La violence féminine inclut toutes les formes de violence perpétrée par des femmes en tant qu'auteures principales. Elle peut s'exercer envers leur conjoint, leurs enfants ou des tiers. Ce type de violence constitue un champ de recherche à part entière depuis la reconnaissance accordée aux études de genreLa violence des femmes : un champ de recherche en plein essor, par Coline Cardi et Geneviève Pruvost, sur Champ Pénal..
Formes de violence féminine Délinquance des adolescentes D'une manière générale, la délinquance des adolescentes est moins importante que celle des adolescents. Cependant, dans les années 2000, une évolution a été remarquée<ref name="libe_5/10/2010">Les filles mineures de plus en plus violentes - Libération, 5 octobre 2010</ref>. Antérieurement, la violence des jeunes femmes se manifestait plus souvent par réaction à un traumatisme ou dans le cadre d'une opposition familiale, alors qu’aujourd’hui, elle se rapproche plus de celle des hommes (recours à la violence dans les relations humaines, qui peut aller jusqu'à des actes de barbarie). Cette délinquance serait en expansion même si elle reste faible. En 2004, selon l’ONDRP, des filles mineures étaient mises en cause dans aux personnes, contre en 2009, soit une augmentation de 83,7 %. Dans la même période, mais ces jeunes femmes sont surtout impliquées dans des « atteintes aux biens ». Si les femmes commettent moins de violences, y compris sexuelles que les hommes, M. Damien Mulliez, directeur adjoint de la Protection judiciaire de la jeunesse au ministère de la Justice, s'inquiète cependant de l’augmentation « des actes d'agression à caractère sexuel »Rapport d'activité pour l'année 2009 et compte rendu des travaux de cette délégation sur le thème « Les femmes dans les lieux de privation de liberté » - Site du Sénat français..
Violences conjugales Dans une étude de 1980 de cet auteur (Behind Closed Doors - Violence in The American Family), comprenant une enquête de victimisation, Strauss, Gelles et Steinmetz affirment que les femmes commettent la moitié des violences physiques domestiquesBehind Closed Doors: Violence in the American Family Par Murray Arnold Straus, Richard J. Gelles, Suzanne K. Steinmetz, Transaction Publishers, 1980, p. XXIII..
Si le taux d'agression est équivalent, concluent-ils, les hommes causent plus de dommages directs aux femmes, mais les femmes qui utilisent des armes peuvent provoquer des blessures plus graves. Suzanne Steinmetz écrit : . Une recherche de John Archer publiée en 2000 dans le Psychological Bulletin, Vol 126(5), tendrait à indiquer que dans les relations conjugales, la femme serait légèrement plus agressive que l'homme dans le conflit même si, en conséquence, c'est elle qui subit le plus de blessures physiquesAre women really more aggressive than men in intimate relationships ? Comment on Archer.Sex differences in aggression between heterosexual partners: A meta-analytic review..
Concernant les couples homosexuels, les résultats de l'ESG 2004 conduite par Statistiques Canada révèlent que REZO (2010) Violence conjugale chez les gais: des statistiques alarmantes (consulté le 31 décembre 2012). Les résultats de l'ESG 2009 confirment cette tendance et montrent que les personnes canadiennes s'identifiant comme gays ou lesbiennes avaient deux fois plus de chances de déclarer avoir été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire amoureux que les personnes s'identifiant comme hétérosexuelles.. Des données américainesWalters, Mikel L.; Chen, Jieru; Breiding, Matthew J. (janvier 2013). National Intimate Partner and Sexual Violence Survey: An overview of 2010 findings on victimization by sexual orientation.cdc.gov (Centers for Disease Control and Prevention). (visité le 22 février 2016) montrent également que les personnes s'identifiant comme gays, lesbiennes ou bisexuelles avaient plus de risques que les hétérosexuels de se dire victimes de violence sexuelle domestique au cours de leur vie.
