Gaston Baccus est un homme politique belge, né à Huppaye (Brabant wallon) le et décédé à Namur le . Il fut également poète.
Biographie Gaston, Pierre, Joseph Baccus est né le , à Huppaye, petit village de la Hesbaye brabançonne. Les parents de Gaston Baccus, Joseph, Antoine, Henri Baccus (06/02/1877-14/04/1950) et Irma, Marie, Florentine Delchambre (01/10/1880-01/02/1959), sont cultivateurs, mais d’autres membres de la famille ont déjà acquis un certain statut social. Le grand-père maternel est instituteur, mais la réussite de la famille à cette époque, c’est l’oncle Victor, gynécologue reconnu qui poursuit sa carrière aux États-Unis
Gaston Baccus après la fin de ses primaires, poursuit sa formation à l’École moyenne de l’État de Jodoigne (aujourd’hui Athénée royal de Jodoigne); puis, il entreprend des études d’instituteur à l’École normale de Tirlemont où il obtiendra, fin , son diplôme.
À 19 ans, Il entame en 1922, des études de régent littéraire à l’École normale de l’État à Nivelles. Durant sa formation (3 années), il loge chez l’habitant et les cours se donnent dans des préfabriqués, car l’école a brûlé en 1921. En , il est diplômé professeur agréé de l’enseignement moyen. Il gardera des liens très forts avec Nivelles où il fit ses études de régent de l'enseignement inférieur. Après la Seconde Guerre mondiale, il suivra de très près tous les plans de reconstruction de la Ville de Nivelles.
Il effectue son service militaire. Il choisit le service actif et l’École de sous-lieutenants de réserve d’infanterie. Il obtient son brevet de candidat sous-lieutenant de réserve en 1926 soit quelques mois avant d’être démobilisé en (il terminera sa "carrière" militaire avec le grade de capitaine-commandant le ). Rendu à la vie civile, il cherche un emploi. Il répond à une dizaine d’annonces et postule à « un concours organisé par la Ville de Bruxelles conduisant à deux places de professeur à l’École professionnelle de mécanique de précision, d’horlogerie et d’électricité (Palais du Midi à Bruxelles) : l’une pour le français et l’économie sociale, l’autre pour les mathématiques et la philosophie ». Gaston Baccus, bien que régent littéraire, postule aux deux fonctions. Il est nommé aux fonctions de professeur de mathématiques et de physique. Il commence à enseigner le : essentiellement donc les mathématiques, mais, en 1929, il retrouvera enfin sa matière préférée : le français (tout en gardant des cours de commerce, hygiène et économie).
Il participe aussi, à la demande de l’Institut national de radiodiffusion (I.N.R.), à l’émission « Radio agricole ». Il y aborde différents sujets pratiques comme : la comptabilité des exploitations agricoles, les assurances sociales, etc. Les interventions de Gaston Baccus sont populaires.
En , Gaston Baccus est candidat aux élections communales à Huppaye. Trois listes se présentent : socialiste, libérale et catholique. La liste socialiste obtient trois élus (Gaston Baccus, Jean Joseph Pleugers (de la famille éloignée de Lastinie) et Florent Rassens) contre deux pour les libéraux (Léon Delvaux, Victor Mercenier) et deux pour les catholiques (Henri Deltour, Julien Charlier).
Le (il a 31 ans), il épouse Lastinie Pleugers. De cette union viendra la naissance de leur fils, Victor le . Le , nouvelles élections communales. Les électeurs renouvellent son mandat.
Le théâtre et Gaston Baccus C’est très certainement sous l’influence de Julien Daurmont, instituteur à Huppaye de 1881 à 1904 et fondateur, en 1920, du Cercle dramatique Union et Liberté (auquel il vouera le meilleur de lui-même jusqu’à la fin de sa vie), que Gaston Baccus se découvre une âme de poète, de dramaturge et de prosateur.
Dès l’adolescence, Gaston Baccus écrit beaucoup. Des poèmes surtout, où il célèbre la terre de sa région, l’amour et les amitiés fortes.
