vignette|redresse=1.1|Pancarte avec la citation lors d'une marche pour le climat en Suisse ().
est une petite phrase prononcée par Jacques Chirac, président de la République française, en ouverture de son discours devant l'assemblée plénière du de la Terre le à Johannesbourg, en Afrique du Sud.
En se référant en particulier au réchauffement climatique, la déclaration du chef de l'État français fait à la fois le constat de la destruction de la Nature et la critique de l'indifférence des habitants de la Terre face à cette catastrophe qui mettrait pourtant à l'épreuve et en danger l'espèce humaine tout entière.
Selon les commentateurs, qui apprécient les intentions de l'orateur, mais qui regrettent aussi sa prise de conscience tardive, elle n'est que très peu suivie d'effet de la part de celui-ci, de son auditoire et de ses cibles. Le même voyage permet à Jacques Chirac et au Premier ministre britannique, Tony Blair, d'amorcer une collaboration qui finit par déboucher sur la mise en place de la taxation des billets d'avion pour financer l'aide au développement.
Contexte Le discours du président français a lieu le devant l'assemblée plénière du quatrième Sommet de la Terre, se tenant du au . Jacques Chirac s'exprime à la tribune alors qu'il a été réélu président de la République quelques mois auparavant, au terme d'une élection durant laquelle l'environnement n'a tenu qu'une place secondaire, étant surtout marquée par la présence du candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen au second tour.
En route pour le sommet, Jacques Chirac s'arrête à Ndjamena, au Tchad, le . Il rencontre Idriss Déby Itno et s'entretient avec lui de la situation régionale et des relations bilatérales avant de l'inviter en France et de reprendre l'avion pour le sommet.. L'Airbus présidentiel atterrit sur la base aérienne de Waterkloof aux alentours de 21 heures 30, et le président s'installe à l'hôtel une demi-heure plus tard..
Ce n'est pas la première fois que Jacques Chirac se retrouve en Afrique du Sud en tant que président puisqu'il effectue une première visite d'État dans le pays en . Cependant, s'il rencontre à cette occasion Nelson Mandela, il ne visite pas Johannesburg, où a lieu le sommet.
Contenu vignette|Jacques Chirac (à droite) en avec George W. Bush (à gauche), une cible indirecte de son discours de Johannesbourg. Le passage le plus célèbre du discours de Jacques Chirac est constitué par les quelques phrases liminaires :
Il énumère ensuite les grands problèmes environnementaux et de développement humain qui se posent continent par continent.
Citée la première, l'Europe frappée par des catastrophes naturelles et des crises sanitaires.
En Amérique du Nord, l'économie américaine souvent et .
L'Amérique latine qui voit resurgir et ses contrecoups sociaux.
De son côté, l'Asie menacée d'empoisonnement par une pollution qui s'étend et menace, ce dont témoignerait, selon Jacques Chirac, .
L'Afrique quant à elle est . Pour finir, il cite certains États insulaires menacés de disparition du fait du réchauffement climatique..
Un autre passage très cité du discours intervient à ce moment, quand Jacques Chirac déclare :
Jacques Chirac poursuit en invoquant la responsabilité collective de tous les pays. Il cite en premier lieu celle des pays développés, dont il déduit la responsabilité . Il cite également la responsabilité des pays en développement, qui sont selon lui devant l'obligation d'.
Jacques Chirac propose des solutions à cette situation, en appelant de ses vœux la création d'une alliance mondiale pour le développement durable, qui verrait les pays développés changer leurs modes de vie et faire preuve de solidarité envers les autres pays, et les pays en développement en s'engageant sur le chemin d'une bonne gouvernance.
Jacques Chirac identifie cinq chantiers prioritaires pour l'action écologique.
Le premier est le réchauffement climatique, concernant lequel, partant du constat que celui-ci peut encore être réversible, il appelle à la solidarité internationale, notamment à la ratification du Protocole de Kyoto par les grands pays industrialisés.
