SOS Papa est une association à but non lucratif française masculiniste qui entend promouvoir l'importance et le maintien des liens affectifs des enfants envers leurs deux parents, en cas de divorce ou de séparation parentale.
Revendications
Le droit à la coparentalité, à savoir l'exercice équitable du père et de la mère à éduquer leurs enfants après une séparation ou un divorce constitue la principale revendication de l'association SOS Papa.
L'association revendique le droit à l'égalité effective en matière de justice familiale et de justice pour enfant, afin que le droit du père soit pris en considération avec la même valeur par les magistrats, procureurs, services de police, gendarmerie, pédiatres, médecins et travailleurs sociaux. Il n'existe pour autant pas de biais "promaternel" chez les magistrats.
Elle revendique également le droit des enfants séparés à la suite d'un divorce ou une séparation d'être élevés autant par le père que par la mère, suivant le principe de la résidence alternée.
Historique Michel Thizon fonde SOS Papa en 1990. Il préside l’association jusqu’à son remplacement par Alain Cazenave en 2004. Celui-ci démissionne en et est remplacé par Jean Latizeau, qui dirige en intérim jusqu’à l’élection de Jacques Colleau comme nouveau président en .
Dans les années 2000, SOS Papa se rapproche d’Évelyne Sullerot, cofondatrice du planning familial et sociologue de la famille. Celle-ci permet à l’association de devenir membre provisoire de l’Union nationale des associations familiales (UNAF) en 2005, par le biais d’un agrément de principe qui deviendrait définitif quand l’association remplirait les conditions nécessaires : vingt implantations départementales et mille adhérents à jour de cotisation... À cette époque, l’association compte régionales, mais seules deux sont reconnues par leur UDAF respective. Une course à la délégation s’entame alors au sein de l’association afin d’obtenir la reconnaissance de l’UNAF, vue comme une consécration légitimant leur action.
Quelques semaines plus tard, Sullerot devient la marraine officielle de SOS Papa, en remplacement de la comédienne Anny Duperey, et permet à l’association de faire valoir une perspective « féministe ». En 2008, Sullerot remet la Légion d’honneur à Michel Thizon pour valoriser le travail accompli par ce dernier et l’aspect significatif de son engagement.
En 2013, selon le siège national, l’association compte . Sous l’impulsion de Fabrice Méjias Sos Papa Seule adhère à la Manif Pour Tous durant quelques mois.. En , SOS Papa apporte son soutien à deux pères accusés de violences (dont l’un est membre de l’association.) montés en haut de grues à Nantes pour réclamer la garde de leurs enfants..
En 2017, les conditions de l’UNAF n’ont jamais été remplies (vingt implantations départementales et mille adhérents sur l’ensemble du territoire), et SOS Papa est toujours considérée comme , donc sans pouvoir décisionnel.
Bruno Lagadec, secrétaire général de SOS Papa, a été condamné en 2001 à six mois de prison ferme pour avoir enlevé son fils.
VERJUS, Anne. Les coûts subjectifs et objectifs de la masculinité : le point de vue des masculinistes (et des féministes) In : Boys don't cry! Les coûts de la domination masculine [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2012 (généré le 27 septembre 2022). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pur/67086>. . DOI : https://doi.org/10.4000/books.pur.67086.
Adhérents Comme chez les groupes de pères nord-américains, les adhérents à SOS Papa se divisent en un petit noyau militant et des adhérents que la chercheuse Aurélie Fillod-Chabaud qualifie : il s’agit de pères aisés déçus d’une audience qui adhèrent avant tout pour se faire conseiller le temps de leur procédure. Ils ne souhaitent pas s’investir dans l’association et n’ont pour la plupart aucune expérience associative antérieure. Ils sont issus de catégories intellectuelles supérieures et se dirigent vers des associations militantes en quête d’un discours critique sur le système judiciaire qui serait en leur défaveur.