Des chansons en français et en wallon comme "Houppaye, Monlèbaye" où il chante les charmes du berceau de son enfance, "Pe taur quand d'jaré fait m'tour se l'terre", "A Hou, dje vou qu'on m'y èterre", "Por adon se m'tombe, dj vos d'mande" ; "A Houppoye, dje vo d'mande", "Qu'one djonn fèye m'appoite comme offrande On bia ptit bouquet d'fleurs d’Houpaye".
En 1925, il adhère au Cercle dramatique Union et Liberté d’ Huppaye . Il en devient vite un élément moteur comme acteur, mais aussi comme régisseur, metteur en scène, auteur.
En 1932, Il fait partie des auteurs repris dans l’Anthologie des jeunes écrivains de la Revue nationale. Gaston Baccus est présenté de cette façon: "Né à Huppaye en 1903. Professeur agrégé de l’enseignement moyen. Officier de réserve. A publié dans L’envolée et la Revue nationale. Les théâtres populaires de Wavre et de Nivelles ont représentré ses pièces, "Vers le crépuscule" (1928), "Vers l’aube" (1929), "Le bourgmestre absolu" (1930), et des reventes comme "Le Coirneau d’Ouppaie" (1926), "Quand on casse on paie" (1928), "Les sous dans l’pace" (1929). Il a chanté l’amour des hommes et des choses de son beau pays natal.
En 1932, Il fait partie des auteurs repris dans l’Anthologie des jeunes écrivains de la Revue nationale. Gaston Baccus est présenté de cette façon: "Né à Huppaye en 1905. Professeur agrégé de l’enseignement moyen. Officier de réserve. A publié dans L’envolée et la Revue nationale. Les théâtres populaires de Wavre et de Nivelles ont représentré ses pièces, « Vers le crépuscule » (1928), Vers l’aube (1929), Le bourgmestre absolu (1930). Et des reventes comme « Le Coirneau d’Ouppaie » (1926), « Quand on casse on paie » (1928), les sous dans l’pace » (1929). Il a chanté l’amour des hommes et des choses de son beau pays natal".
Les créations théâtrales de Gaston Baccus sont multiples tant en français qu’en wallon. Quelques titres connus :
Le Coirneau d’Ouppaïe, 1926 (pièce écrite en wallon) que Gaston Baccus décrit comme une "revue destinée à souligner le grotesque ou la rareté des événements qui, plus ou moins récemment, mirent en branle les bonnes et les mauvaises langues du village". La première représentation est donnée le .
Sa première (vraie) pièce, Vers l’aube, est jouée le . « Suite à ce succès, la pièce sera jouée à Jodoigne, Zétrud-Lumay, Mont Saint-André, Namur. Paysan qui sera joué à Huppaye en . Le sonneur de Saint-Paul qui sera joué à Huppaye en 1926. C’est un drame en quatre actes précédé d’un prologue. Les événements qui s’y déroulent se passent sous Charles II, roi d’Angleterre. C’est Gaston Baccus lui-même qui joue ce rôle. Vers le crépuscule, 1928 (en français). Quand on casse on paie, 1928 (en français). Les sous dans l’pace, 1929 (en wallon). Le bourgmestre absolu, 1930 (en français).
À l’occasion des 100 ans de la Belgique, Gaston Baccus écrit une comédie en trois actes : Houppaie n’aveut que 15 ans. L’avis officiel précise qu’il s’agit d’une pièce patriotique. Gaston Baccus compose aussi à cette occasion une chanson : « Les Beons Béveus – Au centenaire ».
En 1937, il écrit Soctia, une comédie en trois actes en vers (en wallon et en français). C'est une pièce importante, car elle met en scène des éléments essentiels pour Gaston Baccus : le romantisme du 19e siècle, le travail de la terre, le respect de la femme, la paix et l'honneur de la Wallonie. C’est une légende autour d’un personnage mystérieux : Soctia, dont on trouve ses références historiques dans l’histoire de Huppaye tel qu’elle figure dans l’ouvrage de Jules Tarlier et d'Alphonse Wauters. Les prénoms des personnages ainsi que l’intrigue, certes romancée, trouvent leurs origines dans des personnalités de l’époque : le comte et la comtesse de Fauconval , le Marquis de Beaulieu , le Comte de Duras , et les serviteurs Jacqueline , Gérard, Ignace. Il fait référence à des lieux de Huppaye : Chantraine , Fauconval, Beaulieu, Cense de l’Espenette (ferme de l’Épinette), Sint-Maurté (Saint-Martin) , Basse dè Timpe (Basse du Temple), Soctia. Pour les trois premiers lieux, il s’agit d’anciennes fermes seigneuries. Par contre, Soctia est un terme wallon qui désigne un petit bois. Cette pièce a été créée le par la troupe Union et Liberté d’Huppaye et publiée aux Éditions Duculot (Gembloux).
