage médiocres est qu'en 2001, seule une petite centaine de chevaux Marwari de pure race sont répertoriés.

Une cavalière britannique nommée Francesca Kelly fonde un groupe appelé en 1995, dans le but de promouvoir et de préserver le cheval Marwari dans le monde entier. En 1999, Kelly et Raghuvendra Singh Dundlod, un descendant de la noblesse indienne, dirigent un groupe qui fonde la (dont la fait partie), travaillent avec le gouvernement, les éleveurs, et le public afin de promouvoir et de préserver la race. Kelly et Dundlod ont également introduit et gagné la discipline des courses d'endurance aux jeux équestres indiens, et convaincu la Fédération Équestre de l'Inde de financer une exposition nationale des chevaux indigènes, la première dans le pays. Ils ont travaillé avec d'autres experts de la afin de développer les standards de la race. Kelly a importé le premier cheval Marwari aux États-Unis en 2000.

Création du registre d'élevage Fin 2007 est annoncé le projet de créer un registre d'élevage pour la race, fruit de la collaboration entre la et le gouvernement indien. Un processus d'enregistrement est lancé en 2009, quand il est annoncé que la devient un organisme gouvernemental, le seul habilité à inscrire les chevaux Marwari en Inde. Le processus d'inscription comprend une évaluation du cheval selon les standards de race, au cours de laquelle les marques d'identification uniques et les dimensions physiques sont enregistrées. Après l'évaluation, le cheval est marqué au fer froid avec son numéro d'enregistrement, et photographié.

Début 2010, les membres britanniques de ont demandé des dons de mors. Ils ont été envoyés aux propriétaires de chevaux en Inde, y compris des Marwari, à la place de leurs mors fait maison, qui ont souvent des arêtes vives qui peuvent blesser le cheval.

Description La taille moyenne des Marwari se situe entre au garrot (). Les chevaux étant originaires de différentes régions de l'Inde, on observe des différences importantes, la taille des animaux pouvant énormément varier, de (). En raison de son apparence typiquement reconnaissable grâce à ses oreilles en forme de lyre (ou de croissant de lune), le Marwari est considéré comme l'un des plus beaux chevaux au monde. Une étude a porté sur sa capacité à se nourrir d'herbe sewan (Lasiurus sindicus)..

Standard morphologique

gauche|vignette|Les oreilles recourbées caractéristiques de la race.|alt=Le haut de la tête d'un cheval brun. Les oreilles du cheval sont recourbées vers l'intérieur. vignette|Cheval Marwari gris clair dans un village à l'est du Mârvar. Les robes claires sont réputées porter bonheur.|alt=Dans une écurie, un cheval gris se tient à l'arrêt dans son boxe. Les Marwaris sont très similaires aux chevaux Kathiawari, une autre race de l'Inde ayant en grande partie la même histoire et les mêmes caractéristiques physiques. La principale différence entre les Marwari et les Kathiawari est leur aire géographique d'origine, les Marwaris proviennent principalement de la région de Mârvar, quand les Kathiawaris sont de la péninsule de Kathiawar. Les Kathiawari peuvent présenter de légères différences de tête avec les Marwari, et sont légèrement plus grands.

Il y a des proportions correctes que les chevaux sont censés avoir, basées sur la largeur d'un doigt, que l'on dit égale à cinq grains d'orge. Par exemple, la longueur de la tête doit être comprise entre , et la longueur de l'arrière de la tête à la naissance de la queue doit être de quatre fois la longueur de la tête. Ses crins sont fins, et son pelage soyeux.

Tête Le profil est droit, les oreilles sont pointues et recourbées vers l'intérieur, le Marwari a la particularité anatomique unique, et très recherchée, d'avoir des oreilles se rejoignant aux pointes comme des croissants de lune, et parfois se touchant. On ignore toujours (2009) la raison de cette étrange particularité anatomique.

Avant-main L'encolure est fine, attachée à un garrot bien formé, puissant, saillant et court, ce qui a pour particularité d'ajouter de l'espace devant la selle et de renforcer la structure anatomique de l'animal. La poitrine est profonde et les épaules sont assez droites.

Corps et arrière-main Le dos est solide et attaché à des reins bien musclés, typiques du cheval de selle. Les Marwari ont généralement une croupe longue et fortement inclinée vers l'arrière.

Membres Les jambes ont tendance à être minces et fines, d'une bonne longueur, dotées d'articulations plates, avec des sabots bien formés, denses, et réputées robustes. Les avant-bras sont bien musclés, mais les cuisses manquent souvent de muscles. Le jarret est ferme et net, mais parfois un peu clos comme chez les chevaux de montagne. Les canons et les paturons sont longs et correctement inclinés.

Robes vignette|L'un des chevaux Marwari les plus coûteux, un Marwari blanc (peau rose, yeux bleus et poils blancs), à vendre à la célèbre foire aux bestiaux et aux chameaux de Pushkar près d'Ajmer dans le Rajasthan. Les chevaux blancs sont rarement acceptés dans le registre de la race.|alt=Sous une tente, un cheval blanc est tenu en main.