Les monts Tara (en serbe : ou ) sont un massif montagneux situé à l'ouest de la Serbie, le long de la frontière avec la république serbe de Bosnie, Bosnie-Herzégovine. Ce massif appartient à la chaîne des Alpes dinariques. Le point culminant de l'ensemble est le mont Kozji rid, qui s'élève à ., suivi du mont Zborište (). En 1981, une grande partie de ce massif a été transformée en parc national.

Géographie thumb|right|Les monts Tara et la Drina Situation Les monts Tara sont situés à l'ouest de la Serbie, le long de la Drina et de la frontière avec la Bosnie-Herzégovine.. Ils s'étendent au sud-ouest de la ville de Bajina Bašta et à l'ouest de la ville d'Užice. La rivière Đetinja, un affluent de la Zapadna Morava qui coule au sud du massif, marque la limite entre les monts Tara et les monts voisins de Zlatibor Serbia and Montenegro road map .

Topographie Le point culminant du massif est le mont , qui s'élève à . Le massif de Tara comprend les sommets suivants. :

Sommet Altitude (en mètres) Kozji rid Zborište Smiljevac(Smiljevo brdo) Carevića Vis Bukova Glava Vis Velika Glavica Crni Vrh Borjak Visoka Glavica Golubac Borova Glava 914

Le petit massif voisin de Zvijezda est parfois considéré comme un prolongement des monts Tara. Il est en partie intégré dans le parc naturel des monts Tara.

Géologie La plus grande partie des monts Tara est composée de roches carbonacées qui forment un relief karstique, avec des puits, des grottes, des sources et des vallées sèches.

Hydrographie thumb|right|Le lac de Zaovine

La Drina est la rivière principale du massif de Tara, qui, à sa bordure, forme une série de gorges. Tara est étalement parcourue par des rivières comme la Brusnica ou la Derventa, qui, elles aussi, coulent dans des vallées encaissées.. On y trouve également d'autres petites rivières comme la Rača, la Pilica, le Crveni potok, le Bilo ou la Crvena stena. Le Vrelo, qui coule à Tara, est le plus petit cours d'eau de Serbie ; il est surnommé « la rivière d'un an » parce qu'il mesure .. En raison du relief accidenté, les rivières forment de nombreuses chutes d'eau, comme celle Veliki Skakavac (en serbe cyrillique : ), la plus importante du secteur. Elle est située sur le cours du Beli Rzav, le « Rzav blanc », un des bras du Rzav de Zlatibor, qui, lui-même, est un affluent droit de la Drina ; elle tombe sur une hauteur de .. Le massif comporte aussi de nombreuses sources. Celle de Perućac donne naissance au Vrelo ; celle de Lađevac, dans les gorges de la Rača, est célèbre pour ses eaux aux vertus thérapeutiques.

Le massif possède également deux lacs importants. Le lac de Perućac, à l'extrême nord de Tara, a été créé par la construction d'un barrage sur la Drina ; situé à une altitude de , il s'étend sur et ses eaux atteignent une profondeur de .. Le lac de Zaovine est lui aussi un lac artificiel, formé à la suite de la construction d'un barrage sur le Beli Rzav ; célèbre pour ses eaux couleur émeraude, il est situé à d'altitude et couvre une superficie de , avec une profondeur qui peut atteindre .

thumb|center|upright=2.5|Le lac de Zaovine

Climat Le massif sert de zone de contact entre des vents chauds venus du sud et des vents froids venus du nord. Tara se caractérise ainsi par un climat continental modéré, avec des étés modérément chauds, des hivers marqués et des automnes aux températures plus clémentes que celles du printemps .. Les étés y sont ensoleillés et la neige est abondante en hiver. La température moyenne annuelle, relevée à la station météorologique de Mitrovac, située à d'altitude, est de ; tandis que la moyenne annuelle des précipitations est de .. L'humidité augmente avec l'altitude : les environs de Bajina Bašta sont subhumides, les environs de Perućac classés entre subhumides et humides ; Kaluđerske Bare est une zone humide et le secteur de Mitrovac se caractérise par un climat humide, avec une tendance perhumide.

