L'Institut européen des sciences humaines (IESH) est un organisme privé spécialisé dans l'enseignement de la théologie musulmane et la langue arabe.
Le tout premier établissement est créé en 1990 à proximité de Château-Chinon, à l'initiative de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). D'autres suivent en France et en Europe.
L'IESH de Château-Chinon est pendant longtemps un interlocuteur des pouvoirs publics, qui souhaite encourager la création une filière nationale de formation des imams en France.
L'association fondatrice est accusée d'antisémitisme et d'être vecteur de radicalisation violente. Elle se voit dissoute par un décret en Conseil des ministres en et annonce saisir le Conseil d'État.
IESH de Château-Chinon En 1992, l'IESH de Château-Chinon est le premier à ouvrir, à Saint-Léger-de-Fougeret (Nièvre) avec l'appui de François Mitterrand, président de la République. D'autres Instituts sont ouverts en France et en Europe dont certains sont inactifs en 2025. Les cofondateurs du premier institut sont membres de l'UOIF et les instituts s'inscrivent dans la mouvance des Frères musulmans en Europe . En France, l'IESH de Château-Chinon est l'un des plus vieux centres de formation des imams. Contrairement aux autres centres de formation français, il n'est pas rattaché à une unique nationalité étrangère, et il a longtemps été un interlocuteur des pouvoirs publics.
Études et activités proposées. Il s'agit du premier institut de formation d'imams et de cadres religieux ouvert en Europe, créé en 1990 à l'initiative de l'UOIF et de l'Union des organisations islamiques en Europe, dans la commune de Saint-Léger-de-Fougeret (Nièvre), avec l'idée de Florence Bergeaud-Blackler : Le Frérisme et ses réseaux, L'euro-islam des Frères : les structures, chap 4, ; préface Gilles Kepel, 2023, éd. Odile Jacob . L'association enregistrée le à la sous-préfecture de Château-Chinon a pour objet déclaré « La formation et la qualification des imams, des enseignants, des prédicateurs et des cadres musulmans ; l'enseignement des sciences islamiques et sciences humaines ; l'organisation et la dispense de conférences et de sessions de formation et de perfectionnement dans les sciences islamiques et sciences humaines ; la délivrance de titres et certificats dans le domaine des sciences islamiques et sciences humaines ; la promotion de la connaissance et de la culture islamique et faire connaître la civilisation musulmane par tous les moyens appropriés ; l'organisation des séjours de loisirs et de vacances, la coopération et la coordination avec les différents organismes et institutions ayant des objectifs similairesDécret du 3 septembre 2025 portant dissolution de l'association « Institut Européen des Sciences Humaines (IESH) ». JORF du 4 septembre 2025, texte n° 4.. »
L'étude du Coran et son exégèse se fait en langue Arabe.
En 2012, le nombre d'étudiants est d'environ 200., et pour le directeur de l'institut, Zuhair Mahmood; ..
En 2014, l'IESH, qui a formé depuis sa création , ne parvient pas à suivre l'augmentation de la demande. Il accueille , en majorité français, les autres venant de toute l'Europe, pendant lesquels sont suivis des .
Cinq à dix imams et très peu d'aumôniers sortent de l'institut chaque année, un faible nombre et des pénitentiaires dans lesquels interviennent, cette année là, 182 aumôniers. Après les attentats de janvier 2015 en France, le gouvernement français prévoit de créer supplémentaires d'aumônier musulman, l'ensemble des formations devant se répartir sur les quatre structures disponibles de formation de cadres religieux..
Le centre accueille les étudiants en internat et organise des séminaires et formations intensives de langue arabe, de théologie. Il organise également des séjours de vacances et des colonies ouverts à tous déclarés auprès de la DDCSPP (direction départementale de la cohésion sociale et de la protection des populations).
Le , à la suite d'une inspection des services de la jeunesse et des sports, la préfecture de la Nièvre ferme son camp de vacances par arrêté. L'IESH le conteste en justice sans succès. L'inspection relève notamment la présence d'ouvrages pour enfants faisant l'apologie du jihad.
Financement Pour Christophe Deloire et Christophe Dubois, l'IESH de Saint-Léger-de-Fougeret est financé dès son inauguration en 1992 par le ..
En 2003, l'IESH de Châton-Chinon est avec celui du Pays de Galles et celui de Paris l'un des trois principaux bénéficiaire du Europe Trust, fiducie caritative du Conseil des musulmans européens, alors Fédération des organisations islamiques d'Europe.
En 2007, selon Antoine Peillon qui se réfère à plusieurs notes des renseignements généraux français, l'émirat du Koweït, le Qatar et les Frères musulmans financent les structures via la banque suisse UBS ; l'une de ces notes conclut au financement de l'IESH par . D'après le journaliste, cette note de 2008 révèle que plusieurs rencontres ont eu lieu à Genève, l'année précédente, entre un membre de la Qatar Charity et le trésorier de l'IESH, et qu'une somme de a été remise à cette occasion. En , la même personnalité remettait directement au président de l'IESH une somme de correspondant à 62 % du budget annuel de l'Institut.. En 2007, le trésorier des IESH français, Mohamed Karmous, qui préside l'UIESH (l’Union des Instituts Européens des Sciences Humaines), est décrit comme un militant islamiste par les services de renseignement français.
En 2012, selon l'AFP (pour 20 minutes), les ressources de l'institut dépendent beaucoup de la perception des frais de scolarité. Par ailleurs, l'institut déclare dépendre de dons privés, et sur le site internet, les musulmans sont appelés à soutenir les étudiants, professeurs et personnels de l’IESH.. Le gestionnaire financier de l'institut, précise que 90 à 95 % des ressources proviennent de ce , le restant est assuré par des , .
