La ligne de Lisieux à Trouville - Deauville est une ligne de chemin de fer française d'une longueur de 29 kilomètres, qui relie Lisieux, sous-préfecture du département du Calvados, à Trouville - Deauville. Elle constitue une antenne de la ligne de Mantes-la-Jolie à Cherbourg.

Ouverte de 1858 à 1863 par la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest à double voie, puis électrifiée en 1996 et alors mise à voie unique, elle assure aujourd'hui un trafic exclusivement de voyageurs à destination des stations balnéaires de la Côte Fleurie.

Elle constitue la ligne n°Avant la réhabilitation de la ligne et son électrification, il existait deux lignes : la ligne de Lisieux à Honfleur () via Pont-l'Évêque et la ligne de Pont-l'Évêque à Trouville - Deauville (). du réseau ferré national.

Histoire Chronologie : ouverture du tronçon de Lisieux à Pont-l'Évêque : ouverture du prolongement de Pont-l'Évêque à Trouville - Deauville : mise en service commerciale de l'électrification de la ligne de Mantes-la-Jolie à Cherbourg et de l'antenne de Trouville - Deauville en - et mise en service de la signalisation de type block automatique à permissivité restreinte (BAPR) sur l'antenne

La desserte de la Côte Fleurie Les et est signée une convention entre le ministre des Travaux publics et les Compagnies des chemins de fer de Paris à Saint-Germain, de Paris à Rouen, de Rouen au Havre, de l'Ouest, de Paris à Caen et à Cherbourg. Cette convention organise la fusion de ces compagnies au sein de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest. En outre elle concède à titre définitif à la compagnie, parmi d'autres lignes, un embranchement de Lisieux à Honfleur. L'article 2 de la convention prévoit que la ligne devra être construite en totalité sous 5 ans, et que le tronçon de Lisieux à Pont-l'Évêque devra être achevé au .. Cette convention est approuvée par décret impérial le .. Cette liaison est réclamée par les autorités du Calvados et la chambre de commerce du HavreFrançois et Maguy Palau, Le rail en France, tome 2, 29.

Les travaux à réaliser sont assez importants, avec le percement d'un tunnel de près d'un kilomètre sous la ville de Lisieux, réalisé dans un sous-sol difficile où alternent les bancs de calcaire, couches de sables humides et de glaise. Commencé en , il est achevé un an plus tard. Au-delà, la ligne suit le cours de la Touques. La réception des travaux a lieu le . Le , un premier tronçon de l'embranchement long de est ouvert entre la gare de Lisieux et la gare de Pont-l'Évêque, un an après la date imposée par le cahier des charges. La liaison de Pont-l'Évêque à Honfleur est, quant à elle, mise en service le .

À partir de Pont-l'Évêque, un nouveau tronçon est destiné à desservir les stations de la Côte Fleurie sur les rivages de la Manche. Ce nouvel embranchement est concédé par une convention signée les et entre le ministre des Travaux publics et la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest. Cette convention est approuvée par un décret impérial le ..

Les travaux sont approuvés en et démarrent aussitôt avec d'importants terrassements. Mais ils sont rapidement interrompus par les difficultés d'acquisition des terrains, les propriétaires demandant des prix trop élevés ce qui impose le recours quasi systématique au jury d'expropriation. Le jury ayant statué en mai puis , les travaux reprennent et sont achevés, y compris les stations et maisons de garde, pour la saison estivale suivante. Le , le prolongement de la ligne, long de , est ouvert jusqu'à la gare de Trouville - Deauville pour desservir les deux stations balnéaires de la Côte FleurieFrançois et Maguy Palau, Le rail en France, tome 2, 194.

En 1894, le rebroussement des trains à Lisieux est supprimé. En 1899, la ligne est mise à double voie de Pont-l'Évêque à Trouville - Deauville, puis en 1906 de Lisieux à Pont-l'Évêque. Le , la nouvelle gare de Trouville - Deauville est inaugurée par Raoul Dautry« Lisieux - Trouville - Deauville, une antenne active de Basse-Normandie », dans Rail Passion , janvier 2007, 66.