Flore et faune Flore thumb|right|Les forêts des monts Tara Les trois quarts de Tara sont couverts de forêts qui figurent parmi les mieux préservées d'Europe. Sur le plan de la flore, les monts Tara abritent des pins, des sapins, des mélèzes, des hêtres.

thumb|left|L'épicéa de Serbie (Picea osmorika) À proximité du lac de Zaovine, le botaniste serbe Josif Pančić a découvert une espèce rare d'épicéa, endémique à la vallée de la Drina, à laquelle il a donné le nom de Picea omorika, l'épicéa de Serbie ; cet arbre est également connu sous le nom de (en serbe cyrillique : ) Arbres - Jaromir Pokorny - p.38 - - Éditions Gründ - 1987 et il peut atteindre des hauteurs considérables. En raison de son importance scientifique, l'épicéa de Serbie a été placé sous la protection de l'État. En tout, environ 600 espèces de plantes ont été répertoriées dans les parages de ce lac, dont 15 sont protégées en raison de leur rareté. Parmi celles-ci figure l'Edelweiss pied-de-lion (Leontopodium alpinum).. Le parc abrite également plus de espèces de fleurs, comme des violettes et des narcisses Potencijalne opanosti u prirodi Site officiel du parc national de Tara (faire défiler la page).

thumb|upright=0.7|La listère cordée Parmi les espèces paléoendémiques du secteur, outre Picea omorika, poussent Centaurea derventana, Potentilla visianii, l'ancolie mauve (Aquilegia grata), Edraianthus graminifolius, Gypsophila spergulifolia, Osnoma stellulata, ainsi que la seule espèce du genre Halacsya répertoriée, Halacsya sendtneri. On y rencontre aussi Cephalaria pastricensis, Haplophyllum boissieranum, Daphne blagayana, ou encore une espèce d'érable, Acer heldreichii, l'« érable des Balkans ». Le massif de Tara abrite également un certain nombre d'espèces endémiques ou subendémiques, comme Euphorbia subhastata, Eperua glabriflora, Satureja subspicata, une herbacée du genre Cerastium (Cerastium decalvans), Moehringia bavarica ou une espèce d'épiaire (Stachys anisochila). Dans ce même domaine, on peut encore signaler Thymus jankae, la gentiane des Alpes dinariques (Gentiana dinarica) ou encore la corydale jaunâtre (Pseudofumaria alba), Potentilla mollis, Silene monachorum ou Pedicularis heterodonta. D'autres plantes encore croissent dans le massif, comme l'œillet de pierre (Dianthus petraeus) et l'œillet des rochers (Dianthus sylvestris papillosus), ou encore des genêts (Genista friwaldskyana), du lin (Linaria rubioides), des arabettes (Arabis procurrens), Verbascum bosnense et des pois de senteur (Lathyrus binnatus)..

Cette région, riche en plantes de toutes sortes, abrite aussi des espèces d'arbres et d'arbustes comme l'if (Taxus baccata), le houx (Ilex aquifolium), le noyer (Juglans regia), le charme-houblon (Ostrya carpinifolia), une espèce d'arbre appelée Staphylea pinnata ou encore la lauréole (Daphne laureola), Ruscus hypoglossum et le fragon faux houx (Ruscus aculeatus). La bruyère des Alpes (Erica herbacea), la spirée (Spirea cana), Waldsteina ternata, l'asaret d'Europe (Asarum europaeum), la cardamine (Cardamine waldsteinii) se trouvent sur le massif ; on y rencontre également la pivoine (Paeonia officinalis) et, notamment, la pivoine sauvage (Paeonia corallina), la saxifrage (Saxifraga marginata) et le chèvrefeuille des Alpes (Lonicera alpigena). D'autres herbacées sont représentées dans le secteur, comme la goodyère rampante (Goodyera repens), ainsi que des espèces d'orchidées, comme la racine de corail (Corallorhiza trifida) ou encore la listère cordée (Listera cordata).

Les monts Tara sont également intéressants pour leurs 251 espèces de champignons, parmi lesquelles figurent des espèces vénéneuses comme l'amanite phalloïde (Amanita phalloides) et l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria).

