La Mure est une commune française située dans le département de l'Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Son territoire est situé dans le sud de ce département, au niveau d'un plateau entouré de montagnes, la Matheysine. La commune est labellisée Village étape depuis 2018.

Ses habitants sont les Muroissite habitants.fr, page sur le nom des habitants des communes de l'Isère, consulté le 4 septembre 2020..

Géographie Localisation La situation de La Mure est très particulière. C'est une commune du sud-est de la France située en Matheysine, au sud du Dauphiné. Elle est en limite naturelle des Alpes du Sud ainsi qu'en limite culturelle de l'occitan (parlé dans le sud) et du francoprovençal (parlé dans l'est). La ville se situe à au sud de Grenoble, au nord de Gap et au nord-est de Marseille. Elle se trouve au sud du plateau matheysin, à environ d'altitude.

La Matheysine, une des parties les plus méridionales du département de l'Isère. Cette microrégion marque le début de la transition climatique entre Alpes du Nord et Alpes du Sud.

Géologie Le sous-sol du plateau Matheysin a longtemps fourni un excellent anthracite qui a fait la fortune de la ville de La Mure.

Hydrographie La Bonne (d'une longueur de ) prend sa source dans le parc national des Écrins sur la commune de Valjouffrey. Elle coule approximativement d'est en ouest, et se jette dans le Drac au sud du territoire de La Mure entre le barrage de Saint-Pierre-de-Méaroz et le pont de Ponsonnas..

Le petit ruisseau de la Jonche, affluent du Drac, borde le territoire de La Mure..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Urbanisme Typologie Au , La Mure est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de La MureUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est ville-centreDans une agglomération multicommunale, une commune est dite ville-centre lorsque sa population représente plus de 50 % de la population de l’agglomération ou de la population de la commune la plus peuplée. Dans le cas de l'unité urbaine de La Mure, il y a une ville-centre et deux communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Grenoble, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (54,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (61,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (23,9 %), zones agricoles hétérogènes (22,9 %), zones urbanisées (21,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (10,9 %), forêts (8,3 %), terres arables (8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (4,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Morphologie urbaine

Lieux-dits, hameaux et écarts

Voies de communication et transports Routes La route nationale 85 (RN 85) qui relie Gap à Grenoble, connue également sous l'appellation de Route Napoléon traverse la commune selon un axe nord-sud. Les RD529, RD114, RD116, RD115c et RD168.

Transport publics Desserte en transport en commun Plusieurs lignes de cars du réseau interurbain de l'Isère desservent la commune : T90 (Grenoble-La Mure-Corps via Laffrey) ; T91 (Grenoble-Gap) T92 (Grenoble-La Mure via La Motte-d'Aveillans) ; T93 (L'Alpe du Grand Serre-La Mure) ; T94 (Mens-La Mure).

Risques naturels et technologiques Risques sismiques

L'ensemble du territoire de la commune de La Mure est situé en zone de sismicité (sur une échelle de 1 à 5), comme la plupart des communes de son secteur géographique. Elle se situe cependant au sud de la limite d'une zone sismique classifiée de « moyenne »Site de la préfecture de l'Isère, carte des zones de sismicité.

+Terminologie des zones sismiquesArrêté du 22 octobre 2010 relatif à la classification et aux règles de construction parasismique applicables aux bâtiments de la classe dite « à risque normal » - LégifranceType de zone Niveau Définitions (bâtiment à risque normal)Zone 3Sismicité modérée accélération =

Autres risques

Toponymie La commune a un nom dans les deux langues régionales, Mòta Rocassosa en vivaro-alpin et La Mura en francoprovençal.

Le nom de La Mure vient probablement du mot francoprovençal mura désignant un amas rocheux, une barre rocheuse. Le mot est à rapprocher de moraine" (terme francoprovençal), de Lamoura, de Lamure etc.

Cette étymologie correspond avec le sens du nom vivaro-alpin de La Mure, Mòta Rocassosa, qui désigne une butte rocheuse, pouvant correspondre au lieu où est construit le premier château delphinal. C'est dans l’Inventaire des Biens du Dauphin (1339) que, pour la première fois, la construction du château est abordée « sur la colline qui a donné son nom à la ville ».

L'étymologie serait donc différence de celle de La Mure-Argens, du mot occitan mura, qui désigne un mur.