Gaston Baccus et la politique Très vite aussi, il s’engage. D’abord comme écrivain (poète et surtout dramaturge), puis en tant qu’animateur d’éducation populaire (conférences, émissions radiophoniques) puis comme militant socialiste. Alors qu’il sait sa santé fragile, il devient officier de réserve.
Le , il est rappelé sous les armes au 63e Régiment de ligne. Il participe à la campagne des 18 jours et à la bataille de Boulogne.
Il est prisonnier de guerre à partir du en même temps que Jean Rey. Il porte le numéro 2202 à partir du . Il a séjourné d’abord à l’Oflag VII B à Eichstätt en Bavière du au . Puis à l’Oflag XD Hambourg Fisbeck du au .
Après la guerre, Gaston Baccus est élu député socialiste en 1946. Il est élu bourgmestre de son village natal le . Il poursuivra ses deux mandats jusqu’à son décès.
Politiquement, il sera favorable à l’union des combats paysan et ouvrier. Gaston Baccus va s’inspirer de la SFIO en France qui est proche de la Confédération Nationale Paysanne. Gaston Baccus trouve dans les écrits de Charles Gide (France) les sources du modèle de la coopérative. Gaston Baccus va créer l’Union des campagnes (un début de syndicalisme agricole) avec Edmond André et Jules Barry. Le , Gaston Baccus propose au Congrès du Parti socialiste belge (PSB), la création d’une Fédération socialiste des agriculteurs.
Entre la fin de la guerre et 1950, l’électeur sera convoqué trois fois. Baccus sera donc quasiment en permanence en compagne. De nouveau il ne ménage pas sa peine. C’est, comme l’exprime Valmy Féaux : « Grâce à lui, grâce à sa force de conviction, que les travailleurs de la terre de Jodoigne et de Perwez ont compris la similitude de leur combat avec celui des ouvriers des usines de Court-Saint-Étienne, de Nivelles, de Clabecq, de Quenast. Aussi aux élections du , le PS a obtenu près de 52 % des suffrages. C’est le meilleur résultat de l’après-guerre, sinon de toujours dans le Brabant Wallon. »Allocution d’hommage à Gaston Baccus, prononcée à Rixensart le 23 mars 1985 par Valmy Féaux. Au sein de son parti il est une personnalité de plus en plus écoutée. Il a du poids comme lorsqu'il présidera le Congrès annuel du PSB . Il est alors au faîte de sa popularité et son influence sur le parti est forte.
C’est aussi durant cette période qu’éclate l’affaire Jean Van Lierde, jeune militant syndicaliste chrétien du Brabant wallon. Jean Van Lierde refuse de faire son service militaire. Sa décision est réfléchie. Elle conjugue sa foi chrétienne, ses sympathies pour les anarchistes pacifistes, ses actions de résistance durant la guerre, les horreurs vécues lors des journées d’épuration qui suivirent la fin de la guerre. Le , il est arrêté. Des soutiens s’organisent. Le , des personnalités vont en leur nom propre créer un Comité d’action pour donner à la Belgique un statut légal aux objecteurs de conscience. Gaston Baccus en fait d’emblée partie. Présidé par Charles Gheude, le Comité va très rapidement travaillé à un texte qui pourrait être déposé comme proposition de Loi.
Gaston Baccus qui est le seul parlementaire dans ce comité accepte immédiatement d’être celui qui déposera ce texte à la Chambre. Le , le texte est prêt. Il est fortement est inspiré de la proposition du Député français André Philip (SFIO) Ce dernier fut l’avocat d’objecteur de conscience en 1932. Baccus reçoit l’autorisation de le déposer en son nom propre. Ce qu’il fera le 1950 par une Proposition de loi portant le statut de l'objecteur de conscience.
« La proposition de loi que nous avons l'honneur de vous présenter aujourd'hui est le résultat des travaux de ce Comité.