Faune thumb|left|upright=0.6|Le vautour fauve Sur le plan de la faune, les monts Tara sont peuplés par diverses espèces d'animaux sauvages. On y compte environ 53 espèces de mammifères., dont l'ours brun (Ursus arctos), le chamois (Rupicapra rupicapra), le chevreuil (Capreolus capreolus), le sanglier (Sus scrofa), ou encore la loutre (Lutra lutra) et le hérisson. Parmi les mammifères prédateurs vivent le lynx (Lynx), le chat sauvage (Felis silvestris), le loup (Canis lupus) et le renard.

Environ 153 espèces d'oiseaux nichent dans le parc, de façon permanente ou temporaire. Parmi les espèces les plus importantes figurent le faucon pèlerin (Falco peregrinus), l'aigle royal (Aquila chrysaetos), le petit-duc scops (Otus scops), le pic vert (Picus viridis), le pic cendré (Picus canus) ou le rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus).. On peut encore y rencontrer le vautour fauve (Gyps fulvus), le hibou grand-duc (Bubo bubo) ou encore le tétras lyre (Lyrurus tetrix). Le râle des genêts (Crex crex) est également présent dans le secteur.

thumb|upright=1.3|Le hotu Environ 40 espèces de poissons sont représentées dans les monts, et particulièrement dans la Drina. On y rencontre notamment plusieurs espèces de salmonidés, comme la truite fario (Salmo trutta fario), le saumon d'eau douce (Hucho hucho), et la truite arc-en-ciel (Salmo gairdneri irideus ou Oncorhynchus mykiss), qui toutes trois font partie de la sous-famille des Salmoninae, ou bien encore l'ombre commun (Thymallus thymallus), qui appartient à la sous-famille des Thymallinae. On rencontre une vingtaine d'espèces appartenant à la famille des cyprinidés, dont le hotu (Chondrostoma nasus), la chevesne (Leuciscus cephalus), l'ide mélanote (Leuciscus idus), le barbeau (Barbus barbus), le gardon (Rutilus rutilus), le gardon galant (Rutilus pigus), le rotengle (Scardinius erythrophthalmus) la brème commune (Abramis brama), la brème bleue (Abramis ballerus) et la vimbe (Vimba vimba) ; dans cette même famille de poissons, on trouve aussi la tanche (Tinca tinca), le goujon (Gobio gobio), l'ablette (Alburnus alburnus), la carpe amour (Ctenopharyngodon idella) et l'aspe (Aspius aspius). Parmi les percidés, figurent la perche commune (Perca fluviatilis), la grémille (Gymnocephalus cernuus), deux espèces du genre Zingel, Zingel zingel et Zingel streber, et le sandre (Sander lucioperca). La famille des Esocidae est représentée par le brochet (Esox Lucius), celle des Centrarchidae par le crapet-soleil (Lepomis gibbosus), celle des siluridés par le silure glane (Silurus glanis), celle des Cobitidae, par la loche d'étang (Misgurnus fossilis) et la loche de rivière (Cobitis taenia). Deux autres familles de poissons sont également présentes dans la Drina, celle des Acipenseridae, communément appelés esturgeons, avec le sterlet (Acipenser ruthenus), et celle des Gadidae, avec la lote (Lota lota)..

De nombreux insectes vivent à Tara, dont de nombreuses espèces de lépidoptères et de coléoptères. Dans ce dernier groupe figurent Polydrusus mollis, Polydrusus pilosus et Sciaphilus asperatus, appartenant tous trois à la famille des Curculionidae.

Villes et villages thumb|right|La vallée de la Drina près de Bajina Bašta Sur le plan administratif, le secteur des monts Tara fait partie de la municipalité de Bajina Bašta. La ville de Bajina Bašta proprement dite se trouve au nord-est du massif et, au recensement de 2002, elle comptait habitants Књига 9, Становништво, упоредни преглед броја становника 1948, 1953, 1961, 1971, 1981, 1991, 2002, подаци по насељима, Републички завод за статистику, Београд, мај 2004 ; elle est officiellement classée parmi les « localités urbaines » (en serbe : et ). La ville d'Užice, qui compte habitants, est située à une quarantaine de kilomètres à l'est de Tara.