Canada Plusieurs enquêtes de victimation vont dans le sens de l'équivalence quantitative des violences conjugales. Pour le Canada, c'est le cas de l’ESG, menée en 1999La violence conjugale en 1999. Denis Laroche. Bulletin de l’Institut de la statistique du Canada, février 2002, volume 6, numéro 2 (page 6). et en 2004Contexte et conséquences de la violence conjugale envers les hommes et les femmes au Canada en 2004. Denis Laroche. Institut de la statistique du Québec, 2007..
France En France, un certain nombre de violences graves perpétrées contre les pères par les mères dans les couples en situation de divorce ne sont pas comptabilisées comme « violences conjugales » physiques. Il s'agit notamment, selon les associations pour les droits des pères, des fausses accusations de violences physiques ou sexuelles à l'encontre des enfants, du délit de non-représentation des enfants très peu sanctionné en France lorsqu'il est le fait d'une mère, de l'aliénation parentale des enfants, des déménagements à longue distance rendant difficiles le droit de visite du pèreArticle de l'association SOS-Papa d'après une étude de l'Insee et de l'INED..
Maltraitances sur enfants Canada
Une étude canadienne, menée en 2001 par le ministère de la Santé canadien, utilisant la définition de l'OMS, donne les suivants concernant les cas de maltraitances d'enfants en milieu familial : Violence physique 31 % Abus sexuel 10 % Négligences 40 % Violence psychologique 19 %
Les auteurs de l’ensemble de ces violences sont : Mère biologique 61 % Père biologique 38 % Beau-père 9 % Belle-mère 3 % Famille d’accueil 1 % Autre membre de la famille 7 % (total supérieur à 100 % car un acte de maltraitance peut-être pratiqué à la fois par le père et la mère biologique, le beau-père et la mère biologique, etc.).
Dans les cas d’abus sexuel, les pères sont impliqués dans 15 % des enquêtes ouvertes. Sur l’ensemble de ces enquêtes le pourcentage des plaintes se distribue selon la ventilation suivante : Corroborées 20 % Présumées 20 % Non corroborées 60 %
La même année, pour le même type d'études, les résultats obtenus aux États-Unis sont presque identiques (à ± 2 % près). Toujours sur le sol américain, le pourcentage d’infanticide quant à lui représentait un taux de 1,62 pour . Les auteurs de ces infanticides se répartissaient comme suit : Mère seule 32 % Père seul 11 % Les deux parents 21 % Mère avec une autre personne que le père 16 % Père avec une autre personne que la mère 1 % Autre membre de la famille 5 % Famille d’accueil 6 % Autre proche 6 % Inconnu 2 %
États-Unis Une étude de 2012 établi que 20 % des agressions sexuelles sur enfants sont le fait de femmes..
France Une étude de 2015 de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales basée sur l'exploitation des données du casier judiciaire a établi que 70 % des meurtres d'enfant sur la période de 1996-2015 ont été perpétrés par une femme, et que dans 72 % des cas l'enfant victime avait un lien familial avec son bourreau.. Le psychologue Mickael Morvelli précise que la part plus importante de femmes dans les interactions avec l'enfant serait responsable de cette surreprésentation. Cela concerne environ 57 mineurs par an d'après les chiffres de l'ONDRP, en baisse depuis une meilleure prise en charge des mères après l'accouchement.