Le deuxième chantier que cite Jacques Chirac est l'éradication de la pauvreté, qu'il considère comme au moment où le ne fait que commencer. Il souhaite que l'aide au développement se développe pour atteindre les 0,7 % de produit intérieur brut et que les pays trouvent de nouvelles sources de financements pour partager les produits de la mondialisation.
Le troisième chantier est la diversité, biologique comme culturelle, en souhaitant la création d'un droit à la diversité et d'instruments juridiques faisant la promotion de l'éthique.
Le quatrième chantier est représenté par les modes de production et de consommation. Jacques Chirac appelle à la sobriété permise par les évolutions techniques et scientifiques, dans le respect toutefois du principe de précaution.
Le cinquième chantier qu'identifie Jacques Chirac est celui de la gouvernance mondiale, dont il précise que le défi est de parvenir à la mondialisation. Cette gouvernance devrait selon lui reconnaître l'existence de biens publics mondiaux devant être gérés en commun, et de créer un intérêt supérieur de l'humanité, afin . C'est dans ce cadre qu'il souhaite que soit créé un conseil de sécurité économique et sociale, ainsi qu'une organisation mondiale de l'environnement. Il propose que celle-ci soit dotée d'une fonction d'évaluation par ses pairs, similaire à ce mécanisme de gouvernance introduit au sein de l'OCDE.
Il conclut son discours en rappelant que l'apparition de l'être humain est bien récente au regard de la vie géologique de la planète Terre. Il appelle de ses vœux une coopération renforcée entre les pays, pour mettre un frein de l'espèce humaine, sans quoi celle-ci pourrait bien disparaître, .
Suites après la phrase de Jacques Chirac Les suites de la phrase de Jacques Chirac ne seront pas suivies d'effets et vont tourner dans le mauvais sens des aiguilles d'une montre pour le climat aux États-Unis parce que George W. Bush et le Parti républicain vont avoir les pleins pouvoirs aux élections de mi-mandat de , remportant le Sénat en plus de la Chambre des représentants qu'ils contrôlaient déjà depuis ..
Inspirations
Écriture du discours La phrase la plus marquante du discours a été imaginée par Jean-Paul Deléage, physicien, géopolitologue et historien de l'écologieSource : cours de géopolitique de Jean-Paul Deléage (université d'Orléans - IRD)., spécialement pour le discours du président français à ce sommet mondialCela lui a valu la Légion d'honneur en 2002.. On a longtemps cru qu'elle s'inspire de la chanson du groupe australien en (extrait : )... En effet, à cette époque, l'Australie était en proie aux feux de forêt et le réchauffement climatique en était la cause selon les militants écologistes.
Cependant, à l'occasion du décès de Jacques Chirac, Jean-Paul Deléage déclare, auprès de la radio France Info, ne pas s'être inspiré de cette chanson : sourit l'universitaire, assurant que l'idée lui est venue spontanément, à la relecture du texte..
Nicolas Hulot s'accorde la paternité de cette phrase inspirée de celle de Victor Hugo : ..
Postérité vignette|Discours « » (Notre maison brûle) de Greta Thunberg au Forum économique mondial . vignette|Banderole d'Extinction Rebellion citant le discours « » (Notre maison brûle) de Greta Thunberg (Londres, ).
Le discours du président Chirac à Johannesbourg a fait l'objet de citations, de reprises et de déclarations publiques qui s'en sont inspirées.
La petite phrase de Chirac peut être rapprochée du mème Internet tiré d'une bande dessinée de ..
Greta Thunberg Au Forum économique mondial de , la jeune militante suédoise Greta Thunberg utilise une formulation similaire en déclarant. :
Hubert Reeves
En , l'astrophysicien et écologiste franco-québécois Hubert Reeves raconte. :
Kaaris
En , le rappeur français Kaaris effectue une référence écologiste à la célèbre phrase de Jacques Chirac, en déclarant dans sa chanson Hallyday : .
Références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Jacques Chirac Changement climatique Sauvegarde de la création Développement durable Sommets de la Terre : Sommet de la Terre de , Sommet de la Terre , Sommet de la Terre Protocole de Kyoto () Accord de Paris sur le climat ()
Liens externes .
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