Au fil des années, le terme connaît des variantes, selon Victor Miard dans La Mure et la Matheysine à travers l'Histoire :« in Matasina ad Muram (.), Mura (1137), Mura Mataena (1236), La Mure (1343), La Meure (1404), La Meure Matheyzine (1466), La Mure (1515), La Meure (1580), enfin, de nouveau et définitivement La Mure ».

Histoire

vignette|redresse|Portrait de la ville et de la Citadelle de La Mure en 1580. vignette|redresse|Des troupes traversent le Pont Haut de La Mure. Le pont, illustré par Victor Cassien (1808 - 1893), se trouve sur la route nationale 85.

Moyen Âge Durant l'époque médiévale, on relève l'existence de plusieurs maisons fortes dont celles : du seigneur de La Motte décrite en 1339, « habet infra villam dominus de mota domum fortem ». ; de Lancelot de Clermont décrite en 1363, « quadam turrim cum domo bassa viridarium grangiam et aliis platheis et pertinentiis suis site infra villam de mura » et d'une autre décrite en 1366, « unam suam domum fortem cum suo tenemento et curtilagio site infra villam de mura in castro justam domum fortem nobilis petrus beymundi et juxtam terram berthoni genpanis et juxtam domum fortem nobilis Remundus aynardi ».

Temps modernes L'édit de janvier 1562 À la suite de l'édit de janvier 1562 qui permet aux croyants religieux d'exercer leur culture hors des murs de la ville pour éviter les querelles, les protestants ne dissimulent plus leurs revendications et le Massacre de Vassi est considéré comme un signal de guerre.

François de Bonne ayant secrètement été gagné par le protestantisme, s'organise pour la lutte. En , lui et son parent Furmeyer occupent La Mure pour la première fois.

Il perd la ville à plusieurs reprises mais réussit à l'occuper de nouveau à chaque fois.

À la suite de la Réforme qui aura réuni l'essentiel des vieux catholiques, il crée le boulevard du protestantisme.

La Mure devient alors calviniste pendant une vingtaine d'années.

En 1565, les Huguenots construisent leur temple à l'extérieur de la porte du Rivier (actuellement rue du Temple).

Louis XIII et Richelieu En 1629, Louis XIII et Richelieu s'abritent à La Mure chez maître Moïse Duport, docteur en droit, avocat à la cour, écuyer, ancien député des Églises réformées du Dauphiné.

Cette chambre du rez-de-chaussée, dans laquelle le roi loge, est appelée par la suite « chambre du Roy ». Cette habitation se trouverait dans « La Grande-Rue » là où se situe la halle du marché.

Passage du pape Pie VI Le , peu de temps avant sa mort, le pape Pie VI, âgé de quatre-vingt-deux ans et exilé arrive aux portes de La Mure.

Ce jour-là, accompagné d'une vingtaine de personnes, il est accueilli par les autorités municipales puis emmené dans une des maisons les plus agréables de la ville, celle du maire Genevois. Cette demeure se trouvait également dans la Grande-Rue.

Comme le souligne Victor Miard dans La Mure et la Matheysine à travers l'Histoire :« Il se fit porter, sur son pliant de cuir, au balcon de cette dernière, pour donner sa bénédiction à la foule accourue de toutes parts.

Mais il était si exténué que son médecin, le docteur Duchadoz, exigea une journée de repos le plus complet. Sa voiture couvertes de fleurs, le souverain pontife repartit le surlendemain matin, à six heures, pour Vizille et Grenoble, où il allait rester trois jours. ».

Les Trois Croix Elles sont érigées au sommet de la colline (« ser » ou « Payon » en Matheysin) qui avait pour fonction de protéger les Gallo-Romains installés au sud-est.

Sur cette colline stratégique, le Duc de Lesdiguières construit une citadelle en 1579 pour protéger la ville des attaques catholiques.

En 1580, durant les guerres de religion, la ville est assiégée et prise aux protestants par le duc de Mayenne. La citadelle est détruite en 1581.

En 1587, le château de Monestier est détruit par les troupes de Lesdiguières.

En 1723, sous les auspices des moines capucins, une chapelle est construite et est accessible grâce à un chemin partant au pied de l'actuel hôtel de ville.

La révolution de 1794 emporte l'église et il ne reste alors que le calvaire.

Ces croix en pierres, depuis 1864 sont intactes et sont toujours visibles à l'heure actuelle..

Révolution française et Empire