La Seconde Guerre mondiale provoque une forte réduction de l'offre, puis les installations ferroviaires de Lisieux sont bombardées avec la ville par les Alliés et rendues inutilisables. Il faut attendre pour retrouver un minimum de circulations« Lisieux - Trouville - Deauville, une antenne active de Basse-Normandie », dans Rail Passion , janvier 2007, 65. Le , un nouveau bâtiment des voyageurs est inauguré en gare de Lisieux ; il remplace le baraquement de planches mis en place à titre provisoire après les destructions de 1944« Lisieux - Trouville - Deauville, une antenne active de Basse-Normandie », dans Rail Passion , janvier 2007, 67.

À partir des années 1970, avec l'achèvement de l'autoroute de Normandie, le trafic décline progressivement ; toutefois, il se maintient à un bon niveau lors des week-ends estivaux. Puis, durant les années 1980, la « fercamisation », fermeture du trafic de marchandises en wagons isolés avec report sur route, entraine la fermeture des voies de débord des gares de Pont-l'Évêque et de Trouville« Lisieux - Trouville - Deauville, une antenne active de Basse-Normandie », dans Rail Passion , janvier 2007, 68.

De 1993 à 1996, les travaux d'électrification de la ligne en - , soutenus financièrement par la région Basse-Normandie, sont mis en œuvre, dans le cadre du programme global d'électrification de la ligne de Mantes-la-Jolie à Cherbourg avec son antenne de Trouville. Les ouvrages d'art sont mis au gabarit électrification, et les câbles de télécommunication sont alors enterrés. Ces travaux sont l'occasion d'adapter les voies au trafic : la voie, autrefois double, est alors remise à voie unique avec la dépose de la voie principale en limite d'usure sur l'ensemble du parcours, hormis à Pont-l'Évêque où elle fait office d'évitement intermédiaire de de long accessible à . La vitesse de fond de la ligne passe alors de 120 à , avec ralentissement à à Pont-l'Évêque.

La ligne se voit dotée du block automatique à permissivité restreinte (BAPR), suffisant vu le trafic attendu, et du contrôle de vitesse par balises (KVB). Un poste d'aiguillage à relais à commande informatique (PRCI) est installé en gare de Lisieux, opérationnel dès le . À compter du , il télécommande un poste de même type installé à Pont-l'Évêque, puis à partir du , celui de Trouville - Deauville« Lisieux - Trouville - Deauville, une antenne active de Basse-Normandie », dans Rail Passion , janvier 2007, 69.

Caractéristiques Tracé thumb|Début de la ligne et tunnel sous Lisieux. La ligne trouve son origine à Lisieux, ville qu'elle franchit par un tunnel long de avant de s'orienter au nord puis au nord-ouest vers la Manche, à travers le paysage verdoyant du pays d'Auge en pente quasi continue de 1 à . Elle suit alors le cours de la Touques sur sa rive droite, fleuve qu'elle franchit peu avant son arrivée à Trouville. À noter que la partie de ligne de Pont-l'Évêque à Trouville - Deauville avait reçu le numéro officiel 378 000 avant d'être intégrée dans l'actuelle 390 000 et dans le même temps, la ligne de Lisieux à Honfleur, de numéro 377 000 a été rebaptisée Ligne de Pont-l'Évêque à Honfleur.

Équipement

La ligne est dotée d'une voie banalisée avec commande centralisée de la circulation. Elle est électrifiée, comme tout le réseau desservi par la gare de Paris-Saint-Lazare, en - monophasé RFF - Carte des lignes électrifiées (consulté le 2 mars 2014) et équipée du block automatique à permissivité restreinte (BAPR) RFF - Carte des modes d’espacement des trains (consulté le 2 mars 2014) et du contrôle de vitesse par balises (KVB) RFF - Carte des lignes équipées de contrôle de vitesses (consulté le 2 mars 2014), mais reste dépourvue de liaison radio sol-train RFF - Cartes des lignes équipées de liaisons avec les trains (consulté le 8 mars 2014). L'évitement intermédiaire de Pont-l'Évêque ainsi que les appareils de voie de Trouville - Deauville sont télécommandés de LisieuxRenseignements techniques SNCF/RFF, version de septembre 2011.