Le Service national d'accueil téléphonique pour l'enfance en danger (SNATED, dit aussi « 119 », anciennement SNATEM.) publie des statistiques très fiables. En effet, cet organisme, qui reçoit chaque année appels lui signalant des maltraitances, procède à des vérifications, et ne procède à des « transmissions » aux Conseils généraux que pour les cas les plus crédibles, exigeant un suivi social et judiciaire : environ par an. Dans son rapport 2006, les statistiques sur les « transmissions », qui confirment celles des années précédentes, établissent que les auteurs des mauvais traitements signalés sont, en pourcentage : la mère (52,3 %), le père (29,6 %), le beau-père (7,8 %), les autres catégories étant toutes à moins de 2 %. Et par sexe : des femmes (56,3 %), des hommes (43,2 %), les autres cas n'étant pas définis. Ces chiffres sont toutefois à mettre en regard du temps passé à s'occuper de l'enfant, ce qui pourrait expliquer le fort pourcentage de femmes présumées auteures de mises en danger de l'enfant, d'après l'étude annuelle relative aux appels du SNATED en 2017https://www.allo119.gouv.fr/sites/default/files/upload/content/activite/etudestat_2017-def131118_web.pdf. À l'inverse, lorsque le contact est équilibré entre femmes et hommes, dans les réseaux d'amis, la fratrie ou les beaux-parents, les pourcentages d'hommes auteurs de violences est plus élevé (72,3 %, 70,3 % et 75,3 %, respectivement). Les violences (donc hors négligence, éducation défaillante et catégories similaires) psychologiques, physiques ou sexuelles sont exercées à 48,1 %, 53,0 et 76,8 %, respectivement, par des hommes, et à 51,6 %, 46,5 % et 22,0 % par des femmes, selon cette même étude.
Violences de guerre Nazisme De nombreux auteurs, dont des féministes, se sont interrogés sur le rôle des femmes dans le nazisme. Dans Les femmes et le nazisme, sous la direction de Liliane Kandel, des historiennes, féministes s'interrogentLes Femmes et le nazisme, Liliane Kandel (dir.) - Préface d'Élisabeth de Fontenay - Paris, Éditions Odile Jacob, 2004 :
Claudia Koonz dit, dans Les mères-patrie du III Reich : les femmes et le nazismeLes mères-patrie du III Reich : les femmes et le nazisme, éd. Lieu Commun, 1989 :
Irak
Un exemple contemporain a été fortement médiatisé, celui de Lynndie England, une réserviste de l'Armée américaine. Celle-ci a été condamnée à la prison en raison des sévices qu'elle a perpétrés dans la prison d'Abou Ghraib à Bagdad lors de l'occupation de l'Irak. Ses agissements et son procès ont régulièrement fait la une des médias aux États-Unis. Elle a été condamnée le à trois ans de prison pour mauvais traitements sur des détenus irakiens et a été radiée de l'armée.
Tueuses en série comme une tueuse en série une meurtrière récidiviste qui a commis au moins trois meurtres, un intervalle de temps séparant chacun de ces meurtres. Une tueuse en série est une psychopathe qui se caractérise par sa boulimie de meurtres, par le plaisir qu'elle tire de ses actes et par un sentiment de supériorité qui l'amène à penser qu'elle ne sera jamais prise.
La tueuse en série ne tue pas par idéologie (même si elle peut parfois sélectionner ses victimes sur des critères ethniques, religieux ou sexuels), par fanatisme ou par appât du gain. Le moteur de la tueuse en série est le sentiment de toute-puissance que lui procurent ses crimes.
Au regard de cette définition, les terroristes, les criminelles de guerre, les tueuses de masse, les spree killers, les tueuses passionnelles ou les tueuses à gages ne sont pas considérées comme étant des tueuses en série.
Parmi les tueuses en série connues il y a : Élisabeth Báthory ; Marie-Madeleine Dreux d'Aubray ; Nannie Doss ; Karla Homolka ; Hélène Jégado ; Aileen Wuornos.
Approches thérapeutiques Difficulté à sortir du tabou Selon les auteurs du dossier « De victimes à folles »Gazette des femmes, Vol. 27, no 3, novembre-décembre 2005, p. 22-28 (Québec), il existe une résistance à aborder ce problème :
[…] C'est un sujet tabou, une femme est plutôt perçue comme protectrice et aimante. Celles que nous recevons sont capables de coups et de bris d'objets. Elles ne vivent pas forcément dans la précarité. Elles ont toutes subi des violences pendant leur enfanceClaudine Gachet, présidente de Face à face, un centre pilote créé en 2001, à Genève, pour aider les femmes violentes dans L'Express (France) du 25 avril 2005, par Julien Félix, Marie Huret..