thumb|Le logo du Grenelle de l'environnement.

Le Grenelle Environnement (souvent appelé Grenelle de l'environnement) est un ensemble de rencontres politiques organisées en France en septembre et , visant à prendre des décisions à long terme en matière d'environnement et de développement durable, en particulier pour restaurer la biodiversité par la mise en place d'une trame verte et bleue et de schémas régionaux de cohérence écologique, tout en diminuant les émissions de gaz à effet de serre et en améliorant l'efficience énergétique. Initiative du président de la République Nicolas Sarkozy, à la suite des engagements pris lors de la campagne électorale de 2007, le Grenelle Environnement a été principalement conduit par le ministre de l'écologie, Jean-Louis Borloo.

Malgré quelques avancées, notamment sur la méthode qui a réussi à réunir des acteurs aux vues parfois diamétralement opposées sur les questions écologiques et à aboutir au vote quasi unanime du parlement de la loi dite « Grenelle I », le Grenelle Environnement a fait, avant même sa conclusion, l'objet de critiques parfois virulentes de la part d'associations écologistes et de groupes politiques de gauche. Furent ainsi critiqués l'abandon de certaines mesures emblématiques ou les choix opérés au moment de la loi Grenelle II visant à mettre en pratique les décisions du Grenelle. La Fondation Nicolas-Hulot, dont le Pacte écologique a largement contribué au lancement du Grenelle, a ainsi quitté la table des négociations en à la suite de l'abandon de la taxe carbone. Le Grenelle a aussi été vivement critiqué pour son non-traitement de la question de l'énergie nucléaire.

Les actions du Grenelle font l'objet d'un tableau de bordLe Grenelle de l'environnement, Tableau de bord du Grenelle (mis à jour pas à pas).

Selon la cour des comptes et Didier Migaud (Premier président de la Cour) audité par la commission des finances de l'Assemblée nationale (2012-01-18), les taxes qui devaient financer une partie des actions du Grenelle n'ont pas été collectées dans les temps, ce qui a nui à sa mise en œuvreLa Gazette des communes, La Cour des comptes constate « l’échec » du volet fiscal du Grenelle de l’environnement. Quatre ans après le début de mise en œuvre du Grenelle, le budget de l’État pour la période 2009–2011 destiné au Grenelle a été de 3,5 Md€ (pour 4,5 Md€ prévus)Batiactu, La Cour des comptes a rendu public un référé sur l’impact budgétaire et fiscal du Grenelle de l’environnement, 2012-01-19. .

Historique Le terme « » renvoie aux accords de Grenelle de mai 68, et désigne par analogie un débat multiparti réunissant des représentants du gouvernement, d'associations professionnelles et d'ONG.

Le Grenelle Environnement a été annoncé le par Alain Juppé, alors ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables, un mois avant sa démission du premier gouvernement Fillon liée à sa défaite au second tour des élections législatives. Le Grenelle Environnement se plaçait dans la lignée du Pacte écologique proposé par Nicolas Hulot et signé par Nicolas Sarkozy au cours de sa campagne électorale.

Le Grenelle Environnement a donné lieu à un projet de loi dit « Grenelle I » adopté à la quasi-unanimité à l’Assemblée en puis examiné à partir de et validé le par le Sénat en première lecture ; la deuxième lecture a eu lieu en à l'Assemblée, avant que cette loi-cadre ne soit définitivement adoptée par le parlement lors de sa deuxième lecture au Sénat le .

Une seconde loi, dite « Grenelle II » détaille les modalités d'application du Grenelle I par objectif, chantier, et secteur. Le projet de loi présenté le par le Ministre de l’Écologie et du Développement durable recevra un accueil beaucoup moins unanime que la précédente loi Grenelle I. En effet, seuls les députés de la majorité présidentielle et du centre ont voté pour, alors que l'opposition s'est abstenue ou a voté contre, regrettant la timidité des mesures ou dénonçant les reculs par rapport au Grenelle I.

Un Grenelle III avait d'abord été envisagé concernant l'agriculture et la gouvernance. Mais il fut abandonné, ces questions étant finalement traitées dans le Grenelle II ou dans le projet de loi de Finances 2009.

Un « Grenelle de la mer » a aussi complété le dispositif.

Principes de fonctionnement Un débat a été organisé, via six groupes de travail rassemblant chacun 40 membres répartis en 5 collèges. Chaque collège avait pour vocation de représenter les acteurs du développement durable : l’État, les collectivités locales, les ONG, les employeurs et les salariés.

Ces groupes étaient : Groupe 1 : « Lutter contre les changements climatiques et maîtriser la demande d’énergie »Groupe 1 ; Groupe 2 : « Préserver la biodiversité et les ressources naturelles »Groupe 2 ; Groupe 3 : « Instaurer un environnement respectueux de la santé »Groupe 3 ; Groupe 4 : « Adopter des modes de production et de consommation durables »Groupe 4 ; Groupe 5 : « Construire une démocratie écologique »Groupe 5 ; Groupe 6 : « Promouvoir des modes de développement écologiques favorables à l’emploi et à la compétitivité »Groupe 6.

Chaque groupe a ensuite travaillé en « ateliers » ; par exemple, pour le groupe 1, en trois ateliers : Atelier 1 : Transports et déplacements ; Atelier 2 : Bâtiment et Urbanisme ; Atelier 3 : Energie et stockage du carbone.