Entre 1990 et 2010, ont adhéré à l’association. 87 % d’entre eux n’ont pas renouvelé l’adhésion après la première année.
Critiques sur le masculinisme de l'association
Les politistes Anne Verjus et Marie Vogel pointent que la revendication d'égalité dans l'éducation des enfants de SOS Papa se limite à l'après-divorce et à la sphère privée : l'association ne milite . De plus, la résidence alternée n'est pas, en dépit de ses avantages supposés pour l'enfant, présentée comme un impératif mais comme pour les pères. Selon la revue Sciences humaines, SOS Papa réclamerait un droit à l'enfant pour les pères quand les féministes le conditionneraient à l’investissement du père dans l'éducation des enfants avant la séparation..
Peu de pères réclament la garde de l'enfant..
Cette association est considérée comme masculiniste par le collectif STOP Masculinisme et le réalisateur Patric Jean, auteur du documentaire La Domination masculine. Selon eux, « la "cause des pères" est, avant tout, la réaffirmation du pouvoir des hommes sur les femmes, les enfants et l'ensemble de cette société » et un « mouvement social dont le but est revenir en arrière culturellement vers une société où l'homme reprend toute sa place ». De plus, plusieurs de ses membres mis en avant ont été condamnés pour avoir projeté d'assassiner la mère de leurs enfants ou pour soustraction d'enfants. L’association s'inspire également de la théorie du Syndrome d'aliénation parentale créée par Richard Gardner, un pro-pédophile américain, pour autoriser la garde d'un enfant à un père qu'il accuse de violences.. Patric Jean note également que l'argument « 80 % des enfants sont confiés majoritairement aux mères par la justice » est repris mot pour mot des masculinistes québécois dont ils reprennent également les méthodes. Selon lui, « l'objectif des masculinistes serait donc de revenir sur cette législation [loi instaurant la notion d'autorité parentale conjointe et partagée de 1970] qui institue une égalité de fait entre pères et mères »..
L'association, comme d'autres associations de défense des droits des pères, est masculiniste....
Défense de l'association Pourtant,
Le professeur François de Singly, sociologue de la famille, affirme : . Mais Marie Vogel et Anne Verjus analysent que .
Évelyne Sullerot, sociologue, féministe et marraine de l'association SOS Papa, considère, dans les années 1990, que les revendications des pères séparés sont mal ou peu considérées dans les médias et dans l'opinion publique : « Il faut s’interroger sur cette opinion publique, à la fois hyper-sensibilisée dès qu’il s’agit d’enfants, et étrangement sourde si le père est en cause. (…) L’injustice ressentie par les pères n’émeut pas les foules. Au contraire, ils sont volontiers taxés de jaloux, d’excités. Leurs plaintes sont rarement écoutées, encore moins répercutées par les médias, comme un fait de société ». En 2022, des chercheurs (Dominic Violi et ses collaborateurs) ont confirmé cette perception en analysant les discours médiatiques et académiques développés sur les associations de pères dans différents pays : « La voix des pères non résidents est régulièrement minimisée, rejetée et étiquetée comme anti-féministe ou comme une réaction violente au féminisme. (…) En détournant l'attention de ce que disent les pères non résidents, ces auteurs non seulement réduisent au silence, marginalisent et affaiblissent les pères non résidents ; ils les rendent complètement superflus ». Ces tendances à occulter la parole des pères et à leur attribuer d’autres intentions anti-féministes ont été notamment identifiées dans les travaux du sociologue français Édouard Leport.
Références
Annexes Articles connexes Masculinisme Famille parentale Médiation familiale Syndrome d'aliénation parentale Symbiose (psychanalyse)
Bibliographie
Aurélie Fillod-Chabaud, (2017). La prise en charge des enfants par les membres de SOS Papa : une analyse des conditions matérielles de la transmission culturelle. Droit et société, 95, 27-41.
Liens externes
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