Vitesses limites thumb|alt=Doublette d'éléments X 73500 en gare de Lisieux et à destination de Trouville - Deauville.|Doublette d'éléments X 73500 en gare de Lisieux et à destination de Trouville - Deauville.

Les vitesses limites de la ligne en 2014 pour les trains V 160 ou V 200 sont indiquées dans le tableau ci-dessous mais les trains de certaines catégories, comme les trains de marchandises, sont soumis à des limites plus faibles.

De À Limite Lisieux Le Grand-Jardin 100 pour les TGV et autorails Le Grand-Jardin Trouville - Deauville 140

Exploitation

Lors de l'ouverture complète de la ligne en 1863, durant la saison estivale, trois trains aller-retour quotidiens relient Lisieux à Trouville - Deauville en une heure dix minutes, en correspondance avec les trains de Paris.

thumb|alt=Micheline type 5.|Micheline type 5.

La Compagnie de l'Ouest met en route de nombreux trains de plaisir, et pour sa clientèle plus fortunée, un train de la Compagnie des wagons-lits (CIWL) réalisant l'aller-retour chaque week-end en saison de 1884 à 1890. Ce train, surnommé « le train bleu » en raison de la couleur de ses voitures-lits, est remis en route en 1909 par l'Administration des chemins de fer de l'État jusqu'en 1927. Les nombreuses réclamations effectuées après sa disparition entrainent la mise en route de voitures Pullman à partir de 1929. À cette époque, la ligne est parcourue en saison par des trains express reliant Paris-Saint-Lazare à Trouville, tractés par des locomotives Pacific 231.011-060, des 231.501-783 ou des 241.001-049. Des michelines apparaissent sur la ligne à partir des années 1930 : le , la micheline, prototype , relie Paris à Trouville en à la vitesse commerciale de et avec des pointes à , soit de moins que le rapide de première classe de l'été précédent. Le , un autorail Bugatti WR « Présidentiel » relie Paris à Trouville en , cette fois en service régulier. Une seconde unité le rejoint l'année suivante, puis des michelines triples à partir de 1936.

La desserte omnibus est assurée par des locomotives 230.600, remplacées à partir de 1933 par des autorails Renault VH rattachés au dépôt de Lisieux qui relient Lisieux à Trouville en vingt minutes, avec un seul arrêt intermédiaire à Pont-l'Évêque. La traction des trains de marchandises est, quant à elle, confiée à des locomotives 140.500 ou 131 et 141 tender.

Durant la Seconde Guerre mondiale, le trafic est fortement réduit, les autorails étant garés en raison des pénuries de carburant. Le faible trafic omnibus maintenu est assuré par des locomotives à vapeur rappelées pour l'occasion. Au début des années 1950, il n'existe toujours pas de liaisons directes au départ de Paris durant l'hiver, hormis lors des fêtes de Pâques et de la Pentecôte ; le service est alors assuré par des autorails ADP et X 2400 de Caen à raison de cinq liaisons aller-retour quotidiennes, et des U 150 d'Évreux en direction de Honfleur. Un aller-retour de première classe au départ de Paris est mis en place le week-end, assuré par un autorail Bugatti, puis à partir de 1955 par des rames à grand parcours (RGP) de type X 2700.

La mise en service des éléments à turbine à gaz (ETG) le sur la ligne de Paris à Cherbourg a un impact direct sur la ligne : la desserte est renforcée avec une liaison Paris - Trouville assurée toute l'année, et ce matériel permet un gain de temps atteignant de 15 à entre Paris et Lisieux, où les omnibus assurent la correspondance. Le , le service voyageurs est supprimé entre Pont-l'Évêque et Honfleur, avec transfert sur route au départ de Lisieux. En 1975, les ETG laissent la place à des rames à turbine à gaz (RTG), avec comme conséquence un gain de confort mais une légère détente horaire qui augmente les temps de parcours. Le trafic omnibus est quant à lui assuré des années 1970 aux années 1990 à l'aide d'éléments automoteurs doubles (EAD) dits « caravelles ».