Chaque groupe devait se réunir quatre fois, mais la complexité de certains sujets a obligé la majorité des groupes à organiser une ou deux réunions supplémentaires.

Deux ateliers intergroupes ont aussi été créés : l'atelier OGMOGM ; l'atelier DéchetsDéchets.

Les groupes de travail ont tenu leur dernière réunion le . Les synthèses et les rapports de chaque groupe ont été rendus publics le jeudi à 11h. À la suite de cela, des réunions locales en régionsSynthèse des consultations régionales et une consultation du public sur InternetSynthèse des forums Internet ont eu lieu, avant d'arriver à la « table ronde » du Grenelle les 24 et .

Pour la phase dite 4, 33 « chantiers opérationnels » ont été mis en placeVoir : Étape 4 - Mise en œuvre opérationnelle, en bas à droite.

Résultats La table ronde du Grenelle de l'environnement a eu lieu les 24 et , présidée par Nicolas Sarkozy et en présence de Wangari Maathaï, d'Al Gore, tous deux prix Nobel de la paix et de José Barroso, président de la Commission européenne. Elle a défini un certain nombre de propositions, de mesures et d'annonces.

Le rapport général Rapport général publié le 25 octobre 2007 (39 pages). reprend le contenu consensuel issu des travaux préparatoires, et se présente comme un « cadre de cohérence pour action publique » selon trois priorités que sont la lutte contre le réchauffement climatique, la protection de la biodiversité et la réduction des pollutions. Ce document est une synthèse des travaux, mais n'est pas un exposé d’un programme ni une sélection ou hiérarchisation de propositions, mais plutôt « le socle de ce qui pourrait être une stratégie de développement durable fondée sur le triple objectif de lutte contre le réchauffement climatique, de préservation de la biodiversité et de réduction des pollutions » et donc comme un « exposé des motifs de la future loi de programme dont s’accompagnera la mise en œuvre du Grenelle »Source : introduction du rapporteur page 3 du rapport..

Dans le discoursVidéo du discours Discours du Président de la République (19 pages), première conclusion des tables rondes du Grenelle de l'environnement qu'il a donné en conclusion des journées de travail des 24 et , le Président de la République s'est prononcé sur les éléments qui ont été moins consensuels (ou non-consensuels) au cours des travaux et débats entamés l'été 2007 lors des ateliers, en annonçant ou confirmant un certain nombre de propositions, et en s'engageant à faire siennes et celles du gouvernement les propositions du Grenelle.

Évaluation prospective des bénéfices économiques attendus, y compris en matière d'emploi En 2009, une étudeRéflexions sur le portefeuille de mesures Grenelle Environnement ; Dossier/Résumé en 89 pages de l'étude du cabinet Boston Consulting Group, commandée en 2009 par le ministère de l'économie estimait que les 15 programmes du Grenelle représenteraient 450 milliards d'euros d'investissements (dont 170 par l'état et les collectivités territoriales) et nouveaux emplois de 2009 à 2020, ainsi que 25 % de réduction de consommation énergétique thermique (pétrole, gaz…) à l'horizon 2020, dont 19 % seraient induits par le Grenelle. Fin 2010, Après deux ans de crise économique mondiale, un document de travail L’impact du Grenelle de l’environnement sur l’économie, dans la collection Document de travail, N° 2010/06 – Les Cahiers de la DG Trésor – n° 2010-06 – Décembre 2010, 123 p. produit par six économistes choisis par le ministère chargé du Budget, conclut plus prudemment que ; des effets par ce travail selon ses auteurs mêmes, qui ajoutent qu'. Ce document ne prétend pas couvrir tous les champs du Grenelle, et a été explicitement écrit . Il a évalué les effets économiques des seuls investissements sectoriels prévus pour le transport, l'énergie et l'habitat, … au regard du PIB, et non les effets induits par les actions sur la biodiversité, la trame verte et bleue, l'agriculture, la pêche ou la forêt, la pollution lumineuse, etc. Il n'évoque pas non plus les aménités qui pourraient être améliorées par l'application des Lois Grenelle I et Grenelle II, si les décrets d’application sont publiés assez rapidement, et si, dans un contexte de faible opposabilité de la trame verte, les acteurs se saisissent volontairement de l’opportunité que constitue la TVB de contribuer à restaurer le « capital écologique » dégradé par un développement non durable. On ignore aussi encore si les investissements dans le solaire, l’éolien, le HQE, etc. auront un effet d’exemplarité qui encouragera d’autres acteurs à faire de même.

Énergie Sur le sujet de la taxe carbone, Nicolas Sarkozy a estimé qu'il fallait « que la révision générale des prélèvements obligatoires se penche sur la création d'une taxe « climat-énergie » en contrepartie d'un allègement de la taxation du travail pour préserver le pouvoir d'achat et la compétitivité ».

Il est envisagé la création d'un programme d'un milliard d'euros sur quatre ans pour les énergies et les moteurs du futur.

Agriculture Quatre COMOP (Comité opérationnel) ont été mis en place et concernent spécifiquement l'agriculture : Comop 14 : développement de l'agriculture biologique avec les objectifs d'aboutir à 20 % de produits biologiques dans la restauration collective d'ici 2012 et de passer en agriculture biologique 20 % de la surface agricole utile en France en 2020.