En 2016, au cours de son audition devant la mission d'information du Sénat, Larabi Becheri, directeur de l'IESH de Château-Chinon, déclare : ..
En , une perquisition est menée dans les locaux de la Nièvre dans le cadre d'une enquête sur la non-déclaration de financements en provenance de l'étranger. L'IESH se défend de tout manquement mais la procureure qualifie la perquisition de « fructueuse ».
Islamisme En 1993, le mouvement islamiste Ennahdha interdit en Tunisie donne une conférence à l'institut de Château-Chinon.
En 1994, Fayçal Mawlawi, le doyen de l'IESH qui dirige alors la confrérie des Frères musulmans au Liban, est interdit d'entrée sur le territoire français pour .
En 1997, la première cérémonie de remise des diplômes est parrainé par Youssef al-Qaradâwî qui figurait parmi les invités. Il s'agit d'un théologien qatari radical décrit comme
Fiammetta Venner écrit : et
En 2014, selon France 3, l'IESH Château-Chinon condamnait les violences perpétuées par Daesh.
Frères musulmans Le gestionnaire financier assure que .
Selon Brigitte Maréchal, les Frères musulmans ont contribué à la création de l'IESH :
Pour Nahida Nakad, Derrière le voile de Nahida Nakad, éditions Don Quichotte, 2013..
Selon Bernard Godard,
Pour avoir dénoncé les liens entre l'IESH et les Frères musulmans, Marion Maréchal et Pascal Lepetit, la Présidente et le responsable nivernais du mouvement politique Identité Libertés, ont été condamnés pour diffamation par le tribunal judicaire de Lyon le . Ils contestent ce jugement et annoncent avoir fait appel. Ils sont tous deux relaxés le 15 juillet 2026 par la cour d'appel de Lyon.
Le , Nicolas Dupont-Aignan et Pascal Lepetit ont été relaxés par le tribunal judiciaire de Lyon, à la suite d'une autre plainte déposée contre eux par l'IESH pour diffamation.
Audit Début 2016, dans un contexte de lutte contre l'islam radical, le maire d'Autun Rémy Rebeyrotte demande au préfet . L'État répond notamment : , et conclut : ..
Procédure de dissolution L'IESH de Château-Chinon a longtemps été un interlocuteur des pouvoirs publics, contestant les soupçons concernant son financement ainsi que sa proximité idéologique avec les Frères musulmans. Cependant, après la fermeture du camp de vacances en et la perquisition en décembre de la même année, le gouvernement gêle les avoirs de l'institut et ceux de deux de ses cadres en le .
Le , dans le cadre d'une procédure judiciaire antiterroriste, une perquisition à l'IESH de Saint-Léger-de-Fougeret met au jour des supports de cours qualifiant les juifs de « singes » et de « porcs », professant l'infériorité de la femme et jusitifiant le viol conjugal. Le , l'association est dissoute par décret au motif, notamment, de provocation à la haine ou à la violence envers des personnes en raison de leur origine. Selon le décret, l'institut a été « une étape déterminante dans le processus de radicalisation violente de plusieurs anciens élèves ». Les services de renseignement avancent qu'au moins 9 d'entre eux auraient rejoint des groupes jihadistes ou auraient commis des attentats, dont Abdelkader Merah, condamné pour complicité des attentats de Toulouse et Montaubanc perpétués en 2012 par son frère. L'association affirme contester cette dissolution devant le Conseil d'État et reçois le soutien de Musulmans de France. Elle affirme que 5 personnes radicalisées avait été exclues par l'institut lui-même, rejette les accusations d'intégrisme et rappelle qu'elle se veut parfaitement républicaine.
Autres IESH IESH de Paris Situé à Saint-Denis (93200), il est ouvert en 2001. Le nombre d'étudiants est de (en 2012), venant de toute la région parisienne ainsi que des villes avoisinantes. Il dispense des cours et des formations avec plusieurs formules intensives et extensives ou formations courtes : cours de soir et week-end ; il organise chaque année des cycles de conférences à sujet variés appelées « Vendredis de l'IESH » ouvertes au public.
Contrairement à l'IESH de Château-Chinon, l'IESH de Paris offre une cursus succinct d'études islamiques en français, en plus du cursus en arabe.
En 2019, il fait l'objet d'une fermeture administrative temporaire.
En , Le Parisien indique que l'IESH est défavorablement connu des services de renseignement comme prônant un islam radical et qu'il est visé par une enquête.
Début , le doyen de l’IESH de Paris-Saint-Ouen, Ahmed Jaballah, visé par une procédure d’expulsion du territoire national (OQTF) depuis le , et considéré comme l’un des leaders des Frères musulmans, quitte la France de sa propre initiative, en prenant un vol avec sa fille pour la Tunisie.
IESH d'Alsace Créé en 2018, il est situé à Strasbourg. En 2025, il n'est plus en activité.
Au Royaume-Uni, en Allemagne et en Finlande Grande-Bretagne « IESH Birmingham » « IESH Pays de Galles »: fondé en 1998 à Llanybydder, il perd son agrément académique en 2005. En 2012, le MI5 contacte la police de l'unité galloise de lutte contre l'extrémisme et le terrorisme pour enquêter sur un de ses étudiants et l'institut ferme peu après. Ces faits sont révélés par un rapport parlementaire consacré au meurtre de Lee Rigby. En 2025, ces deux instituts ne sont plus en activité. Allemagne IESH Francfort : « Europäisches Institut für Humanwissenschaften (EIHW) », ouvert en 2013 Finlande « IESH Helsinki », ouvert en 2016
Notes et références Références
Voir aussi
Articles connexes Musulmans de France Conseil des musulmans européens Zuhair Mahmood
Liens externes
IESH IESH Paris
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